Plan pauvreté d’Emmanuel Macron: réactions des politiciens réunionnais

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Nassimah Dindar: « La Solidarité n’est pas la charité – Oui à un Emmanuel MACRON Social »

Le Président de la République reconnait la souffrance de 8 millions de pauvres en France, car les publics précaires (personnes âgées et fragiles – travailleurs pauvres, jeunes exclus) attendent une vraie solidarité – cohérente et pérenne. J’accueille favorablement ce changement de cap car s’attaquer à l’extrême précarité doit en effet être une priorité pour une France fraternelle. Les mesures annoncées sont de bon sens, elles allient prévention et insertion, avec l’extension de la Garantie jeune et l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance, mesure que j’avais, alors que j’étais Présidente du Conseil Départemental, également préconisée. De même, le renforcement de l’accompagnement vers l’emploi, et le versement social unique sont des mesures de progrès.

Le gouvernement s’attache désormais à un partenariat étroit avec les Départements sur la question du RSA, de l’insertion, de la petite enfance et de l’enfance en danger. Cela me réconforte car le travail social dans les départements reste un des maillons solidaires de tous les conseils départementaux. Ce dialogue doit inclure les associations de terrain et tous les Aidants familiaux, présents au quotidien, car la Dépendance est un vrai sujet. L’accompagnement des aidants doit être réel. C’est d’ailleurs le travail proposé par une proposition de loi du Sénat sur les Aidants familiaux, que le Président Larcher accompagne avec la Commission des affaires sociales.

A La Réunion, où 42% de la population est pauvre, les acteurs associatifs restent vigilants. L’enveloppe européenne dédiée à l’aide alimentaire doit être pérennisée et il faut élargir le champ d’action des épiceries sociales. Le plan pauvreté doit prendre en compte l’humain avant tout. On devient souvent pauvre en raison de facteurs que l’on ne maîtrise pas et des ruptures de droits – gérées de manière trop administrative et réglementaire. Je défends une politique sociale qui permette de prendre en compte les enjeux de manière transversale. Santé, logement, emploi, mobilité… avec une vision globale. La pauvreté doit aussi être combattue par une offre de soins réelle en matière de santé, et nous attendons beaucoup de la Réforme de l’Hôpital portée par la Ministre de la Santé Agnès BUZIN, car l’hôpital doit disposer de moyens financiers et humains.

Enfin, je rappelle que la lutte contre la Pauvreté n’est pas une priorité nouvelle. Un plan gouvernemental avait même été élaboré, sous l’égide du regretté François Chérèque. Il n’avait malheureusement guère été suivi d’effet. Je souhaite donc que ce nouveau plan, aujourd’hui annoncé, connaisse une plus grande réussite.

PLR Reunion: « Le compte n’y est pas »

Aujourd’hui à 10 heures, au Musée de l’Homme à Paris, le président  MACRON a livré les grandes orientations de son plan pauvreté, avec deux  axes : la prévention de la pauvreté et l’insertion.
Pour tenter de faire oublier cette étiquette de « président des riches » qui lui  colle à la peau, lundi, il a passé cinq heures dans un centre d’ATD Quart Monde pour rencontrer des personnes touchées par la grande pauvreté. Les 5 heures dans un centre ATD Quart Monde suffiront-elles à faire  prendre conscience au président des riches de l’ampleur de la situation, qu’il  contribue lui-même à creuser avec ses dernières mesures sociales ?

Les chiffres sont là :
– 2 millions de personnes au RSA,
– 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté
– et quasiment 9 millions de pauvres au total, soit 13,6 % de la  population française.

Parmi elles, selon l’Insee, près de cinq millions ont moins de 815 euros  mensuels pour vivre, 3,2 millions moins de 670 euros.

