L’édito : « Qui veut gagner des millions ? »

dans Actualités/Edito de Yves Montrouge/Politique

Au menu de ce rendez-vous hebdomadaire : la passation de pouvoir, hier, à la mairie de Saint-Leu entre Thierry Robert et Bruno Domen en présence des « camarades centristes » du député de la 7ème circonscription; Les sénatoriales et plus précisément l’alliance « politiquement transgenre » PS-LPA; les 2 millions d’euros, « cadeau » de la Région au JIR d’Abdul Cadjee et de Jacques Tillier; Les embauches au cabinet du conseil régional; Les manifestations à venir (BTP, Réforme du code du travail, contrats aidés…) qui annoncent une rentrée sociale chaude; L’arrivée de Mélenchon à La Réunion et le positionnement stratégique de Jean-Hugues Ratenon comme patron de « La Réunion Insoumise ».

Pour commencer, quelques lignes sur un livre qui vient de paraître. Il s’intitule « La Fabrique du Président » et est signé d’une journaliste Cécile Amar. Dans ce livre, il est question de l’ascension fulgurante d’Emmanuel Macron, cet homme « d’une fausse coolitude un peu brutale », décrit-elle. Elle fait témoigner nombre de personnes qui ont côtoyé l’actuel chef d’Etat pendant ses années d’études à l’ENA ou dans le cadre de ses fonctions de secrétaire général à l’Elysée ou de ministre. « Au premier abord, il est toujours gentil et, derrière, vous vous rendez compte assez vite que c’est une image ». Autre témoignage croustillant, toujours à propos de l’ambitieux et jeune président de la République : « Macron, au début, on croit qu’il est votre ami et quand il n’a plus besoin de vous, il vous lâche… ». Tiens, tiens, ça vous rappelle certains de nos élus locaux ? En tout cas, vous connaissez la formule consacrée : « toute ressemblance avec tel ou tel élu de La Réunion ne serait que pure coïncidence ». On l’aura compris, il ne faut jamais se fier aux apparences et encore moins aux belles paroles et aux promesses électorales. Car, comme le dit si bien le proverbe, les promesses n’atteignent que ceux qui les reçoivent.

« Nassimah Dindar, Tak et Sinimalé au premier rang à Saint-Leu »

On en vient maintenant à la passation de pouvoir qui s’est déroulée, hier matin, à la mairie de Saint-Leu. Thierry Robert, maire brillamment élu en 2008 pour la première fois (face à l’UMP Jean-Luc Poudroux), puis de nouveau plébiscité en 2014, a finalement (non-cumul des mandats oblige) passé le flambeau à Bruno Domen. La cérémonie a eu lieu lors d’un conseil municipal auquel ont assisté outre le public, des élus extérieurs à la commune. On a vu dans l’assemblée Nassimah Dindar, présidente UDI-974 du conseil départemental, Joseph Sinimalé, maire « LR » de Saint-Paul, André Thien-Ah-Koon, maire centriste du Tampon, Serge Hoarau, maire de la Petite-Ile, Daniel Pausé, maire de Trois-Bassins et Michel Dennemont, maire des Avirons et tête de la liste PS-LPA aux sénatoriales. Il ne manquait plus que Michel Fontaine. Des élus « transversaux » qui se sentent aussi bien dans la majorité régionale de Didier Robert que dans celle départementale de Nassimah Dindar et qui copinent avec autant d’aisance et plaisir avec le député de la 7ème circonscription. Des élus qui devraient, via leurs représentants, se retrouver en bonne place dans le futur bureau du conseil départemental, autour vraisemblablement du futur président Cyrille Melchior (proche de Joseph Sinimalé), après l’élection de Nassimah Dindar au Sénat, le 24 septembre prochain. La présence de ces élus, hier, à la mairie de Saint-Leu doit être vu comme le message d’une grande et solide amitié politique entre Thierry Robert, Nassimah Dindar, André Thien-Ah-Koon et Joseph Sinimalé. Faut-il rappeler que, avant de faire preuve de raison en sauvegardant la plateforme de la droite et, par conséquent la majorité régionale, la présidente du conseil départemental, soutenue par plusieurs maires de la Réunion dont Michel Fontaine, patron de « LR », avaient bien failli composer une liste droite-centre avec le LPA de Thierry Robert pour les sénatoriales ? Il aura fallu l’intervention de Jean-Paul Virapoullé (revenu de vacances) et la clairvoyance de Mme Dindar et de Michel Fontaine pour éviter une explosion de la plateforme. Tous ces élus savent, malgré tout, qu’ils ont besoin des crédits de la Région et de Didier Robert, l’actuel détenteur du chéquier (plus de 3,5 milliards d’euros, fonds européens y compris) pour le développement de leur commune et/ou de leur micro-région. Stratégiquement, il aurait été suicidaire pour la droite locale toute entière de tout faire « capoter » à la pyramide inversée. Tous ces élus étant par ailleurs conscients que sans eux, Didier Robert ne pèse électoralement pas grand-chose. Mais que, sans Didier Robert, ils ne pèsent financièrement pas très lourd. Bon an, mal an, ils essayent donc de faire bonne figure et de supporter mutuellement. En sachant que Jean-Paul Virapoullé devrait très prochainement se retrouver au poste de premier vice-président de la Région après l’élection de Jean-Louis Lagourgue au Sénat. Lequel Virapoullé est aussi un très proche de Nassimah Dindar, de Joseph Sinimalé et, quoi qu’on en dise, de Thierry Robert… Et puis, en leur for intérieur, nombre d’élus de droite et du centre se disent aussi que « les choses pourraient peut-être bouger et la donne pourrait changer » dans les semaines ou mois qui viennent du côté de la pyramide inversée, « compte-tenu de certaines affaires en cours ». Spéculez, spéculez, il en restera toujours quelque chose !

