AURAR : Marie-Rose Won Fah Hin écrit à la ministre pour dénoncer « un amalgame insupportable »

dans Courriers des lecteurs

Voici le courrier que la directrice générale de l’Aurar, qui est également conseillère régionale de l’opposition (groupe La Réunion En Marche) et suppléante du député MoDem Thierry Robert, a adressé récemment à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, aux sénateurs ainsi qu’aux députés  :

« Madame, Monsieur,

Le Sénat vient d’adopter un amendement n°353 rectifié ter dans le cadre de la discussion de l’article 35 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2018 visant à « permettre une orientation pertinente du patient atteint d’insuffisance rénale chronique terminale vers la modalité de prise en charge la plus adaptée à sa situation, par une tarification unique modulable en fonction du patient et non du mode de prise en charge. »

Dans son édition du 17/11, le Journal de l’Ile de la Réunion (JIR) présente l’amendement sénatorial dans les termes suivants (extraits): « L’association de dialysés Renaloo (…) souligne dans un communiqué la prise en compte par les sénateurs du scandale AURAR et la nécessité sur la base de ces « dysfonctionnements » d’expérimenter un nouveau modèle économique de la dialyse. (…) Renaloo a, de nouveau, dénoncé avec force ces dérives, dans le cadre des accusations de détournements de fonds massifs portés à l’encontre de l’AURAR, à La Réunion ».

Devant cet amalgame insupportable, dénué de tout fondement et profondément injuste pour les 300 professionnels de l’Association pour l’Utilisation du Rein Artificiel à la Réunion (AURAR), je me dois, en tant que directrice générale, d’apporter à la représentation nationale des éléments d‘information propres à rétablir la vérité.

  1. La semaine suivant le 2ème tour des élections législatives (Editorial de Jacques Tillier le 24/06), le Journal de l’Ile de la Réunion (JIR) a engagé une campagne médiatique contre l’AURAR et moi-même, en qualité de directrice générale, par ailleurs conseillère régionale et suppléante du député majorité présidentielle de la 7ème circonscription de la Réunion. Depuis cette date, le JIR a consacré pas moins d’une trentaine d’articles dont 4 « Unes » pour me salir et discréditer l’établissement de santé aux yeux de la population. Les réponses apportées par l’AURAR, par les représentants de patients, par les délégués du personnel mais aussi par l’ARS n’ont en rien modifié la ligne éditoriale du directeur du JIR, ancien journaliste de Minute, qui, au nom de la liberté de la presse, s’autorise à calomnier, insulter et salir celles et ceux qui ne font pas partie de ses « amis ». Monsieur Tillier aime à rappeler publiquement que Didier Robert, Président de la Région Réunion, est un ami.
  2. Le contexte sanitaire réunionnais est marqué par la mise en concurrence de deux promoteurs pour une nouvelle autorisation de centre de dialyse dans l’Ouest de l’île (le groupe CLINIFUTUR et un GCS regroupant l’hôpital public et l’AURAR). Le JIR prend fait et cause pour le groupe CLINIFUTUR, Groupe de santé commercial et propriété de M. Michel Deleflie, dont il assure par ailleurs régulièrement la promotion dans ses colonnes.

Cette position outrancièrement affichée du JIR a interpellé les membres de la Commission spécialisée de l’offre de soins (CSOS) qui ont récemment adopté à l’unanimité une motion

dénonçant « Le parti pris par votre journal pour un des porteurs de projets des dossiers qui seront soumis à la CSOS aujourd’hui (…) Et les campagnes médiatiques, visant à influencer l’opinion en faveur d’un porteur de projet plutôt qu’un autre ».

Cette mise au point faisait suite à l’édito du JIR du 25/10 signé par Philippe Leclaire, visant à accréditer l’idée que seul le Groupe CLINIFUTUR serait légitime pour obtenir l’autorisation de dialyse lourde sur le terrain de l’hôpital public (le Centre Hospitalier Gabriel Martin), alors que ce dernier sollicitait lui-même une autorisation en partenariat avec l’AURAR.

Le Groupe CLINIFUTUR est le premier opérateur de soins à but lucratif, notamment dans le champ du traitement de l’insuffisance rénale chronique, exclusivement en centre lourd.

3 L’Agence régionale de la santé Océan Indien (ARS OI) a publiquement apporté des assurances sur la qualité des soins certifiés par la Haute Autorité en santé (HAS) et sur la « gestion saine » de l’AURAR. Dans un communiqué, il souligne notamment que l’AURAR est la seule structure réunionnaise qui offre l’ensemble des modalités de dialyse, et notamment des dialyses à domicile. Sur la question de la greffe rénale, il confirme que la Région Réunion est en dessous des objectifs nationaux.

