La NRL dans la panade : qui a « merdé » ?

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Ce n’est pas Didier Robert, président de Région, qui a signé l’arrêté autorisant le Schéma départemental des carrières de 2014. Il n’en a pas le pouvoir. De même que ce n’est pas Thierry Robert qui a prononcé la décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux ; Il n’a jamais été juge de sa vie et il ne siège pas non plus à la Cour administrative d’appel de Bordeaux ni au sein d’aucun autre tribunal.

La décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux selon laquelle le Schéma départemental des carrières (SDC) de 2014 a été annulé, livrée la semaine dernière, a été résumée en une petite poignée de mots. A partir de là, tout le monde, est parti en live, sans prendre le temps d’expliquer une décision « rendue au nom du peuple français » qui, faut-il le rappeler, tient quand même en quelques pages. Une décision tombée, non pas par l’effet du Saint Esprit, mais suite à une audience publique durant laquelle ont été exposés et confrontés, plusieurs points de vue, c’est-à-dire ceux de toutes les parties concernées dans ce dossier, comme il se doit dans un état de droit, dans un pays démocratique. Ce n’est donc pas une décision politique pour faire plaisir à Thierry Robert contre Didier Robert, contrairement à ce que certains veulent laisser entendre. Dans cette affaire de Schéma départemental de carrières qui impactera forcément le chantier en cours de la NRL (Nouvelle Route du Littoral, il n’y a pas d’un côté les bons et, de l’autre, les méchants. Il n’y a pas d’un côté Didier Robert, « celui qui veut développer La Réunion » et, de l’autre, Thierry Robert, « celui qui empêche La Réunion d’avancer», comme on a pu le lire ici ou là.

Il n’y a pas non plus d’un côté le président de Région, présenté par certains comme « le plus grand, le plus beau, le plus gentil, le sauveur de La Réunion » et, de l’autre, le député de la 7ème circonscription, ancien maire de Saint-Leu, « le vilain petit canard, l’empêcheur de tourner en rond,  le responsable de la crise du BTP et du logement social », comme on a pu encore le lire dans certains médias. Cette décision de la CAAB ne pourrait se résumer par une vision manichéenne selon laquelle, d’un côté ce serait tout blanc et, de l’autre, tout noir.

Au cours de cette audience du 3 mai dernier à Bordeaux, ont été pris en considération les rapports de Frédéric Faïck et de Déborah De Paz, rapporteurs publics auprès de la Cour administrative d’appel de Bordeaux, les observations de Me Bayle, représentant de l’association « ATR-FNAUT », de Me Nguyen pour la Région Réunion, de Mme Mallet, chef du bureau des affaires juridiques des risques pour l’environnement au sein de la division des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique et solidaire.

Ce serait vraiment prendre les Réunionnaises et les Réunionnais pour des idiots que de faire croire qu’une telle décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux aurait été dictée par l’ancien maire de Saint-Leu. Tout comme le Conseil d’Etat, le 13 décembre 2017, quand la Cour administrative d’appel de Bordeaux statue, ce n’est pas pour les beaux yeux de Thierry Robert ni pour « casser » du Didier Robert. Les magistrats de cette Cour n’en ont que faire de l’étiquette politique de Thierry Robert ou de Didier Robert. Ils n’en ont rien à cirer des gesticulations des uns et des autres. Ils statuent sur des points de droit. Ils disent si la loi a été ou non respectée. Et dans le cas du Schéma départemental des carrières de 2014, force est de constater, à la lumière de cette décision qui a été rendue par la Cour administrative d’appel de Bordeaux, que la loi, manifestement, celle en l’occurrence édictée par le Code de l’environnement n’a pas été respectée. Raison pour laquelle, la CAAB a annulé le jugement du tribunal administratif du 16 juin 2016 annulant ainsi le Schéma départemental des carrières de 2014.