« Victoria, Mouen… et toute une « armée mexicaine » »

Quant au nouveau maire de Saint-Leu Bruno Domen, nul doute qu’il sera très bien entouré, tant par l’équipe administrative que par celle politique dont fait toujours partie Thierry Robert, en tant que conseiller municipal. Même si Domen et Robert ont chacun leur « personnalité », il va sans dire que les deux hommes ainsi que les autres membres du conseil municipal continueront à travailler en étroite collaboration sur les projets communaux. En choisissant Domen, fidèle parmi les fidèles, Thierry Robert a opté pour le changement dans la continuité et gardera plus que jamais un œil sur son « domaine », à savoir la mairie de Saint-Leu. Pour parler plus clairement : il passe l’écharpe, mais garde la main sur les affaires communales. Dans ce genre de situation, il faut toujours rester vigilant car l’appétit vient en mangeant, qui plus est en politique. Raison pour laquelle, à Drancy par exemple, samedi dernier, Jean-Christophe Lagarde, député-maire de cette ville, a passé la main à son… épouse Aude, qui était adjointe depuis 2001. Tant qu’à faire ! Dans le même registre, sachez que pour contourner la loi sur la moralisation de la vie politique et, plus précisément l’interdiction des emplois familiaux, une députée de La République En Marche (LREM), Sophie Panonacle (élue en Gironde) a trouvé la combine : elle gardera son mari comme directeur de cabinet à l’Assemblée nationale, mais en tant « qu’employé bénévole » sous les ordres duquel opérera une assistante parlementaire rémunérée. On ne sait plus quoi faire pour garder l’argent public dans le giron familial !

En parlant d’emplois familiaux, de cabinet etc… il est dit qu’une longue missive serait partie récemment en direction des services du Président de la République dans laquelle une épouse, employée à un poste très important aux côtés de son mari dans une collectivité locale, demande non sans ironie si elle devrait divorcer pour pouvoir continuer à travailler en gardant son poste. Mais pourquoi « divorcer » ? Pourquoi tout de suite les grands mots ? Si la loi devait interdire les emplois familiaux, pas seulement à l’Assemblée nationale, mais également dans les collectivités, le problème serait vite réglé. Dans le cas de cette épouse, il suffirait tout simplement de changer de poste et de travailler loin du mari. Ce n’est pas un drame. Tous les époux ne travaillent pas ensemble. Bon d’accord, il faut reconnaître qu’une telle loi aurait plus tendance à privilégier les maîtresses. Ou les amants !