4 Sur la greffe de rein précisément, il s’agit d’une mission dévolue au CHU et non à l’AURAR

même si cette dernière participe à sa promotion et à la préparation des patients inscrits sur la liste de greffe. 30 % des patients suivis par l’AURAR sont inscrits sur cette liste. Le manque de greffons et de donneurs, l’absence de greffe à partir de donneurs vivants sont les raisons principales du faible taux de greffe à la Réunion. Cette carence ancienne est régulièrement pointée par l’Agence de biomédecine qui vient de finaliser une enquête à la demande de l’ARS OI.

5 Il n’y a donc aucun lien de cause à effet entre l’AURAR et l’insuffisance de la greffe rénale à la Réunion. Contrairement aux insinuations de David Gruson, ancien directeur général du CHU de la Réunion et ex délégué national « démissionné » de la FHF, qui a récemment fait une déclaration publique dans ce sens. Une intervention que d’aucuns ont jugé opportuniste et orientée, au moment même où la presse locale et nationale relayaient le rapport de l’IGAS mettant en cause

« la gestion calamiteuse du CHU dans la période 2012/2015 », soit précisément la période où il en assurait la direction.

6 L’association nationale RENALOO instrumentalise cette malveillance médiatique sans fondement pour attirer à nouveau l’attention des pouvoirs publics sur son combat en faveur de la greffe rénale. Pourtant des informations ont été transmises par l’AURAR à RENALOO, ainsi que des témoignages directs de certains patients.

Face à la violence de cet acharnement médiatique depuis 5 mois, l’AURAR :

Dénonce les accusations malveillantes du JIR contre lequel ont été engagées des actions judiciaires : citations directes à comparaitre, plaintes en diffamation, plaintes pour non-respect du droit de réponse.

– Rappelle que le JIR a déjà été reconnu coupable de délits de diffamation en 2010 pour des faits similaires par le tribunal correctionnel de la Réunion, la Cour d’appel et la Cour de cassation. Le journal n’a à ce jour jamais publié l’insertion obligatoire de ces condamnations.

– Demande aux parlementaires de veiller à ce que les amalgames douteux et condamnables préjudiciables à l’AURAR ne continuent pas à être relayés.

– Demande aux parlementaires de bien vouloir rétablir la vérité auprès des autres membres du Parlement si besoin :

  •  Il n’y a aucun détournement de fonds au sein de l’AURAR comme l’attestent les comptes certifiés par les commissaires aux comptes.
  •  L’AURAR réalise sa mission de soins de proximité avec une excellente qualité de soins certifiée par la Haute Autorité en santé (note A) et dans le respect des moyens financiers alloués permettant la réalisation d’excédents systématiquement investis
  • dans l’amélioration des équipements immobiliers et techniques ainsi que dans la prévention et la recherche.
  • L’AURAR a intégralement pris en compte la préconisation de la Cour des comptes dans son rapport annuel de 2015 en augmentant la part de la dialyse à domicile (70 patients sur 750) et en introduisant en 2017 à la Réunion l’hémodialyse quotidienne à domicile. Des programmes spécifiques d’autonomisation des patients et d’éducation thérapeutique sont mises en œuvre depuis de nombreuses années. L’AURAR est la seule structure de La Réunion à faire de la dialyse à domicile.
  • -
la dialyse à la Réunion concernent l’ensemble des opérateurs publics et privés intervenant dans le champ de l’Insuffisance rénale chronique terminale.
  • L’AURAR est un acteur historique dans l’histoire de l’insuffisance rénale à la Réunion. Créée en 1980 à l’initiative de néphrologues hospitaliers publics, l’association s’est constamment adaptée aux exigences quantitatives et qualitatives de la population atteinte d’insuffisance rénale. Elle s’est beaucoup développée, modernisée, avec le souci constant d’une réponse en proximité des bassins de vie.
  • Au-delà de sa mission de soins, l’AURAR s’est engagée au service d’un territoire impacté par la survenue récente de pathologies chroniques que sont l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle et l’insuffisance rénale (ODHIR).
  • Ce combat est le nôtre et nous le poursuivrons avec l’ensemble des partenaires engagés avec nous. Avec détermination.
  • En vous remerciant pour votre attention, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma haute considération « 

 

1 Commentaire

  1. Oui , moi simple contribuable illettrée , avec tout ce que j’ai lu , je suis certain d’avoir compris que l’Aurar a arnaqué le sécurité sociale et les patients , je ne vois et n’entends parler que de millions détournés et planqués prouvez-moi le contraire !!!!!!!!!!!!!!

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