L’Edito. Macron : « je ne suis pas le Père Noël »… des pauvres

dans Actualités/Edito de Yves Montrouge/Infos Réunion/Politique

On y arrive à la politique. Mais avant, permettez-moi un petit détour qui, à mon humble avis, en vaut largement la peine. J’ai lu dans l’édito du JIR de samedi (28 octobre 2017) un paragraphe qui m’a interpellé. Ce paragraphe en question concerne le président de la Chambre d’industrie et de commerce de La Réunion (3ème colonne, en page 2). Il est écrit noir sur blanc :

« (… ) Ibrahim Patel sera mis en garde à vue prochainement, du côté de la brigade de gendarmerie de Saint-Paul, tout juste avant le 11 novembre, fête de l’armistice… C’est vous dire si les enquêteurs sont taquins… ».

Pourquoi cet écrit m’interpelle moi Français de La Réunion vivant en 2017 dans une République, non pas bananière, mais une vraie République ? Parce que ce n’est pas la première fois que l’auteur étale ainsi de telles menaces concernant des élus qui ne sont pas au garde-à-vous devant lui. Nassimah Dindar, par exemple, en sait quelque chose, elle aussi. Mais là n’est pas le problème. Si ces élus ont « merdé », ils iront au « trou ». Je ne suis pas habilité pour les juger. Il y a une justice pour ça. Enfin, normalement…

Le plus grave, et c’est ce qui m’interpelle vraiment, moi citoyen de La Réunion, c’est que l’auteur de ces lignes semble être parfaitement au courant du planning d’intervention ou d’actions des gendarmes; Tellement au courant qu’il se transforme volontiers soit en huissier de justice pour apporter lui-même la nouvelle à Ibrahim Patel, soit carrément en chef de brigade de gendarmerie pour avoir déjà décidé, par anticipation,(une douzaine de jours à l’avance), avant même d’avoir entendu le président de la CCIR, de sa mise en garde à vue. C’est tout simplement grave. Et ça pourrait en dire long sur le fonctionnement de la « justice-cocotiers ».

A croire donc qu’il y aurait une justice pour les voleurs de poules et de canards, pour les trafiquants de zamal, pour les conjoints violents, pour les braconniers… pour lesquels les décisions sont prises au vu et au su de tout un chacun dans les tribunaux (Champ-Fleuri et Saint-Pierre) par des magistrats en gandouras. Et une autre justice pour les « têtes de turc » de l’éditorialiste d’en face pour lesquelles les décisions se prendraient ailleurs, en d’autres lieux par un petit groupuscule d’individus. En tablier et gant dans un temple le soir ? Sur un terrain de golfe ? Ou à l’heure l’apéro ?). D’un côté, une justice pour dire le droit. De l’autre, une justice pour régler des comptes avec les « mauvais » clients ?

En tant que citoyen, je suis en droit de m’interroger sur les relations qui existeraient entre ce DG de presse et les représentants de nos institutions judiciaires. Car, au risque de me répéter, ce n’est pas la première fois que l’éditorialiste d’en face se transforme facçon «gros doigt » en Procureur de la République contre ceux qu’il a dans le collimateur, avec la bénédiction manifeste de ce que la Réunion compte d’autorités judiciaires. Ce n’est pas la première fois qu’il annonce les enquêtes que s’apprêtent à ouvrir le Procureur de la République de Saint-Denis ou celui de Saint-Pierre. Ce n’est pas la première fois qu’il dévoile le nom des élus ou des collectivités qui vont passer à la casserole de la Chambre régionale des comptes (CRC).

Cela veut dire quoi ? Que les magistrats assermentés seraient à ses ordres ? Que c’est lui qui fixerait la « feuille de route » de ceux qui sont censés représenter la justice dans l’île ? Qu’il existerait un « téléphone rouge » entre ce directeur de presse locale, les deux Procureurs de la République et le directeur de la Chambre régionale des comptes ? Quand je lis que ce directeur de presse écrit qu’il est « protégé » (sous entendu par le pouvoir judiciaire) et qu’il annonce ouvertement la liste des élus qui vont « trinquer » (Ibrahim Patel, Nassimah Dindar, Thierry Robert… pour ne citer qu’eux), je suis en droit de me poser, en toute honnêteté et transparence, au nom des « sans voix » ou de ceux qui n’osent pas, des questions, (bêtes peut-être), mais des questions quand même. Et quand on voit les couches de pommade qui sont régulièrement passées sur ces mêmes magistrats à longueur de pages du « journal régional », on reste bouche bée.