Sans transition aucune, on nous signale l’arrivée (que nous vous avions déjà annoncée sur ce site), mais qui serait imminente cette fois-ci, de René-Paul Victoria au cabinet de la Région. Info ou intox ? Le retraité de l’éducation nationale (ancien directeur d’école) et de la politique (il a été adjoint au maire de feu Auguste Legros, maire, conseiller général, régional, député et actuellement conseiller de l’opposition municipale dionysienne) devrait être embauché à la pyramide inversée contre une belle rémunération à l’instar de tous ceux (anciens élus et autres responsables du monde associatif tels qu’Alain Bénard, Samuel Mouen, Jean-Luc Julie et consorts…) qui font déjà partie de ce que les mauvaises langues qualifient « d’armée mexicaine » grassement payée avec l’argent des contribuables. Des employés qui, pour certains d’entre eux, détachés de leur corps de métier d’origine, cumulent indemnités, retraites et nouvelle rémunération. Alors que nombreux sont les Réunionnais, jeunes chômeurs diplômés, qui attendent désespérément de décrocher un job dans une entreprise privée, dans une collectivité ou dans une association. Pour ce qui est d’association, c’est un peu « raté » étant donné que le gouvernement va ratiboiser sur le nombre de contrats aidés. Une manifestation serait, dit-on, programmée le 14 septembre prochain devant la préfecture de Saint-Denis, deux jours après celle initiée par les entrepreneurs du BTP et les syndicats.

«  Après « le journal de Debré », « le journal de… » ?

On ne quitte pas l’argent des contribuables, pour vous parler des 2 millions d’euros que le président de Région et les élus de sa majorité ont donné au JIR, journal d’Abdul Cadjee, dirigé par Jacques Tillier. Un sujet qui fait toujours couler beaucoup, beaucoup d’encre et qui, à n’en pas douter, restera longtemps encore dans les mémoires puisque, localement, jamais un tel « cadeau » de la part d’une collectivité au profit d’un journal  n’avait été fait. Jamais un président de collectivité, un élu n’avait donné autant d’argent public à un organe de presse privé. Même Paul Vergès n’avait pas accordé une telle subvention à « Témoignages », le journal du PCR qui, lui, avait au moins le mérite de s’afficher clairement et ne se cachait pas derrière une vraie fausse indépendance. L’on se rappelle encore tout le « tintouin » qu’avait fait la presse locale, moi y compris, lorsque la Région de Vergès avait accordé à l’époque une bourse de 30 000 euros à sa fille Françoise. C’était indécent !

Et aujourd’hui, la Région de Didier Robert attribue 2 millions d’euros pour le JIR. Mais l’éditorialiste d’en face a raison : « ce qui est pris n’est plus à prendre »et, comme lui disait si bien sa grand-mère, « vaut mieux faire envie que pitié ». Sauf que là, ce qui a été pris pour permettre à certains de « faire envie », ce n’est pas le fric de l’élu généreux et bienheureux donateur en question, mais bien l’argent du peuple, l’argent de nos impôts, l’argent de ceux qui se lèvent tôt pour aller bosser et essayer nourrir dignement leur famille. Bien sûr qu’il faut penser aux 125 familles du JIR que la Région va – provisoirement ? – permettre de sauver. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher pour autant d’avoir une pensée pour tous ces chefs d’entreprises et leurs familles – sûrement des centaines et des centaines – tous ces artisans, tous ces entrepreneurs qui ont vu leur entreprise liquidée, qui ont dû hypothéquer leur case et tous les biens qu’ils possédaient parce que les services de l’Etat, la justice et la collectivité régionale ne leur ont à aucun moment tendu la main en dépit d’un passif beaucoup moins important que celui présenté par le JIR. Et pourtant, ces chefs d’entreprises là et leur directeur général de service, ne roulaient pas dans des 4X4 BMW toute rutilantes, ni n’habitaient dans des villas 6-7 pièces en plein-centre ville de Saint-Denis avec piscine, ni encore ne voyageaient en classe « Affaires » (prix du billet d’avion  : plus de 4000 euros), ni non plus n’embauchaient leurs copains dont certains venant directement du « cabinet de… », après avoir « remercié » nombre de personnels locaux, anciens et compétents. Est-ce à dire qu’après le « journal Debré » des années 60-80, nous avons aujourd’hui le « journal de… » ? A suivre, même si le décor était déjà clairement planté depuis plus d’un an.