Qu’est-ce qui a motivé cette décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux ? Pour cela, il faut remonter à quelques années en arrière. Le contexte est le suivant : La Réunion est dotée d’un Schéma départemental des carrières approuvé le 9 juillet 2001 et révisé le 22 novembre 2010. Par arrêté du 7 mars 2012, le préfet de La Réunion (Michel Lalande) a déclaré d’utilité publique le projet de construction de la nouvelle route du littoral (NRL) entre Saint-Denis et La Possession. Afin de permettre l’approvisionnement en matériaux du chantier, la Région présidée par Didier Robert a sollicité, le 20 mars 2013, la modification du Schéma départemental des carrières (de 2010). Par un premier arrêté du 18 avril 2014, le préfet de La Réunion (Jean-Lux Marx), statuant dans le cadre de la procédure d’examen au cas par cas prévue par les dispositions du V de l’article R-122-17 du Code de l’environnement a décidé de dispenser d’évaluation nationale le projet de modification du Schéma départemental des carrières de La Réunion. Par un second arrêté du 26 août 2014, le préfet Dominique Sorain (celui qui a été nommé récemment à Mayotte suite à la crise, après avoir été directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer Annick Girardin) a approuvé la mise à jour de ce schéma. La commune de Saint-Leu et son maire de l’époque, à savoir Thierry Robert, a demandé au Tribunal administratif de La Réunion d’annuler l’arrêté préfectoral du 18 avril 2014 (celui de Marx). La commune de Saint-Leu et Thierry Robert, avec cette fois-ci M et Mme Larcher de l’association « Groupement citoyens Alternative Transport Réunion » (ATR-FNAUT) demandent également l’annulation de l’arrêté préfectoral du 26 août 2014 (Sorain). Le TA rejette leurs appels le 16 juin 2016. Aussi, la commune de Saint-Leu, Thierry Robert et ATR-FNAUT se tournent alors vers la Cour administrative d’appel de Bordeaux et relèvent appel du jugement rendu par le TA.

« Thierry Robert ne remerciera jamais assez Me Creissen… qui bosse aujourd’hui au service de la Région »

Ironie de l’histoire, c’est Me Creissen, l’avocat de Saint-Leu qui rédige la requête en faveur de Thierry Robert, son patron de l’époque. A noter que Me Creissen travaille maintenant au service de la Région. C’est sur la base de sa requête, visiblement bien « torchée », que la Cour administrative d’appel de Bordeaux a statué en donnant raison à Thierry Robert. Lequel devrait chaleureusement remercier son ancien avocat. A son tour, Me Creissen va devoir sans doute, en cas d’un pourvoi en cassation de la part de l’actuel préfet (Amaury de Saint-Quentin), donner un coup de main à son collègue Me Nguyen, qui bosse pour la Région, afin de « détricoter » ce qu’il avait jadis argumenté en faveur de la mairie de Saint-Leu. En clair, il lui faudra soutenir juridiquement le contraire de ce qu’il avait couché noir sur blanc dans sa requête datant d’août 2016. Pas évident !

Pour faire simple, on dira que le 16 juin 2016, suite aux requêtes formulées par la mairie de Saint-Leu et par l’association « ATR-FNAUT » sur les incidences environnementales des nouvelles carrières autorisées par le préfet Sorain, le Tribunal administratif avait donné raison au préfet, estimant que les incidences environnementales mises en exergue par les requérants étaient « mineures ». Or, le 3 mai dernier, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a shooté le jugement du TA du 16 juin 2016 en considérant au contraire que les modifications apportées à la demande de la Région par le préfet Dominique Sorain en 2014 au Schéma départemental des carrières de 2010 ne pouvaient être « regardées comme mineures ». Et la Cour d’appel de Bordeaux d’ajouter : « par suite, elles (ces modifications apportées par le préfet) ne pouvaient intervenir sans qu’une évaluation environnementale ne soit réalisée et à tout le moins sans que l’évaluation ayant accompagné la révision du Schéma approuvé en 2010 ne soit réactualisée ». La Cour d’appel de Bordeaux précise encore : « la commune de Saint-Leu et M et Mme Larcher (de l’association ATR-FNAUT) sont fondés à soutenir que, c’est à tort, que le Tribunal administratif de La Réunion a rejeté leur demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 26 août 2014 approuvant la modification du Schéma des carrières de La Réunion. Dès lors, cet arrêté doit être annulé sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens soulevés à son encontre ».

