Ça sent la fin de règne !

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Nous vivons une époque dangereuse où tout est malheureusement permis : les critiques infondées, malsaines, le jugement, les insultes… Et tout cela, à vitesse grand « V » via les réseaux sociaux. J’en veux pour preuve, une photo que nous avons publiée dans la nuit de vendredi à samedi sur notre site freedom.fr. Une photo montrant le maire de Bras-Panon, Daniel Gonthier, habillé, cravaté et Miss Foire de la même commune nouvellement élue, à savoir la jeune Solène Brun, 16 ans. Les deux assis côte à côte, juste le temps d’une pause.

Une photo que j’ai faite en une poignée de secondes. C’est moi qui ai demandé à la Miss de poser à côté du maire, lequel un tantinet fatigué après une longue journée se trouvait déjà assis depuis belle lurette dans ce fauteuil un peu mal foutu, plutôt « bancal ». Il devait être 21 heures passées. Cinq secondes maxi, c’est le temps pris pour faire le cliché. Juste après, chacun a vaqué à ses occupations. Le maire est resté assis dans son fauteuil à attendre le concert de Phylissia Ross. La nouvelle Miss Foire a pris ses affaires et est partie rejoindre sa maman et ses frères qui l’attendaient sur le champ de foire pour rentrer à leur case.

Et depuis la publication de cette photo en illustration de l’article relatif à la Miss Foire, les internautes n’ont cessé de se « défouler » en traitant ainsi le maire de Bras-Panon de « pervers », de « pédophile »… sans aucun respect pour ce dernier, ni pour sa famille (son épouse et ses enfants), ni pour Solène, cette jeune demoiselle souriante et naturelle, et ni pour ses parents.

Nous vivons une société où l’on voit le mal partout même là où il n’y est pas. Une société où l’amalgame est devenu légion. C’est ainsi qu’un geste instantanément amical, voire une posture presque paternelle peut vite, à travers le regard pervers de certains et de certaines, être interprété comme une scène pédopornographique. Rien que ça ! Pour éviter l’avalanche des attaques personnelles – surtout en cette période de pré-campagne électorale – et pour ne pas non plus nourrir les fantasmes des personnes dotées d’un esprit manifestement tordu, nous avons préféré retirer la photo de l’article et du site.

Ils veulent tous être maire

Nous ne reviendrons pas sur les échanges à distance entre le député Jean-Hugues Ratenon et le maire de Bras-Panon. Le premier accuse le second de ne pas l’avoir invité à l’inauguration de la 42ème foire agricole de Bras-Panon. Le second jure que son service a fait le nécessaire en envoyant l’invitation à l’adresse du premier à l’Assemblée nationale. Le premier a traité le second de « gros menteur » sur les réseaux sociaux. Le second, très occupé en ce moment avec la foire agricole, n’a plus répliqué. Mais juste avant, interrogé par freedom.fr, il avait quand même pris le temps de dire que Ratenon « est un insoumis qui veut intoxiquer toute la planète »… Voilà qui donne un avant-goût de ce que sera la campagne électorale des municipales de 2020 à Bras-Panon où, et c’est un secret de polichinelle, le député Ratenon croisera le fer avec l’actuel maire qui, lui, comme annoncé dans « Entretien » sur freedom.fr, briguera un quatrième mandat à la mairie.

Jeannick Atchapa, conseiller municipal de l’opposition, sera lui aussi de la partie, fort du soutien de Didier Robert, président de Région. Il bénéficie déjà de l’aide, sur le terrain, de certains élus de l’actuelle majorité municipale comme par exemple Micheline Ally ou encore Anna Blard.

