Daniel Pouny : lettre ouverte à la ministre des Outre-mer

dans Courriers des lecteurs

« Madame la Ministre bonjour,

A l’instar de ce qui se déroule un peu partout en France hexagonale, les gilets jaunes réunionnais défendent depuis plusieurs jours, dans les rues l’île, les causes de la population locale. Choses que les politiques n’ont semble-t-il pas été capable de faire efficacement depuis de nombreuses années.

Sur notre territoire une grande majorité des résidents se considèrent comme un gilet jaune en puissance, même s’ils ne sont pas toujours dans le chemin. Donc, il y a aussi une partie de la société civile réunionnaise ayant voté pour E.MACRON aux élections présidentielles, qui n’est pas content. En tout cas, pour celles et ceux regroupés au sein de notre comité local, nous nous considérons aujourd’hui comme des ‘’Marcheurs en gilets jaunes’’.

Comme preuve de notre sentiment d’abandon, nous vous prions de bien vouloir trouver en copie, le cri d’alarme qui a été adressé au gouvernement, via le délégué général du mouvement LREM dès le troisième jour de la manifestation.

Alors quand nous entendons la presse annoncer votre retour dans l’île à la demande des sénateurs, nous pouvons que vous souhaitez une fois encore la bienvenue. Mais nous sommes aussi obligés de vous dire, que les Réunionnais apprécient de moins en moins les plaisanteries. Les exemples de bagatelles ne manquent pas. La Guyane, Les Antilles et très récemment Mayotte. « Des problèmes, une manifestation, une table ronde avec l’Etat et ses cadres administratifs et financiers de très hauts niveaux, les Elus locaux, les syndicats, la promesse d’un certain nombre de millions d’euros et c’est reparti pour un tour, sauf que les problèmes persistent et les souffrances demeurent ».

L’idée semble-t-il, qui soutient ce mode de traitement sans résultat, reconduit à chaque fois, est pour les gouvernants, la peur de voir une certaine forme de démocratie directe prendre le pas sur la démocratie représentative. Or, c’est cette vision qui amène trop souvent l’Etat, face à une manifestation à ne traiter que la lutte, c’est à dire les moyens d’actions au détriment de la revendication. La démocratie directe, source de pagaille permanente, même les français les plus éloignés du pouvoir n’en veulent pas.

Régler les problèmes de la lutte par le déploiement des forces de l’ordre pour assurer la liberté de circuler, la tranquillité publique et la salubrité publique OUI. Mais, si c’est pour maintenir le statuquo politique, économique, social et culturel qui étouffe toute une population au profit d’un petit nombre c’est NON.

Etats généraux de l’outre-mer avec Sarkozy, consultations citoyennes avec Hollande et maintenant assises de l’Outre-mer avec Macron. QUELS RESULTATS ? La pauvreté, le déclassement et la souffrance persistent et s’aggravent dans les Outre-mer en général et ici à La réunion en particulier. Le point commun entre ces travaux, c’est qu’ils ont été réalisés par des hauts fonctionnaires très peu aux faits des difficultés de nos territoires, mais très rompus à l’exercice rédactionnel guidé par une logique comptable, à tel point qu’ils ont réussi à donner au français le sentiment que le mot réforme est égal à régression sociale au lieu de progression sociale.

Aujourd’hui, l’Etat doit apporter des réponses aux multiples revendications de la population réunionnaise. Une des façons de le faire pourrait être la constitution d’un pacte économique social et solidaire fait ici localement, à partir des besoins remontés par les gilets jaunes et toutes personnes que la situation jugerait utile. Ceci pourrait être bâti à l’intérieur d’une commission sociale, exceptionnellement en dehors des forces politiques locales et leurs vieux schémas de développement éculés.

Mais avant le début de cet important travail, qui pourrait d’ailleurs durer plusieurs mois, ce sont des réponses immédiates en matière de pouvoir d’achat qu’il faudrait apporter à la population réunionnaise.

Donner du pouvoir d’achat d’une manière significative à la population, passe soit par une augmentation des salaires, soit par une baisse tout aussi significative des prix des marchandises. Les deux alternatives placent la balle dans le camp de l’Etat. La loi contre la vie chère, le décret du 27 décembre 2013 relatif aux hydrocarbures et le décret du 17 novembre1988 relatif aux prix des marchandises autorisent le représentant de l’Etat dans le département à fixer les prix des biens et services par arrêté préfectoral. De plus, l’article 73 de notre constitution autorise, pour ce qui nous concerne, le gouvernement à opérer en tant que de besoin, à des adaptations législatives et règlementaires.