«  4, 3 Millions d’euros à NEXA, dirigé par Gaston Bigey »

Peut-être que nous, contribuables, n’en serions pas là, à mettre contraints et forcés, la main à la poche aujourd’hui si Mr Cadjee avait, en 2008, acheté ce journal à son juste prix, c’est-à-dire pour une douzaine de millions d’euros (selon les experts économiques) au lieu de 21 ou 22 millions d’euros ! Au fait, qui avait joué au grand « médiateur » à l’époque entre Abdul Cadjee et Mr Hersant ? Nous avons aussi une pensée pour tous ces journalistes qui, du coup, vont devoir d’une certaine manière s’asseoir sur leur carte de presse et la liberté qui va avec vis-à-vis d’une certaine collectivité ou plus principalement vis-à-vis de l’exécutif. Des journalistes qui, pour faire diversion, vont devoir tenter de jeter l’opprobre sur des associations et des salariés qui gagnent de l’argent à la sueur de leur front et à la force de leur travail plutôt que de pointer des SPL et des collectivités qui « gaspillent » l’argent public en privilégiant les copains, les cousins, les épouses de copains (des anciens de l’école), via des doublements de salaire (SPL Musées) ou des missions tous frais payés. Cela dit, concernant certaines collectivités, ils (ces journalistes) pourront toujours, si besoin, comme le fait déjà leur DG pour noyer le poisson, se défouler sur l’entourage de… Mais il ne faudra jamais toucher au patron et à madame. Jamais ! Ibrahim Patel (qui avait eu le malheur d’annoncer trop tôt ses velléités à la mairie de Saint-Paul), Jean-Jacques Morel (porte-parole d’Objectif Réunion et candidat vaincu aux dernières législatives dans la 1èrecirconscription), Jean-Louis Lagourgue, Nadia Ramassamy, Dominique Fournel sont déjà connues comme têtes de turc toutes trouvées (et taillées sur mesure) pour être sacrifiés sur l’autel d’un semblant d’objectivité journalistique. Mais les lecteurs ne sont pas dupes. Ils verront bien, d’autant que tout laisse à penser que des « rats morts » devraient petit à petit sortir de cave.  Ç’est bien connu, ça sent pas bon les rats morts ! Une chose est sûre, et là encore, l’éditorialiste d’en face n’a pas tort : « ce qui est pris n’est plus à prendre ». Sauf que cette « bonne affaire » qui, financièrement, permet de sauver le JIR, laissera forcément des traces – indélébiles ? – au sein du lectorat quant à la crédibilité et à l’indépendance du journal de MM. Cadjee et Tillier, tout comme elle ne sera pas sans conséquence politique pour Didier Robert au sein de l’électorat. Il va sans dire que si un sondage sur la cote de popularité était organisée ces jours ci ou si les élections régionales avaient eu lieu tout de suite, l’actuel président de Région n’aurait pas eu d’autre solution que d’aller pleurer dans la robe de « grand-mère » pour se consoler.

Pour être complet et objectif sur ce dossier, rappelons que la commission permanente de la Région, outre les 2 millions d’euros « d’aide exceptionnelle » accordés au JIR, a également voté, mardi dernier, des crédits conséquents pour le développement tous azimuts de la Réunion (voir compte-rendu relatif aux décisions des commissions permanentes que Freedom publie intégralement – et gratuitement bien entendu – sur son site). Jugez-en vous mêmes. Voici pêle-mêle quelques montants : 1,5 million d’euros attribués à l’Ecole supérieure d’art de la Réunion ; 1,8 M€ pour le Campus professionnel de l’océan Indien à Saint-Pierre ;  1,1 M€ pour la réhabilitation du lycée de Bois d’Olives et les équipements sportifs à Saint-Pierre ; 5, 5 M€ pour les études du futur lycée de Petite Ile ; près de 20 M€ pour les routes ; 1,3 M€ pour une enveloppe de 300 « emplois d’avenir » ; plus de 12 M€ pour la commune de Saint-Paul (protection contre les inondations) ; plus de 6 M€ pour la mobilité etc…

