2e rapport de la CRC sur le SDIS : Nassimah Dindar a répondu depuis le 26 septembre dernier

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Le rapport numéro 2 « provisoire et confidentiel » de la Chambre régionale des comptes sur le SDIS dont le JIR a publié les grandes lignes dans son édition d’hier (samedi 11 novembre) a été notifié à Nassimah Dindar le 21 septembre dernier. Cette dernière en sa qualité de présidente du Conseil d’administration du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) a répondu à la CRC, cinq jours plus tard, soit le 26 septembre.

Après sa lecture du rapport, le JIR a relevé les points suivants : « une gouvernance catastrophique » ; « Nassimah Dindar attise le feu » ; « Des pompiers mais pas d’organisations du corps » ; « 30% de la capacité opérationnelle en moins pour faire face aux secours » ; « La plateforme commune avec le Samu sans cesse repoussée » ; « Pas de contrôle interne des finances » ; « Des charges de personnels très lourdes » ; « Aucun rapport d’activité depuis 2011 » ; « Une gestion immobilière lacunaire et coûteuse » ; « Un système d’information logistique peu utilisé » ; « Une très chère coopération » ; « Beaucoup de foutoir dans la commande publique » ; « Des conclusions mortifères ».

Il y a ce que dit le rapport et il y a la lecture et l’interprétation faites par le JIR selon lequel « Nassimah Dindar divise pour mieux régner » ou encore que « le Sdis a toujours été un instrument politique ». Toujours selon le Journal de l’île, « ce second rapport apparaît encore pire que le premier ». En un mot, le JIR, journal subventionné par la Région  (2 millions d’euros), cible Nassimah Dindar, qui est également présidente du conseil départemental, et indique clairement qu’à l’instar de la gestion du SDIS, elle « gaspille l’argent public »…

Dès la publication des trois pages consacrées à ce deuxième rapport dans le Journal de l’île d’hier, Nassimah Dindar, via son avocat Me Jean-Michel Baloup (à ne pas confondre avec son confrère Me Maisonneuve sur notre photo), a adressé un droit de réponse au JIR afin de donner sa version des faits, c’est-à-dire sa lecture du rapport.

Voici la réponse de la présidente du Conseil d’administration du SDIS : « Le rapport provisoire et confidentiel, qui m’a été notifié le 21 septembre 2017, appelle peu de remarques de ma part. Je partage le constat fait par votre Chambre, tant sur les dysfonctionnements constatés avant le 1er juillet 2017 (I), que sur le présent et l’avenir.

 CONSTAT PARTAGÉ EN CE QUI CONCERNE LE PASSÉ 

 Avant même le début de vos contrôles, j’avais, au sein du Conseil d’administration du SDIS 974, fait un constat de même nature. Ainsi, à titre d’exemple, vous trouverez, ci-dessous, un extrait de mon intervention du 5 décembre 2016 : « Les causes de nos difficultés sont aussi intrinsèques au SDIS de La Réunion, à son histoire, à l’histoire de toutes celles et ceux qui font vivre notre établissement. Pourtant, notre devoir, dans nos fonctions, élus et fonctionnaires, est de dépasser ces querelles d’hommes pour servir au mieux l’intérêt général. Dès 2014, l’audit de modernisation et de rationalisation du SDIS conduit par le cabinet Lamotte, souhaité et financé par le Conseil départemental, nous a indiqué la marche à suivre. En 2015, le rapport d’évaluation de l’inspection de la défense et de la sécurité civile a confirmé et complété les premières analyses. Le diagnostic est sans appel, le niveau global de performance du SDIS de La Réunion est inférieur à la moyenne nationale des SDIS dans toutes les fonctions de notre organisation.

Pour y remédier, ce rapport a établi près de 190 préconisations, touchant à tous les secteurs de la gestion de notre établissement et répondant à 8 grands enjeux : la gouvernance, la gestion des risques, l’organisation des réponses opérationnelles, la gestion des ressources humaines, le niveau des moyens techniques et logistiques, l’administration générale et les finances, l’hygiène et la sécurité, la qualité et la performance de notre organisation et de nos interventions.