Les mesures de lutte contre la pauvreté étaient attendues en juillet, mais le chef de l’État avait décidé au dernier moment de les reporter, provoquant la  déception des acteurs du secteur, d’autant que ce délai était lié au Mondial  de football. Les premières annonces du porte parole du gouvernement Benjamin  Griveaux nous laissent perplexe « le plan pauvreté se chiffre à 8 milliards d’euros, répartis sur quatre ans ». Une partie de cet investissement ira à la  prévention de la pauvreté (crèches, écoles, etc.) et une autre sur  l’accompagnement vers l’emploi.2 milliards par an, c’est bien loin de ce que les pauvres ont perdu en un an  par le gouvernement Macron. En effet, d’importantes économies sont réalisées sur le logement et les  contrats aidés… sans oublier le quasi-gel des prestations sociales en 2018-2019

Les contrats aidés ont coûté en 2016 à l’État 4,2 milliards d’euros.La diminution des allocations logement de 5 € fait économiser 380 M€ à l’État chaque année.  Figer une partie des aides sociales, ne pas les revaloriser alors que le coût de la vie augmente, fait une économie potentielle de 3,5 milliards d’euros, selon un rapport de  Bercy rendu public en mai dernier.Alors que de l’autre côté, c’est plus de 4 milliards d’euros par an qu’à coûter la suppression de l’ISF pour les 351 000 foyers fiscaux les plus riches.Résultat des comptes, on propose 2 milliards aux 9 millions de pauvres alors qu’ils ont perdu plus de 8 milliards € de pouvoir d’achat. De l’autre côté, il faut savoir que les 351 000 les plus fortunés ont bénéficié de plus de 4 milliards de cadeaux fiscaux ! Par ailleurs, la fraude fiscale «coûte chaque année 60 à 80 milliards d’euros à la  France», soit un montant plus ou moins équivalent au budget de l’Education nationale (68,4 milliards d’euros en 2017).

Une récente étude, publiée par trois chercheurs dont l’économiste Français Gabriel  Zucman, chiffrait les avoirs des grandes fortunes françaises placés dans des paradis fiscaux, à environ 300 milliards d’euros, soit environ 15% du PIB (produit intérieur brut) de la France. Pourquoi le gouvernement MACRON ne prend-il pas des mesures concrètes pour lutter contre cette évasion fiscale ? Cela permettrait de corriger toutes ces injustices, ces inégalités sociales. Au lieu de cela, les moyens sont mis en œuvre pour traquer les 250 M€ de fraude sociale. Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire contre la fraude sociale, mais toute proportion gardée, on se rend compte que ne touche pas aux riches pour fliquer les pauvres.

Dans une vidéo, Emmanuel Macron s’était emporté mi-juin contre le « pognon de dingue » que coûtent les aides sociales sans sortir leurs bénéficiaires de la pauvreté. Mais qu’en est–il de la réalité des chiffres ? Et surtout quel est l’impact de ce système de répartition ? Dans les faits, l’État a consacré 40,5 milliards d’euros en 2016 pour assurer les minima sociaux, d’autres prestations comme la prime d’activité et les mécanismes fiscaux de lutte contre la pauvreté, selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Lorsque le calcul est élargi aux allocations logement et aux prestations familiales versées aux ménages pauvres, le montant s’élève à 57 milliards d’euros, soit 2,6% du PIB. On est bien loin des 15% du PIB liés à l’évasion fiscale.

Olivier Bargain, économiste, évoquant les « performances » de la France en matière de réduction de la pauvreté, confirme que « le système n’est pas si inefficace que le gouvernement a voulu le dire récemment ». Sans les prestations sociales, le taux de pauvreté monétaire (environ 1.015 euros par mois) serait en 2016 à 21% au lieu de 14%, a rappelé en juin l’Observatoire nationale de
la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes).Par ailleurs, si le calcul des droits devenait automatique, cela permettrait aussi de lutter contre le non-recours, soit le fait qu’une personne ne demande pas une prestation sociale à laquelle elle a droit. Ce non-recours est estimé à 30%. Cette mesure si elle est appliquée pèserait directement et de façon positive sur le taux de pauvreté.