Notons aussi que la Région a accordé une subvention de 4,3 millions d’euros à NEXA, l’Agence régionale de développement, d’investissement et d’innovation de La Réunion, (qui a remplacé l’ex SR-21), présidé par le maire de Saint-Philippe Olivier Rivière,  proche du président de Région, et dirigé par Gaston Bigey, dont bon dit qu’il serait le cousin de Didier Robert. Une subvention attribuée au titre de son programme d’actions et d’investissements 2O17. Remarque de Karine Nabénésa, conseillère régionale de l’opposition : « Nexa est une agence qui observe l’économie pour 786 000 euros, étudie l’intelligence territoriale pour 1,3 millions d’euros, voyage à l’international pour 1,8 millions d’euros et surveille l’énergie pour 242 000 euros. Au final, seulement 500 000 euros sont véritablement destinés à accompagner concrètement les entreprises ». Elle a par ailleurs rappelé à NEXA que « le tissu économique local se compose essentiellement à 95% de petites et de très petites entreprises » et « qu’il y a peut-être un problème de décalage de perception ».

Avant d’aborder les sénatoriales, un petit mot pour vous dire que Ratenon, à l’image de ses collègues de métropole qui battent la campagne (au sens propre du terme), met le paquet sur le terrain, dans les quartiers notamment (il était à Piton-Sainte-Rose ce week-end chez le Macroniste Vergoz) pour, et d’une, sensibiliser les Réunionnais à la visite de Jean-Luc Mélenchon dans l’île les 15, 16, 17 et 18 septembre prochains et, de deux, pour expliquer « l’importance » la « mobilisation nationale » du 23 septembre à Paris initiée par la France Insoumise afin de dénoncer « la politique de casse sociale » du gouvernement Philippe et du Président Macron. Mais Ratenon ne fait jamais les choses au hasard. Il a senti que, depuis son élection dans la cinquième circonscription, il a un boulevard devant lui pour prendre localement les rênes du mouvement « France Insoumise » et pour se positionner comme l’interlocuteur légitime de Mélenchon dans le département. On comprend mieux pourquoi Denise Delavanne tente d’esquisser quelques pas en avant via des communiqués de presse. Mais grâce à sa récente et brillante victoire à la députation et ses multiples et anciennes batailles sociales dans toute l’île, inutile de dire que Ratenon a une longueur d’avance sur toutes celles et tous ceux qui voudraient accaparer le leadership de « la Réunion Insoumise ».

« Gilbert Annette/Thierry Robert : c’est qui la graine ? »