En clair, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a donné raison à Thierry Robert et à l’association « ATR-FNAUT » en estimant que le préfet de l’époque, en modifiant le Schéma départemental des carrières de 2010, s’est assis, pour parler familièrement, sur le Code de l’environnement. Car cette modification opérée en 2014 a entraîné une augmentation de 5% des superficies exploitables pour le seul projet de la NRL. Il ressort des pièces versées aux dossiers, qu’avant la modification litigieuse, le Schéma départemental des carrières avait recensé 39 espaces carrières représentant une superficie totale de 3 288 hectares. Les quatre nouveaux espaces identifiés et inscrits en 2014 par le préfet à la demande de la Région dans le Schéma départemental des carrières à savoir l’Ermitage et Bellevue (Saint-Paul), Ravine du Trou (Saint-Leu) et Dioré (Saint-André), font que l’espace total concerné en carrières s’étend à présent sur 172 hectares et, qu’en plus, les zones sur lesquelles sont situées ces quatre nouvelles carrières potentielles présentent « une sensibilité environnementale particulière ». Autrement dit, le Schéma départemental des carrières de 2014 est hors-la-loi. Or, la loi est faite pour tout le monde. Préfet ou pas, projet d’utilité publique ou pas, tout doit se faire dans le respect de la loi. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Le Code environnemental n’a pas été établi pour tenir compte du calendrier électoral. Un projet d’une telle envergure engageant plus d’un milliard d’euros d’argent des contribuables, qui plus est un projet attendu auquel adhère la grande majorité des Réunionnaises et des Réunionnais, ne pouvait donc pas se faire au mépris des règlementations en vigueur en France. Force est de constater, pour l’instant, eu égard de la décision rendue par la Cour administrative d’appel de Bordeaux qu’en la matière tout n’a pas été fait dans les règles de l’art.

