Parc du Colosse : la mairie lance un dernier appel aux commerçants avant le début des travaux

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Des travaux qui vont démarrer le 20 août prochain et qui dureront jusqu’à juillet 2019. Les élus de Saint-André ont donc souhaité se livrer à une opération « vérité » (pour reprendre leur expression) hier matin au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue à la mairie du centre-ville. Las d’entendre des « contre-vérités » formulées par « certains » commerçants du parc du Colosse « qui ont transformé un dossier d’aménagement en une affaire juridique et politique », Alain Sinaretty, adjoint au maire, délégué à l’aménagement du territoire et Rosange Latchoumy, conseillère municipale (photo de Une) en charge également de ce dossier suite à une délibération du conseil municipal, ont tenu à « remettre les points sur les i » afin, disent-ils « d’éviter toute amalgame ». Selon eux, sur les 15 commerçants du parc du Colosse, trois suivent scrupuleusement toutes les démarches mises en place dès le début et une douzaine « ont décidé de pas se conformer à la procédure légale lancée par la mairie » mais « préféré porter le dossier devant la justice » tout « en essayant de le politiser, si l’on juge par la réaction par voie de presse du député Ratenon ». Réplique d’Alain Sinaretty : « Jean-Hugues Ratenon est un député de la République et, jusqu’à preuve du contraire, Saint-André fait partie de la République. Il lui suffit de venir à la mairie de Saint-André qui est ouverte du matin au soir pour qu’il prenne connaissance de la réalité de ce dossier. Ce n’est pas plus compliqué que ça ! » Fermez le ban !

En présence de Grégory Parvédy, chef de projet à la mairie de Saint-André qui, lui-même, travaille sous la responsabilité d’Eric Camatchy, responsable du service « Economie » qui suit ce dossier, entre autres, les deux élus ont rappelé toute la chronologie de cette affaire afin « d’apporter un éclairage objectif et donc sans polémique aucune ». Un éclairage sur la fermeture anticipée du parc du Colosse, sur la participation des commerçants aux réunions du comité de pilotage, sur le principe de la priorisation des commerçants actuels par rapport au projet futur et sur la procédure d’indemnisation mise en place.

Au niveau chronologique, Alain Sinaretty et Rosange Latchoumy ont précisé que ce dossier du parc du Colosse n’émane pas « d’un caprice de la mairie de Saint-André » comme auraient tendance à le faire croire certains. « La rénovation du parc du Colosse fait partie des engagements pris devant les électeurs par le maire Jean-Paul Virapoullé et son équipe de la majorité municipale depuis mars 2014. Et les commerçants ont toujours été associés et conviés aux réunions du comité de pilotage du projet. A chaque rencontre, ils sont informés du planning des études et des travaux ».

Selon les deux élus, les commerçants du parc « ne découvrent donc pas ce dossier seulement maintenant. Ils sont au courant depuis mars 2014. Quatre ans plus tard, le maire a déjà rencontré l’ensemble des commerçants pour leur présenter ce chantier d’envergure piloté par la commune. Lors de cette rencontre entre Jean-Paul Virapoullé et les commerçants, il a bien été question de l’organisation de rencontres individuelles avec le service économique pour le suivi, de la constitution de dossier d’indemnisation et de l’accompagnement des commerçants par le service aménagement pour optimiser leur intégration au projet du nouveau Colosse. Le maire avait même affirmé la volonté de la municipalité de prioriser les commerçants actuels. Suite à cette réunion qui avait eu lieu en mars dernier, 7 commerçants sur 13 se sont présentés au service économique et ont été reçus individuellement ».

Comme annoncé dans un premier temps, le parc devait fermé à partir du mois d’août 2018. « Mais entretemps, le 24 avril précisément, il y a eu le passage de la tempête Fakir. Ce qui a conduit à la fermeture du parc peu de temps après. Jean-Marie Virapoullé, 2e adjoint au maire, a reçu les commerçants afin de leur annoncer la fermeture anticipée du site. Compte-tenu du coût élevé des travaux de remise aux normes suite au passage de Fakir, soit environ 200 000 euros, la commune ne pouvait pas fermer le parc, le temps de réparer les dégâts de Fakir, puis le rouvrir, pour le refermer en août », expliquent Alain Sinaretty et Rosange Latchoumy.

