[Alt-Text] [Alt-Text]

L'actualité de la Réunion en direct

Enfants de la Creuse : le rapport de 700 pages remis à l’Etat

dans Actualités/Infos Réunion

Après des travaux de recherche ayant duré plus de deux ans,  la remise du rapport d’étude sur la transplantation des mineurs de La Réunion en France de 1962 à 1984 a été effectué hier à l’Etat.

Pour Ericka Bareigts, à l’époque ministre des outremers au moment où cette étude a démarré, c’est une étape de reconnaissance qui vient d’être franchie.

« Ceux que l’on désigne souvent comme « les enfants de la Creuse » ont été arrachés à leur terre natale avant d’être transférés dans 83 départements de l’Hexagone. Alors qu’on les estimait à 1000 enfants, ce sont en réalité plus de 2000 enfants qui ont été concernés par ce drame​.
La transplantation des mineurs de La Réunion est un sujet qui me tient particulièrement à cœur : une résolution mémorielle a été adoptée à mon initiative en 2014 par l’Assemblée nationale qui affirme que l’État a manqué à sa responsabilité morale. Deux ans plus tard, George Pau-Langevin, alors ministre des Outre-mer, créait une commission chargée d’étudier plus précisément la transplantation des mineurs de La Réunion. En tant que Ministre des Outre-mer de 2016 à 2017, j’ai veillé à ce que la Commission puisse travailler en toute indépendance et avec des moyens adéquats. Cette commission rend aujourd’hui un volumineux rapport riche en enseignements »

Qu’y a-t-il dans ce rapport ?

Une réalité historique tout d’abord : plus de 2000 mineurs ont été transférés de force entre 1962 et 1984 dans le cadre de la politique de migration mise en œuvre par une société d’État, le Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d’outre-mer (BUMIDOM). La transplantation avait pour principal objectif de repeupler les territoires touchés par l’exode rural. Il s’agissait également dans l’esprit de ses concepteurs de lutter contre la misère que connaissait alors La Réunion, dont la cause était imputée à l’explosion démographique de l’île.

L’étude met en lumière les abus et les mauvais traitements subis par les mineurs.

L’intérêt des enfants a été relégué au second plan, explique encore la députée Bareigts. Les conditions de prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) des mineurs réunionnais ont été humainement inacceptables​. Les « enfants de la Creuse » ont souvent été séparés de force
de leur famille, parfois même sans que leurs parents ne soient prévenus. Le déracinement et l’éloignement forcé ont provoqué d’indélébiles souffrances et traumatismes.

« Lorsque j’avais proposé en 2014 à l’Assemblée nationale de reconnaître que l’État avait manqué à sa responsabilité morale, certains avaient jugé mes propos excessifs. C’était pourtant le minimum que l’on puisse  reconnaître : une faute morale a indéniablement été commise par l’État​, et cette faute morale est aujourd’hui plus facilement reconnue que par le passé. Il est certainement trop tard pour réparer cette faute, mais la reconnaissance de ces faits historiques aide les victimes de la transplantation à se reconstruire et participe à notre mémoire collective. Les ex-mineurs transplantés ont parfois été accusés de mentir sur ce qu’ils avaient vécu. La preuve de la véracité de leur histoire est aujourd’hui faite : les « enfants de la creuse » ont enfin droit à la considération qu’ils méritent​. Afin que leur mémoire ne soit pas oubliée, je souscris aux préconisations formulées par la commission, notamment la création d’un centre d’interprétation mémorielle à La Réunion et la construction d’espaces commémoratifs. Enfin, je souhaite que les enfants réunionnais exilés entrent davantage dans les classes de nos écoles et dans nos manuels scolaires afin que cette histoire soit connue et reconnue comme faisant partie de l’Histoire de France » conclut la députée.

Annick Girardin, ministre des Outremers a donc pris connaissance de ce rapport en indiquant qu’elle militera pour un lieu mémoriel au regard de cette sombre page de l’histoire réunionnaise.

Poster un Commentaire

3 Commentaires sur "Enfants de la Creuse : le rapport de 700 pages remis à l’Etat"

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
Flamboyant
Invité
Flamboyant

C’est quand même incroyable qu’il faille autant de temps à l’État pour reconnaître cette lamentable faute qu’il a commis. Enlever des enfants à leurs parents, les éloigner de force de leur terre natale pour repeupler une région fuie par ses propres habitants. Et encore si seulement ces pauvres enfants avaient eu un meilleur destin dans ces familles…réduit pour certains à « l’esclavage », à de basses tâches, et bien souvent violés par des membres de ces familles. C’est un crime qui a été commis à ce moment là et il doit être reconnu en tant que tel.

LE FAUCON
Invité
LE FAUCON
Les Réunionnais ont la mémoire courte . Hé oui ce monsieur à été élu en plus pendant plusieurs années Député R P R ……DE LA REUNION ……élire un esclavagiste MICHEL DEBRET……en plus des écoles réunionnaises portent son nom ,des rues ,des places ici à la Réunion …………….ces pauvres enfants vivaient comme à l’époque de GERMINAL ……..Mais sachez que les enfants CREUSOITS avaient le même sort ils vivaient comme il y a 90 ans …dans nos campagnes …..hé oui peu évoluée .
loulou
Invité
loulou
beaucoup de souffrances au nom du mépris et du pouvoir ,monsieur michel debré est mort mais c’était un criminel , beaucoup de ces jeunes déportés ce sont tués et d’autres sont placés en asile , l’état doit réparer ces crimes et payer les survivants de la creuse, ces déportés sont partis dans la creuse pour être à la merci des agriculteurs , et pour mémoire à l’époque de michel debré un fonctionnaire communiste était muté d’office en métropole il fallait être de son bord avec la complicité des maires de droite, si monsieur roland robert ancien maire de la possession… Lire la suite »

Derniers de Actualités

Aller en Haut