Amaury de Saint-Quentin, l’actuel préfet de La Réunion, qui a pris le relais de Dominique Sorain, a laissé entendre « qu’un pourvoi en cassation n’était pas à exclure ». Mais en attendant la fin de la procédure, le chantier de la NRL risque de prendre du retard. Cela dit, depuis que la décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux est tombée en milieu de la semaine dernière, on apprend que, tout compte fait, la NRL n’aurait pas vraiment besoin des carrières préconisées dans le Schéma départemental de 2014 pour se concrétiser et que celle de Bois-Blanc à Saint-Leu suffirait amplement à fournir le chantier de la Digue (NRL) en roches massives. Pourquoi avoir identifié les quatre autres carrières dans le SDC de 2014 dans ces conditions ? Lequel SDC 2014 va faire perdre du temps au chantier. Pourquoi la Région a-t-elle demandé au préfet, en 2013, de modifier le Schéma des carrières de 2010 en vue des travaux de la NRL ? « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », comme dirait l’autre. Mais ce n’est qu’un proverbe. Il va sans dire que les transporteurs et le secteur du BTP suivent tout ce qui concerne ce chantier – y compris l’enquête du PNF en cours depuis 4 ans – avec beaucoup d’attention. Faut-il rappeler que nombreux sont les transporteurs qui se sont endettés pour s’équiper en gros camions afin d’espérer gagner un peu d’argent en travaillant sur la NRL ! Il va sans dire encore que si le chantier de la NRL devait prendre du retard en raison des procédures judiciaires en cours, parce que la règlementation n’aurait pas été respectée (non respect du Code de l’environnement), les conséquences pourraient être considérables pour la trésorerie de nombreuses entreprises locales sous-traitantes. Si le début des travaux de la NRL en 2014 a pu jouer un rôle majeur dans la réélection de Didier Robert à la tête de la pyramide inversée en 2015, on peut dire, en revanche, que tout retard de livraison de la NRL ou tout arrêt (de la route Digue) pourrait non seulement compromettre les régionales de 2021 pour le président sortant, mais il pourrait également entraîner de nombreuses manifestations de mécontentement dans l’île. A ce moment, il faudra alors se poser la question suivante : qui a « merdé » dans cette affaire ? Didier Robert pour avoir demandé la modification du Schéma départemental des carrières afin de parer à tout éventuel manque de roches massives pour la NRL ? Les préfets de l’époque pour s’être assis sur le Code de l’environnement en ne respectant pas la loi (voir décision de la Cour administrative d’appel de Bordeaux) ? Ou bien alors Thierry Robert et l’association « ATR-FNAUT » pour avoir demandé le respect de la loi, qui plus est pour un projet déclaré d’utilité publique ? Parce que la loi doit être respectée par tous, du plus bas au plus haut, du citoyen au représentant de l’Etat. Au cas contraire, ce serait la porte ouverte à toutes les dérives possibles. Le Dr Mété pourrait très bien, dans ces conditions, se lever un de ces quatre matins et demander à l’Etat de prendre un arrêté pour stopper la production du tabac dans le monde parce que, rien qu’à La Réunion, la cigarette tue plus de 560 personnes par an. Je sais, c’est un exemple « capillo-tracté » (tiré par les cheveux), mais c’est pour faire comprendre que, quel que soit le projet, quelle que soit son utilité publique, quel que soit son statut social ou politique, nul n’est au-dessus des lois, que l’on soit en France métropolitaine ou dans une île, ancienne colonie !

Saint-Louis : la jeunesse politique brimée ?

