Conseil départemental : c’est la guerre à droite !

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

J’aurai pu commencer ce dernier édito de l’année 2017 avec une multitude d’autres sujets comme, par exemple, cette pétition qui avait « affolé » la toile, la semaine dernière, concernant le sacrifice d’animaux et, par conséquent, la stigmatisation d’une religion, celle des malbars. Mais c’était une pétition anonyme postée par « cuisine végétale ». Donc, je ne vais pas perdre mon temps à commenter un « post » anonyme quand bien même il a été signé ou « liké » par 50 000 personnes. Des pétitions de cet acabit, on peut tous en lancer sur tout, y compris sur l’arrêt du gavage des canards, sur l’arrêt des élevages, bref, sur l’arrêt complet des abattages d’animaux pour ne manger que du bio cultivé dans des sols…pollués ou des produits végétaux de synthèse que nous serviraient les grandes multinationales. On pourrait aussi lancer anonymement des pétitions pour demander de « virer » tel ou tel élu, d’arrêter tel ou tel grand chantier, pour régler des comptes avec son voisin. Pourquoi pas ? Y’en a qui n’ont pas grand-chose à faire, manifestement.

J’aurai pu aussi commencer par la « case de Tatie  Nassimah ». Mais je me suis dit que si « l’affaire » (du siècle) devait un jour se retrouver devant la justice, ben il faudrait laisser à ce moemnt là la justice faire son travail. Contrairement à ce que j’ai pu lire récemment dans un journal subventionné, quand la justice fait son job, magistrats et avocats compris, elle ne doit s’inspirer que des articles de loi tirés des différents codes (pénal, civil…). Que les magistrats soient franc-mac, de la GLNF, du GOF ou d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ça pourrait influencer les décisions de justice. Sauf si, on essaye maladroitement de nous faire comprendre par là que la maçonnerie joue un rôle important au niveau de la justice-péi et qu’il y aurait une justice pour les « petits » et une justice pour les « gros zozos ». A La Réunion uniquement, parce qu’en métropole, même l’ancien ministre socialiste Jean-Jacques Urvoas n’a pu y échapper. Dans notre île, ancienne colonie, force est de constater quand même que tout PNF (Parquet national financier) qu’il est, se trouve visiblement bloqué notamment sur certaines affaires concernant de grands chantiers. Il serait curieux de voir en effet les fins limiers du PNF mettre de côté des affaires à plus d’un milliard d’euros pour jeter leur dévolu et leur « expertise » sur une case ou sur quelques camions de pompiers (SDIS) ou encore sur quelques débroussailleuses (GLAIVE). Les contribuables, que dis-je, le peuple réunionnais ne comprendrait pas. Et si tel était le cas, la crédibilité de notre justice – déjà bien écornée localement – en prendrait encore un sérieux coup.

J’aurai pu commencer cet édito par un sujet qui, manifestement, intéresse énormément les employés communaux de Sainte-Marie, de plus en plus nombreux à m’appeler pour me raconter « l’emploi du temps » de la nouvelle directrice du service « Culture et Patrimoine ». Laquelle, toujours selon ces mêmes employés, se serait mise en disponibilité pendant deux ans. En fait, comme me l’a expliqué un cadre de la mairie de Sainte-Marie, « il lui fallait trouver un point chute après sa sortie, contrainte par la loi, du cabinet de la Région pour reprendre sa carrière administrative dans la fonction publique territoriale et ne pas perdre ses avantages telle que l’ancienneté. En intégrant la fonction publique territoriale, même pour deux semaines, elle garde ainsi la continuité de carrière et si, demain, ça ne marche, elle pourra toujours reprendre son poste à la médiathèque ». Pour l’heure, la future ex directrice du service « Culture et Patrimoine » poste qui avait été créé sur mesure pour elle – aucun appel à candidature n’a en effet été publiquement lancé, et c’est bien le souci de Richard Nirlo qui devra gérer l’affaire en conseil municipal ce soir face à l’opposition – envisagerait, semble-t-il, d’aller donner des cours à la Fac chez le « président ami » ou alors de créer une société où elle exercerait comme consultante afin de pouvoir être disponible pour accompagner, de temps à autre, son époux de président lors de son déplacement.