C’est grave. C’est inquiétant dans une île, loin de Paris. Et on se dit que la République est vraiment mise à mal sous les tropiques. Comment se fait-il qu’un député de la République n’ait pas encore eu l’idée de déposer une question écrite auprès du gouvernement pour savoir s’il existe bel et bien une séparation des pouvoirs à la Réunion ! Pour savoir s’il n’y aurait pas, à la lecture de certains éditos (du samedi), un dysfonctionnement notoire des institutions de la République où les principes mêmes de ladite République sont visiblement bafoués. Qu’en pense le préfet de La Réunion ? A-t-on déjà vu, déjà lu de tels écrits, de telles menaces envers de élus (fussent-ils coupables a posteriori mais toujours présumés innocents tant que le procès n’a pas eu lieu), dans un quotidien en France hexagonale ? Qu’en pensent les procureurs de Saint-Denis (Eric Tuffery) et de Saint-Pierre (Laurent Zuchowicz) ? Qu’en pense le général Xavier Ducept qui, pas plus tard que la semaine dernière a chanté les louanges du JIR « ce quotidien très en vue » à La Réunion. Mais à la décharge du général, il est vrai qu’il doit connaître la presse locale comme moi j’ai sauté sur Kolwesi…

Qui dit la justice dans cette île ? Les procureurs, les magistrats du parquet… ou le shérif du coin (que les mauvaises langues préfèreront sans doute qualifier de barbouze) ? C’est grave. Et personne ne bouge, personne ne réagit. Pas un seul élu. Ils ont tous la tête dans le sable. Il faut croire que ces menaces du samedi manifestement soutenues et cautionnées par l’institution judiciaire sont persuasives. Il faut croire aussi que nos élus ont a les fesses sales, pour ne pas dire très sales, pour trembler à ce point devant le « grand missié », comme au temps de la colonie.

Un conseil donc à tous ceux que le shérif a dans le viseur, notamment à Nassimah Dindar, Thierry Robert, Ibrahim Patel, Karine Nabenesa, Marie-Rose Won-Fah-Hin… Si vous n’êtes pas dans le « bon camp », c’est-à-dire celui du shérif, tenez-vous à carreau car la « justice » locale ne tardera pas à « débouler » sur vous ou à alerter le PNF, sur commande et à la tête du client.

En revanche, les « amis » du Nord ou les « très chers amis » du Sud du shérif peuvent se la couler douce. Ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. La justice veille sur eux et elle n’ouvrira jamais d’enquête sur leurs petites affaires. De même qu’il est fort à parier que la CRC ne mettra pas le nez dans la gestion de leur collectivité. Ou si tant est qu’elle le fasse et qu’elle découvre du vilain chez les « amis », les dossiers resteront discrets et ne s’étaleront pas sur la presse publique… Ainsi va la justice à La Réunion. Certains pourront continuer à écrire ce qu’ils veulent en toute impunité.

A ce propos, à noter la lettre du SNJ concernant un article paru jeudi dernier dans le journal subventionné par la Région, intitulé « Il n’était pas un peu juif ce mec là ! ». Le SNJ parle « d’attaque antisémite » et organise une manifestation le 4 novembre prochain à Champ-Fleuri. La Licra a porté plainte. Ici ou à Paris ? C’est pas pareil. Si c’est ici, la plainte de la Licra contre le JIR risquerait fort de prendre le chemin de la poubelle.

