NRL, route Digue : il ne manque plus que les galets !

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Une bonne nouvelle ! La route Digue, cette deuxième tranche de la NRL (Nouvelle Route du Littoral) va enfin pouvoir démarrer. Mais uniquement sur papier, pour l’instant. Le président de Région, Didier Robert, a signé, mardi dernier, l’ordre de service pour le démarrage des travaux. Cependant, en pratique, ce sera une autre paire de manche car il faudra trouver les galets, et notamment des roches massives, pour bâtir cette portion de route qui doit rejoindre la partie viaduc quasiment déjà réalisée au niveau du gros-œuvre. Nul doute que le groupement Vinci-Bouygues-Colas, attributaire de ce marché à plus du milliard d’euros, va s’y atteler. Depuis le temps… Le contrat est très clair. Pour faire simple, le groupement Vinci-Bouygues-Colas qui avait obtenu le marché, au détriment d’Eiffage, s’était engagé sur un prix, une quantité de galets et un délai. Mais on le sait, le prix a été quelque peu majoré, les galets pour la route digue, il ne les pas encore trouvés ; Quant au délai initialement prévu dans le contrat, tout porte à croire qu’il ne pourrait pas être respecté par manque de roches.

Si la partie viaduc s’est déroulée dans les temps, la Région a relativement beaucoup tardé avant de donner son feu vert à la mise en œuvre de cette route digue dans le cadre du chantier de la NRL. Mais en tant que président de Région, Didier Robert devait avoir ses raisons objectives.

Ce qui n’est pas très compréhensible, en revanche, c’est que, d’un coup, la procédure s’est accélérée, et la signature de l’ordre de service s’est faite dans une certaine précipitation. Et, surtout, sans tambour ni trompette, alors que la pose de la première pierre indiquant le démarrage des travaux de la NRL, avant les régionales de 2015, a été hyper médiatisée. Et là, rien, pas même une conférence de presse ou un communiqué ronflant pour annoncer la bonne nouvelle aux Réunionnais. Bizarre !

Cela dit, il est vrai que conformément au marché contractualisé dès le départ avec le groupement qui, rappelons-le, prévoyait la quantité de galets nécessaires, le prix et le délai, la Région aurait pu (ou dû) signer cet ordre de service depuis bien longtemps déjà, d’autant que, si les galets de Madagascar avaient été estimés trop chers par le groupement (de l’ordre de 75 euros la tonne), le préfet avait « PiGué » la carrière de Dioré pour permettre aux entreprises de travailler. Le BRGM et tous les bureaux d’études experts en la matière avaient conclu à l’existence, à cet endroit, des roches massives pouvant permettre le démarrage des travaux de la route digue. La mairie de Saint-André avait également fait le nécessaire. La carrière était exploitable et les galets disponibles. Mais encore fallait-il les acheter à leurs prix ses fameux galets car la carrière de Dioré appartient à un groupe concurrent au groupement bénéficiaire du marché de la NRL ? L’ordre de service n’étant pas encore signé par la Région, il n’y avait donc pas le feu. Au cas, contraire, il aurait fallu appliquer les pénalités de retard au groupement Vinci-Bouygues-Colas. Dans une interview au Quotidien de La Réunion, il y a environ un mois, Bernard Siriex, patron de la FRBTP (Fédération réunionnaise du bâtiment et travaux publics) avait même remercié le président de Région de ne pas avoir signé l’ordre de service de la route digue.

Aujourd’hui, les travaux vont peut-être pouvoir démarrer. Peut-être, car le contexte n’a pas beaucoup évolué depuis. Dans l’Ouest, la carrière de Piton Defaud se heurte au refus de la population, la carrière de Menciol à Saint-André n’est pas prête à ouvrir, la carrière de Bois-Blanc se trouve sous le coup d’un arrêt du Conseil d’Etat (4 décembre 2017) qui a entraîné le préfet à suspendre toute procédure. Tous les clignotants sont au rouge : aucune carrière n’est autorisée (pour l’instant). L’ordre de service a été signé par la Région, c’est un fait, il faut même s’en féliciter, mais les galets ne sont toujours pas au rendez-vous. Que fera le groupement ? Pourra-t-il en dépit de ce contexte respecter le délai prévu pour la livraison du chantier come stipulé dans le contrat? Si oui, tant mieux pour les automobilistes. Si non, que se passera-t-il ? La Région appliquera-t-elle les pénalités de retard ? A suivre !