Municipales toujours, mais dans la commune limitrophe : Saint-Benoit. Outre les candidats déjà connus tels que Patrice Selly, Valérie Gangnant-Payet, d’autres moins connus sur la scène politique travaillent le terrain, dans l’ombre. C’est le cas de Patrice Dalleau, fonctionnaire au Département et de Michel Alamèle, chef d’entreprise, habitant la Rivière-des-Roches. Mais, attention, Jean-Claude Fruteau, maire sortant, élu depuis 1983, n’a pas encore dit son dernier mot. Il connaît quelques soucis de santé certes, mais il n’a pas encore complètement jeté l’éponge. Rien ne dit que si d’ici à l’année prochaine, il retrouve la forme, il ne retenterait pas l’aventure. A l’instar de Marco Boyer à la Plaine-des-Palmistes qui annonce prendre sa retraite politique mais face à tout ce qui est survenu ces derniers temps au sein de son conseil municipal, il se pourrait bien qu’il remette le couvert à 76 ans. Cela dit, il n’y a pas si longtemps, lors d’un pique-nique à la Plaine, il a pris la parole en faveur de Sophie Arzal, l’actuelle 2ème ajointe de Daniel Gonthier à Bras-Panon, et postulante à la mairie de la Plaine-des-Palmistes avec, dit-on, la bénédiction de Didier Robert et donc de Marco Boyer. Tout cela dans le but de barrer la route à Daniel Jean-Baptiste dit Parny, candidat aujourd’hui proche de Cyrille Melchior, donc de Michel Fontaine.

Municipales encore, ça bouge du côté des Avirons. René Mondon devenu maire en 2017 suite à l’élection de Michel Dennemont au Sénat ne briguera plus de mandat en 2020. Jusqu’ici, Michel Dennemont, qui reste l’homme fort en politique de la commune, soutenait l’actuelle 1ère adjointe Line Baillif. Or, il semble que son choix s’oriente à présent en faveur de la 3ème adjointe, Roselyne Lucas. Cette dernière,épouse de son attaché parlementaire, est une élue qui a de plus en plus la cote auprès de la population. Du coup, Eric Ferrère, l’éternel opposant – et perdant par la même occasion – fait des yeux doux à Line Baillif, salariée, comme lui, de la Région. Le premier est conseiller technique de la pyramide inversée. Il est aussi guide-conférencier et spécialiste de la généalogie réunionnaise, auteur et écrivain. Il vient de dédicacer un bouquin. Il a de la chance, son job de la Région lui laisse beaucoup de temps libre. Line Baillif bosse quant à elle en tant qu’agent dans un lycée de Saint-Paul. Elle aurait ainsi rejoint Eric Ferrère qui a perdu à toutes les élections auxquelles il s’est présenté de 1995 à 2014, contre Michel Dennemont. Eric Ferrère devrait avoir, en 2020, le soutien de Didier Robert qui lui avait préféré Jean-Daniel Dennemont aux municipales de 2014. Mais d’autres candidats seront sur la ligne de départ. On parle de Colette Caderby, employée de la Région et ancienne conseillère régionale de la majorité (2010-2015) ; De Fabienne Brabant, de Guillaume Robert, de Vincent Clotagatilde et de Jonathan Rivière… Nombreux seront les candidats dans les 24 communes de l’île car ils veulent tous être maire.

Le Quotidien est-il à vendre ?