J’en veux pour preuve, ce qui s’est passé il y a deux semaines au conseil municipal de Saint-Louis. Au cours de la séance, arrive un dossier relatif à l’augmentation des indemnités des élus. Juliana M’Doihoma, 9ème adjointe, déléguée à la politique de la ville, prend alors la parole et explique calmement que de par ses convictions et ses valeurs elle ne peut voter en faveur d’une telle mesure d’autant que celle-ci intervient alors que le conseil municipal examine le premier budget (BP 2018) équilibré pour la première fois depuis 9 ans. Rappelons que la commune de Saint-Louis qui a beaucoup défrayé la chronique pour ses frasques financières dans le passé a été sous tutelle pendant des années. Grâce à la gestion du maire Patrick Malet et de son équipe, dont Juliana M’Doihoma, qui n’a jamais manqué de respect ni à son maire, ni à ses collègues du conseil municipal, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, la commune de Saint-Louis a donc pu sortir la tête hors de l’eau. Pensant bien faire, Juliana M’Doihoma qui incarne l’avenir de par son âge et surtout son engagement volontaire dans la vie politique – elle quitté son poste de chef de cabinet du Département pour prendre part aux municipales de 2014 dans la cité Saint-Louisienne – demande au maire si cette somme de plus de 70 000 euros prévue pour l’augmentation des indemnités des élus ne pourrait pas plutôt être affectée au CCAS (Centre communal d’action communale) afin d’aider les plus démunis, y compris les personnes âgées, à payer leur facture d’électricité ou d’eau. Elle explique que prendre comme première mesure concrète l’augmentation des indemnités des élus en profitant du premier budget équilibré reviendrait à envoyer un mauvais signal politique à la population. En revanche, aider les administrés soit en intervenant auprès du CCAS soit en diminuant un peu leurs impôts, puisque les administrés ont eux aussi – au même titre que les élus qui ont vu leurs indemnités diminuer à partir de 2014 – contribué à la bonne santé financière relative de la commune, serait un geste politique fortement apprécié par cette même population. « Pas question ! », a répliqué un des adjoints de la majorité, Jean-Luc Sandanon qui est « rentré en bœuf », comme on dit en créole, en s’attaquant directement et ouvertement à la 9ème adjointe. Mais comme on dit toujours en créole, il est « sorti en steack » car Juliana M’Doihoma, bien que jeune et toujours souriante, n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Sandanon s’est vite fait bien fait remettre à sa place par cette jeune Saint-Louisienne, instruite et intelligente, diplômée de grandes écoles (Prép ENA, Sciences Pô, double Master en droit et en gestion des collectivités). Juliana M’Doihoma est élue municipale, conseillère régionale faisant partie de l’équipe majoritaire de Didier Robert à la pyramide inversée. Au regard de la loi, elle n’est pas une « cumularde ». Elle exerce la profession de Chef de cabinet auprès du président de l’Université de La Réunion. Lors du vote du fameux rapport relatif à l’augmentation des indemnités des élus, fidèle à ses convictions et cohérente avec elle même, elle s’abstient comme elle avait annoncé précédemment, sans « tangage ». Pour elle, il n’y a rien d’anormal, aucune dissidence, seulement un positionnement logique, de bon sens, et non politique, par rapport à ce qu’elle avait soutenu. Pour Juliana M’Doihoma, l’affaire s’arrête là et la vie municipale continue. D’autant que l’année dernière, sur le projet de la 25ème commune (La Rivière-Saint-Louis), des adjoints de la majorité étaient montés au créneau, de façon très virulente contre le maire Patrick Malet en personne, allant jusqu’à déposer une motion, pour défendre leur position radicalement opposée à celle du premier magistrat de Saint-Louis. La démocratie s’exprime. Et c’est tant mieux. Personne n’en a fait un psychodrame politique. C’est ainsi que Juliana M’Doihoma voyait la suite… La preuve, elle vote favorablement tous les autres dossiers présentés au conseil municipal et afférents au développement de la commune. Mais c’était mal connaître certains de ses collègues qui sont revenus à la charge quelques jours plus tard lors d’une réunion de la majorité convoquée, le 28 mai dernier, par le maire Patrick Malet. Au lieu de calmer les esprits, de trouver les mots justes pour rassembler toute son équipe, tout en expliquant que chacun est libre de défendre son point de vue tant qu’il reste correct dans ses propos, Patrick Malet s’est clairement positionné en faveur des deux ou trois élus de la majorité qui ont souhaité en découdre avec Mme M’Doihoma, la faisant passer pour une dissidente et une « cumularde ». Ces derniers, parmi lesquels Emmanuelle Sinacouty, la première adjointe et conseillère départementale de l’opposition (qui avait voté contre Cyrille Melchior, candidat de Patrick Malet, à la présidence du Département le 18 décembre dernier) et Louis-Bertrand Grondin, conseiller régional très proche de Didier Robert, ont annoncé leur démission de leur poste d’adjoint au profit de leurs collègues du conseil municipal, pensant que par ce stratagème, ils allaient pouvoir également pousser Juliana M’Doihoma à la démission. Sur le coup, et prise au dépourvu face à des élus et un maire, qui lui en veulent, Juliana M’Doihoma a failli opter pour la démission. Mais après réflexion, elle a décidé de ne pas démissionner pour ne pas tomber dans le « piège » que lui avaient tendu ses collègues, mais de reverser ses indemnités d’adjointe municipale à une association « Nou lé là » qui œuvre en faveur des personnes socialement démunies à Saint-Louis. Finalement, c’est elle qui sort grandi de l’affaire. Moralité de l’histoire : les pratiques que l’on croyait pourtant révolues, sont toujours en vigueur. Qu’a fait de mal Juliana M’Doihoma ? Rien ! Elle n’a fait que défendre une position conforme à ses valeurs et à sa vision de la chose politique, à savoir « servir et non se servir », faire de la politique non pas pour gagner de l’argent mais pour aider les autres. Or, parmi ses collègues et sans doute aussi du côté du maire, qui est également vice-président du Département, président du Syndicat mixte de Pierrefonds et vice-président de la Civis, il y en a qui ont considéré sa posture d’élue intègre et honnête, son intervention en toute franchise comme un crime de lèse majesté. A partir de là, pas besoin d’être grand clerc pour imaginer la suite : tout sera fait pour qu’elle soit isolée au sein de la majorité, pour qu’elle soit « blackboulée » parce que, nombreux sont les élus de l’équipe majoritaire qui, même s’ils ont les dents qui rayent le parquet municipal, n’aiment pas les têtes qui dépassent. « Jalousiiiiiiie ! », comme le chante si bien Mamo. Enfin, à noter que contrairement à ce qu’il a précisé dans son communiqué suite à la réunion de la majorité municipale du 28 mai dernier, le maire Patrick Malet n’a, à aucun moment, proposé sa démission de certains de ses mandats, car il sait que plusieurs élus de son équipe l’auraient accepté.