A propos de la pyramide inversée ; Suite à l’édito de lundi dernier, et plus précisément sur les quelques lignes relatives au comportement assez louche d’un grand gaillard, responsable de service dans les bureaux de la Région sis au centre d’affaire Cadjee, le cabinet a organisé une mini réunion de crise le soir même pour essayer de savoir qui a bien pu « balancer son porc ». Mais si ça peut rassurer, les mêmes qui côtoient le grand gaillard en question m’apprennent que la collectivité a déjà commencé à « dégraisser le Mammouth », pas le responsable de service, mais la collectivité. 200 contrats environ risquent de ne plus être renouvelés. « Il y a des personnes qui bossaient là pourtant depuis 5-6 ans. On vire les contractuels pour faire de la place aux membres du cabinet pléthorique qui, grâce aux économies faites sur les contractuels, pourront être positionnés sur des postes administratifs pérennes ». Il faut bien caser les « camarades politiques »

J’aurai pu enfin commencer l’édito avec un sujet qui concerne Fabrice Marouvin, l’élu de Joseph Sinimalé à Saint-Paul, ancien « mi-temps » au cabinet de Lagourgue à Sainte-Marie et actuel « mi-temps » au cabinet de Didier Robert à la Région. Compte-tenu du « tacon » de mails et de courriers que vous m’envoyez, j’ai presqu’envie de me poser la question suivante : y’aurait-il une « nébuleuse » Marouvin ? Du coup, j’ai décidé de terminer l’édito avec cette question. Mais dans l’immédiat, actualité politique oblige, concentrons-nous sur l’élection qui aura lieu dans l’hémicycle du palais de la Source tout à l’heure, aux environs de 9 heures.

Le duel Didier Robert-Michel Fontaine

Il y a trois ans, « ils » s’embrassaient presque sur la bouche, se caressaient le dos, se faisaient de grandes risettes, se regardaient avec les yeux de Chimène. C’était « l’amour fouuuu ou… ou… ou… » Ça rappelle un refrain bien connu d’unes des chansons à succès de Frédéric François.

A présent, « ils » se crêpent le chignon, s’arrachent même les cheveux, se regardent en chiens de faïence, se font des petits dans le dos. Bref, c’est la guerre à droite. Et « ils », c’est-à-dire les divers protagonistes, ont pour nom Didier Robert, Nassimah Dindar et Michel Fontaine. Jean-Paul Virapoullé, André Thien-Ah-Koon et Thierry Robert, confortablement installés dans les gradins admirent le spectacle et se tiennent prêts à intervenir en cas de faiblesse de leur poulain. Voilà le contexte dans lequel va avoir lieu dans environ 3-4 heures l’élection du successeur de Nassimah Dindar au Conseil départemental. Un scrutin qui va se jouer entre deux candidats de droite : d’un côté Cyrille Melchior, l’actuel 1er vice-président du conseil départemental soutenu par Nassimah Dindar en personne, présidente sortante du Département et patronne de l’UDI-974 ainsi que par Michel Fontaine, patron de « Les Républicains », maire de Saint-Pierre et par Joseph Sinimalé, maire de Saint-Paul. Avec eux : André Thien-Ah-Koon, qui avait voté Nassimah Dindar lors des sénatoriales. Jean-Paul Virapoullé, lui, a le beau rôle. A 73 ans, il n’a plus l’âge de se prendre la tête. Il a un pied à la Région. Il pourrait bien en placer l’autre, via son fils Jean-Marie, dans la future majorité départementale. Et pas sûr qu’il soit d’accord pour donner les pleins pouvoirs à un seul homme…

Face à Melchior, on trouve Jean-Claude Lacouture, maire de l’Etang-Salé, soutenu par Didier Robert, président de Région et patron d’Objectif-Réunion. La campagne électorale pour cette élection au Département a commencé depuis quelques semaines déjà, juste après les sénatoriales du 24 septembre dernier. Elle fait rage dans les coulisses. Personne ne se fait de cadeau. Tous les moyens, même les plus grands et les plus coûteux, sont bons pour s’attirer les faveurs de tel ou tel conseiller départemental. Le but de cette campagne de séduction – quand ce n’est pas carrément de l’intimidation – étant de constituer coûte que coûte une majorité de 26 élus (sur les 50 que compte la collectivité) pour gagner. Gagner la présidence. C’est capital pour les prochaines échéances électorales, et notamment les municipales. Car le Département, c’est bien connu, a toujours servi de « tremplin » pour les élections en mairie. Le Département a la compétence du social, à savoir aider les plus démunis, ceux qui votent en majorité.