Avant d’aborder les élections européennes et le combat d’En Marche contre le Rassemblement national, j’ouvre une petite parenthèse sur la presse, plus précisément sur les médias locaux. J’ai vu dans un journal d’information régional que le Quotidien de La Réunion était à vendre. J’ai donc fait ma petite enquête. La réponse qui m’a été faite a été la suivante : « toutes les sociétés, dans l’absolu, sont à vendre. Tout dépend du chèque ». Autrement dit, ce n’est pas demain la veille qu’on verra une pancarte « A vendre » planté devant le journal de Maximin Chane Ki Chune. Comme quasiment tous les titres de la presse écrite dans le monde entier, le Quotidien est confronté lui aussi à la crise du papier face à la puissance du numérique. Mais, contrairement à certains de ses confrères de la presse écrite, ses jours ne sont pas (encore) comptés. En tout cas, il n’y a pas de date d’échéance et il n’en est pas encore, à l’instar de certains titres locaux, à des tours de table organisés à grand renfort politique par des copains président de collectivité ou cousin de président de collectivité. Depuis le 1er avril dernier, les Chane Ki Chune (Maximin le fondateur et Carole, la présidente du groupe éponyme) ont confié la direction générale à Christian Ah-Son, un « vieux de la vieille », un fidèle de la maison depuis une quarantaine d’années. Un local, un professionnel, un homme simple, avenant et humble qui connaît bien son métier. Le Quotidien qui est un journal dont la ligne éditoriale est neutre et politiquement indépendante n’a rien de comparable avec d’autres titres de la presse locale. Comme le dit si bien un journaliste, salarié du groupe CKC (Chane Ki Chune), rencontré lors d’un reportage sur le terrain, « le Quotidien n’est pas un journal aux ordres d’une collectivité locale, ce n’est pas un journal de propagande politique, il n’est pas non plus à la botte d’un président d’une collectivité. Le Quotidien n’est pas un journal de règlement de compte politique, nous ne mettons de pistolet sur la tempe d’aucun annonceur, d’aucun acteur économique ou politique pour obtenir de la publicité et nous n’avons reçu de millions d’euros d’argent public de la part d’aucune collectivité locale. Nous ne passons pas notre temps à salir et à insulter les gens. Le Quotidien est un journal indépendant d’information ». Le journaliste en question ne vise personne. Evidemment. On l’aura tous compris ! Tout comme le Quotidien, nous aussi, fort heureusement, en tant que groupe privé, n’en sommes pas encore réduits à pleurer en demandant l’aumône au gouvernement, à quémander l’argent public pour survivre. Chez certains, ça sent la fin de règne, ça sent le vieillissement des réseaux. La fin d’une époque ? La pression, le chantage, l’intimidation, ça marche un temps, mais ça ne dure jamais. On ne peut pas utiliser les gens, puis leur cracher à la gueule du jour au lendemain lorsqu’on n’en a plus besoin. « La jolie petite ministre » en sait quelque chose ! On ne peut pas éternellement faire la morale à tout le monde, au moins une fois par semaine, étaler sur la place publique le salaire de tous les grands chefs d’entreprise ou directeurs généraux qui refusent de « banquer » (ou d’être rackettés), en les faisant passer pour des voleurs, sans jamais donner l’exemple de transparence. Il y en a qui aimerait bien aussi connaître le salaire et tous les avantages dont bénéficient certains DG de la presse écrite, surtout ceux dont le journal se trouve dans la panade financière. Il y en a qui, au sein même de cette entreprise de presse dont  la situation financière se serait, paraît-il, dégradée depuis 2018, se posent plusieurs questions : Pourquoi dans une entreprise se trouvant en redressement judiciaire pour ne pas dire au bord du dépôt de bilan, a-t-on abondamment recruté les copains et les copains des copains venus de l’autre côté de la mer après avoir invité les locaux à prendre la porte de sortie ? » Bonjour la préférence régionale ! On ne peut pas se dire en difficulté et se payer par la même occasion de grosse berline comme voiture de fonction, se payer des billets d’avion en classe Affaires et louer une villa créole à plusieurs milliers d’euros par mois. C’est bien beau de toujours voir la paille dans les yeux de ses camarades et ne jamais voir la poutre qui se trouve dans les siens. Dans ces conditions, c’est un peu normal de se retrouver dans une posture indélicate, celle de faire la manche. Tout finit par se payer un jour ! C’est vraiment dommage pour les « petits » employés, ceux qui resteront au pays…

Européennes : la guerre LREM-RN 

Je referme la parenthèse et j’en arrive à présent aux européennes, un scrutin qui pourrait bien, si l’on en croit les sondages, se jouer entre le Rassemblement national de Marine Le Pen et La République En Marche !… d’Emmanuel Macron. Je dis bien d’Emmanuel Macron car s’il est une évidence, ces derniers jours, c’est qu’Emmanuel Macron a troqué sa casquette de Président de la République, donc de Président de tous les Français, contre sa casquette de chef de Parti. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui. C’était la semaine dernière à Sibiu en Roumanie lors d’un sommet européen. A l’occasion d’une conférence de presse, il a déclaré : « je mettrai toute mon énergie pour que le Rassemblement National ne soit pas en tête ». Réponse de Marine Le Pen : « Emmanuel Macron devra partir si sa liste est derrière le Rassemblement National ». Une chose est sûre, Emmanuel Macron a décidé de mettre tout son poids dans la balance de cette bataille des européennes, lequel scrutin risque fort de se transformer, le 26 mai prochain, en un référendum « pour ou contre la politique d’Emmanuel Macron ? » mais aussi en un duel entre le Rassemblement National et En Marche. On en oublierait presque qu’il y a 33 listes en lice ! La députée et conseillère régionale Nathalie Bassire a pour sa part fait son choix : elle soutiendra François-Xavier Bellamy, la tête de liste de « Les Républicains » alors que son mentor Didier Robert roule à fond pour En Marche et Stéphane Bijoux. Idem au Département où Cyrille Melchior fonce tête baissée en faveur de Bijoux et de LREM tandis que de nombre de ses conseillers de droite soutiennent le candidat de « LR ». La politique a ses raisons que la raison ignore…

Y.M.