Quand la Chine s’éveillera… à la Réunion

Quand la Chine s’éveillera, le tourisme réunionnais tremblera… de joie. En effet, quand la Chine décidera d’investir La Réunion et à La Réunion, le tourisme réunionnais s’en réjouira. Des acteurs locaux travaillent dans ce sens. Témoin, cette délégation chinoise qui a séjourné dans l’île durant trois jours, accompagnée du directeur d’Air Mauritius, Somaskaran Appavou. Les Chinois et les Mauriciens sont restés dans notre département vendredi, samedi et dimanche. Ils en sont repartis, hier soir, ravis de la visite que leur a concoctée la direction du Syndicat mixte de Pierrefonds en étroite collaboration avec les maires du Sud. Vendredi, la délégation chinoise a visité Saint-Pierre avec comme guide Michel Fontaine, le maire de la commune. Samedi, c’est André Thien-Ah-Koon qui a accueilli les Chinois à la Plaine-des-Sables avec le volcan au programme. Hier, dimanche, la délégation chinoise et mauricienne s’est rendue à Cilaos. Samedi soir, sur le front de mer, au restaurant « Le Cosy » un dîner a réuni les hôtes de la Chine et de Maurice ainsi que tous les maires de la Civis et de la CASUD (ou leurs représentants) sans oublier la direction du Syndicat mixte de Pierrefonds. Les Chinois sont, dans un premier temps, prêts à acheter des sièges sur Air Mauritius dans le cadre des vols combinés avec prolongement du séjour jusqu’à La Réunion en s’arrêtant à l’aéroport de Pierrefonds en attendant de pouvoir un jour faire poser à Saint-Pierre les avions de leurs propres compagnies. En profitant ainsi des plages de Maurice et des montagnes de La Réunion. « Les Chinois sont très friands des paysages de La Réunion, ils sont à la recherche de l’authenticité réunionnaise », expliquent presqu’en chœur Michel Fontaine et André Thien-Ah-Koon. D’après nos informations, les Chinois seraient également à la recherche du foncier dans le Sud pour construire leurs propres hôtels. « En voyant le paysage de la Plaine-des-Sables, ils sont tombé des nues. Emerveillés ! Dans la délégation, il y a des membres d’une agence de communication chinoise. Ils ont posté des photos du site du volcan et d’autres paysages et, dans les minutes qui ont suivi, il y avait déjà 1,5 million de followers, c’est-à-dire que cela avait déjà été vu par plus d’un million de Chinois sur leur téléphone portable. Vous imaginez le coup de pub pour notre île ?», explique un des élus locaux qui a participé à cette visite durant ces trois jours. Dans les mois qui viennent, les élus sudistes et les Chinois avec l’aide des Mauriciens (qui, dans l’affaire, ne sont évidemment pas perdants du tout) ont bien l’intention de concrétiser cet échange « gagnant-gagnant ». D’où la réflexion non sans ironie d’un élu d’une petite commune du Sud : « pas besoin d’aller bat’ carré en Chine pour développer le tourisme à La Réunion. Ce sont les Chinois qui viennent chez nous, emmenés par les Mauriciens. Et en plus ils payent leurs billets d’avion et leurs hôtels eux-mêmes. Pas besoin de dépenser l’argent des contribuables réunionnais ! ».

