Cyrille Melchior : « ces 6 premiers mois ont été particulièrement intenses »

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Moins d’un mois après son élection à la présidence du Département, Cyrille Melchior avait promis, lors d’un déjeuner avec les responsables des rédactions locales (presse écrite, numérique et audio-visuelle) à la Villa du Département, de renouveler régulièrement ce rendez-vous car « grâce à vous, la population réunionnaise sait ce qui se fait au sein de la collectivité ». Cinq mois plus tard, il a de nouveau convié les représentants de la presse locale, hier, pour un déjeuner, toujours au même endroit, entouré de deux de ses vice-présidents (Daniel Gonthier et Béatrice Sigismeau) ainsi que de son DGS Pierre Bayle, de son directeur de cabinet Julien Hoarau et du chef de cabinet Jean-Claude Lancelot.

« C’est pour moi l occasion de faire le point avec vous sur mes 6 premiers mois de présidence du Département en évoquant quelques dossiers majeurs de ce début de mandature », a-t-il précisé en préambule, avant d’ajouter dans la foulée : « ces 6 premiers mois ont été particulièrement intenses ». Et cela à plusieurs niveaux :

  •  Institutionnel avec le vote de notre premier budget de mandature et ma prise de fonction en qualité de président du CASDIS
  •  Territorial avec trois sujets majeurs
    – une saison cyclonique dévastatrice qui a exigé une très

    grande réactivité de la part du Département
    – la validation du Pacte de Solidarité Territoriale
    – Et, l élaboration dès cette année d un grand plan sénior

  • Enfin, d un point de vue de l actualité nationale, nous avons engagé les discussions avec l Etat sur la signature du contrat de confiance.

Parmi les dossiers abordés, tout d’abord celui de sa majorité. Rappelons que Cyrille Melchior avait été élu avec seulement une voix d’avance contre son concurrent (mais néanmoins collègue de droite) Jean-Claude Lacouture, candidat soutenu par Didier Robert. « Très clairement aujourd hui, nous avons trouvé une majorité équilibrée. Elle a même été confortée par le soutien direct ou indirect des élus des autres groupes qui ont su, dès les premières semaines de cette mandature, faire preuve d un grand sens des responsabilités au profit de la population réunionnaise », signale le président du Département.

Cyrille Melchior a fait aussi voter le premier de sa mandature; Budget autour duquel il a réussi l’union.  »

Ce sens des responsabilités s est notamment matérialisé par l esprit d union qui a prévalu lors du vote du budget primitif 2018. Ce budget d 1,6 milliard d euros a été validé à l unanimité des conseillers départementaux, ce qui est un fait très rare. Cela démontr

–  Que nous avons trouvé un point d équilibre tant sur le budget lui-même que sur les orientations politiques proposée

–  Que les élus savent se rassembler, faire preuve d unité et de solidarité, car la population réunionnaise en a besoin. Et c est ce qui guidera mon action tout au long de cette mandature, faire valoir l unité et la solidarité réunionnais

–  Enfin cela démontre enfin que nous nous inscrivons dans une forme de continuité de l action publique départementale engagée en 2015 tout en apportant des politiques de solidarité nouvelles au profit des territoires et des plus vulnérables ».

Budget et Pacte de solidarité territoriale

Outre le budget, le président insiste aussi sur le Pacte de solidarité territoriale (PST), considéré comme « mesure phare et emblématique » de sa mandature. « Il traduit la volonté du Département de La Réunion de renforcer la solidarité territoriale en faveur des communes par un accompagnement dans leurs projets d aménagements de proximité, de développement agricole et rural, ou encore des initiatives sociales. Ces projets ont été bâtis par les communes et pour les communes.Sur ce dossier, nous avançons à un rythme très soutenu puisque j ai déjà rencontré l ensemble des communes.Nous avons par ailleurs déjà validé 12 PST (Cilaos, Bras-Panon, Les Avirons, Sainte-Suzanne, Saint-Louis, Saint-André, Saint-Pierre, Saint-Denis, Salazie, Le Port, Saint-Paul), soit la moitié, pour une enveloppe globale de plus de 45 millions d euros. Et je signerai le premier pacte de solidarité avec la Ville de Saint-Pierre ce mercredi, signe de notre volonté de déployer rapidement la solidarité sur l ensemble du territoire ».

Plan sénior

Il y a aussi le Plan sénior départemental : « Il s agit de bâtir dès maintenant les politiques de prise en charge et d accompagnement du vieillissement, tout en créant les outils adaptés aux besoins réels de nos séniors. Les besoins du gramoune d’aujourd hui n a pas forcément les mêmes besoins que le gramoune de demain. Nous devons donc sortir des modèles classiques pour intégrer une vision prospective et transversale du défi du vieillissement. L objectif étant l adaptation nécessaire aux réalités pour répondre efficacement à ces besoins en termes d hébergement, de prise en charge et d accompagnement de la dépendance ou encore de services à la personne. Il y a un enjeu économique et social autour de ce défi, que nous devons relever dans une démarche partenariale avec l ensemble des acteurs publics et privés ».