Dans ce contexte qui ressemble à un vrai massacre social, il faut savoir que le député sortant, qui fait campagne pour son frère, a voté toutes les lois du gouvernement MACRON avec le secret espoir de devenir ministre. Aujourd’hui, le frère-candidat tente de faire diversion en disant qu’il prend ses distances avec ce gouvernement. La ficelle est grosse. On tente d’enfumer les Réunionnais et les
électeurs de la 7ème circonscription. Le représentant du gouvernement MACRON est bien le frère-candidat ! C’est bien ce qui a fait manger son chapeau à Henri CHANE TEF, l’ex-référent local du parti présidentiel. Ainsi, tous ceux qui appellent aujourd’hui à voter pour le frère-candidat appellent donc à soutenir la politique du gouvernement MACRON.

Après avoir déclaré que les dépenses sociales coutaient « un pognon de dingue à la France, aujourd’hui dans le décor grandiose du Musée de l’Homme, Emmanuel Macron  a voulu nous faire croire qu’il aime les pauvres et qu’il va s’en occuper.

Jean-Hugues Ratenon: « Le plan de la honte »

Depuis son élection, il a baissé l’allocation logement, supprimé l’allocation accession à la propriété, taxé les retraités, diminué le nombre d’emplois aidés, désindexé l’augmentation des minimas sociaux sur l’inflation…… Comme à son habitude, Macron est dans le spectacle, l’ironie et l’insulte. Il diminue les budgets des collectivités, il rabote à tout va dans les budgets de la santé, du logement … Mais il « aime les pauvres ». Aucune hausse des prestations sociales ; aucune mesure spécifique pour l’Outre-Mer alors que si en France le taux de pauvreté est de 14 %, à la Réunion il est de 40%. Il annonce la création d’un revenu universel d’activité : Le titre est assez mensonger, car pas d’universalité quand une prestation est très conditionnée. Avec le RUA il risque d’y avoir beaucoup de perdants car les situations sont assez différentes et il faudra unifier les critères. Le risque c’est aussi de voir les APL, l’AAH ou le RSA supprimés. En même temps : n’est-ce pas un moyen aussi pour faire des économies puisque ‘’ ça coute un pognon de dingue’’.

Quel crédit accorder à son service public d’insertion, quand il déshabille aujourd’hui tous les services publics, quand il dématérialise toutes les démarches administratives déshumanisant ainsi les différentes administrations ? La vigilance est de mise. La pauvreté ne se résume pas seulement à donner 1 euro par ci ; un euro par la. Que propose Macron pour les retraités ? Que propose-t-il pour la santé ? Rien pour privilégier les produits bio ; rien pour les remboursements des soins dentaires, auditifs, ophtalmo… quelles aides pour la lutte contre les risques sanitaires (dengue, chikungunya, leptospirose)?

Mais fallait -il s’attendre à du positif avec Macron et sa bande, complètement déconnectés de la réalité ? Oser dire que « la pauvreté c’est le résultat des accidents de la vie » ou « qu’on a besoin des riches, des premiers de cordées pour que les pauvres aillent mieux », autrement dit aider les riches c’est aider les pauvres, de tels propos sont scandaleux, insultants. Le masque tombe définitivement : il va continuer à aider ses amis les riches, sous prétexte d’aider les pauvres !!!!Aussi, je mets en garde les élus ou politiques qui seraient tenter par l’aventure qui consiste à chercher quelques mesurettes pour tromper le peuple, car plus que jamais, les élus doivent se mobiliser par des actions fortes pour sauver notre population. Le temps des stratèges pour entretenir les petites carrières politiques sur le dos des gens doit être banni car le peuple souffre. Qu’est ce qu’on attend ?

Huguette Bello : « Cette ambition est évidement louable »

Selon une déclinaison classique des Plans de lutte contre la pauvreté, le Président de la République a mis l’accent ce matin sur la prévention et sur l’insertion. Dans un discours dont le but était aussi de corriger son image de « Président des riches », Emmanuel Macron a constamment articulé son ambition « d’éradiquer la grande pauvreté en une génération » avec des mesures très précises touchant à la vie quotidienne des familles, des personnes et des jeunes les plus modestes

Cette ambition est évidemment louable. Mais il va de soi qu’elle donnera tous ses effets si et seulement si elle est appelée à irriguer toutes les politiques publiques du gouvernement et qu’elle ne se trouve pas limitée à ce seul plan. Les récentes mesures à l’encontre des pensions de retraite en sont la parfaite illustration puisqu’elles vont encore dégrader les conditions de vie des personnes âgées que la grande pauvreté n’épargne pourtant pas.

