CRAPA « Verbalisation des nourriciers et louveterie : de vraies fausses solutions ! »

dans Courriers des lecteurs

« Les récentes attaques de personnes dans différentes villes de l’île, tout
comme celles de troupeaux dans les hauts, ont relancé débats et
polémiques autour de la question de l’errance animale. Les communes de la
CIREST ont ainsi pris un arrêté pour que soit verbalisée toute personne
nourrissant des animaux sur site. Quand parallèlement la préfecture lançait
officiellement sa campagne de recrutement d’un lieutenant de louveterie.
Or, pour comprendre le phénomène de l’errance animale et lutter
efficacement contre ses conséquences, il semble primordial d’en
comprendre les multiples facteurs.
2512 kms 2 , 850 000 habitants et… environ 300 000 chiens et chats des rues.
Voilà l’équation réunionnaise à laquelle pouvoirs publics et associations du
domaine doivent faire face. Aujourd’hui, l’errance animale pose un réel
problème à la fois éthique – la loi a consacré le caractère vivant de l’animal
avec tout ce que recouvre ce concept de droits pour les uns et de devoirs
pour les autres -, sociétal et sanitaire. Les réponses depuis des décennies
sont limitées et souvent dramatiques pour les animaux : en 2016, plus de
10 000 ont été capturés par la fourrière avec la mort par euthanasie pour
près de 89% d’entre eux. Plus de 8000 cadavres ont été ramassés sur les
routes ou leurs abords par les services d’intercommunalités de l’île,
certaines estimant que ce nombre avoisine plutôt les 20 000 cas. Si on
ajoute le millier annuel d’animaux volontairement abandonnés en fourrière,
et ceux qui sont lâchés dans la nature, on ne peut que mesurer l’ampleur de
la situation.
A l’origine de l’errance, on trouve des facteurs classiques et partagés de
nombreuses sociétés, l’abandon étant le premier d’entre eux : entre
comportements de consommation vis-à- vis de l’animal, engouement puis
désintérêt à son égard ou autre lassitude, La Réunion n’échappe pas au
phénomène connu aussi en Métropole et ailleurs. De même, la non
stérilisation de l’animal de compagnie reste une cause de la démultiplication
des chiens et chats errants, la perméabilité entre les populations étant plus
qu’évidente. S’ajoutent à cela les nombreux trafics qui sévissent sur les
réseaux sociaux.
Il faut aussi considérer les origines plus spécifiques à l’île : socioculturelles,
le rapport à l’animal, utilisé avant tout comme gardien de cour, pouvant
conduire à plus d’abandons ; urbaines également, puisque la plupart des
cases ne sont pas clôturées et que la conséquence est la divagation, l’animal
étant libre d’aller bat karé où et quand bon lui semble.
Une communication tardive sur les dispositifs existants est également à
regretter et elle n’a pu qu’engendrer une méconnaissance par la population,
d’un certain nombre d’entre eux.

Contact Presse : Lysiane UNY – présidente du CRAPA : 0692 65 93 65 1/2
Joséphine SYREN – vice-présidente du CRAPA : 0692 999 675

 

La stérilisation, notamment gratuite, ou les obligations réglementaires des
propriétaires, faute d’information et d’actions de sensibilisation de masse,
sont en effet souvent ignorées.
Le CRAPA ne peut que déplorer le manque d’implication des élus dans ce qui
pourtant relève de leur compétence, puisque ce sont eux qui sont
responsables de la gestion de l’errance animale sur leur commune. Choisir
de verbaliser ceux qui nourrissent ces cohortes de chiens et chats
faméliques, souvent malades ou parfois blessés, ce n’est pas s’attaquer au
cœur du problème. Parallèlement, les premiers responsables de l’errance, à
savoir les maîtres qui laissent divaguer voire abandonnent leurs animaux,
bien souvent non stérilisés et non identifiés, ne sont jamais verbalisés. Où
est la logique ? Rappelons que derrière chaque animal errant ou divagant, il
y a eu un maître irresponsable…
De la même façon, si le CRAPA a reconnu l’intérêt de l’étude diligentée par
la préfecture et l’effort budgétaire consenti sur les campagnes de
stérilisation, il s’oppose fermement au recours inefficace aux lieutenants de
louveterie, chasseurs bénévoles au service de l’Etat. La politique léthale
menée depuis des décennies à travers les euthanasies a démontré son
inefficacité. Rappelons que La Réunion détient le triste record du nombre
d’euthanasies annuelles. Recourir à l’abattage des animaux se résumerait
donc, encore une fois, à traiter les symptômes plutôt que la cause du
problème. L’Organisation Mondiale de la Santé ne le dit pas autrement :
« des décennies de recherche et d’observations ont indiqué que l’abattage
n’avait aucun impact significatif sur les populations de chiens sur le long
terme. »
Le collectif défend des alternatives éthiques qui ont été expérimentées dans
des zones impactées par cette problématique de l’errance et qui ont
démontré leur efficacité sur le long terme. A savoir une stérilisation massive,
qui ne sera envisageable que si une campagne d’information et de
sensibilisation à grande échelle est menée en amont. Par ailleurs,
l’application des lois doit être une véritable priorité, afin d’agir sur le
sentiment d’impunité des contrevenants.

Comme annoncé en décembre, le CRAPA, et dans son sillage plusieurs
associations nationales, déposeront plainte dans les semaines à venir. Par
ailleurs, une action pacifiste et festive sera organisée le dimanche 6 mai
prochain, afin de montrer notre désaccord et d’informer la population sur
les alternatives éthiques et morales existantes. »

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2 Commentaires sur "CRAPA « Verbalisation des nourriciers et louveterie : de vraies fausses solutions ! »"

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Pomme
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Pomme

Je vous soutiens à 100%. Voici des solutions alternatives : https://www.facebook.com/Curioctopus.fr/videos/1981314595439956/?hc_location=ufi
Il faut interdire ou taxer davantage la vente de chiens de race, verbaliser les personnes qui laissent leurs animaux divaguer, verbaliser les abandonner d’animaux, verbaliser les maltraitants d’animaux, faire payer une taxe à ceux qui ont un chien de race (quelle « race » : zot i dit pas partout : nou lé fier, nou lé métissé, à cause zot i aime pas le chien métissé qui ressemble à zot ?? >).

karen carpenter
Invité
karen carpenter

faux,dans de nombreuses pays au monde,les prélèvements sont efficaces et nécessaire pour réduire les effets négatives d une population de animaux hors de contrôle qui déséquilibre l écosystème et menace les animaux endémique.100000 cerfs prélevés en Ecosse chaque année,des milliers de blaireaux en Angleterre,des milliers de renards en Australie,de poissons lion aux Caraïbes et je peux continuer la liste