D’où la décision de fermeture anticipée et la mise en place dans la foulée d’une procédure d’indemnisation. Juin 2018 : le conseil municipal vote la création d’une commission d’indemnisation composée des élus, des représentants de l’Etat, des chambres consulaires et du Trésor Public. « Une réunion avec les commerçants a eu lieu pour une remise des dossiers d’indemnisation avec une date de retour des dossiers demandée pour le début du mois de juillet. Notre objectif était de débloquer rapidement une aide en faveur des commerçants. Une aide, bien évidemment, accordée dans le respect des règles de l’art, c’est-à-dire sur présentation des pièces comptables comme stipulé par la loi ».

Remarque d’Alain Sinaretty : « c’est là que le bât blesse et que les choses ont commencé à changer », constate l’élu. « Seuls 3 dossiers sont parvenus au service. Ces dossiers étaient incomplets. Les commerçants n’ont pas joint les bilans certifiés par un cabinet compatble, pièce indispensable pour le calcul de l’indemnité ».

« Accompagnement et concertation ont été les maître-mots dans ce dossier »

Certains commerçants ont porté l’affaire devant la justice. Mais le tribunal a rejeté une demande de ces derniers qui contestaient la fermeture du parc. « Plutôt que de venir discuter avec la mairie, certains commerçants ont préféré transformer ce dossier en contentieux juridique et politique. Or, le plus simple, aurait été de venir nous voir, voir le service économique de la mairie, ou un élu, pour dialoguer. Aussi, en juillet dernier, la municipalité a été contrainte d’adresser un courrier aux commerçants, par voie d’huissier, afin de signifier la fin de l’autorisation d’occupation temporaire (AOT).

Ce qui a fait dire à certains commerçants qu’il y eu « rupture de contrat ». Réponse d’Alain Sinaretty : « il n’y a pas de contrat. Il s’agit d’une AOT. La municipalité est propriétaire de l’espace public, elle a un projet qui a été présenté de longue date. Ce projet doit se faire dans l’intérêt général, celui de nombreuses familles et donc de milliers de personnes qui fréquent régulièrement ce site du Colosse. Il y va de notre responsabilité en matière de sécurité que de mener à bien ces travaux d’aménagement. Nous ne pouvons accepter le soi-disant « absence d’accompagnement et de concertation » évoqué par certains commerçants. C’est archi faux. L’accompagnement, la concertation a toujours été présente mais certains commerçants du parc, qui sont sans doute dans l’impossibilité de fournir leurs comptes, ont catégoriquement refusé de répondre à nos sollicitations. Certains ne payaient plus leur loyer depuis longtemps… Mais nous ne souhaitons pas rentrer dans les détails pour ne pas polémiquer ».

Selon Alain Sinaretty et Rosange Latchoumy, « toutes les mesures d’accompagnement en faveur des commerçants ont été prises : réunions de concertation, engagement à prioriser les commerçants actuels dans le projet futur… Et surtout mise en place d’une procédure d’accompagnement alors que la mairie n’est soumise à aucune obligation de verser des indemnités ».

Autrement dit, « depuis l’ordonnance n° 2017-562 du 19 avril 2017 relative à la propriété des personnes publiques qui permet l’exercice d’une activité économique sur le domaine, une procédure de sélection préalable entre les candidats potentiels garantissant l’impartialité du choix de la personne publique doit être mise en place. L’occupation peut ainsi prendre fin à l’expiration du délai fixé par le titre, par renoncement de l’occupant, par retrait ou résiliation de l’autorisation pour motif d’intérêt général, par révocation pour inexécution des conditions techniques ou financières du titre ou par péremption du titre si son bénéficiaire n’en a pas fait usage dans le délai fixé par ce titre », rappellent les deux élus.

En clair, « la municipalité a décidé de réaménager ce site laissé à l’abandon par l’ancienne municipalité de 2008 à 2014, nous allons également construire des bassins de baignade, des jeux d’eau et d’autres équipements ludiques, les travaux vont démarrer le 20 août prochain et ils dureront un an, nous lançons ainsi un dernier appel au dialogue aux commerçants », insiste Alain Sinaretty et Rosange Latchoumy. Après, ce sera trop tard !

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2 Commentaires sur "Parc du Colosse : la mairie lance un dernier appel aux commerçants avant le début des travaux"

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Yaboss
Invité
Yaboss

S’ils ont déposé leurs dossiers ..cmt le prouver? On sait bien comment termine certains documents dans une mairie…

mi dit sake mi pense
Invité
mi dit sake mi pense

Si le site avait été entretenu comme il le faut, le parc du colosse serait toujours ouvert aujourd’hui! Seulement voila, ceux qui détiennent le « pouvoir » ont d’autres priorités, comme les fêtes commerciales inutiles et le dipavali qui coûte un paquet de fric! !