Le Département dispose aussi d’une marge de manœuvre financière qu’on peut considérer encore comme « correct ». Malgré la période de vaches maigres, les contraintes budgétaires imposées par l’Etat (baisse des dotations) il reste encore de l’argent au Département contrairement à d’autres collectivités. Raison pour laquelle, afin d’assurer le changement (de l’exécutif) dans la continuité (politique menée jusqu’ici), Nassimah Dindar a positionné Cyrille Melchior. Un choix validé par l’ensemble des ténors de la droite locale. D’où un accord acté par deux fois : la première, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Bellepierre par Didier Robert, Michel Fontaine, Nassimah Dindar, Jean-Paul Virapoullé (maire de Saint-André et président de la Cirest) et Joseph Sinimalé (maire de Saint-Paul et président du TCO) ; La deuxième fois, c’était à l’hôtel « Saint-Michel » à Saint-Gilles, juste avant les sénatoriales. Cet accord s’inscrivant dans la droite ligne de la plateforme d’union (LR-UDI-Objectif Réunion) scellée entre les mêmes élus avait déjà fait gagner la droite et le centre lors des départementales de 2014, des régionales de 2015, en quelque sorte aussi lors des législatives de juin 2017 et des sénatoriales de septembre 2017. Cet accord d’avant les sénatoriales était on ne peut plus clair : la présidence du Département à un élu de Saint-Paul, avec partage des responsabilités aux autres micro-régions. Jusque là, tout baigne. Les sénatoriales ont lieu. La liste défendue par la plateforme remporte trois postes : Nassimah Dindar, Jean-Louis Lagourgue (maire de Sainte-Marie) et Vivianne Malet, conseillère départementale et adjointe de Michel Fontaine. « Mais on avait déjà senti que ça trainait des pieds du côté de la Région », note un élu de droite. « Didier Robert n’a pas du tout fait campagne pour les sénatoriales. Il s’était barré à New-York et était revenu la veille de l’élection pour voler au secours de la victoire en s’affichant tout sourire devant les caméras ». Un autre élu prétend que « Didier Robert serait aussi pour beaucoup dans les 96 voix obtenues par Brigitte Hoarau, la candidate de La République En Marche ».

Didier Robert, dit-on, par ailleurs n’aurait pas apprécié, quant à lui, le rapprochement de Nassimah Dindar et de Michel Fontaine de Thierry Robert, son ennemi de toujours. Idem pour la future élection à la présidence du Département. D’où l’arrivée de l’émergence de Jean-Caude Lacouture, le « candidat de Didier Robert » sorti du bois pour faire barrage à Cyrille Melchior, poulain de Nassimah Dindar et de Michel Fontaine. Ce qui fait dire aux élus proches de la future ex-présidente du Département : «en ne respectant pas les deux accords passés avant les sénatoriales, Didier Robert fait exploser la plateforme qu’il l’avait lui-même initiée en 2014 ». Ce que réfutent bien évidemment les partisans du président de Région et d’Objectif Réunion : « si Nassimah Dindar et Michel Fontaine n’étaient pas allés faire des avances à Thierry Robert nous n’en serions pas là ». Entre provocation et coups bas, les tractations vont bon train. Les réunions se sont poursuivies jusqu’à hier. A l’Etang-Salé, hier soir, Didier Robert a réuni les « siens » autour de son candidat Jean-Claude Lacouture. Il est dit aussi que le président de la pyramide inversée a sorti le chéquier de la Région pour rendre visite à Gérald Maillot, conseiller départemental de Saint-Denis et président de la Cinor (téléphérique), à Maurice Gironcel, conseiller départemental de Sainte-Suzanne, au maire du Port Olivier Hoarau, à Serge Hoarau, maire de la Petite-Ile (inauguration du gymnase) etc… Il est dit aussi que, dans l’autre camp, Nassimah Dindar et Michel Fontaine ont pas mal promis. Certains vont même jusqu’à prétendre que « Didier Robert, assez irritable et irrité ces derniers temps, aurait des petits soucis : le budget de la Région n’est guerre florissant. Aussi, il aimerait bien mettre la main sur le Département où il y a encore un peu d’argent. Sans compter que la NRL s’avère être un gouffre financier qui risque de plomber les finances de la collectivité régionale dans le temps. Didier Robert veut aujourd’hui tout contrôler : la Région, le CHU avec Calenge, qui est proche de lui, le Centre de Gestion (CDG) avec Thémot, proche d’Hamilcaro, l’Université avec Miranville (qui n’avait que deux voix lors de l’élection pour la présidence)… et maintenant, il voudrait prendre le Département ». A l’inverse, on explique que « Michel Fontaine qui gouverne déjà le Sud voudrait étendre son emprise politique sur la Réunion via le conseil départemental où il a déjà installé à la direction du cabinet son ancien attaché parlementaire ».

