« Plus le singe monte haut, plus il montre son c… »

dans Actualités/Edito de Yves Montrouge/Infos Réunion/Politique

Après l’affaire Benalla, l’été dernier, l’affaire de la photo de Macron et du doigt d’honneur esquissé par un grand black sur l’île Saint-Martin en septembre, voici l’affaire Mélenchon-Chikirou. En politique, c’est un peu comme aux Galeries Lafayette, il s’y passe tous les jours quelque chose. Mais avant d’aborder ces clowneries, parlons de choses graves et sérieuses qui marquent incontestablement une existence.

La mort de deux illustres Réunionnais, la semaine dernière : Julien Ramin, militant communiste de 86 ans, et Daniel Honoré, 79 ans, un défenseur de l’identité réunionnaise. Julien Ramin, un fidèle parmi les fidèles de Paul Vergès, un militant que la politique d’aujourd’hui n’est plus en mesure de fabriquer. C’est-à-dire un homme avec un idéal politique, des convictions, défenseur d’une cause qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il soit tête de liste ou en queue de liste, qu’il soit dans la lumière ou dans l’ombre. Un homme de parole dont la mission, l’engagement, le credo a toujours été de servir son Parti, le PCR et son mentor, Paul Vergès, le fondateur du PCR en 1959. En respectant les règles élémentaires et fondamentales du militantisme politique, à savoir la discipline. Pas question de « vend’ la course » à la moindre déception ou de changer de chapelle au gré de sa gloire personnelle. Julien Ramin était un militant discipliné et un homme d’une grande humilité qui avait aussi beaucoup contribué à des actions humanitaires, au profit des plus faibles, notamment en Inde, le pays d’où étaient originaires ses ancêtres. Homme de grande humilité lui aussi, Daniel Honoré, laissera des souvenirs indélébiles dans le cœur de nombreux Réunionnais qui ont eu le privilège de le côtoyer, de partager avec lui cette passion de La Réunion à travers sa culture créole et son identité réyoné. Un enseignant, professeur d’anglais qui a su, avec intelligence, suscité chez les petits Réunionnais de Saint-Benoît la curiosité pour la langue de Shakespeare. Un « zarboutan » de notre culture qui laissera en héritage tous ses écrits sur notre « cosé » créole via une multitude d’histoires qu’il avait l’art de raconter en captivant son auditoire. Deux grands hommes qui disparaissent après une vie bien remplie. Disparitions qui nous rappellent si besoin était que personne n’est immortel, que l’existence terrestre a une fin, et qu’il serait bon, de son vivant, de travailler pour le bien-être de tout un chacun, pour le collectif, plutôt que de se la jouer individualiste, égoïste en ne passant son temps qu’à ébaucher des stratégies dévastatrices dans le seul but de conquérir le pouvoir (politique, économique et autre) en étant persuadé que ce pouvoir est garant d’éternité. Ce qui me fait penser à ces hommes et femmes qui se battent férocement dans l’unique objectif de décrocher le pouvoir (politique surtout) quitte à éliminer leurs concurrents en employant les plus vils moyens (médiatiques et autres). Ce qui me fait penser aussi à tous les chasseurs de primes, pétris de méchanceté, prêts à tout sur notre île, quitte à vendre leur âme, pour se remplir les poches avec de l’argent public. Des hommes et des femmes qui oublient qu’ils ne sont pas éternels et qu’ils ne pourront, lorsqu’ils passeront de vie à trépas, emporter avec eux tout l’argent qu’ils auront réussi à gagner ou à extorquer de leur vivant.

« Le Grand-Raid, cette belle leçon de vie réunionnaise »

Une transition toute trouvée pour me permettre de vous parler du Grand-Raid dont la 26ème édition a pris fin, hier dimanche, au stade de la Redoute. Pas besoin de vous faire un dessin, cette « diagonale des fous », vous la connaissez par cœur. Une course qui fait la fierté de La Réunion à travers le monde ; Une course qui regroupe des passionnés du trail du monde entier ; un vrai « melting pot » sportif qui se lance, durant trois jours, à l’assaut de nos montagnes, pitons et remparts, notre richesse mondiale. Une traversée qui, à bien des égards, ressemble à une véritable leçon de vie où organisateurs et bénévoles se surpassent pour faire vibrer La Réunion toute entière, pour faire battre le cœur de notre île au rythme des valeurs que sont l’entraide, le partage, la solidarité, la générosité, le courage, l’abnégation, la détermination, la volonté, la combativité… Ne jamais baisser les bras malgré les difficultés, essayer toujours de contourner l’obstacle pour tenter d’atteindre l’objectif fixé, se surpasser dans l’effort et la douleur pour atteindre les sommets de la saine victoire sur soi-même, vaincre ses peurs, ses craintes, ses handicaps pour avancer dans les sentiers comme dans la vie de tous les jours, seul ou à deux en sachant que si tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Et ce ne sont pas François d’Haene et Benoît Girondel qui me contrediront. Une belle leçon d’humilité et de fair-play de la part des deux vainqueurs ex æquo de cette 26ème édition du Grand-Raid qui devrait inspirer ceux qui nous dirigent dans la vie quotidienne. A savoir toujours jouer collectif et non perso. Ne pas chercher systématiquement à braquer les projecteurs sur soi en ne pensant qu’à son petit confort personnel mais penser à autrui, au plus grand nombre. L’esprit d’équipe. Ce qui fait aussi la beauté de cette course internationale, c’est cette convivialité omniprésente durant les trois jours et cela au plus profond de nos forêts, de nos sentiers. Grâce aux live de Free Dom (site internet et radio), à l’ambiance qu’ont pu nous faire vivre depuis le terrain Patrick Deleurme, Laurent Nativel, Jhonny Mercher, Ti Dash, Matthias Ramsamy (qui a même parlé anglais et chinois en y perdant parfois son souffle en courant aux côtés des raideurs, notamment sur le chemin lé rail), nous avons pu vivre de l’intérieur le Grand-Raid ainsi que le Trail de Bourbon et les Mascareignes. Comme si j’y étais, alors qu’en réalité, j’étais cloué au lit en raison d’une grippe carabinée chopée à mon retour de Paris, mercredi dernier. Bravo les gars ! Merci Free Dom.

