Crise requin: l’association OPR interpelle le ministre de l’Agriculture

dans Actualités/Infos Réunion

L’association Océan prévention Réunion a rencontré ce mercredi la directrice de cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, actuellement de passage à La Réunion. Lors de cet entretien, Jean-François Nativel, secrétaire de l’association confirme avoir abordé la problématique de la consommation de la chair des requins côtiers bouledogue et tigre. Ce fut l’occasion pour cette association de s’adresser, dans une lettre ouverte, à ce membre du gouvernement.

Dans cette lettre, l’association rappelle que « Depuis 2011, 25 attaques sont survenues sur notre petit territoire causant la mort de 9 personnes et la mutilation effroyable de 5 autres. Les plans d’urgence se succèdent sans aucun
résultat et notre océan reste désespérément interdit malgré des millions d’euros dépensés. Nous allons fêter 5 années de privation d’océan le 26 juillet 2018 avec une interdiction « provisoire » reconduite 8 fois depuis ».

Elle explique l’importance de la levée de cette interdiction:

1) La levée (même partielle ou sous condition) de cette interdiction de commercialisation est au cœur du vif débat puisque les requins péchés sont brûlés, et que leur mort est considérée comme un sacrifice inutile, sur
l’autel de loisirs présentés comme « futiles ». La France pêche chaque année environ 20 000 tonnes de requins et de raies, ce qui représente environ 2 à 5 millions de spécimens qui sont consommés par les métropolitains, sans aucun tabou ou état d’âme. Quand un poisson est pêché pour être mangé, cela ne gêne personne. La reprise de la commercialisation apparaît donc comme un élément central pour « pacifier le débat ». Cet aspect est d’ailleurs un des objectifs de la feuille de route donnée en septembre 2017, par le Premier ministre Édouard Philippe, au ministre de la transition Ecologique et Solidaire Nicolas Hulot en septembre 2017.

2) L’interdiction de commercialisation instaurée en 1999 a conduit les pêcheurs à cesser de prélever ces espèces côtières puisqu’il n’y avait plus de débouchés économiques pour eux. Actuellement l’effort de pêche financé par l’État coûte très cher (car il s’inscrit dans un cadre précis) avec une efficacité relative, ce qui laisse planer une menace sur sa pérennisation.

Cette pression ciblée et localisée doit impérativement être complétée par la petite pêche traditionnelle afin de pouvoir rétablir une pression territoriale sur ces prédateurs. La levée de l’interdiction de commercialisation apparaît donc comme primordiale pour espérer une efficacité de la politique publique préventive engagée.

Nous vous rappelons que l’interdiction de commercialisation ne vaut pas interdiction de consommation. Les requins côtiers péchés occasionnellement sur nos côtes en dehors du programme officiel « caprequin » sont
consommés et appréciés par les réunionnais. D’ailleurs, les différents recherches menés ces dernières années localement, sur plus d’une centaine de spécimens, n’ont pas permis de mettre en évidence un réel risque
sanitaire. Il ne s’agit pas tant de mettre demain, comme en France, du requin dans toutes les poissonneries, mais juste de ramener ces espèces ici à la Réunion au rang des autres poissons.

Aujourd’hui et pour la première fois, la directrice de la DAAF présente nous a expliqué que les tests actuels effectués sur les souris, pourtant depuis des années, ne permettent pas en réalité de détecter la carchatoxine à un seuil dangereux pour l’humain ! Elle nous a annoncé qu’il faut repartir de zéro, en commençant par débloquer des fonds (État, région) pour qu’un laboratoire puisse tenter « d’inventer un test ». La reprise de la commercialisation est donc désormais suspendue à un miracle scientifique, et nous renvoie pour longtemps à un statut de cobayes dans l’océan.

La Réunion est le seul endroit de la planète ou la commercialisation de la chair des requins tigre et bouledogue restent donc interdites, et cela même alors que nous sommes un des foyers les plus faibles en ciguatera, du fait de notre très faible développement récifal.

Après avoir multiplié les promesses sur ce sujet depuis des années, nous demandons désormais aux politiques de prendre leurs responsabilités, et de mettre en œuvre les alternatives pragmatiques qui permettront de sortir de cette impasse dans les plus brefs délais.

Association Océan Prévention Réunion (OPR), Association Elio Canestri, Association Protégeons Nos Enfants (PNE), Association Vérité et Responsabilités sur les attaques de Requins (VRR) Association Sécurisation Prevention Ocean Tansalé (SPOT), Association Planète Bleue Saint-Benoît (PBSB), Association Sports Industries Réunion (ASIR), Collectif Citoyen Handicap, Collectif des familles et proches des victimes de la crise requin, Collectif Humanisme Océan Indien (CHOI).

Poster un Commentaire

4 Commentaires sur "Crise requin: l’association OPR interpelle le ministre de l’Agriculture"

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
noé
Invité
noé

Il faut envoyer ce vieux ministre dans la mer faire quelques brasses après son passage dans un champ de cannes … histoire de lui enlever sa sueur !

Ticouillon
Invité
Ticouillon

Notre, Nous qui? Et une question sur vos reportage sur les attaques de requin a la Reunion, qur vient faire les videos de gros requin blanc en train de bouscule’ des cage avec des gens dedans , ca ete filme’ ici ca, ? Juste p savoir, mi les ticreole un peu couillon

L'Homme Trouble
Invité
L'Homme Trouble

« Les requins côtiers péchés occasionnellement sur nos côtes en dehors du programme officiel « caprequin » sont consommés et appréciés par les réunionnais »

Pourquoi parler au nom des réunionnais? Voit-on du requin dans les restaurants créoles les plus célèbres de l’île? Dans les tables d’hôte? Dans les livres de recette?
La réponse est NON. Arrêtez de parler au nom du réunionnais par pitié. Vous ne représentez que 2000 d’entre nous.

mickey willis
Invité
mickey willis

nativel ? ce n’est pas celui qui vient de se faire débouter par la justice et condamné a payer 3000€ a chacune des personnes contre qui il a porté plainte ?