Fin des quotas sucriers : la canne en concurrence frontale !

dans Actualités/Infos Réunion

C’est fait !
La canne réunionnaise se retrouve depuis le 1er octobre en concurrence frontale avec le sucre international, la betterave de métropole, et les importations de sucre du brésil… entre autres !
C’est la fin des des quotas sucriers.
Une mesure qui ne sera pas sans conséquence sur la filière canne et que l’Etat a prévu de compenser en octroyant notamment une aide de 38 millions d’euros aux industriels destinée à compenser les surcoûts de revient dans ces territoires ultramarin et réduire l’écart de compétitivité entre les usines des DOM et celles d’Europe, et enfin, de permettre de maintenir les débouchés des sucres des DOM. Les industriels ultra-marins estiment à 41,5 millions d’euros l’impact de l’écart de compétitivité lié à la libéralisation du marché, soit un différentiel de 3,5 millions d’euros, selon une dernière étude de l’INSEE.

Quel avenir pour la filière ?

Toujours selon l’Insee, pour assurer leurs débouchés en sucre brut, les industriels des DOM vont devoir viser des pays européens déficitaires en sucre mais ayant des raffineries pour transformer le sucre brut (comme l’Espagne ou l’Angleterre), au détriment de la France métropolitaine, pays excédentaire. Le réseau européen de raffinage continue néanmoins sa restructuration et le niveau de prix élevé du sucre brut importé des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP, 440 euros à fin juin 2016 avant raffinage alors que le prix communautaire du sucre blanc est de 437 euros la tonne), premier fournisseur de l’UE, laisse présager des changements à venir.
Une solution alternative serait de raffiner le su cre brut à La Réunion et d’exporter le sucre ainsi blanchi. Tereos estime à 60 millions d’euros le coût de cet investissement, qui ne serait rentable sans l’aide de soutien public à la construction (fonds européens) et à  l’exploitation (octroi de mer sur le sucre importé). Une réorientation des exportations vers les sucres spéciaux constitue l’une des voies alternatives pour le sucre « péi ». Du fait de son étroitesse, le segment des sucres spéciaux devrait être davantage épargné par la suppression des quotas. Cependant, les marges de progression resteront limitées, du fait de la maturité du marché européen. Le marché global des sucres spéciaux en Europe est un marché de niche (240 000 tonnes contre 17 millions de tonnes pour le sucre blanc), à plus forte valeur ajoutée et peu concurrentiel, sachant que La Réunion et la Guadeloupe en couvrent déjà la moitié. L’autre moitié provient des pays ACP et des pays les moins avancés (PMA), comme l’île Maurice, le Malawi, le Swaziland ou la Zambie.
Ce marché comprend également de nouveaux concurrents venant des pays du Pacte andins (Colombie, Pérou) et du Viêt Nam, qui bénéficient d’accords commerciaux. Par ailleurs, de grands pays producteurs de sucre de canne (Brésil, Inde, Thaïlande et Australie) négocient avec l’UE pour obtenir des contingents de sucre à droit nul, alors qu’ils sont aujourd’hui soumis à des droits de douane (98 euros par tonne de sucre brut de droits de douane et 419 euros par tonne pour les sucres spéciaux, dans le cadre des négociations GATT). L’exclusion des sucres spéciaux de ces futurs accords commerciaux et le maintien des protections douanières actuelles constituent des enjeux majeurs pour l’avenir de la filière et la préservation de ce marché de niche.

Problématique du prix européen du sucre après la libéralisation

Selon une étude réalisée par l’IEDOM,Outre les questions sur le niveau des aides complémentaires, la principale interrogation reste celle du prix européen du sucre après la libéralisation au 1er octobre 2017. Le marché européen
du sucre est un marché de gré à gré, sur lequel la transaction est conclue directement entre les agriculteurs et les industriels
sucriers. Le prix européen du sucre blanc n’est donc pas lié aux évolutions du marché mondial. Toutefois, bien que très éloignés ces dernières années (avec un prix européen de près du double du cours mondial), le prix européen et le cours mondial du sucre blanc côté à Londres convergent depuis début 2015. Ce dernier est même passé au-dessus du prix européen en juin 2016, ce qui ne s’était plus vu depuis octobre 2010

D’un côté, l’offre mondiale n’arrive pas à satisfaire la demande, qui continue de progresser, en raison de mauvaises campagnes sucrières dans les principaux pays producteurs (notamment au Brésil), et contribue à la remontée du cours. De l’autre côté, l’abaissement successif du prix de référence (631,9 euros jusqu’en septembre 2008, puis 541,4 euros d’octobre 2008 et novembre 2009 et 404,4 euros jusqu’au 1er octobre 2017), entraîne une inflexion progressive du prix moyen européen des contrats de gré à gré, également tiré à la baisse par une offre supérieure à la demande.
Les évolutions du cours mondial risquent désormais d’avoir plus de répercussions sur le marché européen qu’auparavant, car les producteurs européens seront plus sensibles au différentiel de prix dans leur choix de débouchés entre consommation locale et exportation. Cette reconnexion au marché mondial engendrera une plus grande volatilité du prix européen. Toutefois, ces mouvements de prix du sucre ne devraient pas avoir de conséquences à court terme sur le prix de la matière première. À La Réunion, le prix de la canne reste garanti par la convention canne 2015-2021, même si un bilan d’étape doit avoir lieu. En métropole, Tereos a fait le choix de garantir un prix minimal d’achat correspondant au prix communautaire actuel (25 euros la tonne de betteraves) pour les campagnes 2017 et 2018.
Au-delà des futures conditions du marché européen du sucre, la canne occupe une place prépondérante pour l’agriculture
réunionnaise et le sucre demeure sa meilleure valorisation. Néanmoins, accroître le potentiel des coproduits à travers l’autonomie énergétique, comme l’éthanol, constitue un axe de développement également intéressant, notamment dans une logique d’économie circulaire. La construction de la première turbine à combustion fonctionnant à l’éthanol, provenant de la transformation de la mélasse excédentaire en est une illustration.

3 Commentaires

  1. Il va y avoir des pleurs dans l’air !
    Notre sucre a été trop subventionné et payé au prix fort aux planteurs … cela a permis aux planteurs de s’équiper en 4×4 neufs , en tracteurs dernier cri … donc à vivre au-dessus de leurs moyens aux frais des contribuables … une injustice !
    Quand on pense que les planteurs ne travaillent qu’à peine 4 à 5 mois dans l’année (coupe , nettoyage , engrais et quelques plantations de jeunes pousses) , on imagine que ça rapporte gros !
    Maintenant il faut bosser dur ! et pour de vrai !

  2. Quoi ??? Il va falloir que je paye (et vous tous aussi, avec votre pognon) 38 millions d’euros (au moins), à perte, pour rien, pour une filière sans aucun avenir ???

  3. Que la filière fabrique du carburant de deuxième-génération https://www.startpage.com/do/search?q=Canne+%C3%A0+Sucre+biocarburant+seconde+g%C3%A9n%C3%A9ration&l=francais

    Qu’une partie soit convertie en culture du Chanvre (une panacée dont la France est le 1er producteur mondial) ; nous savons aussi faire du « cuir » végétal avec les feuilles d’Ananas, n’y a-t-il pas quelque chose du genre avec la Canne ?

    https://www.startpage.com/do/search?q=Canne+%C3%A0+Sucre+biocarburant+seconde+g%C3%A9n%C3%A9ration&l=francais

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*