A noter aussi un article publié samedi dernier dans le Nouvel Obs (version en ligne) et signé d’Elsa Vigoureux dans lequel une société d’exploitation de cinéma à la Réunion (Investissement et commerces pour ne pas la citer, de Frédéric Drotkowski) accuse l’ancien sénateur Michel Fontaine (et toujours maire LR de Saint-Pierre) de prise illégale d’intérêts. L’article rappelle que l’élu en question a déjà eu affaire à la justice, « puisqu’il a été condamné en juin 2012 à 4 mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 10 000 euros pour détournements de bien et favoritisme, concernant la passation d’un marché public pour des équipements informatiques de la Civis dont il est le président ». Frédéric Drotkowski accuse Michel Fontaine « d’avoir privilégié son principal concurrent Yves Ethève (Mauréfilms), par ailleurs président de la Ligue réunionnaise de football, concernant l’implantation d’un complexe cinématographique dans le sud de l’île ». L’article précise encore que Michel Fontaine a opté pour l’offre faite par Yves Ethève à savoir 200 euros le mètre carré pour l’achat d’un terrain de 15 000 m2 alors que Mr Drotkowski proposait 450 le m2. Le marché public a été attribué à Mauréfilms. Suite à un « mic-mac » judiciaire entre Saint-Denis et Saint-Pierre (qui est fort bien expliqué dans l’article), l’avocat parisien de Frédéric Drotkowski, Me Yassine Bouzrou a déclaré : « je constate qu’il y a des réticences à ouvrir une information judiciaire concernant des faits de prise illégale d’intérêts, qui mettent en cause une personnalité politique importante pourtant connue de la justice ». Avant de conclure : « cette affaire est une insulte à l’indépendance des magistrats ». L’avocat parisien a par ailleurs saisi le parquet national financier (PNF) car il considère que « les magistrats locaux manquent d’impartialité dans le traitement des procédures concernant Michel Fontaine ». Mais le conseil parisien de Frédéric Drotkowski vient d’apprendre par le procureur de la République de Saint-Pierre, Laurent Zuchowicz, « fâché » (selon le Nouvel Obs) que « le PNF s’est dessaisi ». Le Proc’ de Saint-Pierre n’a pas apprécié, semble-t-il, les observations de Me Bouzrou. Reste à savoir maintenant s’il ouvrira, malgré tout, une information judiciaire sur cette affaire de complexe cinématographique, comme il vient de le faire pour les 28 000 euros de « salaires fictifs » qu’aurait Sandra Sinimalé (la fille de Joseph) au CDG (centre de gestion) ; Une affaire révélée par le JIR.

Reste à savoir aussi si le PNF, qui s’est par ailleurs dessaisi d’un dossier portant sur une affaire présumée de détournements de fonds publics à l’Agence Film Réunion (subventionnée à 100% par la Région) et mettant en cause le directeur (un proche du président du conseil régional) va également se dessaisir de l’affaire dit « case de tatie Nassimah » dont le dossier aurait été, paraît-il, transmis au PNF par « une âme charitable » du côté du Parquet de Saint-Denis… Le PNF doit avoir déjà beaucoup à faire avec le volumineux dossier de la NRL (Nouvelle route du littoral) pour lequel il a ouvert une enquête préliminaire depuis plus de deux ans. Les fins limiers du Parquet national financier de Paris n’ont manifestement pas encore vu le bout du tunnel (ou du viaduc) de cette affaire… Mais décembre approche à grands pas. Et personne ne sait ce qui se cache dans la hotte du PNF.

Macron veut des élus « responsables », pas des « élus bat’caré »

