CCIR : Bruno Cohen demande au préfet « d’annuler les bulletins de vote » d’Ibrahim Patel (Audio)

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Bruno Cohen, c’est celui qui, en 2016, à l’issue des élections à la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR), avait déposé plainte auprès du procureur de la République pour « corruption privée » et « fraude électorale » contre Ibrahim Patel. Ce dernier venait d’être élu président de la CCIR suite à la victoire de la liste qu’il conduisait. Ibrahim Patel avait en effet remporté les 36 sièges de la CCIR en terminant en tête dans tous les collèges.

Bruno Cohen, tête de la liste « Union péi », pourtant patron de 900 SNC, qui pensait remporter au moins le collège « Industrie », n’a rien gagné du tout. Pas content, il déposait donc plainte. La semaine dernière, soit deux ans après, une instruction a été ouverte. Ibrahim Patel et neuf personnes de son staff (élus consulaires et administratifs) ont été interpelés par les policiers. Trois d’entre eux (Ibrahim Patel, Hutson Andy, le 2e vice-président et Younous Vally, élu) ont été déférés au parquet, avant d’être mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. En attendant la fin de l’instruction, le juge a estimé qu’Ibrahim Patel et les autres personnes interpellées pouvaient poursuivre leurs activités professionnelles et leurs fonctions d’élus).

Une décision qui, manifestement, ne va pas dans le sens de ce que voulait Bruno Cohen. Bien qu’il se félicite d’une « justice intègre et indépendante », il regrette qu’Ibrahim Patel n’a pas été démis de la présidence de la CCIR. Raison pour laquelle, hier après-midi, dans un bureau quasiment vide, aménagé seulement de quelques chaises et d’une petite table, au 5e étage du centre d’affaires Cadjee au Chaudron, il a convoqué la presse, pour faire part de son sentiment dans cette affaire qui, selon lui, va durer au moins 4 ans.

Or, pour Bruno Cohen, « Ibrahim Patel ne sert à rien à la Chambre de commerce. Il est tout sauf indispensable à la CCIR ». Aussi, le candidat vaincu de 2016 lance aujourd’hui un appel solennel au préfet pour lui demander d’annuler les bulletins de vote remportés en 2016 par Ibrahim Patel et la liste qu’il conduisait afin de ne prendre en considération que les voix (les enveloppes comptabilisées) par la liste du Medef, d’Union péi et des indépendants. Il est au micro d’Yves Mont-Rouge :

Rappelons que sur les 41 000 entreprises actives, Patel avait réalisé un raz-de-marée, ne laissant aucune chance à ses adversaires. « Oui, mais c’est parce qu’il a triché, fraudé », estime Bruno Cohen. Qui explique : « en ne comptabilisant que les voix des concurrents et en annulant celles du vainqueur dont les preuves de la fraude ont été apportées récemment, cela permettra de donner une autre gouvernance à la CCIR, qui en a bien besoin ».

Selon Bruno Cohen, « le fait d’annuler les voix de Patel, les cartes seraient redistribuées, ce qui donnerait 14 sièges au Medef, 14 sièges à Union Pei, 6 à Michel Allamèle et 2 aux indépendants, qui sont deux experts-comptables ». Outre cette demande qu’il fait aujourd’hui au préfet, Bruno Cohen précise qu’il va également aller frapper bientôt à la porte de Matignon pour formuler la même requête. Mais alors, quid de l’instruction qui est en cours ? Verra-t-on le préfet s’immiscer dans une affaire (aujourd’hui judiciaire) qui est actuellement en cours d’instruction ?

Par ailleurs, Bruno Cohen explique que s’il s’est présenté à ces élections en 2016, c’est parce qu’il avait vu Patel sur la liste de Didier Robert. « Je n’ai rien contre Didier Robert, mais j’estime que les politiciens n’ont aucune compétence en économie… Depuis 2010, La Réunion est dans l’impasse, le chômage explose ». Il assène encore : « Ibrahim Patel n’a jamais été chef d’entreprise. Il a peut-être été gérant d’un petit commerce mais c’est avant tout un politicien ». Selon lui, chaque chose doit être à sa place : « les politiciens à la politique, et les chefs d’entreprise à l’économie ». Autrement dit, faut pas mélanger les torchons et les serviettes. « Et si La Réunion avait été un pays, nous ferions certainement partie des 5 pays les plus pauvres au monde », dit-il en précisant, au passage, qu’il n’a aucune ambition politique.

Bruno Cohen est également revenu sur les plaintes qu’il avait déposées en 2016 contre Ibrahim Patel. « Sans Rico Vimbaye et Paul Caro, je n’aurai jamais pu déposer ces plaintes. Rico m’avait appelé, juste après les élections, en me disant : Bruno, j’ai quelque chose pour toi », raconte-t-il. Selon lui, « Rico Vimbaye s’était mis sur la liste de Patel pour mieux piéger ce dernier. » C’est ainsi qu’il a pu mettre la main sur un carton, le 498ème comme c’était écrit dessus, contenant des enveloppes, environ 200, de NPAI (n’habite pas à l’adresse indiquée). C’est-à-dire des commerçants qui avaient voté alors qu’ils n’avaient jamais reçu d’enveloppe », insiste Bruno Cohen. Comment Rico Vimbaye a-t-il pu mettre la main sur ce carton ? « Au terme d’une réunion, un des élus présents avait demandé à récupérer les cartons d’enveloppes pour les brûler dans sa cheminée étant donné qu’il a une maison dans les hauts de la Réunion. Rico Vimbaye a demandé lui aussi à récupérer un carton et c’est comme ça qu’il a pu prendre le carton, 498ème », raconte Bruno Cohen.

Rappelons si besoin que l’instruction est toujours en cours. Et qu’en dépit des appels lancés par Bruno Cohen en direction du préfet et même de Matignon, tout laisse à penser que le candidat vaincu de 2016 va devoir composer avec le calendrier judiciaire.

 

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1 Commentaire sur "CCIR : Bruno Cohen demande au préfet « d’annuler les bulletins de vote » d’Ibrahim Patel (Audio)"

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Michel
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Michel

Il devra bien sûr composer avec l’appareil judiciaire, mais cela prouve aussi une omerta administrative de haut niveau. Tout le monde était au courant, l’affaire avait été portée à la presse.