Monsieur le Directeur, voilà maintenant un an que ces préconisations ont été formulées. Pour l’essentiel, elles n’ont toujours pas été suivies d’effets. Je le regrette vivement. Je pense notamment au conseil qui nous a été donné de « revoir notre organisation dans sa globalité afin de limiter les dysfonctionnements et le manque de cohésion entre les groupements territoriaux et fonctionnels de l’état-major », en clair d’améliorer la relation entre le central et le territorial. Je pense aussi au «projet d’établissement» qui reste à écrire et au référentiel des valeurs du SDIS qu’il s’agissait d’«élaborer et de diffuser». (Annexe 1 : procès-verbal du CASDIS du 5 décembre 2016)

Dans la logique de cette intervention, on peut lire, en page 2 du procès-verbal du 29 décembre 2016 : La présidente demande à ce que soient prises en compte les préconisations émises sur le renforcement des fonctions Assemblées, Juridiques, Ressources Humaines et Groupement de Moyens Techniques et Logistique. Après un échange d’informations et de points de vue entre élus, la présidente propose à ce que soit engagé, comme prévu initialement le recrutement de 10 cadres A répartis comme suit :

–        3 cadres A (Ressources Humaines)

–        3 cadres A (Juridique dont un ciblé pour les assemblées)

–        1 cadre A (Achat, Commande publique)

–        3 cadres A (GMTL)

La proposition étant adoptée, il est demandé à Monsieur Corion et à Madame Grimaux de procéder à la rectification du rapport. (Annexe 2 : procès-verbal du CASDIS du 29 décembre 2016)

Je n’émettrai qu’une remarque discordante, car j’ai relevé que, en page 10 du rapport, il est indiqué : 28. Suite à la vacance du poste de directeur départemental adjoint, la présidente a nommé en février 2017 un colonel hors classe comme chargé de mission auprès du directeur, en assimilant sa fonction à un niveau d’adjoint. Ce choix a été retenu sans que l’intéressé ne respecte les conditions de mobilité posées par l’article 6 du décret n° 2016-2003 du 30 décembre 2016, relatif à l’emploi du directeur départemental et directeur départemental adjoint des services d’incendie et de secours.

Non seulement les services de l’État n’ont formulé aucune remarque à l’égard de cette nomination du Colonel Fontaine, mais dans un arrêté commun du Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur et de moi-même, en date du 24 juillet 2017, « sur proposition du préfet de la Réunion« , il est indiqué : A compter du 1er janvier 2017, Monsieur Dominique Gilbert, Maurice Fontaine, colonel de sapeurs-pompiers professionnels, est intégré dans le cadre d’emplois de conception et de direction des sapeurs-pompiers professionnels, au grade de colonel hors-classe. (Annexe 3 : arrêté du 24 juillet 2017)

 CONSTAT PARTAGÉ EN CE QUI CONCERNE LE PRÉSENT ET L’AVENIR

Je note avec satisfaction que, dans le rapport, on peut lire, en page 8, après un rappel des six objectifs généraux du SDACR 2017 : Le SDIS bénéficie donc d’une feuille de route précise. L’adoption de ce document (SDRAC 2017), la finalisation du règlement opérationnel et la nomination d’un nouveau directeur constituent une nouvelle occasion pour l’établissement de se réformer pour répondre aux enjeux précités en termes de capacité intervention et d’adéquation des moyens humains, matériels et financiers aux missions.

En conséquence, la Chambre constatera que les dysfonctionnements relevés, tant par son Rapporteur, que par moi-même et le Conseil d’administration du SDIS 974, sont certes regrettables mais qu’ils appartiennent au passé.

Elle constatera également que, grâce aux mesures prises par le Conseil d’administration, le présent et l’avenir du SDIS, sous la direction du Colonel Berthouin, qui a toute ma confiance, se présentent sous de meilleurs augures.

J’indique que la feuille de route que j’ai donnée au Colonel Berthouin est jointe en annexe.(Annexe 4 : feuille de route donnée au Colonel Berthouin)

SUR LES OBSERVATIONS ORALES : Conformément aux dispositions de l’article L. 243-3 du code des juridictions financières, je souhaite compléter ma réponse écrite par des observations que je présenterai oralement devant votre juridiction ».

 

1 Commentaire

  1. Les pompiers avec leur lance posent tj des problèmes incendies ou pas !
    Je préconise qu’il faut supprimer le corps des pompiers et pour faire des économies , on paie les nouveaux seulement lorsqu’ils sont en mission (incendies , malades , interventions …) ; et heures de carence quand ils se tournent les pouces !
    Et on envoie tout le monde sur le terrain , gradés et non gradés !
    Trop de « chefs » nuisent !

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