Les sénatoriales, c’est pour bientôt. Durant toute cette semaine à compter de ce matin et jusqu’à vendredi les candidats vont déposer leur liste à la préfecture de Saint-Denis. Parmi celles déjà annoncées (Nassimah Dindar pour l’union de la droite ; Michel Dennemont pour le PS-LPA ; Brigitte Hoarau pour La République En Marche ; Gélita Hoarau pour le PCR ; Vanessa Miranville pour Citoyens Réunionnais en action (CREA)), l’on devrait également compter sur une liste – en cours de montage – de PLR-Progrès (peut-être les Verts) qui pourrait être pilotée par Emmanuel Séraphin. A noter que Jean-Philippe Desby, employé d’une collectivité locale, souhaiterait lui aussi conduire une liste au nom du récent mouvement politique qu’il a créé :  « NSR » (Nous Sommes Réunionnais). Sa tribune est à découvrir sur notre site dans la rubrique « Politique ». Enfin, dans un mail qui nous est parvenu, hier après-midi, Bernard Law-Waï, qui est à la politique ce que le clown est au cirque, nous fait savoir qu’il propose de conduire une liste « droite-centre ». Une liste qui serait composée de Laurence Mondon (Tampon), Jean-Claude Lacouture (Etang-Salé), Nathalie Hamilcaro (Saint-Louis), Daniel Gonthier (Bras-Panon) et de Vanessa Miranville (La Possession). Et si la liste décroche un mandat de sénateur, les cinq premiers siégeront chacun durant 6 mois et Vanessa Miranville siégera pendant 3 ans et demi. Allez, on baisse le rideau. Le spectacle est terminé. Venons-en à un autre cirque, celui du PS-LPA.  Mais avant, rappelons que Brigitte Hoarau a remis Thierry Robert à sa place et a préféré le laisser à ses « élucubrations ». En clair, Brigitte Hoarau ne rejoindra pas la liste PS-LPA. L’avocate de Saint-Pierre, élue de l’opposition à Petite Ile, s’envole bientôt pour Paris où elle doit rencontrer le Premier ministre Edouard Philippe. Elle a vraiment envie de se positionner comme la porte-parole patentée de LREM à la Réunion. Pas question de laisser une miette à Thierry Robert que la majorité présidentielle semble de plus en plus repousser, ni à Gilbert Annette, le maire PS de Saint-Denis et « Premier des socialistes », qui joue sur les deux tableaux. Il envoie systématiquement en première ligne la députée Ericka Bareigts pour « totocher » Macron et sa politique surtout lorsque les mesures sont impopulaires, mais lui, derrière, se pose en rassembleur et en défenseur du chef de l’Etat et du gouvernement. Attention à la déchirure musculaire Mr Annette ! A force de faire le grand écart, même la souplesse du yoga n’y pourra rien.  Au niveau des sénatoriales, il semble avoir trouvé une assise confortable et rassurante dans les bras de Thierry Robert. Lequel tout content s’est exclamé : « ce 31 août sera à jamais gravée dans le marbre ». Et en quoi ce 31 août sera-t-elle une date historique ou symbolique ? La mort de la princesse Diana ? Non, il s’agit de la naissance du couple « politiquement transgenre » PS-LPA officialisée lors d’une conférence de presse tenue justement jeudi dernier, 31 août, à Saint-Denis, lors de laquelle, Thierry Robert, assis à côté de Gilbert Annette, a crié tout haut, la gorge quasiment nouée par une émotion insondable : « une graine vient d’être mise en terre ! ». Et on sait que quand une graine est mise en terre, soit elle pousse, soit elle pourrit. Mais Thierry Robert a omis une précision qui a son pesant de cacahuètes : c’est qui  « la graine » ? Ou plutôt, c’est « la graine » de qui ?

Y.M

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5 Commentaires

  1.  » l’argent des contribuables, pour vous parler des 2 millions d’euros …  »

    Que vous et surtout camille sudre portent plainte contre X pr fraude à la liberté du commerce et industrie et fraude à la concurrence et le tour est joué !

    Alors on y va voir le proc de saint denis ?

  2. Cher YM… il serait intéressent dans la saga de la famille Clain, de « chercher » encore un peu 🙂 …;
    1 le fils de Mme Clain Christiane , Christophe Lauret (de son 1er lit!!!) embauché à la mairie du Tampon sous la mandature de DR lorsqu’il était maire… y tarvaille toujours et sert de taupe à la Région…
    2 j’évoque à peine sa petite « ex fiancée » Alexandra, embauchée à la Région à St Pierre ,au service continuité territoriale!!!)….
    3 Le frère de Mme Clain (née Rolland) ,Alex Rolland embauché sans diplôme comme chef de service , idem le fils par DR… viré par TAK et a la retraite (dorée aussi…) depuis 2ans…
    4 cerise sur le « gâteau Clain », le fille de M et Mme Clain, filleule il me semble de DR, sans diplôme (danseuse) embauchée à la Région en métropole !!! eh oui…
    5 Petits plus : Serge Clain victime d’un AVC début juillet fait l’objet d’un secret organisé par Mme Clain et DR en vue de continuer intégralement de percevoir intégralement son salaire ( plus de 12000 / mois hors primes, voiture, voyages etc…)
    6 Mme Christiane Clain, ne possède aucun diplôme susceptible de percevoir de tels revenus….,
    7 et il faut espérer que certaines « fraternités » (ou DR, Clain et autres officient…u coté de la Possession!!!), l’achat du silence du JIR et de certaines personnes à Pole emploi Réunion qui en sait bien plus n’empêcheront pas la justice de se saisir de cet énorme scandale …un petit calcul rapide montre qu’ils vivent et coutent aux réunionnais entre 400000 et 800000 € / an… Fillon passe pour un petit joueur à coté….
    Et je ne vous dis pas tout.
    cher Mr YM…. cherchez et vous trouverez !!!! … To be continued

  3. Le gros fromage du JIR

    Le titilleur du JIR, Jacques Tillier, a écrit de beaux articles pour encenser le maître de la Région Réunion, Didier Robert, et dénigrer, dans ses édito, ses foies jaunes, la plupart adversaires du pharaon, dont l’intrépide député Thierry Robert.