Vous l’aurez compris, derrière cette élection pour la présidence du Département se déroule en fait une vraie bataille de leadership politique à l’échelle de l’île entre Didier Robert et Michel Fontaine. L’enjeu est de taille car celui qui l’emportera ce matin deviendra le véritable patron de la droite et du centre à La Réunion. Dans le même temps, anticipant sur l’avenir,

Didier Robert de son côté a déjà commencé à « chasser » sur les terres de La République En Marche en se lançant dans une campagne de séduction auprès de Brigitte Hoarau et de Jean-Gaël Anda. Le couple  (politique, cela va de soi) a été invité par Didier Robert à l’inauguration du festival « Liberté Métisse » qui s’est déroulée à l’Etang-Salé, chez Jean-Claude Lacouture. Faut-il rappeler que Jean-Gaël Anda, opposant de Michel Fontaine à Saint-Pierre et président du groupe « La République En Marche » à la pyramide inversée (également ancien bras droit du LPA Thierry Robert), a voté, jeudi dernier, le budget primitif 2018 de la Région. Didier Robert prépare déjà « l’après-plateforme » et sans doute un nouveau mouvement politique, sorte de mix (mélange ou zembrocal)) Objectif Réunion/LREM pour essayer de conquérir la Région pour la troisième fois consécutive en 2021 où il pourrait retrouver face à lui une certaine… Nassimah Dindar. Serait-ce donc pour cette raison, outre l’élection de tout à l’heure au palais de la Source, que les « médias subventionnés » ont décidé de « tuer » cette dernière, de la mettre hors circuit ? A suivre !

Qui en veut à Fabrice Marouvin à Saint-Paul ?

On en arrive maintenant à Marouvin. Marouvin Viramale. Fabrice de son prénom. Et quand on remet tout dans le bon ordre, ça donne Fabrice Marouvin Viramale. Quand je regarde ce que je reçois comme docs et courriers dont certains anonymes concernant l’élu de Saint-Paul, j’ai l’impression que la terre toute entière en voudrait à ce monsieur. Mais qu’a-t-il bien pu faire pour être aussi ciblé ? Qui veut sa peau ?.

Fabrice Marouvin est un matheux qui a opté pour le business. D’abord le monde de l’entreprise, puis celui des sociétés (il en a créé une bonne dizaine dont nombreuses d’entre elles sont aujourd’hui fermées), puis enfin celui de la politique. Côté boulot, il était jusqu’en octobre dernier sur un poste à « mi-temps » – apparemment très bien rémunéré – de cabinet auprès de Jean-Louis Lagourgue à Sainte-Marie. Mais depuis que ce dernier a été élu sénateur, Marouvin a démissionné. Actuellement, il est sur un « mi-temps » au cabinet de la Région où il opère comme conseiller technique auprès de Didier Robert dont il est un proche. Fabrice Marouvin est aussi élu à Saint-Paul depuis 2014 ; 3e adjoint chargé des affaires économiques auprès de Joseph Sinimalé. Il est aussi au TCO. Il a été candidat – malheureux- aux législatives dans la 7ème circonscription face à Thierry Robert. Pourquoi certains parlent-ils de « nébuleuse Marouvin » ? Sans doute quand ils voient la liste des sociétés gérées directement, ou par personne interposée, par Fabrice Marouvin : IMSPORT , ACTIMEX, Sarl Hippica Blue, TOTEM, INSULAIRE, KOM-ID, SOETO, LONG SUGAR, BAZARDIER, ACROPOLE NEGOCE, DIVERS ET DES THES, FMV Bernica, SCI ILANG-ILANG…