« Mes copines ont reconnu le cab.. de mon compagnon »

 Avant de finir sur une note beaucoup légère, trois petites nouvelles que je voudrais saluer. D’abord l’initiative de Didier Robert de militer en faveur de la panthéonisation de Roland Garros, ce grand aviateur héros de la première guerre mondiale. Le président de Région s’était rendu la semaine dernière à Paris et il en a à juste titre remis une couche en profitant de son passage au tournoi international de tennis, porte d’Auteuil, à l’invitation du président de la Fédération nationale. Avec lui, Stéphane Fouassin en a profité, en tant que président de l’IRT, pour promouvoir, avec son équipe, la destination Réunion.

Autre bonne nouvelle, ça se passe au Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) : le recrutement de 55 sapeurs-pompiers professionnels et de 114 sapeurs-pompiers volontaires pour renforcer les casernes de l’île. Notons encore la construction de six centres de secours, le démarrage des travaux de celui de Saint-Benoit à la fin du deuxième semestre de cette année et la livraison de quatre centre de secours d’ici à la fin de 2018. Ce n’est pas fini. Cyrille Melchior, président du Sdis, a également annoncé l’avancement de carrière pour plus de 140 agents. Le préfet Amaury de Saint-Quentin a félicité lors du conseil d’administration du Sdis (Casdis), la semaine dernière, les sapeurs-pompiers pour leur implication active et efficace dans le cadre de la lutte anti-vectorielle. Et Cyrille Melchior, de son côté, a encouragé le colonel Hervé Berthouin, le big boss des pompiers, de faire du Sdis « une administration performante », en signalant que « nous étions sur la bonne voie ». C’est ça aussi la Réunion qui avance.

Un petit mot sur l’arrivée ce matin de Sébastien Lecornu dans le département. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire aura un programme chargé. Mercredi, il se rendra entre autres au TCO. Pourquoi faire ? Tout simplement parce le TCO, présidé par Joseph Sinimalé, est la seule communauté d’agglomération des DOM à signer le Contrat de transition écologique (CTE) avec le gouvernement et, cela, grâce à un gros travail entrepris par ses services et le lobbying de son président auprès des ministères. En décembre 2017, le gouvernement a annoncé la création de  «Contrats de transition écologique» (CTE) pour que les territoires fassent leur transition écologique. L’ambition de ces contrats est d’accélérer l’action locale pour traduire les engagements pris par la France au niveau national (Plan climat) et international (COP 21) , One Planet Summit) d’impliquer tous les acteurs du territoire autour d’un projet de transition durable (élus, acteurs économiques, partenaires sociaux, services déconcentrés, citoyens) ; et d’accompagner les mutations professionnelles. L’enjeu est de mobiliser la société autour de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Sur la vingtaine de « Territoires d’expérimentations » qui devrait être identifiée au niveau national, la Communauté d’agglomération du Territoire de la Côte Ouest (TCO) a été désignée, le 26 avril dernier, comme territoire pilote qui parie sur l’écologie en tant que moteur de l’économie et qui s’engage à changer de modèle de développement. L’élaboration des 3 phases du CTE du TCO et de la démarche de « Territoire d’expérimentations » et d’innovation sera confiée à l’Institut Efficacity qui développe cette activité. Le CTE, c’est 3 mois de négociation, 3 ans d’engagement et une dynamique de 30 ans. Ça aussi, c’est la Réunion qui avance et qui gagne ! Cela ne veut pas dire pour autant que Joseph Sinimalé a déjà remporté les municipales de 2020 à Saint-Paul. Nous n’en sommes pas là, d’autant que Huguette Bello, Alain Bénard et Ibrahim Patel (président de la CCIR) restent à l’affût. Bello et Patel occupent pas mal le terrain.