 En revanche, on sait que dans celle d’Emmanuel Macron, il n’y a rien, parce qu’il n’est pas le Père Noël. C’est ce qu’il a déclaré en arrivant jeudi dernier en Guyane où se tenait la 22e Conférence des régions ultrapériphériques (Rup). Mais vite fait, bien fait, Macron a dû ravaler sa petite phrase dans ce territoire français d’Amérique du Sud (et non une île, n’est-ce pas cher président !). Pensant bien faire avec son côté de président un tantinet flambeur, il avait en effet déclaré en posant les pieds sur le tarmac : « je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants ». Et c’est ainsi que le flambeur a failli « flambé » (littéralement parlant) Cayenne. Face à des « Frères cagoulés » et un peuple soudé (eh oui car en Guyane comme en Guadeloupe et en Martinique, les Antillais sont solidaires entre eux) au sein du Collectif « Pou Laguiyann dékolé » (Pour que la Guyane Décolle), Emmanuel Macron a changé de posture et de langage en se montrant plus attentif, plus à l’écoute, plus conciliant, comprenant comme un grand garçon que les Guyanais qui ne sont effectivement pas des enfants (qui aurait pu penser le contraire ?) n’attendaient pas le Père Noël mais bien le Président de la République. Pas que celui qui fait des cadeaux fiscaux aux riches en supprimant l’ISF, en baissant les impôts pour les Français les plus fortunés (près de 4 milliards de cadeaux fiscaux en une seule décision), mais un Président, représentant d’un Etat digne de ce nom, un Président qui respecte tous les Français qu’ils soient de la France métropolitaine ou ultra-marine, qu’ils soient riches ou pauvres, instruits ou « illettrées », travailleurs ou « fainéants », tout ou « rien ». Bref, un Président prêt à coopérer avec les élus Guyanais pour préparer un véritable plan de développement économique pour ce territoire tout en respectant l’accord de la Guyane, c’est-à-dire les 2 milliards d’euros promis par le précédent gouvernement et par Ericka Bareigts, alors ministre de l’Outre-mer, lors de la crise sociale d’avril 2016.

Mais encore faut-il que les élus Guyanais puissent avoir une vision de leur territoire pour les années à venir ! Ça, ce n’est pas encore gagné ! On pourrait en dire autant pour nos élus réunionnais et même pour tous ceux de l’Outre-mer dont la principale revendication réside dans le fameux « rattrapage » avec la métropole. On le voit bien dans la bataille des contrats aidés. Jean-Hugues Ratenon n’a pas tort. Il en faut des « poils à gratter » comme lui pour faire avancer le schmilblik, mais attention, trop de buzz tue le buzz !

Là où le député de la 5ème a raison, c’est que le gouvernement ne peut pas, d’un côté, reconduire le quota de 2016 pour les Antilles et, de l’autre, traiter la Réunion avec du mépris en « ratiboisant » son quota de contrats aidés, du genre « démerd’ à zot ». Mais plutôt que de se réunir en toute coolitude confortablement assis autour d’une table à l’instar de l’Association des maires de la Réunion (AMDR) présidée par Stéphane Fouassin, à l’ombre d’une véranda par un après-midi d’été austral pour appeler doucereusement le gouvernement à faire un geste pendant que d’autres élus de droite caressent Macron dans le sens du poil ou s’inscrivent chez les « LR-Constructifs », nos élus et les emplois aidés menacés auraient pu s’inspirer des élus antillais en tapant fermement du poing sur la table, voire même des « Frères Guyanais » en criant leur colère dans la rue. Attention, il ne s’agit pas là d’un appel à la manifestation mais d’une invitation à crier un peu plus fort car « z’enfants i pleur pas i gagne pas tété ». Là encore, Jean-Hugues Ratenon n’a pas tort : «à La Réunion, nou lé trop gentils ». Certains pourront même ajouter : « nou lé encore trop couillons, trop serviles et nou la pas encore brisé nos chaînes »… Nos élus devraient s’activer à concocter un vrai projet de développement mais tout en faisant comprendre au gouvernement, avec force et conviction, (sans compromission et sans faire risette) qu’il faut organiser la transition vers un nouveau modèle économique. Ce modèle qui repose en partie sur ce que le Président de la République appelle à juste titre « la responsabilité » des élus est faisable, mais à condition que le gouvernement rembourse le milliard d’euros qu’il doit au conseil départemental au titre de la compensation des dépenses du RSA, à condition qu’il ne supprime pas immédiatement les 24 000 contrats aidés (quota de 2016), qu’il ne supprime pas tout de suite la défiscalisation, l’octroi de mer, les quotas sucriers…