Mais le poste qui fait de loin le plus jaser le concernant, c’est celui qu’il occupe au conseil d’administration de la SPL OTE (Ouest Territoire Evenementiel) que d’aucuns prétendent être sa « pompe à fric ».

C’est quoi cette SPL Oté ? Elle a été créée en 2015 par les communes qui composent le TCO. Les 5 communes sont actionnaires de la SPL mais Saint-Paul est financièrement majoritaire. La SPL Oté est chargée de s’occuper de tout ce qui concerne l’évènementiel sur le territoire Ouest. En réalité, Fabrice Marouvin avait une société d’évènementiel, mais une fois élu, il l’a fermée. Avant de proposer l’idée de la création de la SPL à Joseph Sinimalé puis aux autres maires, histoire de « faire faire des économies à ces communes », explique-t-il.

Oui mais voilà, cette SPL présidée par Daniel Pausé, maire de Trois-Bassins et dirigée par Laurent Bidois, est plus que jamais montrée du doigt. La rumeur fait même état d’un audit au sein de la SPL, sans compter, paraît-il que le président et le directeur général, auraient été entendus dans le cadre d’une enquête judiciaire. Il est dit que de par sa position de membre du conseil d’administration de la SPL Oté et son poste de 3ème adjoint aux affaires économiques, Fabrice Marouvin sous-traiterait la plupart du temps avec des sociétés avec lesquelles il aurait un lien direct ou indirect telles que « RUN EVENT, ZARBOUTAN, IDEES BACHES, TROPICAL SOUND SONORISATION, OUEST SECURITE. Les rumeurs planant sur Marouvin interpellent. « De nombreuses sommes d’argent en espèces sont retirées par les gérants fictifs de ces sociétés, transitent par le directeur général et sont remis à Fabrice Marouvin. La plupart du matériel loué par la SPL est la propriété de la mairie de Saint-Paul, détourné via les sociétés écran et par la SPL à des fins privées et personnelles ».

Il est dit encore que «ce sont les entreprises de bâtiment de Fabrice Marouvin qui ont construit le magasin de luxe de la nouvelle femme du sénateur Lagourgue en plein centre-ville de Saint-Denis ». De même, il est rappelé que « Fabrice Marouvin a loué à l’OTI de Saint-Paul un local lui appartenant ». Enfin, dans les documents qui m’ont été adressés et notamment ceux de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP), Mr Marouvin a déclaré (document signé le 30 mai 2014), pour la période allant de 2008 à 2012, la somme de 5600 euros net au titre de directeur de cabinet à Sainte-Marie ainsi que celle de 139 831 euros en tant que gérant de sociétés ACROPOLE NEGOCE. Toutes les autres cases du document, y compris les revenus du conjoint, sont barrées par le mot « NEANT ». Un courrier aurait été adressé au Procureur de la République.

Quant à moi, étant journaliste et non justicier (contrairement à certains de mes confrères) je ne pouvais évidemment pas prendre pour argent comptant de telles suppositions ou supputations. J’ai donc appelé, hier matin, Fabrice Marouvin. Serein, ce dernier a répondu à toutes mes questions. Sur la SPL Oté : « J’avais effectivement une boîte d’évènementiel à l’époque. Mais quand je suis arrivé à la mairie en 2014 et quand j’ai vu le déficit au niveau de ce secteur depuis Alain Bénard en passant par Huguette Bello, soit près de 1,5 million d’euros par an, j’ai proposé la création de cette SPL pour toutes les communes du TCO. Avant notre arrivée en 2014, la commune de Saint-Paul dépensait chaque année pour les fêtes de juillet 700 000 euros et gagnait 400 000 euros, soit un déficit de 300 000 euros depuis au moins 20 ans. En 2016, le déficit de la fête du 14 juillet a atteint 8 000 euros à Saint-Paul». Idem pour le camping : « Sous la mandature Bello, le déficit était de 500 000 euros. J’ai pris les choses en main, ce déficit s’élève maintenant à 250 000 euros. Parce que, au lieu de prendre une boîte de sécurité pour 200 000 euros comme cela se faisait auparavant, j’ai mis de la vidéo surveillance pour 15 000 euros ».

