Bureau de change à Gillot : les Anglais la baré en catimini

dans Courriers des lecteurs

« Permanent Closure », « Fermeture définitive ». Ces simples écriteaux en format A4, informent les touristes qu’il n’y a plus de bureau de change à l’Aéroport Roland Garros depuis plusieurs semaines. Sous la plaque de la société anglaise International Currency Exchange (ICE), usée par le soleil, à l’extérieur de l’aérogare, on aperçoit à travers les vitrines du petit box un bureau vide, abandonné et des fils qui pendouillent. Non, ce n’est pas la tempête Fakir qui a tout balayé, les Anglais ont tout simplement plié bagage ! Lors de son installation en 2013, cette entreprise était pourtant présentée comme le « leader du change et second rang mondial avec plus de 300 bureaux dans 18 pays sur 4 continents etc etc ». Une belle présentation de façade qui a incité les décideurs de l’aéroport à pousser notre projet réunionnais vers la sortie à l’époque, pour faire place à ce géant au pied d’argile qui, apparemment n’a pas fait long feu sur notre « petit caillou ».

Un rappel des faits s’impose. Après le passage à l’euro, le dernier bureau de change de l’île a fermé ses portes en 2002. Constatant l’absence de cet outil indispensable au développement du tourisme, nous, Réunionnais, avons pris l’initiative de créer l’entreprise Point Cash. Après une longue période de formation et de préparation, nous avons obtenu un agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de la Banque de France. Nous avons cru bon de partager l’idée avec le Directoire qui gère l’aéroport de Gillot à qui nous avons demandé un petit local pour nous installer. Erreur. Aux yeux du Directoire – présidé par un fonctionnaire payé 7 fois le SMIC aujourd’hui à la retraite – nous, Créoles, n’avons ni la bonne couleur, ni la capacité financière suffisante pour assurer ce service. Les décideurs ont alors préféré installer des sujets de la Reine d’Angleterre. Ces derniers viennent de quitter la Réunion en catimini, sur la pointe des pieds. Le grand Goliath anglais a finalement suivi les traces de David le Pti Kréol. Oui ! Nous avons aussi baissé définitivement nos rideaux, rue de Nice où nous nous sommes repliés après avoir été jetés de l’aéroport comme des malpropres. Faute de soutien de la part de la Région, de la CCIR, de l’IRT et des banques, nous étions contraints d’arrêter nos activités qui étaient pourtant rentables. La preuve, une autre société spécialisée dans le transfert d’argent a ouvert son bureau de change, juste après la fermeture de la nôtre. Une situation de monopole très confortable qui profitera donc au final à cette multinationale, d’origine américaine, cette fois-ci.

Les Anglais eux, sont partis, en emportant les actifs dans leurs bagages. Les devises, les capitaux ou les bénéfices amassés ces dernières années dans notre île, ont sûrement atterri à Londres. Il ne reste rien plus à la Réunion, à part les jeunes guichetiers, qui ont perdu leurs emplois. Quant à nous Créoles, malgré les coups durs, nous sommes toujours là, à la Réunion, nout péi. Nous avons perdu une bataille à cause de quelques bureaucrates au regard obtus, et du manque de soutien des collectivités et des instances censées promouvoir l’activité touristique de l’île.

Mais nous sommes fiers d’avoir apporté une initiative saluée par tous et qui a rendu service, durant nos quelques années d’exercice, à bon nombre de familles réunionnaises, à des groupes de jeunes collégiens ou lycéens qui partaient en voyage de découverte à l’étranger et à des nombreux touristes qui préféraient frapper à notre porte après avoir été offusqués par le taux exorbitant pratiqué par les Anglais à l’aéroport. Nous sommes aussi fiers d’avoir été les premiers à proposer notre service pendant plusieurs mois au Port Est, au pied des bateaux de croisière. Nous avons redoré l’image de la destination Réunion, longtemps ternie par l’absence de service de change au port. Pour nous, la guerre continue, sur d’autres champs d’activité économique, et nous sommes toujours debout, présents, prêts à servir notre île, passionnément.

David Grondin

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3 Commentaires sur "Bureau de change à Gillot : les Anglais la baré en catimini"

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Alisa
Invité
Alisa

C’est sûr que les politiques ne voit que devant eux où les grands géants et il se fiche des petits réunionnais il faudrait que les petits réunionnais se mettent en groupe aussi afin de constituer une force décisive face aux bureaucrates.

Moïdiva ravine blanche
Invité
Moïdiva ravine blanche

C’est marrant je regardais justemenr le programme de mr Anda ,lors des municipeles 2014 sur st pierre, ce dernier allait réaliser un bureau de change a st pierre en cas de victoire.le regret aprés la mort comme dit le proverve de chez nous

lobill
Invité
lobill

baré oui avant que l ‘on sache que chez eux toute argent est propre ,quand on sait que l ‘anglais est le numéro 1 des paradis fiscaux