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CRAPA : « Quand les élus s’attaquent aux conséquences, plutôt qu’aux causes de l’errance animale »

dans Courriers des lecteurs

« Alors que depuis des années certains acteurs de la protection animale tirent la sonnette d’alarme, nous ne pouvons que déplorer la recrudescence des attaques contre les élevages et les personnes. Voilà des décennies que les seules solutions proposées par les élus sont l’euthanasie de masse et des campagnes de stérilisation trop méconnues. Par conséquent, quand les élus s’attaqueront-ils aux véritables causes de l’errance ? 

 

Si les campagnes ont le mérite d’exister, faudrait-il encore que les propriétaires d’animaux y aient recours. Or, une majorité d’entre eux n’en n’ont pas connaissance, la communication étant très largement insuffisante ou inadaptée. 

 

Par ailleurs, beaucoup de maîtres hésitent à faire stériliser leur animal car ils considèrent cette opération comme une mutilation qui le rendra malheureux. Il est important de ne pas prêter aux animaux des sentiments humains qui leur sont étrangers : il n’est pas nécessaire à la santé ou au bien être d’un animal de se reproduire au moins une fois dans sa vie.

 

La vraie question qu’il serait temps de soulever auprès de la population est : quel est l’intérêt de stériliser son animal ? Cela permet en premier lieu de lutter contre la reproduction galopante incontrôlée (portées indésirables) ou commerciale (les trafics sont une des causes de l’errance).

 

Par ailleurs, stériliser son animal permet de le protéger contre les maladies (cancer de l’utérus ou des mamelles), de limiter les fugues, de réduire le risque de bagarres et d’agressivité et de le rendre plus calme et moins hyperactif.

 

L’autre question qui se pose est : que font les maires de l’île, en charge de la gestion de l’errance, pour proposer des solutions éthiques et efficaces ? Prendre des arrêtés pour annoncer l’intensification des captures, suivies d’euthanasies dans plus de 80% des cas, c’est tout simplement poursuivre une action qui a prouvé son inefficacité. 

 

Parmi les solutions mises en avant, on retrouve la verbalisation des nourriciers. Cela revient encore une fois à traiter la conséquence plutôt que la cause. 

 

En outre, pour certains élus, l’abattage, à travers la louveterie, reste la meilleure solution. Alors, à l’heure où les yeux sont rivés vers la Russie pour suivre la coupe du monde, rappelons que des milliers de chiens ont été abattus dans les rues de ce pays ces derniers mois, en préparation de l’évènement. Il faut savoir que seulement 4 ans en arrière, quand la Russie se préparait pour les Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, un premier abattage de masse avait été mené, sans que jamais aucune autre solution ne soit apportée par la suite. Résultat : non contents d’avoir massacré des milliers de chiens de façon inhumaine et inefficace, voilà que l’histoire ne fait que se répéter. Et qu’elle se répètera tant qu’une véritable politique de stérilisation, de répression et de sensibilisation ne sera pas mise en œuvre.

 

Pourquoi comparer La Réunion à la Russie ? Tout simplement parce que mettre en avant la louveterie comme solution revient à promouvoir l’abattage comme solution. Or, ce n’est que de la poudre aux yeux puisque ce n’est en aucune façon une manière de s’attaquer aux véritables causes de l’errance. Tout juste est-ce une façon très inhumaine de traiter les conséquences…

 

La cause de l’errance, c’est ce maître qui laisse son chien faire son tour dans le quartier, parce qu’il considère qu’un chien doit être libre et qu’il ne prend pas le temps de le sortir en laisse. C’est aussi ce petit trafiquant qui décide de faire portées sur portées pour revendre illégalement des chiots bien souvent à peine sevrés. Chiots qui se retrouveront pour certains abandonnés dans le chemin quand les maîtres se seront lassés ou seront dépassés par les besoins éducatifs et sanitaires de leur « peluche ».

 

Les attaques sur les cheptels et les personnes ne sont qu’une conséquence désastreuse de l’irresponsabilité de ces maîtres, et non une cause de l’errance. Alors nous exigeons aujourd’hui qu’une véritable politique de répression soit mise en œuvre pour lutter enfin efficacement contre cette problématique, afin que chacun, animaux comme humains, retrouvent paix et sérénité sur notre si belle île.

 

 

Les maires étant garants de la protection de leurs administrés et de l’application des lois sur leur territoire, c’est donc à eux que revient la responsabilité de faire appliquer les lois sur leur commune, pour tout ce qui concerne la divagation et l’absence d’identification.

 

Nous demandons donc concrètement à ce que les maîtres négligents soient verbalisés lorsqu’ils laissent leur chien divaguer et à ce que les policiers municipaux soient équipés de lecteurs de puce afin de verbaliser ceux qui n’identifient pas leurs animaux comme la loi les y oblige.  

 

Il est essentiel pour le CRAPA de rappeler que nous ne sommes pas une association de sauvetage mais bien une association qui a pour mission de lutter contre l’errance animale, à travers notamment des actions de sensibilisation. Autrement dit, notre volonté est bien de nous attaquer au fond du problème, plutôt qu’à la forme, aux causes plutôt qu’aux conséquences. 

 

Nous avons toujours eu la volonté d’unir l’ensemble de la population, car nous avons la conviction profonde que le changement ne passera que par l’implication de chacun, dans le respect, l’ouverture et la bienveillance. Gandhi le disait avec justesse et sagesse : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde… » 

 

Alors, peuple réunionnais : unissons-nous et soyons ce changement que tout le monde attend ! Montrons que nous sommes ce modèle du « vivre ensemble » que tout le monde nous envie et que nous sommes respectueux de tous, des animaux comme des humains. Refusons les clivages entre communautés, tout comme ceux entre éleveurs et associations de protection animale. Nous ne parviendrons à changer les choses qu’en nous unissant, pas en nous divisant.  « 

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2 Commentaires sur "CRAPA : « Quand les élus s’attaquent aux conséquences, plutôt qu’aux causes de l’errance animale »"

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david
Invité
david

Évidement qu’il faut traiter la cause, mais en attendant, il faut aussi trouver une solution pour la conséquence: les milliers de chien errant qu’il y a actuellement à la REUNION ! Rappelons que la plupart d’entre eux (pour ne pas dire tous) sont ni pucés ni tatoués donc impossible de retrouver les proprio ! L’euthanasie traditionnelle, vu le prix que ça coute, faudra pas compter sur les collectivités. Donc on fait quoi ? On attend sagement que la maladie ou la famine s’occupe d’eux ? On croise les doigts qu’ils attaques le moins de personne possible ?

Aïchata S.
Invité
Aïchata S.
Il faut voir ce problème d errance comme une inondation où l on serait au stade de la noyade. Soit on écope (=louveterie, euthanasie massive avec coût ++ à long terme avec mauvaise image donnée à la réunion ds un contexte déjà compliqué-Chick, requins…), ça traite l urgence mais ça épuise de l énergie ça permet tout juste de respirer mais ça n empêchera pas des pertes (= attaques nuisances) car l eau continuera de monter. soit on bouge et vite et on traite la fuite d eau par une solution durable (= prise de conscience collective, responsabilisation, identification, stérilisation… Lire la suite »

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