    Le titilleur, par l’odeur alléché, sait très bien qu’à la plus haute fenêtre de la pyramide inversée se tient le maître des lieux avec, en son bec, un gros fromage, deux millions d’euros. Et le phénix, fier d’entendre sans cesse qu’il est le phénix des cocotiers, a lâché son fromage qui est tombé juste aux pieds du bipède désemplumé.

    Le flatteur avait, depuis quelque temps, trouvé de l’aide, il est vrai, en la personne de l’obscur Le Clair qui passe le plus clair de son temps à écrire des articles tels qu’ils ne peuvent que chatouiller l’ouïe du phénix. Et pour faire bonne mesure, avant l’arrivée de la manne précieuse, le titilleur avait déjà jeté aux gémonies son canard boiteux, Yves Mont-Rouge : son très vilain canard cancanait tout autrement; il égrenait ses « coin coin » sans respecter la ligne directoriale du titilleur. C’était vilain à entendre. Horribile auditu, dirait l’ami Cicéron. Voilà un foie jaune jeté, celui-là, aux oubliettes !

    Le Phénix s’est trouvé alors plongé dans la plus profonde béatitude de l’extase, il était pleinement ravi, il était aux anges.

    Et le fromage est donc tombé, tout naturellement, tout démo(n)cratiquement !

    Gérard Jeanneau, expert ès-magouilles des cocotiers.

    Gières, le 3 décembre 2017

    PS – On se souvient ! Le journal de Paul Vergès, Témoignages, était récemment aux abois. Pas un seul titilleur digne de ce nom n’a encensé l’auguste Didier Robert. Finalement la version papier a disparu, il ne reste plus que la version électronique, une peau de chagrin qui ne chagrine nullement notre titilleur roublard qui a ramassé le gros lot.

    Là aussi, tout naturellement, tout démo(n)cratiquement !

    Et le Quotidien de La Réunion, aux abois lui aussi, a fait plusieurs appels pour une petite subvention. En vain. Mais, après avoir laissé tomber son gros fromage, le magnanime pharaon péi, tout résipiscent, a dit qu’on allait réétudier la question. Va-t-on décrocher là encore un gros fromage ou se contenter d’une minuscule parcelle ? Karine Nabénésa, un membre très actif de la République En Marche, va-t-elle enfin cesser de rogner les ailes du phénix ? L’avenir le dira. Suivons le volatile qui semble vouloir sortir le costume du père Noël. Zinfos974 ferait bien de profiter de l’aubaine. Si toute la presse péi a sa bonne part, nous allons enfin gazouiller. Eh oui ! à force de contempler le phénix de la pyramide inversée nous nous laissons nous métamorphoser en oiseaux.

    Aux dernières nouvelles, notre vilain canard, Yves Mont-Rouge, poursuivi par le phénix devant les tribunaux pour son mal parler, cherche à être apprivoisé, comme une simple colombe, par Nassimah Dindar, présidente du Département et vice-présidente de la Région-Réunion, tout, tout près du phénix. Le contrat signé, le vilain canard sera un docile canard au bec cloué : il sera soumis au droit de réserve. La première dame des cocotiers a de jolis tours dans son sac ! Elle va être encensée par le titilleur péi qui va roucouler avec encore plus d’ardeur au pied de la pyramide inversée.

    Autre nouvelle : le rayonnant phénix, Didi 10% des cocotiers, a harmonieusement croassé : « Nous sauvons 400 emplois au JIR. » Ne nous laissons pas étranglés par ce croassement si enjôleur soit-il : compte-t-il les coursiers qui ne travaillent que quelques heures et qui touchent le RSA, les dépositaires de journaux, les ouvriers de la rotative qui roule aussi pour le Quotidien, qui sais-je encore ? Il serait plus juste de dire combien on dépense pour les fiches de paie et quelle est la fourchette pour les divers salaires sans oublier de signaler une petite mention à propos des avantages en nature attribués aux encenseurs de la cocoteraie, car, cela va de soi, il y a lieu de payer l’encens, un encens rare qu’on ne trouve pas en Arabie.

    Gérard Jeanneau

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