De la même manière, le mal-logement qui entretient durablement la spirale de la pauvreté ne sera pas éradiqué par les décisions récentes. Et puis, comment ne pas déplorer que les Outre-mer, ces territoires parmi les plus pauvres de la République, n’aient jamais été mentionnés et sans doute non plus pris en compte dans la phase de diagnostic.

Éricka Bareigts : Enfin de bonnes intentions, mais avec quels financements et quelle organisation ?

Après 18 mois, le gouvernement nous annonce un plan de prévention et de lutte contre la pauvreté. Il s’agit de l’extension de la Garantie jeunes et du dispositif Territoires 0 chômage de longue durée, du revenu universel d’activité. Je note que deux des dispositifs, garantie jeunes et Territoires 0 chômage de longue durée, avaient été mis en oeuvre lors du dernier quinquennat. Le revenu universel avait été porté durant la dernière campagne présidentielle socialiste.

Je salue la reprise de nos propositions par le gouvernement. Parmi les autres annonces, je note le soutien de l’État aux familles et collectivités pour les repas des élèves en REP+. Pour rappel, à Saint-Denis, nous avons déjà largement engagé la mise en place de la cantine gratuite avec 11 858 enfants sur 16 483 qui en bénéficient. Cependant, à l’image de Claire HÉDON, Présidente d’ATD-Quart Monde, je m’interroge sur le financement et la mise en place concrète de ce plan. Est-il vrai que ce plan sera financé grâce à la suppression des contrats aidés, la baisse des Allocations logement et la hausse de la CSG sur les petites retraites ? Si oui, alors les pauvres paieront une fois de plus pour les plus pauvres.

Par ailleurs, les chiffres annoncés pour ce plan pauvreté, soit 2 milliards d’euros par an, sont largement inférieurs aux cadeaux fiscaux de 5 milliards d’euros par an faits aux contribuables les plus riches. Il faudra rester vigilant dans la mise en place concrète de ce plan et l’évaluer au regard de son incidence sur les 20% des Français les plus pauvres, et surtout sur les 40% de Réunionnais vivant sous le seuil de pauvreté, dont une partie de nos retraités qui souffrent de la hausse injuste de la CSG.

Enfin, j’espère que le Gouvernement et la majorité parlementaire sauront prendre en compte les propositions que nous députés socialistes formulerons en 2020 lors de l’examen des deux projets de loi annoncés, au regard des promesses formulées hier soir par le nouveau président de l’Assemblée nationale et des nombreuses expériences accumulées par nos élus locaux sur l’ensemble du territoire national, depuis de nombreuses années.

 

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3 Commentaires sur "Plan pauvreté d’Emmanuel Macron: réactions des politiciens réunionnais"

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Yaboss
Invité
Yaboss

Ces élus se souviennent donc De nous les pauvres? Par Jupiter on est sauf

noé
Invité
noé

Trop de difficultés, de soucis et de souffrances finissent par entamer la confiance dans la vie, les autres et en Dieu. La joie de vivre s’essouffle, nos sécurités s’effondrent, certaines épreuves peuvent même nous broyer… Comment tenir le cap et garder confiance en Dieu ? Le chrétien croit que dans la souffrance, sa force vient d’abord de Dieu. Un Dieu qui combat avec l’homme et pour l’homme. Dieu c’est Macron!

casimcc
Invité
casimcc

hi hi …..42 % de pauvre à la Réunion !!!! et 13 % en France !!!! j’ai un doute….un gros doute….j’habite St Pierre et il faut voir le nombre de voitures neuves ou très récentes qui circulent….je crois qu’il y a plus 18% de voitures neuves vendues sur l’île….en temps de crise les riches deviennent encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres….me dirait vous…..SNIFFF