Merci avant tout au président Chicaud, à toute son équipe, à tous les bénévoles, aux porteuses et porteurs de joellettes, à toutes ces familles réunionnaises et à celles venues de métropole et d’ailleurs soutenir leurs « protégés (es) durant le Grand Raid. Merci à ces jeunes et moins jeunes, souvent anonymes qui, comme on a pu le voir sur les live de Free Dom, ont chanté, dansé (gratuitement cela va de soi) dans les sous-bois. Ils ont fait de la musique avec, qui un morceau de bambou, qui avec une moque en tôle, jusqu’à fort tard la nuit, pour mettre l’ambiance créole, pour encourager les sportifs fatigués mais déterminés et reboostés, en voyant et en entendant sur leur parcours ces encouragements, ces manifestations de bonne humeur, de joie de vivre, d’enthousiasme contagieux, de gaieté, leur disant : « tienbo ensamb larg’ pas, nou lé la même ! ». C’est ça La Réunion. Un bel exemple de communion de tout un peuple de grands, de petits, de blancs, de noirs, de toutes les couleurs, de Réunionnais, de zoreils d’ici et de la France hexagonale, de kaf, malbars, zarabes, chinois d’ici et d’ailleurs. C’est ça le Grand-Raid ! Vivement la 27e édition !

« Mélenchon, le début de la fin ? »

Je me disais bien qu’il devait y avoir quelque chose de pas très catholique, de louche, de pas net quoi ! Au cas contraire, le patron de la France Insoumise n’aurait pas poussé une telle gueulante lors des perquisitions effectuées, mardi dernier, d’abord chez lui, à Paris, puis chez Sophia Chikirou, patronne d’une agence de communication, ainsi que dans les bureaux du Parti de Gauche et chez certains de ses collaborateurs. N’en déplaise au député Ratenon et à l’eurodéputé Omarjee, en général, quand on a la conscience tranquille, on n’a pas besoin de se mettre dans des états pas possibles, de piquer une colère noire ou de faire la danse de la Saint-Guy. Evidemment, il y a la présomption d’innocence et jusqu’à preuve du contraire, l’enquête préliminaire ouverte par le Procureur de la République François Molins n’a pas encore été bouclée. Mais à voir Mélenchon presque prêt à en venir aux mains avec les enquêteurs, jusqu’à perdre ses deux « cannettes de yeux » tant ils ont failli sortir de leur orbite, je me suis dit là le « Monsieur insoumis » ne doit pas dormir tranquille, lui qui, pourtant, s’était félicité du travail de la justice française lorsque celle-ci s’était attaquée à François Fillon et au Front national. Lui qui, pourtant, n’a jamais cessé de clamer à qui veut l’entendre qu’il a « confiance en la justice ». Et puis, tout d’un coup, lorsque cette même justice se retourne contre lui dans le cadre d’une enquête des plus réglementaires, le voilà qui pète un câble, qui perd la boule, se comportant ainsi comme un « délinquant » shooté à la chimique. Donc là, je me suis dit tout haut, « nana sûrement un z’affaire i tourne pas rond ».

Trois jours plus tard, avant même que Mélenchon ait complètement terminé de « trouducuter » les journalistes de France Info, média accusé d’être un « service d’Etat », c’est Médiapart, le média en ligne d’Edwy Plenel, qui lui tombe dessus en révélant ses « relations extra-professionnelles de longue date » avec Sophia Chikirou, la boss de Mediascop, qui avait fait toute sa campagne électorale de la dernière présidentielle. Et avait, semble-t-il, « surfacturé » ses prestations. D’où l’enquête portant sur les 1,2 millions d’euros remboursés dans le cadre des frais de campagne. Détournement de fonds publics ? La police enquête. Et Mélenchon s’énerve. Que le patron de la France Insoumise, 67 ans, vive avec la trentenaire (ou à peine quadragénaire) