Ecole catholique d’Hell-Bourg : vers des classes « à multiples niveaux »

dans Actualités/Infos Réunion

Les parents d’élèves de l’école primaire catholique d’Hell-Bourg avaient manifesté à deux reprises juste avant les vacances scolaires du mois de mai pour dénoncer la décision de la Direction de l’Enseignement catholique de supprimer un poste dans cet établissement (voir photo). Les parents d’élèves craignaient la mise en place « des classes à multiples niveaux » qui, selon eux, ne favorisent pas l’instruction des enfants. Ces parents menaçaient également de durcir leur mouvement à la prochaine rentrée, c’est-à-dire ce jeudi. La Direction de l’Enseignement catholique vient de faire connaître sa décision : « les classes à multiples niveaux ne vont pas à l’encontre de la réussite des enfants bien au contraire. Nous avons des écoles à la Réunion et plus encore en métropole, qui ont fait ce choix et les enfants réussissent fort bien leur scolarité ». Voici l’intégralité de la réponse apportée par la Direction. Elle est signée de Gilbert Aubry, évêque de La Réunion, président de l’Assemblée plénière du Codiec et de Fred Bienvenu, directeur diocésain, président de l’Assemblée exécutive du Codiec. Cette réponse est intitulée : « soutien à l’école Notre Dame de Lourdes à Hell-Bourg ».

La voici : « En décembre 2016, le chef d’établissement de l’École Notre Dame de Lourdes à Hellbourg a fait une demande de poste supplémentaire au CODIEC (Comité Diocésain de L’Enseignement Catholique). Cette demande reposait sur les difficultés que rencontraient les élèves dans la maitrise de la langue française principalement, ainsi que dans le suivi de la scolarité des enfants par les parents. Les effectifs de l’école étaient de 86 élèves soit une moyenne de 21,5 élèves répartis dans quatre classes à plusieurs niveaux.

Au moment de la décision, plusieurs arguments n’allaient pas dans le sens de l’octroi de ce poste :

  • –  L’effectif de l’école, même si d’aucuns ont du mal à l’entendre, reste le premier critère,
  • –  L’existence de moyens horaires pouvant être mobilisés au service de projets dans le cadre de la maitrise de la langue, moyens qui n’ont jamais été mobilisés par

    l’établissement malgré de multiples relances de la direction diocésaine,

  • –  L’absence de demande, à notre connaissance, d’un personnel dans le cadre du service civique pour aider les enfants et les familles dans le suivi de la scolarité ; ce dispositif

    existe pourtant depuis quelques années.

    Malgré ces éléments qui ne plaidaient pas le sens de cette dotation d’une classe supplémentaire, et compte tenu de la dotation exceptionnelle en postes dont avait bénéficié l’Enseignement Catholique de la Réunion pour la rentrée d’août 2017, le CODIEC, par une majorité des votes, a validé la demande non sans que le directeur diocésain ait attiré l’attention de tous sur l’avenir de ce poste, compte tenu de la politique de restriction qui nous attendait après l’élection présidentielle.

    L’École Notre Dame de Lourdes bénéficie du soutien de tout l’Enseignement Catholique de la Réunion.
    Il y quelques années les déficits chroniques en effectif (moins de 70 élèves) et sur le plan financier, ont amené l’Enseignement Catholique à s’interroger sur le maintien de cette école. Après un long débat au sein du CODIEC, des décisions ont été prise permettant son maintien :

  • –  Suppression de la dette , reprise par les instances diocésaines UROGEC (Union Régionale des Organismes de Gestion de l’Enseignement Catholique) et ADEC (Association pour la Direction Enseignement Catholique),
  • –  Obtention du forfait communal,
  • –  Diminution du coût de scolarité qui est passé à 15,00 € par mois (soit 150,00 € par an) Ces mesures ont été complétées depuis avec la solidarité, notamment des établissements du bassin Est qui aident régulièrement l’école à travers la prise en charge de travaux, de transports scolaires, de frais de photocopies, …

    Un des points clefs reste la stabilité de l’équipe enseignante ; il est vrai que compte tenu, entre autres, des distances à parcourir, les enseignants restent peu de temps sur cette école. L’équipe est constituée à ce jour de deux titulaires et deux suppléantes sans compter l’enseignante spécialisée qui accompagne la communauté éducative deux jours sur quatre. L’on peut regretter le départ d’une enseignante qui avait été plébiscitée par les parents il y a quelques années et qui malheureusement a dû prendre un poste dans une école de Saint André. Une de nos priorités, avec le chef d’établissement ainsi que ses collègues, est de pérenniser l’équipe enseignante afin de travailler sur des projets à moyen et long terme.

