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3 à 5 systèmes encore attendues d’ici la fin de la saison cyclonique

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La saison cyclonique 2017-2018 a connu un démarrage très tardif mais l’activité soutenue enregistrée au mois de janvier a permis de combler le retard : le bilan (4 systèmes, ayant tous atteint le stade de cyclone) est en effet proche de la normale pour une première partie de saison dans le bassin Sud-Ouest océan Indien, malgré une répartition très irrégulière dans le temps. Dans un contexte de grande échelle complexe rendant la prévision incertaine, on s’attend à ce que 3 à 5 systèmes additionnels atteignent le stade de tempête voire de cyclone d’ici la fin de saison, ce qui devrait placer l’activité globale (tempêtes + cyclones) à un niveau proche des valeurs climatologiques (qui sont en moyenne, de 9 à 11 systèmes tempêtes/cyclones), avec de bonnes chances de constater plus de cyclones (mais moins de tempêtes) que pour une année normale.

Bilan de la première partie de saison :

La saison cyclonique 2017-2018 débute officiellement le 3 janvier 2018 avec le baptême de la tempête tropicale Ava au large des côtes Nord-Est de Madagascar. C’est un début très tardif et il faut remonter à la saison 1998-1999 pour voir un début encore plus tardif sur le bassin (baptême de Alda intervenu le 16 janvier 1999). En l’état actuel de la base cyclone du CMRS, ce début de saison est le 5ème le plus tardif sur les 33 dernières années.

Après un démarrage laborieux, l’activité s’est emballée durant le mois de janvier avec la succession de 4 systèmes matures répartis en 3 épisodes distincts. Si l’on ne prend en compte que les stades tempête et cyclone, on recense l’épisode Ava à partir du 3 janvier puis Ava et Irving (baptisé en zone australienne) du 6 au 9 janvier, l’épisode Berguitta du 13 au 20 janvier puis l’épisode Cebile du 27 janvier au 4 février. Ava, avec ses vents violents et ses fortes pluies, a généré pertes en vies humaines et dégâts matériels importants à Madagascar (région de Tamatave notamment). Berguitta a affecté les 3 îles des Mascareignes en occasionnant localement des dégâts importants en raison des fortes pluies associées. On note également qu’une dépression tropicale (n°04-20172018) s’est formée le 15 janvier dans le canal du Mozambique et a rapidement touché terre sur le Nord du Mozambique dans la nuit du 15 au 16 apportant des fortes pluies sur une partie du Mozambique et du Malawi. Les 4 systèmes baptisés ont tous atteint le stade de cyclone tropical et deux d’entre eux ont même atteint le stade de cyclone tropical intense (Berguitta et Cebile). Cet enchaînement de phénomènes puissants sur 1 mois est remarquable mais non exceptionnel. Des évènements similaires se sont produits par le passé notamment durant les saisons 2014-2015 et 2013-2014.

On se base en général sur 3 indicateurs globaux pour juger de l’activité d’une saison : l’énergie cyclonique accumulée, le nombre de jours cumulés avec présence d’une tempête ou

d’un cyclone et le nombre de tempêtes et de cyclones. Le bilan à mi-parcours, comparé aux valeurs moyennes climatologiques d’une saison complète, s’étage de 40 % pour le nombre de système à 61 % pour l’énergie cyclonique accumulée en passant par 52 % pour le nombre de jours tempêtes et cyclones. Globalement, on peut dire que l’activité enregistrée est à ce jour conforme aux normales. A noter, par contre, que s’agissant des cyclones, le ratio de la saison est déjà très élevé : avec 4 cyclones au compteur, nous ne sommes plus qu’à 1 cyclone de la valeur climatologique d’une saison. Et le nombre de jours cumulés au stade cyclone en est déjà à 75 %.

L’activité cyclonique s’est développée uniformément sur l’Ouest et l’Est du bassin avec toutefois peu d’activité pour l’instant dans le canal du Mozambique.

Contexte de grande échelle:

Le dipôle Subtropical de l’Océan Indien est devenu faiblement positif depuis le début de l’été austral et son influence semble devenir de plus en plus marginale. On observe par contre un refroidissement significatif des températures de surface de la mer sur la moitié Sud du Canal ainsi qu’au Sud-Est de Madagascar, lié à la répétition des épisodes de forts vents de Sud à Sud-Est sur ces secteurs depuis le mois de novembre. Ce refroidissement n’a pas été envisagé avec autant d’amplitude par les modèles saisonniers utilisés (cf. illustration ci-dessous). Or l’étude statistique des liens entre les paramètres de grande échelle et l’activité cyclonique du bassin, montre qu’un épisode froid dans cette zone entre janvier et mars, tend à favoriser l’activité cyclonique.

D’autre part, la modulation de l’activité cyclonique depuis le début de la saison s’est essentiellement faite à l’échelle intra-saisonnière (échelle de temps en météorologie où les paramètres sont moyennés sur plusieurs dizaines de jours alors que la prévision saisonnière les moyenne sur une durée de 3 mois). En effet, la forte activité du mois de janvier est en grande partie due à une phase humide d’une onde de grande échelle appelée Oscillation de Madden et Julian ou MJO en acronyme anglais. Cette phase humide a favorisé la présence de conditions favorables à la formation des phénomènes cycloniques sur le bassin. Suite à la cyclogenèse de Cebile à la fin du mois de janvier, c’est le pendant inverse qui s’est installé avec des conditions clairement défavorables à la formation des systèmes. Cette phase sèche en cours devrait perdurer une bonne partie du mois de février et on ne peut s’attendre à une reprise de l’activité cyclonique sur le bassin qu’à la suite de son évacuation, c’est-à-dire a priori au plus tôt durant la dernière décade du mois de février mais plus vraisemblablement début mars.

La prévision pour cette deuxième partie de saison est donc incertaine car des influences contradictoires sont en présence : un signal saisonnier qui tendrait à favoriser l’activité cyclonique couplé à un signal intra-saisonnier (piloté par la MJO), dominant jusqu’à présent dans la modulation de l’activité cyclonique, qui va vraisemblablement priver le mois de février d’une contribution substantielle.

Perspectives pour la deuxième partie de saison :

Malgré ce contexte complexe, on peut raisonnablement penser que c’est une activité comparable à ce qui a été observé jusqu’à maintenant qui devrait se maintenir en seconde partie de saison avec 3 à 5 phénomènes supplémentaires attendus (tempêtes et cyclones). Compte tenu des valeurs affichées actuellement par les paramètres énergie cyclonique et nombre de jours tempêtes / cyclones, une activité globale de la saison proche de la normale apparaît maintenant comme le scénario le plus probable (60 % de probabilité), même si le nombre total de systèmes pourrait rester en-dessous de 10 (valeur climatologique). Par rapport à la prévision faite début novembre, la probabilité d’avoir au final une saison moins active que la normale est abaissée de 50 % à 20 % et celle de connaître finalement une activité supérieure à la normale est légèrement augmentée de 10 % à 20 %.

Il apparaît donc probable que l’activité de la saison en terme de cyclone soit au final supérieure à la normale, avec potentiellement 5 à 7 cyclones sur l’ensemble de la saison. Quant aux trajectoires, elles devraient majoritairement rester à tendance parabolique, comme celles observées depuis le début de saison.

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1 Commentaire sur "3 à 5 systèmes encore attendues d’ici la fin de la saison cyclonique"

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Noe97444
Invité
Noe97444

J’espère que nos météorologues leur donneront des noms plus jolis que ceux qu’on a entendus !

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