Tout doit se préparer progressivement, car il n’y a pas que du faux dans ce que préconise Emmanuel Macron. Certes, il le dit avec son langage à lui, de technocrate néo-libéral, de banquier friqué de la jeune génération qui symbolise toute la quintessence de la bourgeoisie française, « Père Noël des riches » et « Père Fouettard des pauvres », mais sur le fond il met le doigt là où ça fait mal. Il dit à nos élus (et c’est moi qui décode le message) : bougez-vous les fesses, le temps du Père Noël, des subventions et des promesses, c’est fini ! Faites preuve de « responsabilité . Vous voulez supprimer l’amendement Virapoullé » (le fameux alinéa 5 de l’article 73) qui vous bloque ? Chiche ! Macron s’est dit d’accord pour ouvrir le champ de l’expérimentation en faveur de La Réunion, c’est-à-dire pour déverrouiller institutionnellement le département en laissant la main aux élus pour plus « d’émancipation » si chère à Didier Robert. Mais nos élus auront-ils le courage de sortir du statut de département pour l’instant gravé dans le marbre de la Constitution via l’amendement Virapoullé, adopté en 2003 ? Seraient-ils prêts à « évoluer » ?

Le message de Macron aux élus est on ne peut plus clair : innovez, proposez, faites preuve d’audace, d’ingéniosité. Montrez ce que vous avez dans la tête plutôt que de toujours pleurnicher en tendant la main tant vis-à-vis de Paris que de l’Europe en disant « donne à nou encore plus l’arzent ! ». Cinquante ans que ça dure cette revendication du « rattrapage » ! Le moment est venu de vous secouer un peu, de donner le bon exemple aux citoyens, de vous prendre par la main, de prendre vos responsabilités, d’arrêter de faire votre mea-culpa de l’échec en tapant sur la poitrine de l’Etat. Le moment est venu aussi d’arrêter une politique systématiquement clientéliste, une politique de « Com’ à grands coups de millions d’argent public pour se faire mousser, une politique de « saupoudrage », de gaspillage aussi de l’argent des contribuables dans toutes sortes de SPL le plus souvent déficitaires, d’intercommunalités nourries à grand renfort de subventions, de cabinet politique pléthorique, de voyages « bat’ caré » pour les chefs d’entreprises « amis », d’organisations de grandes « conférences-branlettes intellectuelles-tape-à-l’œil » qui ne créent pas ou très peu d’emplois pérennes.

On l’a vu encore à Cayenne, pas plus tard qu’hier et avant-hier, lors de la 22e conférence des présidents des Rup. Chacun y est allé de son joli petit discours : Juncker, Macron. Sans oublier les présidents des Rup dont Didier Robert. A la Réunion, Jean-Paul Virapoullé, qui a la délégation «Europe » à la Région, a foncé sur le plateau d’Antenne Réunion jeudi dernier pour expliquer en quelque sorte que grâce à la nouvelle communication relative à la stratégie européenne pour les Rup, notre vie allait radicalement changer car « la Réunion va devenir la porte d’entrée de l’Europe ». Younous Omarjee, depuis Bruxelles, s’est félicité du travail de la commission européenne qui s’est inspiré de l’article 349 dont il a été le rapporteur pour élaborer la nouvelle stratégie pour les Rup. Didier Robert devant les journalistes qu’il a emmenés avec lui à Cayenne (au frais de la princesse) n’a cessé de se mettre en avant en faisant comprendre quelque part que tout ce qui arrive au profit des Rup, mais en particulier pour La Réunion, c’est grâce à lui.

Or, concrètement, qu’est-ce qui change ? Rien. Juridiquement parlant, la Réunion, les Rup sont des territoires européens. Dans les textes, elles (les Rup) devraient bénéficier des politiques européennes. La Réunion est un « PIF » (Poste d’inspection frontalier), « une porte d’entrée européenne » (pour reprendre l’expression de Virapoullé) depuis plusieurs années. Tout cela pour dire que tout ce qui raconte sur le compte de l’Europe, c’est du pipeau. Beaucoup de déclarations d’intentions, beaucoup d’incantations, mais en réalité, rien de concret.

Si un élu se sent capable, à partir d’exemples concrets et rapidement réalisables, de venir expliquer aux Réunionnaises et aux Réunionnais qu’est-ce qui va réellement changer dans leur vie grâce à la nouvelle stratégie de la commission européenne en faveur des Rup, on promet de lui donner tout l’espace qu’il souhaite.