Allez, je termine pour de bon en regrettant la fin des « Guignols de l’info » sur Canal +. Hélas, tout a une fin dans la vie. C’est ainsi. Mais on continuera à rire quand même. Moi j’en étais plié, mardi matin, sur la route, direction de l’Ouest, en écoutant radio Free Dom, la radio qui vous fait vivre toutes les émotions possibles: du fou rire aux larmes de joie. Et vice-versa. C’est une dame paniquée qui appelle en direct. Une dame avec un accent qui n’est ni d’ici, ni de métropole. Elle ne sait plus à quel saint se vouer. Elle a découvert par surprise ses vidéos coquines sur les réseaux sociaux. Estelle, la charmante animatrice de service, lui demande alors : « mais on voit quoi sur ses vidéos madame ? ». Réponse affolée : « ben on voit tout ». Réplique d’Estelle : « oui mais tout, ça veut dire quoi ? ». Réponse toujours paniquée de la dame qui a du mal à respirer tant son débit est important : « on voit que mon compagnon et moi sont en train de faire… ». L’animatrice l’interrompt. « Oui, c’est bon, on a compris madame ». La dame pense que c’est son « ex » qui lui a fait ce sale coup après avoir piraté son compte Facebook. « Comment vais-faire pour aller au boulot ? Je n’ose plus sortir dans la rue, c’est la honte ! », s’inquiète l’auditrice presqu’au bord des larmes. « Est-ce qu’on vous voit vous et votre compagnon ? » lui demande Estelle. Réponse : « non, on ne voit pas nos visages, mais on voit le cabot de mon compagnon ». Oups ! l’animatrice, dont on imagine qu’elle a dû rougir grave dans le studio, tente de l’interrompre : « ohhh, c’est bon madame, on a compris ». Puis, elle tente de rassurer la dame : « de toute façon, si on ne voit pas votre visage et celui de votre compagnon, il n’y a pas de problème, pas besoin de vous affoler ». L’auditrice ne sachant plus où donner de la tête, annonce tout aussi tracassée à Estelle : « mais si, mes copines m’ont déjà appelé depuis ce matin. Elles m’ont dit qu’elles nous ont bien reconnus mon compagnon et moi ». Estelle tente le tout pour le tout : « mais comment ça ? C’est pas possible madame, vous m’avez bien dit qu’on ne voyait pas les visages sur ces vidéos ! ». Et là, c’est le pompon des pompons et le fou rire garanti. Moi, je n’ai pas pu me retenir. La dame lâche : « si, si, elles ont reconnu le cab… de mon compagnon ». Il n’y a pas à dire : de vraies « co-pine », celles-là !

Y.M.

([email protected])

Poster un Commentaire

12 Commentaires sur "La NRL dans la panade : qui a « merdé » ?"

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
noe
Invité
noe

La NRL ??? Facile de comprendre … de la jalousie morbide entre 2 personnes portant le même nom « ROBERT » mais de couleur différente … Voilà la clé de leur combat à la con par tribunal interposé …. les juges pour faire « bien » , annulent les arrêtés … juste pour emmerder les réunionnais qui bossent , qui circulent du Nord vers l’Ouest et vice versa ! cette guéguerre commence à bien faire le buzz !