Nous rappelons par ailleurs qu’aucun établissement catholique (sur toute la France) ne bénéficie à ce jour de la mesure de dédoublement des classes de CP.
Dans le cadre de la préparation de la rentrée 2018, dans un contexte politique de restriction budgétaire, l’Enseignement Catholique de la Réunion, faisant partie de l’Enseignement Catholique National, a pu bénéficier d’une dotation de 2,5 postes issue d’un redéploiement national ; ce redéploiement provient d’académies qui sont en pertes d’élèves, et dont la faiblesse des effectifs conduit à la fermeture de classes. Cette dotation (2,5 postes) ne permettait pas de couvrir le besoin minimum de 8,5 postes nécessaire pour faire face aux suites d’études obligatoires. Il nous a fallu compléter avec les moyens dont nous disposions localement.

Les solutions proposées ont été l’objet d’une concertation en premier lieu avec tous les chefs d’établissement réunis qui sont les plus à même d’appréhender les situations dans leur structure.
Le schéma arrêté a été ensuite présenté au CODIEC ; il a été, là aussi, l’objet d’un large débat. Nous rappelons que le CODIEC est composé de représentants de toutes les composantes de l’Enseignement Catholique (hormis les élèves) et que chaque membre a une voix.

Un vote à la majorité a validé le schéma de répartition des emplois pour la rentrée 2018, dans lequel figure le retrait d’un poste de l’École Notre Dame de Lourdes.

La réussite et l’épanouissement des enfants restent des priorités pour l’Enseignement Catholique ; les classes à multiples niveaux ne vont pas à l’encontre de la réussite des enfants bien au contraire. Nous avons des écoles à la Réunion et plus encore en métropole, qui ont fait ce choix et les enfants réussissent fort bien leur scolarité.

L’Enseignement Catholique de la Réunion continuera à accompagner chaque établissement selon ses besoins et dans le cadre de sa politique de développement validée chaque année en assemblée plénière du CODIEC.

Notre projet « Unité dans la diversité de nos charismes » reste notre fil conducteur ; il est porteur de sens et invite tous ses acteurs à s’ouvrir à l’innovation, à sortir des sentiers battus pour que nos enfants apprennent à faire face aux enjeux de notre monde et qu’ils grandissent et s’épanouissent au sein de nos communautés éducatives ». Une réponse qui ne risquera pas de satisfaire les parents d’élèves. Quelle sera leur réaction ? Réponse ce jeudi.

Poster un Commentaire

15 Commentaires sur "Ecole catholique d’Hell-Bourg : vers des classes « à multiples niveaux »"

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
Nicole
Invité
Nicole
Cette information me donne la nausée. Voire qu’en 2018, on ferme une classe dans les hauts, chez un public en difficulté, pour en ouvrir une dans l’Ouest, c’est effrayant de mépris pour la population et surtout pour l’Evangile du Christ que prétend mettre en avant l’église catholique. De quel droit décide-t-on de faire des illettrés dans les hauts ? Parce qu’il ne faut pas se leurrer, sans moyen adéquat, la réussite ne sera pas au rendez-vous dans ces zones rurales où l’évêque et son directeur diocésain vont sacrifier des générations d’enfants pour s’enrichir dans les bas. Ah, Dieu voit les… Lire la suite »
Laurent
Invité
Laurent
Nicole, l’évêque comme partout aime l’argent. Il en a besoin. La pauvreté de l’église, vous l’avez vu ici à la Réunion ? Vous avez croisé un prêtre de paroisse qui vit dans la misère ? ou bien amaigri parce qu’il n’a rien à manger ? Une école c’est un gros forfait communal, c’est à dire des milliers d’euros versés à l’enseignement catholique qui fait ce qu’elle en veut dans le diocèse. En plus de ça ils font payer les inscriptions tous les mois et du coup gagnent encore de l’argent. Ils ne vont pas aller dans ce bled d’Hell-Bourg qui… Lire la suite »
noe
Invité
noe

Mais où est le problème ? chaque élève représente 1 nivo !