Ainsi, en termes de geste fort à l’adresse d’une population en souffrance :

1°) l’Etat pourrait supprimer purement et simplement les taxes sur les carburants au lieu de les geler comme le propose le président de Région.

2°) l’Etat pourrait également, décréter à compter du 1er janvier 2019 une baisse de 20 % sur les prix des marchandises les plus consommés et une interdiction de marge bénéficiaire de plus de 10 % durant une année entière au moins, le temps d’un redressement régional.

3°) l’Etat encore, pourrait flécher les recettes départementales, de la réduction des 30% de l’abattement fiscale des plus riches, en direction des bas retraites au lieu de les diriger vers les entreprises.

4°) l’Etat et le gouvernement, dans le cadre des actions de la continuité territoriale, doivent s’unir pour permettre aux étudiants de l’île qui représentent notre avenir, de voyager une fois par an en Europe et dans le monde pour satisfaire dans les meilleurs conditions leur cursus de formation, et ceci, sans condition de ressource. A charge pour ces deux autorités de négocier auprès d’une compagnie, le coût d’un billet aller/retour Réunion/Métropole en dessous de 500 euros sur toute l’année.

Il s’agirait là, en même temps que la satisfaction du pouvoir d’achat immédiate, d’une mesure de justice sociale à l’égard des classes moyennes, car le modèle économique actuel de La Réunion place à l’abri des regards et de tout critiques, depuis trop longtemps, les vrais riches, les vrais détenteurs de monopole, les vrais décideurs politiques, économiques et administratifs qui, en plus, pour beaucoup ne réinvestissent pas ici, mais placent leurs bénéfices, ailleurs, en pratiquant l’optimisations fiscale voir peut-être même dans certains cas, l’évasion fiscale.

En effet, sur notre île, les femmes et les hommes constituant la classe moyenne sont doublement sanctionnés. D’un côté ils payent tout et ne reçoivent rien en retour. Ils sont injustement montrés du doigt, exclus de la solidarité nationale, régionale et départementale. De l’autre, le système économico-politique les place, aux yeux de l’opinion publique des plus pauvres, comme étant des riches, des nantis en lieu et place des vrais fortunés.

Les classes moyennes, ouvrières et les plus pauvres en ont gros sur la patate. Ils demandent pour la société réunionnaise, plus de justice sociale et à être reconnus chacun à leur juste place dans la République Française et à La Réunion ».

Daniel Pouny, membre du comité « En Marche » à la Bretagne, Saint-Denis (à gauche sur la photo)

 

 

 

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6 Commentaires sur "Daniel Pouny : lettre ouverte à la ministre des Outre-mer"

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Patav
Invité
Patav

Ousa y sorte cet la !? Band Boug com sa y fé ri zot ! Ah ah ah ! Depuis que la arrêt fé la politique… Aucun contact ek la population… Y vive reclu. Astèr que le peup réunionnais y révolte contre justement c politicards baizèr paqué, Mr y refé apparition com par hasard ! Quelles sont vos ambitions politique MR Pouny !? Arrêt prend kréol pou couillon souplait!!!

tipic
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tipic

patav, critique pas l’homme. a ou quel out propositions si ou nana ?

Patav
Invité
Patav
Mes propositions : donne feuil tôle, ciment, tt venant dan période électorale pou que le réunionnais y vote pou Mwin et surtout pou que li cri pas… Nawak! La fini ce temps là ! Mé bonpé y pratique encore ! Avec la révolte des gilets jaunes réunionnais ce temps là y sa vraiment fini. Ou doit être in partisan so band politikèr magouillèr la ou ! Pour information : alé prévenir zot que zot temps la bientôt fini et que le peuple réunionnais y vient pou que zot y arrêt zot arrangements entre zot pou enrichi à zot encore plis… Lire la suite »
Ewa
Invité
Ewa

Mr oula eu la chance de kit la fonction public pou rempli out poche ek la politique a 2 sous
Ou lete a droite apres au mileu
Presque socialiste
Et apres Macron
Daniel allez tire feuille dont

Souana
Invité
Souana
C’est bande zelus corrompu que Mme la ministre i doit virer c’est zot pou tué nout pei pou enrichit a zot Mme la Ministre au moins elle i vient a la rencontre des réunionnais mais lo bande zelus i cachiet et Kan Mme la ministre i koz la zot i commence rouve zot bouche Mme avec la ministre avec mon grand respect faut demande bande zelus ou ça i passe l’argent réunionnais et pôle emploi ou travail i gagne 1300e et Kan ou fait un demande ARE ou touche 800 qlque euro b ou ça i passe les 500euros ?????
Pompier y gagne pas nager
Invité
Pompier y gagne pas nager

Monsieur Pouny, bonjour.