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FrançoisNombrilius adimerdusAnne de la HoussayeAllée Coco 976Missa Peacey Recent comment authors
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Agnès clair
Invité
Agnès clair

Pourquoi le patron d’une collectivité fait pour Bijoux? Lui aurait on promis un poste quelque part à Bruxelles ? Pourquoi cherche t’il à partir ????????????

RIPOSTE974
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RIPOSTE974

une collectivité fait pour Bijoux?
Question de pognon vu qu’ on s’en fiche du système politique de macron mais le F R I C est à l’Elysée et … The pouvoir ( actuel )

Missa Peacey
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Missa Peacey

Ben quoi on a bien mis Farreyrol ou Bassire député… On peut tout faire maintenant. Jean-Paul Virapoullé faisait quoi comme métier avant d’être élu ? Et Sinimalé, n’en parlons plus. Et la liste peu être trèèèèèèèèèès longue si on joue à ce petit jeu de gens débarqués. Donc bon courage à M. Bijoux. Il va étinceler, comme des diamants purs, dans le premier rayon de soleil. 😉

974 Bel Coup
Invité
974 Bel Coup

love lo coco # eau coco lé gayard# repos# manger- décalé # bat karé# assise# vot pi# bus# l’avion# la roue la tourné # fin de règne # okipeur

Allée Coco 976
Invité
Allée Coco 976

#je suis arrivé en politique par trahison. Demande à TAK, il va te raconter une histoire sur un certain poulain qu’il avait mis en place à une époque. #fin de règne en approche # la Fontaine va couler à flots.

Benard
Invité
Benard

Toujours aussi anti zoreil monsieur , mais vous ne faites pas mieux avec votre ancien Ami Didier Robert maintenant vous lui crachez dessus tout en disant c’est pas moi monsieur c’est les autres, un peut de couilles derrière votre ordinateur et arrêter votre populisme à deux balles , suis réunionnais moi aussi et je me retrouve pas en vous et dans vos écrits et puis entre nous votre rancoeur et mal placé maintenant vous écrivez pour freedom qui a toujours la même ligne de conduite depuis sa création parc contre la votre la votre ? C’est comment exister

Anne de la Houssaye
Invité
Anne de la Houssaye

On traite tout le monde d’anti zoreil à toutes les sauces… Fatigant à la longue. Chacun doit assumer ses actes. Si on les dénonce, qu’ils assument. Montrouge te fait voir rouge ? Tu n’as pas encore tout vu. : l’intégrité et la vérité, ça fait mal Benard. Sois fort.

François
Invité
François

Je vous rassure, on n’a pas besoin d’Yves Montrouge pour être déçus, et parfois écoeurés, de la politique régionale, vraiment pas. Avec son jeune président tamponnais, on avait pourtant tout pour réussir, pourquoi un tel échec, finalement ? Peut-être que tout n’est pas perdu, osons espérer…

Koo2gle
Invité
Koo2gle

Je n’ai pas lire tout le paragraphe sur la cuisine électorale, trop compliqué à suivre pour moi, et la tambouille me dégoûte !

Nombrilius adimerdus
Invité
Nombrilius adimerdus

Quoi ! Après avoir reçu des millions de la Région et donc de l ‘argent de réunionnais, ce fameux journal va couler et on va devoir encore payer pour ces nuls qui n’ont pas su redresser la barre ? C’est cela que vous nous dites ? J’ai envie de vomir. En prenant comme ligne éditoriale le la di la fé perpétuel, on fini par couler, à pic. Les éditorialistes de ce journal on toute leur part de responsabilité. JE NE VEUX PLUS METTRE AUCUN EURO de MON IMPOT dans ce journal, Didier, par pitié !