Simplet
Invité
Simplet

« Me Creissen va devoir ….. soutenir juridiquement le contraire de ce qu’il avait couché noir sur blanc dans sa requête datant d’août 2016 »
Pas de conflit d’intérêt à la Réunion juste un problème de fric et cela à la vue de l’Ordre des avocats de La Réunion qui passe semble-t-il de plus en plus pour un Ordre des avocats bananiers

KUNTA Kinté
Invité
KUNTA Kinté

qui a « merdé » dans cette affaire ?
Didier Robert , avec égo surdimensionné le mec je sais tout … mwin la fé Science Po , diplômé du mensonge ?
Les préfets de l’époque pour s’être assis sur le Code de l’environnement , Ces mecs qui passent par l’ ENA , un machin entre plouk mais responsable de rien toujours muté , nommé en conseil des ministres pour service rendu avec un salaire non mérité !

Juliana M’Doihoma ? conseil , s’éloigner et me fiche de cette élue qui vit la vie politique en rose !

clindoeil
Invité
clindoeil
la NRL, on entendra encore parler d’elle !!! lol digue digue pas ?!!! je voudrai aussi dire à Mr Malet et à son équipe, s’ils pouvaient donner le tuyau à la mairie de Sainte- Marie, afin de revenir aussi stable concernant les dettes qu’on a depuis des années !!! je sais pas comment ils arrivent à marcher et à s’asseoir en tribune tête haute, alors que la population paie des impôts exorbitant…. bref pour l’histoire de la dame qui a appelé FREEDOM, pour la « sextape », je redirai comme Mr Montrouge, elles ont de bons yeux en tout cas vos copines… Lire la suite »
Foutor
Invité
Foutor

Les 2 Roberts y bataille pour satisfaire zot ego et zot poche. Les 2 n’a strictement rien à foutre avec la population reunionnaise. Ni l’un ni l’autre. Les 2 rois du happening et de la mascarade.
Les 2 y magouille pour chavire l’un et l’autre et au bout du compte à nous tu Kréol nous lé toujours bézé.

Ducon
Invité
Ducon

La fin de di dix robertix et de l’appareil photo qui suit comme un
Petit canidé ……

Jeremy patout
Invité
Jeremy patout

Thierry parle, cause, analyse mais au final il a réussi son coup! Un AS ce futur président de region . Bravo encore, bravo bravo monsieur le Député pour notre environnement

Jace
Invité
Jace

No love DRL! Love NRL!!!! Pffffffff

Laetitia
Invité
Laetitia

Tôt ou tard cette route s’arretera Pour un long moment ………………….et reprendra avec la nouvelle mandature de 2021 ……..

flanagan
Invité
flanagan

abrutissage dégénérescence un exemple sur l ile

SAKIFOUX
Invité
SAKIFOUX

2 remarques : les transporteurs, qui ont fait voter Dider Robert dans leurs entreprises pour les régionales ont lourdement investi en camions et que ces investissements sont défiscalisés (double peine pour le contribualbe qui paie la NRL), Quant à Mme Juliana M’Doihoma, que fait-elle dans un parti de droite avec des élus qui ne pense qu’à privilégier les intérêts d’un petit nombre de nantis et les leurs ! La droite-sociale, c’est la pire au final !

SAKIFOUX
Invité
SAKIFOUX
2 remarques : les transporteurs, qui ont fait voter Dider Robert dans leurs entreprises pour les régionales ont lourdement investi en camions car ces investissements sont défiscalisés (double peine pour le contribualbe qui paie la NRL), Quant à Mme Juliana M’Doihoma, que fait-elle dans un parti de droite avec des élus qui ne pensent qu’à privilégier les intérêts d’un petit nombre de nantis et les leurs ! La droite-sociale, c’est la pire au final ! Elle suit la route tracèe par Mme Dindar qui se sert de la pauvreté depuis des années pour faire son beurre potilitque sur le dos… Lire la suite »