En attendant, le seul fait marquant que je retiens du week-end passé, le seul de politiquement concret (politique, au sens noble du terme, c’est-à-dire développement de la cité), c’est l’action de solidarité montée de main de maître et avec un cœur gros comme la Terre par Aurélien Centon de l’association « Ti Cœur » au profit de Daniella, qui souffre d’un cancer. Sans aucun euro de l’Europe, ni de la Région ou d’une quelconque collectivité, mais grâce à une chaîne de bénévoles, grâce à l’association « Papa, momon lé là), grâce à des gens simples qui n’aiment pas se mettre en avant, qui n’aiment pas parader, frimer devant les caméras de télévision, l’association « Ti cœur » a pu construire une case, un vrai toit, pour Daniella. Ça fait chaud au cœur et ça arrache les larmes, contrairement à d’autres qui croient avoir arraché la lune en faisant prendre à la population des vessies pour des lanternes. La « real politique », c’est celle de la solidarité bénévole entre les Réunionnais au service des Réunionnais. Rien à voir avec cette politique du « tape-à-l’œil » menée par des élus qui se servent en abondance de l’argent public pour flatter leur ego et celui de La Réunion d’en haut.

Y.M.

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11 Commentaires

  1. Bien dit Mr YM quand Réunionnais va sorte dans ce système , nèna que band politicien y rempli zot poche et nous ti créoles nou crèvent la bouche ouverte, comme dit Mr Ratenon nous créoles réunionnais nous lé trop gentils. Ce que ou dit lé pas faut mais gouvernement ek politicien la fini met la chaine dan nout pied kom dan temps l’esclavage , créoles y croit trop ban politiciens … Bravo pour out édito continu largue pas, ou c’est Aurélien de la politique avec out l’édito ou rouve not zyeux.

  2. Avant de donner , avant de distribuer , avant de faire le Père Noël , il faut avoir des moyens sur son compte bancaire !
    On sait depuis des lustres que la France vit au-dessus de ses moyens et qu’elle doit plus de 4000 milliards d’€ aux différents prêteurs !
    Beaucoup n’aiment pas travailler , préfèrent vivre d’aides , prendre des congés de maladie sans être malades …. vont voir le médecin juste pour la frime … trop d’abus et on s’en fiche !
    Faut avoir le courage de tout changer et pourquoi pas l’indépendance des DOM (qui ne rapportent rien mais crée des soucis) !

  3. Pas de justice à la Réunion….!!!!
    République bananiere….!!!!
    Plainte Ligue Réunionnaise Football
    ( Abus de biens ….etc…etc…)juillet 2016
    Etheve…..relations….Politiques…!!!!
    Qu’en est t’il….rien …..!!! Alors que tout le monde le sait….!!!!!

  4. Il y a comme une odeur de soufre – je ne fais pas allusion au Piton de la Fournaise – mais au petit monde socio, politico d’un département qui vit en vase clos, disons dans une bulle avec la sacro-sainte bénédiction de l’Etat. La Réunion est « enfumée » ou plutôt « boucanée » par le système plus flou qu’artistique, il serait temps de sortir du brouillard ou de cette nébuleuse assombrissante….

  5. M. Monrouge, tu me fais toujours rire autant! heureusement qu’il y a des fuites, sinon auj Fillon aurait été à la place de Macron!!!
    Tu crois que Aurélien Centon fait ça gratiutement? y a pas une perspective politique là-derrière?
    Ratenon nous avait fait le coup aussi!
    Les contrats aidés? tu trouves que c valorisant pour créoles?
    Yvon, mon caf, quand tu dis que tu es un Français de la Réunion, je trouve que c’est un tantinet raciste! On est Français, c’est tout!!!!! Français de la république! Tu vois un Parisien dire qu’il est français de Paris??? A part ça continue de faire rire mon mâchoire!!!!!

  6. Une chose est évidente : le grand-père Kal des cocotiers, le titilleur du JIR, Jacques Tillier, fait bruire ses chaînes le samedi et, dans sa vaste chasse aux sorcières, ses foies jaunes, il a ses taupes qui le renseignent sur le devenir de ses clients du samedi.