Henri Chane Tef reçu à l’Elysée… sans Didier Robert

Le référent local de La République En Marche ! (LREM) était reçu jeudi dernier à 16h15 précisément à l’Elysée par Stanislas Cazelles, conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Henri Chane Tef est forcément ravi. Mais la rencontre ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu initialement. La rencontre avait été calée depuis quelques semaines. « Ça n’a pas été facile », précise Henri Chane Tef. Avec lui, il devait y avoir Didier Robert, président de Région et Frédéric Miranville, président du conseil d’administration de l’Université de La Réunion. Sauf que, la veille du rendez-vous, le vice-président de la Cirest et élu bénédictin reçoit un coup de fil du cabinet de l’Elysée pour lui informer que le président de Région et le président de l’Université ont « décommandé ». Ils ne seront pas disponibles. Qu’à cela ne tienne ! Henri Chane Tef téléphone à Gilles Lajoie, l’autre président de l’Université (celui du conseil académique) qui, par chance, se trouvait à Paris. Tous les deux ont pu être reçus à l’Elysée. Le lendemain seulement, le référent local de LREM a appris que Didier Robert avait préféré privilégier sa rencontre avec Nicolas Hulot pour parler du même sujet, c’est-à-dire de l’Agence de la biodiversité. « Dommage, car on aurait pu parler d’une même voix pour essayer de défendre le dossier de l’installation de l’Agence française de biodiversité à La Réunion d’autant que la Région a déjà organisé quatre conférences sur la biodiversité. Je trouve cela très bien, mais Didier Robert n’est pas venu alors que la veille, son secrétariat nous confirmait encore sa présence. Je ne trouve pas ça très correct, surtout vis-à-vis de l’Elysée où le rendez-vous avait été programmé depuis quelques temps déjà ». De son côté, le président de Région annonce dans un communiqué publié par nos confrères de « Zinfos 974 » que le ministre de la Transition Ecologique, Nicolas Hulot, sera à la Réunion et dans l’océan Indien dans le courant du dernier semestre de 2018 pour l’installation de l’Agence régionale de biodiversité. Dans son communiqué, Didier Robert a même précisé au ministre que « les pays de la zone océan Indien ont déjà acté le principe d’une agence inter-régionale de la biodiversité et du climat ». Quant à l’Agence française de la biodiversité avec la présence des plus grands experts mondiaux, les Réunionnais ne devraient pas trop se faire d’illusions car Emmanuel Macron a déjà pris des engagements sérieux avec la Guyane.

Parti Radical 974 : « harcèlement sexuel et inéligibilité »

C’est un communiqué d’Olivier Rivière, maire « Objectif Réunion » de Saint-Philippe, 1er vice-président de la Région et président du Parti Radical (PR 974) Mouvement Radical Social et Libéral. Un communiqué arrivé hier, non pas, pour rendre hommage à sa collègue vice-présidente, Danièle Le Normand, décédée la veille. Non, un communiqué adressé aux parlementaires de notre île, qui reprend quasiment le même contenu du communiqué qu’il avait adressé aux rédactions locales, le 8 mars dernier, lors de la journée de la femme. Que dit ce communiqué ? En voici un extrait : « Il reste beaucoup à faire en matière d’égalité et de sécurité pour les femmes. Le Mouvement Radical considère comme inacceptable que dans La Réunion de 2018 les femmes ne soient pas encore, dans de nombreux domaines, les égales des hommes. Il est inconcevable qu’elles aient encore à lutter collectivement pour obtenir les mêmes droits, la même considération sociale et la même sécurité que ceux dont jouissent leurs homologues masculins. Il est urgent que les partis et responsables politiques se saisissent de ce problème et luttent aux côtés des femmes pour établir une véritable égalité des droits. Dans cette optique, nous avions, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, par le truchement d’un communiqué, fait part à la presse d’un certain nombre de propositions.

L’une d’elles vise à rendre inéligible à vie toute personne ayant été condamnée pour agression sexuelle et harcèlement sexuel à l’encontre des femmes. Le Mouvement Radical 974 souhaite vous interpeller sur ce sujet et solliciter votre concours afin de soumettre au Parlement une proposition de loi allant en ce sens. La constitution d’un groupe de travail sur la rédaction de cette proposition de loi est, à notre sens, indispensable afin de s’assurer de sa compatibilité juridique, au regard notamment du principe de l’individualisation des peines ». Olivier Rivière ne vise personne, mais suivez son regard. Il va sans dire que si une telle proposition de loi pouvait être adoptée avant les régionales de 2021, on en connaît qui pousserait un grand soupir de soulagement. Manifestement, Thierry Robert fait encore très peur en politique. Enfin, dernière remarque à propos de ce communiqué. Olivier Rivière – et la phrase est soulignée – réclame « l’inéligibilité à vie » pour « toute personne ayant été condamnée pour agression sexuelle et harcèlement sexuel à l’encontre des femmes » ( !). Et les auteurs d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel à l’encontre des hommes, on en fait quoi M. Rivière ? Ils auront toujours le droit de sévir dans certaines collectivités ?