Depuis décembre dernier, quelques jours après son élection, le département de La Réunion a fait face à plusieurs évènements cycloniques ayant pour nom Berguitta, Dumazile et Fakir. « J’ai tout d abord une pensée pour ce jeune couple de l’Etang-Salé, décédé dans une coulée de boue lors du passage de la tempête Fakir. Je voudrais aussi redire mon soutien à celles et ceux qui ont subi des dégâts durant cette saison cyclonique particulièrement dévastatrice, tout particulièrement les agriculteurs qui ont été fortement impactés par les 3 phénomènes. Face à la catastrophe, le Département a répondu présent, de façon particulièrement réactive à plusieurs niveaux

– La remise en état des routes départementales : près de 3M
– La réparation et le rééquipement (informatique et mobilier) des collèges ayant subi des dégâts : près de 3,5M
– L aide au redémarrage rapide de l activité agricole et le soutien aux agriculteurs sinistrés : 3,75M . Point d étape : 559 dossiers déposés dans le cadre de ces aides et 95 demandes validées

Soit plus de 10 millions d euros de dépenses exceptionnelles engagées pour que La Réunion puisse panser ses plaies. Une fois de plus je veux saluer la mobilisation massive et rapide des vice- présidents et des agents de la Collectivité pour l intérêt de La Réunion et des Réunionnais ».

Contrat de confiance avec l’Etat, contrat de défiance avec la population

Autre dossier complexe : le « Contrat de confiance » que la collectivité doit signer avec l’Etat. « Quelques éléments de contexte tout d abord : la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 crée deux contraintes nouvelles pour les finances des collectivités, le contrôle de l’endettement et la maîtrise des dépenses de fonctionnement. Pas d inquiétude concernant le contrôle de l’endettement, le Département de La Réunion est exemplaire avec une capacité de désendettement très performante, de 3 années, contre une moyenne nationale de 4 années, à comparer au plafond de 10 années fixé par la loi de programmation. C’est un véritable coup de massue pour notre Collectivité au regard du taux imposé en matière de maîtrise des dépenses de fonctionnement : 1,2% que nous avons réussi, à force d échanges, à relever à 1,29% puis 1,32%. Malgré ces avancées, ce taux est mathématiquement impossible à respecter compte de nos dépenses relatives aux allocations individuelles de solidarité qui pèsent près de 53% de notre budget de fonctionnement et qui augmentent d année en année de 4 à 5%. Le Département de La Réunion est littéralement condamné à sacrifier toutes ses politiques publiques de solidarité si nous voulons être dans les clous. Ce qui est pour nous totalement inacceptable. Nous demandons à l Etat de prendre en compte nos spécificités et de garantir pleinement l exercice de la solidarité départementale au profit de la population réunionnaise. Nous serons alors enclins à revoir notre positionnement concernant la signature de ce Contrat de Confiance ».

Le SDIS sur la bonne voie

Enfin, concernant le SDIS, le président s’est montré rassurant et optimiste : « Je souhaite faire du SDIS une administration moderne et performante qui réponde pleinement aux besoins de notre population, et où chaque personne doit trouver sa place dans l accomplissement de sa mission. Aussi, plusieurs décisions majeures ont été prises depuis ma prise de fonction en qualité de président du CASDIS

–  Vote du budget 2018 (financé à 65% par Département

–  lancement du projet de service, qui sera la déclinaison de recommandations formulées par plusieurs rapports (CRC, cabinet Lamotte, audit du ministère de l intérieur)

  • –  construction de 6 centres de secours : Saint Louis, Sainte Marie, Saint Paul Eperon et La plaine, Sainte Suzanne et le Tampon
  • –  Renforcement du parc dengins pour un total de plus de 6 M
  • –  lancement de la démarche en vue de l adoption d une charte du dialogue social
  • S’agissant des personnels, plusieurs décisions importantes ont été prises :
  • –  création de 55 postes (48 postes de sergent et de 7 postes de chefs d équipe)
  • –  intégration de 24 sapeurs-pompiers stagiaires (anciens personnels administratifs) et promotion au grade de caporal pour 17 d’entre-deux
  • –  promotion de 60 caporaux-chefs
  • –  régularisation du tableau d avancement d adjudants pour 2015
  • –  tableau d’avancement d adjudants pour 40 agents pour 2018
  • –  adoption d’un nouveau régime indemnitaire pour les filières techniques
  • –  recrutement de 114 nouveaux pompiers-volontaires

    Nous sommes conscients des difficultés rencontrés par le SDIS et son personnel. Ce n’est pas en quelques mois que les nombreux dysfonctionnements seront réglés : il faut donner du temps au temps ». Mais pour l’heure, le plus dur sera de convaincre Bercy de ne pas étrangler financièrement la collectivité départementale dans le cadre du Contrat de confiance en prenant en compte ses spécificités et sa situation sociale qui n’a rien de comparable avec les autres départements français. Prochain RDV avec le président du Département dans quelques mois pour une autre discussion à bâtons rompus autour d’un cari.

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2 Commentaires sur "Cyrille Melchior : « ces 6 premiers mois ont été particulièrement intenses »"

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Sextan
Invité
Sextan
« Prochain RDV avec le président du Département dans quelques mois pour une autre discussion à bâtons rompus autour d’un cari » ! Ah ben zut alors ! That’s a good one and I can not believe it ! Un cari… ? Tiens donc ! Mézencore ? En attendant, le petit contribuable, il fait quoi lui ? Bon sang, mais c’est bien sûr… ! Disons qu’il n’a que le choix de courber l’échine, se saigner aux quatre veines pour que cette confrérie de paltoquets s’arroge le pouvoir de s’en mettre plein les gibecières. Que du bla-bla-bla et re-bla-bla-bla donc !… Lire la suite »
tiopria
Invité
tiopria

donc maintenant vous avez droit a 6 mois de repos merite