Didier Robert défend les « OB » 2019 face à une opposition remontée comme une pendule (Audio)

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Les critiques ont fusé lors de la session plénière consacrée aujourd’hui aux orientations budgétaires (OB) pour l’année prochaine. Huguette Bello du groupe « Le Rassemblement » n’a pas ménagé l’exécutif régional. « L’impression qui ressort de ces orientations, c’est que chaque année la majorité régionale nous sort les mêmes recettes, nous sort les mêmes axes sans une vision globale de l’action de la collectivité ». Et Huguette Bello de poursuivre : « le rapport des Orientations Budgétaires (OB) que vous nous avez transmis indique clairement que l’endettement de la Région a atteint des proportions conséquentes. Les remboursements s’étaleront sur les 45 prochaines années. L’endettement régional atteint la somme astronomique de 1 028 M€ fin 2017, soit autant que le montant d’une année budgétaire pleine (1 042 M€ en 2018). Mais ce qui inquiète les Réunionnais qui devront rembourser, c’est la forte proportion d’emprunts à risque, ceux à taux variables et révisables. Ces emprunts représentent 49 % de la dette soit plus de 500 M€, alors que la conjoncture fait craindre un retournement des taux d’intérêts. Cette augmentation importante de l’encours de la dette est la conséquence directe de la montée en charge des dépenses de la Route du Littoral. Le montant de dette amène la Région à une capacité de désendettement de 7,5 années. Pour équilibrer ce budget face aux dépenses c’est dans la poche des Réunionnais que vous allez puiser. En effet, après avoir augmenté la taxe sur les cartes grises de 31% pour faire face à l’explosion des dépenses de la NRL, les Réunionnais ont mis encore la main à la poche début 2018 avec l’augmentation conséquente de la Taxe Spéciale de Consommation sur les Carburants (TSCC). Cette première augmentation de 2018, devra rapporter + 16,5 M€ dans les caisses régionales. Ainsi, chaque automobiliste qui fait son plein paye directement une partie de la construction de la NRL. Ces augmentations de la taxe sur les carburants et de la carte grise représentent bien un péage qui ne dit pas son nom ». Pour la conseillère régionale, président de PLR (Pour La Réunion) « les orientations régionales 2019, portant sur la programmation pluriannuelle de l’énergie et sur l’évolution de la taxe sur les carburants, prévoient non seulement une convergence des tarifs gazole/essence mais aussi une convergence des tarifs Réunion/Métropole, conformément à une délibération prise en décembre 2017. Le prix des carburants n’a pas fini de s’envoler dans les stations réunionnaises, alors qu’aucune solution de transport collectif abordable et durable n’est finalisée pour les années à venir. Le 1er novembre le prix du sans-plomb a augmenté de 2 centimes à 1,56 €, et celui du gazole a grimpé de 4 centimes à 1,28 € le litre. A terme c’est une augmentation de l’ordre de 30 à 40 % qu’il faudra s’attendre, soit le litre de carburant à plus de 2€ ! ».

Huguette Bello a par ailleurs accusé la Région de ne pas être à la hauteur en matière de formation : «  Un passeport réussite pour chaque jeune Réunionnais ». Ce premier pilier à la base de la politique régionale depuis 2015 s’est effondré officiellement en juillet dernier lors de la suppression des aides aux étudiants des carrières sanitaires et sociales. Faute de budget, les 50 étudiants en partance pour l’Hexagone ont vu leur projet se heurter aux conséquences de l’explosion budgétaire actuel de la Région. Pris à la gorge à la veille d’un départ programmé, ils ont failli voir se briser leur projet muri de longue date faute de financement. En effet, beaucoup de parents n’avaient pas les moyens de faire des prêts étudiants. Dans un contexte de chômage des jeunes que nous connaissons à La Réunion cette décision de Didier Robert de faire des économies sur l’avenir de la jeunesse est incompréhensible et cruelle.

C’est grâce à leur mobilisation exemplaire et solidaire que les parents et les étudiants ont pu avoir gain de cause. C’est au prix d’une occupation de la salle de la commission permanente de la Région pendant plusieurs jours et en informant l’ensemble des Réunionnais de cette injustice flagrante, que les familles ont pu avoir gain de cause. Il est insupportable de penser que la Région n’arrive pas à financer les 495 € mensuels pour les 10 mois d’une année de formation, soit environ 250 000 € pour 50 étudiants. Alors que dans un même temps la journée chômée offerte aux agents de la région par Didier Robert après la victoire des bleus a coûté 460 000 € aux contribuables ». Passant en revue quasiment tous les piliers de la Région, Huguette Bello a conclu en attaquant le président de la collectivité sur la NRL : « lles beaux discours que nous avons pu entendre en début de mandature sur la NRL laisse place aujourd’hui à la réalité budgétaire. Cette route pharaonique, la plus chère du monde, connaît un engagement juridique de près de 2 milliards € (pour le moment !), alors que seulement la moitié du chantier est sortie de terre. Quand on sait que la digue doit coûter 870 M€, alors qu’il y a une impasse juridique sur l’ouverture des carrières, vous devriez ne pas mépriser la motion que nous avons proposé, car la solution tout viaduc est une assurance en terme de coût et de délai. « La NRL ne coûtera pas un euro de plus par rapport à ce qu’il est prévu ! ». Cette affirmation, ou plutôt ce mensonge, cette tromperie, nous l’avons mainte et mainte fois entendue dans la bouche du candidat aujourd’hui président de région. Aujourd’hui la réalité est tout autre. Les prix du carburant explosent. Le pouvoir d’achat des Réunionnais décline. Le modèle du tout-voiture détruit notre planète. Les finances régionales creusent encore plus les difficultés des Réunionnais.