On reste dans les collectivités pour vous parler de Valérie Auber. Mais, rassurez-vous, rien à voir avec le sujet ci-dessus. On me disait, la semaine dernière, que la nouvelle conseillère régionale bossait au service des routes de la Région. Elle va changer de poste bientôt. Direction le Département où elle devrait prendre du service en tant qu’attachée de groupe « Objectif Réunion ». Elle ne risque pas d’être dépaysée au conseil départemental qui est présidé par Cyrille Melchior qu’elle connaît bien pour avoir été sa… suppléante lors des législatives de 2017 dans la 2ème circonscription.

Franc-maçonnerie : remue méninges à la GLNF

Ça « phosphore » ou plutôt ça cogite du coté des frères de la GLNF (Grande Loge Nationale de France) qui ont accueilli il y a peu dans l’île leur grand Maître. Attention, je préviens tout de suite, ce sujet n’a pas grand intérêt pour la Réunion. Il ne concerne que les initiés dont je n’en fais pas partie. Mais sachant le rôle très influent de la maçonnerie dans bien des domaines (politique, économie, enseignement, justice…) dans notre île et ailleurs, j’ai décidé d’en faire écho dans cet édito. Question que se posent nombre de maçons locaux, lesquels se sont réunis récemment : « a-t-on le droit d’être jetés en pâture sur la place publique et sur la base de ladilafés par d’anciens frères qui useraient de leurs fonctions pour salir systématiquement ceux qui ne penseraient pas comme eux ou qui ne rentreraient pas dans leur jeu ? ». Ces maçons qui se disent aujourd’hui « victimes  d’attaques infondée dans certains écrits publics en étant souvent qualifiés à tort de « compère la gratouille » ont décidé, après réunion et réflexion, d’écrire à leur hiérarchie en métropole et en Angleterre pour dénoncer à leur tour ces « anciens frères qui s’illustrent dans le parjure, dans la traîtrise » alors qu’ils avaient eux mêmes jurés sur le livre sacré. Ces frères qui se disent « injustement jetés à la vindicte populaire » en veulent à un ancien Vénérable Maître dont le matricule comme par un 3 et se termine par un 3, un « traître », selon eux, qui avait pourtant créé « Notre Dame d’… » sous les hospices de la GLNF avant d’être viré pour avoir dézingué ses frères. « Puisque la hiérarchie locale ne bouge pas et reste au garde à vous devant cet ancien frère devenu traître », les maçons concernés et tous leurs frères solidaires ont décidé de frapper à d’autres portes dans l’hexagone et en Europe. Comprenne qui pourra !

J’aurai aimé vous dire quelques mots de Mayotte. Mais à part le Président Macron et une réelle volonté politique de la part du chef de l’Etat pour changer la donne, personne ne pourra rien pour ce 101e département français. Pas même les élus locaux qui essayent de bouger un peu à l’instar de Jean-Hugues Ratenon, de Jean-Jacques Morel, de Faouzia Vitry, d’une élue du Tampon – lesquels ont participé samedi dernier à une réunion devant la préfecture – et de Daniel Gonthier, qui s’est fendu d’un communiqué, hier. Ça ne mange pas de pain et ça relève même du politiquement correct en sachant que les Mahorais votent beaucoup à la Réunion. Ça peut donc aider pour les élections. Mais, malheureusement, ces petits gestes émanant de certains de nos élus, quand bien même seraient-ils sincères, ne vont pas casser trois pattes à un canard vu l’ampleur de la crise qui sévit à Mayotte.

Dans l’édito de la semaine prochaine, je vous parlerai du CHU, de l’ARS…

Y.M.

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4 Commentaires sur "NRL, route Digue : il ne manque plus que les galets !"

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Didier l'embrouille and co
Invité
Didier l'embrouille and co

Quel gaspillage et quel gâchis que cette route du Littoral. En dépit du bon sens et sur notre dos. Mais tout va bien, Anne ma soeur Anne.

ORBITE
Invité
ORBITE

Suicide collectif……la seule route qui lui reste à nous offrir…
c’est celle de l’Enfer….

lol
Invité
lol

Yves, il y a des presses ici à la Réunion qui ne sont pas à jour de leurs cotisations sociales et fiscales et ont les pires difficultés à le fournir aux collectivités qui les réclament avant de lancer une commande supérieur à 5 000.00€