Concernant le local qu’il loue à l’OTI dans un bâtiment qui lui appartient ? « C’est un bâtiment que j’ai fait construire sur un terrain familial. La construction a duré 6 ans. L’OTI cherchait un local à louer. Le conseil d’administration a trouvé que ce j’avais n’était pas cher, il l’a pris. Le loyer est de 3000 euros/mois. L’OTI ne traite pas avec moi mais avec une agence immobilière basée à Saint-Denis ».

Concernant le magasin de luxe de l’actuelle femme de Jean-Louis Lagourgue, jouxtant un office notarial ? « Sachant que j’avais des connaissances dans le domaine du bâtiment, Nadia, qui avait déjà sélectionné ses entreprises, m’a demandé de jeter un œil sur le chantier. Tous les soirs, Jean-Louis, elle et moi, on allait faire un tour sur le chantier pour voir l’avancement des travaux ».

Et concernant le « petit » patrimoine et les grosses voitures de luxe (BMW et Mercédès) ? « J’avais un bon salaire en tant que directeur de cabinet de Jean-Louis Lagourgue mais j’ai démissionné depuis octobre. Quant aux voitures, c’est la personne qui loue avec moi un terrain familial pour vendre des voitures qui me prête de temps en temps ses voitures dont la Mercédès. Sinon, moi je roule avec la Clio de fonction et, pour ma femme, j’ai acheté une 308 Peugeot ».

Concernant la « poignée » de sociétés : « il y en a beaucoup qui ont été fermées. Mais c’est vrai aussi que, parfois, par négligence, j’ai oublié de le faire. Il ne me reste plus que FMV Bernica et SCI ILANG-ILANG ».

Mais alors, pourquoi tant de haine envers Fabrice Marouvin ? Qui lui en veut ? A-t-il été entendu par les gendarmes ? « Les gens sont jaloux, même au sein de la mairie, certains membres de la famille du maire ne me voient pas d’un très bon œil parce que je fais correctement mon travail, je fais faire des économies à la commune. Parfois j’ai envie de démissionner. D’ailleurs, je viens de démissionner de la SPL Oté… Je gagnais beaucoup mieux ma vie auparavant… Y’en a beaucoup qui me veulent du mal. Et puis l’action que je mène contre les restaurants sur la plage, ça attire des ennemis parce que je mets les bâtons dans les roues de certains fonctionnaires et en l’occurrence de deux femmes fonctionnaires de la DEAL qui ont donné des autorisations aux restaurants pour agrandir leur bâtiment sur la plage sans respecter la loi Littoral, alors que la mairie n’a pas même le droit de construire des toilettes près du boulodrome… Il y a deux semaines, j’ai effectivement été entendu par les gendarmes non pas pour la SPL Oté, mais pour ma maison qui a été cambriolée. Les voleurs ont pris mes ordinateurs …» Ça rappelle un autre cambriolage, avec vol d’ordinateurs, qui avait lieu du côté de la Montagne ! On lui souhaite bien du courage à Fabrice Marouvin. Dur, dur d’être élu par les temps qui courent !

Y.M.

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3 Commentaires sur "Conseil départemental : c’est la guerre à droite !"

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Noe97444444
Invité
Noe97444444

Félicitation au nouveau Président du Conseil Départemental !
Il fera du bon travail pour la Réunion !
Vive Cyrille !
Je vais boire 3 coupes de champagne !

roro 61
Invité
roro 61

A la Réunion la droite existe encore ? alors qu’en métropole elle est en déconfiture à cause de la guerre des chefs .

kok bengal
Invité
kok bengal

et voila! objectif à moi tout seul la réunion crée par didier robert cuik!!!!