Joé Bédier à Didier Robert : « votre propension à vous tromper ! »

Après Mme Bello, c’est le conseiller régional du même groupe qui a pris le relais en stigmatisant les « OB » de la Région et la gestion de Didier Robert. « La réalité c’est votre absence de réel projet de développement. Votre projet se réduit à deux piliers, les grands chantiers et la continuité territoriale. On ne développe pas un territoire avec seulement des grands travaux. La preuve c’est la persistance du chômage malgré l’un des plus gros chantiers qu’on ait connus ». Et Joé Bédier de déclarer encore : « La réalité c’est aussi votre incapacité même à porter votre projet phare, la NRL. Plus l’échéance prévue pour sa livraison approche, plus les inquiétudes grandissent et c’est peu dire. On a là tous les ingrédients d’un fiasco, sinon une catastrophe sans précédent à la fois technique et financier, grave de conséquences pour les contribuables et pour La Réunion en général, avec tous les effets collatéraux dans tous les secteurs de la vie locale ». Pour le conseiller régional et chef de l’opposition municipale à Saint-André, « la réalité c’est encore votre propension à vous tromper. Vous avez fait voter dès le début du mandat actuel une demande d’expérimentation sur la formation et la fiscalité. On vous a alors alertés sur l’obstacle juridique de la clause de généralisation mais vous n’avez voulu rien entendre. Résultat, des années de perdu ! Vous vous êtes également trompés en promettant aux électeurs de faire déclasser notre Parc National. On en connaît la aussi la suite. On peut citer encore votre grande trouvaille du monorail urbain, abandonné en rase campagne si je puis dire pour un retour au tram train si décrié par vous-mêmes. Tout cela coûte à chaque fois en crédits d’études mais kom i di l’argent i sorte pa dan zot poche ! Et que d’années perdues ! Au bas mot vingt ans pour le transport par rail. La réalité, pour résumer, c’est qu’on n’avance pas. La raison première est que vous ne voulez pas avancer », a-t-il reproché au président de Région.

Pluie de critiques également émanant de Patricia Profil, de Virginie Gobalou, de Lorraine Nativel concernant les « cases à lire » ou encore « la gestion des déchets », « le festival liberté métis ». Festival que Patricia Profil déplore l’organisation un 20 décembre, jour de la fête kaf. A noter que les trois élus du groupe « En Marche » étaient absents. A tour de rôle, nombreux sont les élus du groupe majoritaire  (Jean-Paul Virapoullé, Aline Murin-Hoarau, Alin Guezello, Louis-Bertrand Grondin, Fabienne Couapel-Sauret, Olivier Rivière, Sylvie Moutoucomorapoullé, Lynda Lee Mow Sim, Dominique Fournel, Jack Gauthier, Nathalie Noël, Monique Bénard) qui sont intervenus pour répondre, chacun par rapport à ses délégations, aux critiques de l’opposition.

Didier Robert : « tout ce qui est excessif, est insignifiant ! »

En fin de séance, c’est-à-dire aux environs de 15h30, le président Didier Robert a répondu point par point aux attaques, remarques, observations, reproches, des élus de l’opposition tout en les appelant à « ne pas chercher systématiquement à surfer sur l’écume des vagues mais à s’en tenir au fond car tout ce qui est excessif devient insignifiant ». Didier Robert est au micro d’Yves Mont-Rouge :

Dans la matinée, les élus ont présenté des motions qui seront examinées dans les commissions sectorielles. Le groupe « Réunion Avenir » (Jacquet Hoarau et Léopoldine Settama) a défendu une motion relative à l’épidémie de dengue. Ils demandent aux ministres concernés « d’engager sans attendre la mobilisation des moyens financiers et humains conséquents et coordonnés tant au plan de la démoustication que de la prévention, au côté de l’ensemble des acteurs avec des moyens à la hauteur des risques encourus pour éviter à La Réunion une crise qui impacterait son économie durablement ».

Le groupe majoritaire a présenté une motion relative à la lutte contre le réchauffement climatique. Ils demandent au gouvernement de « lever les freins de la transition énergétique dans les zones non interconnectés, en particulier sur le stockage et l’éolien flottant; De conforter l’application de la feuille de route nationale pour l’économie circulaire et, par la suite, l’objectif zéro déchet non valorisé à La Réunion » et « d’accentuer la mise en œuvre de la transition écologique dans les territoires ultramarins notamment dans les moyens mis à disposition pour la préservation et la valorisation de la biodiversité ultramarine représentant 80% de la biodiversité française ».

Autre motion présentée par le groupe majoritaire, elle concerne les baisses annoncées pour le financement du sport par l’Etat dès 2019. La Région demande au gouvernement et en particulier aux ministres charges des Sports et des Outre-mer, de « reconsidérer son positionnement vis-à-vis du monde sportif par des mesures compensatoires en vue de rétablir, a minima, les sommes jusque-là allouées pour que le sport français et notamment celui des outre-mer soient reconnus comme une priorité nationale, au regard des enjeux locaux de cohésion sociale d’une part et de rééquilibrage des territoires en matière d’équipements sportifs d’autre part ».

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1 Commentaire sur "Didier Robert défend les « OB » 2019 face à une opposition remontée comme une pendule (Audio)"

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Stef
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Stef

Que de paroles, de paroles , de paroles et très peu d’actes- en 2021 faites attention à la SANCTION : bravo madame bello pour vos interventions, prochaine Présidente de Region vous avez largement la carrure