    Et ces taupes se logent à la CRC et au Palais de justice de Champ-Fleury. Les présidents de ces instances se taisent, laissent faire et cachent même une certaine complicité. Pourquoi tant de fuites ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette nonchalance ? N’est pas procureur Legras qui veut ! Les temps ont bien changé. Le grand-père KAL ferait-il trembler à ce point tous les cocotiers ?

    Il est temps d’arrêter de servir le même journal et même il est temps de cesser de l’encenser. Le JIR a reçu son gros fromage, 2 millions d’euros de la part du phénix de la pyramide inversée; inutile d’ajouter gracieusement un autre fromage par l’intermédiaire des taupes titilleuses au service du titilleur. La « démoncratie » du JIR nous amène à nous revisiter la bien triste époque des colonies !

    Précisons tout de même : le titilleur a tendance à jouer le rôle de Tartarin de Tarrascon. Dans le délire de l’écriture, il se laisse aller à raconter … des bobards !

    http://www.courriers-reunion.fr/Bobards-JIR.html

  7. Quelsu’un Pourrait dire à Monsieur Montrouge combien do moune la partie bat karé aux Seychelles, à Paris et en Guyane la semaine dernière ?????? Un bon l’équipe et la deja dépose frais de mission en masse sur bureau du complice DRH. C’est ça la belle vie, profite sur l’argent des contribuables

  8. VOUS ÊTES TOUJOURS ENTRAIN DE PLEURNICHER. CRÉOLES PASSAIENT A L’ACTION. QUAND L’ON VOUS INTERPELLE NE RESTEZ PAS DANS VOTRE COQUILLE COMME DES ESCARGOT. PAUVRES ESCLAVES QUE VOUS ÊTES AVEC TOUJOURS DES CHAÎNES AUX CHEVILLES. VOUS FAITES TOUS HONTE AU PAYS.

  9. je pense que le propriétaire du journal porte une grande responsabilité morale devant tous les Réunionnais, qui ne manqueront pas le moment venu de le lui rappeler…

  10. Perso, je lis les deux éditos…… Vous Mr Montrouge ( et celui de Mr tilliez), Vous êtes en fait très complémentaires dans votre démarche de nous rapporter la vie réunionnaise dans ses bons et mauvais aspects comme la thèse et l’antithèse. Vous prenez appui l’un sur l’autre pour vos rédactions hebdomadaires. Chacun éclaire la lecture de l’autre.

    Vous nous relatez des faits, vous posez des questions sur ces faits, vous faîtes des suppositions sur ces faits, vous faites des déductions sur…. vous proposez des évaluations sur…. vous donnez des explications sur les faits et vous extrapolez en attribuant vos bonbons « piment » ,vos bonbons « coco » à tous ceux qui font l’actualité de l’île, voire vos bonbons « lafess » pour ceux qui « jugent » vos éditos dans leur droit de réponse.
    Vous faîtes tous les deux un certain journalisme ( bon ou moins bon, sûrement dû à l’insularité) de témoin, d’observateur, de prospection, d’investigation, d’analyste, mais aussi d’interprète de la réalité réunionnaise avec des explications et des anticipations pour vos éditos à venir.

    Peut-être que Mr Tilliez avec son style particulier a un carnet d’adresses et de sources plus nombreuses que vous Mr Montrouge ce qui ne n’enlève rien à votre travail de journaliste tout aussi particulier avec votre analyse géopolitique de la Réunion.
    Pour autant il faut reconnaître que « les lièvres levés »  » par Mr Tilliez , et son style de « chasse » aux gros zozos (que vous qualifiez d’acharnement dans vos lignes ) s’avèrent au fil des jours et de l’actualité de plus en plus vérifiables….. avec les compléments que vous nous apportez dans vos éditos du lundi.
    Continuez tous les deux, En vous lisant tous les deux, vous permettez aux réunionnais d’aujourd’hui de se régaler (ça c’est pour moi….), de se poser les bonnes questions , de se déterminer (car deux sons de cloches valent mieux qu’un pour rester en alerte ) , de rester vigilants sur ce qui les entoure et sur la vie que certains voudraient leur imposer et puis vous faîtes partie tous les deux des spécificités réunionnaises qui nous donnent une certaine qualité de vie et d’expression que nous envient , j’en suis sûre, les métropolitains.

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