Hugues
Invité
Hugues

Ben voilà tout est dit… Donc inutile de mettre 2 ou 3 niveaux genre Cp CE1 CE2 dans la même classe, avec 1 enseignant et 3 programmes à faire, dans une zone où les difficultés ne sont pas que scolaires… Sinon, prépare ton arche Noe…

CATA
Invité
CATA
Ben voyons. Cela vous étonne que l’entreprise la plus puissante du monde et la plus riche de la Réunion se moquent de l’avenir des enfants ? En bon chef d’entreprise celui qui tire ici les ficelles sait tirer profit de tout et de tous ces gens vulnérables. Une formidable entreprise qui possède un patrimoine extraordinaire, écoles, crèches , jardin d’enfants, associations d’entraide, groupe de prière très coûteux, un patrimoine immobilier conséquent avec des immeubles d’habitations et des maisons à des prix exorbitant à la location, 2 universités à la Réunion!!!! Et oui l’empire s’est incroyablement agrandi. Ils font même des… Lire la suite »
Tomatarbuste
Invité
Tomatarbuste

Marmailles Hell-Bourg i rode fé l’ENA ou bien science po. Di a zot allez mange brède chouchou comme di le patron.

Sophie
Invité
Sophie

Un bus, une photocopieuse ne remplacent pas une enseignante. La solidarité, l’entraide, heureusement qu’elle existe encore chez vous. Ce n’est pas le rôle d’un service civique d’apprendre à un enfant à lire. Qui réfléchit dans cet enseignement catholique ?

Mme Payet
Invité
Mme Payet

L’enseignante était tellement plébiscitée que ses élèves ne savaient pas lire… Mais qu’est-ce-que vous racontez monsieur ?

Paul
Invité
Paul

Je confirme. Elle excellait ddans la pédagogie de la photocopie. Je te distribue 100 photocopies par jour et tu me laisses tranquille. D’ailleurs on lui a fait cadeau de son concours ou pas monsieur le directeur 😉

Masoeur
Invité
Masoeur

La Vierge i voit tout ça et i pleure.

Bernard
Invité
Bernard

Oui, il est écrit, comme elle l’a dit, Maman Marie : « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes, il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles ». Et elle ajoute « il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ». Ne méprisez pas les paroles de la Vierge, ne la sous-estimez pas.

Patriste
Invité
Patriste

A vous lire il n’y a que des incompétents autour du Ministre : le CP à multiples niveaux permet la réussite dans les milieux fragiles! Après tout vous leur donnez déjà des bus, des photocopies…ils sont un peu exigeants de vous demander les moyens pour apprendre à lire! C’est un peu cher 15 euros pour ne pas avoir les moyens pour bien apprendre lire surtout que les contribuables vous donnent déjà les forfaits!

Salazien
Invité
Salazien
Nous, parents ne demandons pas le dédoublement de cette classe de cp mais le maintien de celle-ci car c’est la seule classe à niveau simple dont nous disposons. Il est primordial que nos enfants sachent lire en sortant du cp car avec le peu de moyen dont nous disposons, Ils sont livrés à eux même les années suivantes. Avec une classe à double ou pire triple niveau l’institutrice de la classe de CE1/CE2 voir aussi CM1 est dans ľincapacité de reprendre les bases de la lecture avec ses élèves. Enfin Peut-être que monsieur le directeur diocesain accepterai de relever ce… Lire la suite »
Aiméepdf
Invité
Aiméepdf

« Mais que faites-vous à mes enfants ? Cette part que le monde rejette pour de l’argent ? Pourquoi mes Filles restez-vous sans rien faire ? Pourquoi n’aidez-vous pas ces enfants ? N’avez vous pas fait voeux pour la cause des plus petits ? Je ne vous reconnais pas. Vous me trahissez donc ainsi ? » Voilà ce que dis mère Marie Madelaine de la Croix.

Un enseignant
Invité
Un enseignant

Je connais bien ces classes que vous décrivez à Hell-Bourg, ce genre de classe parking où on vous met hors jeu sans vous exclure.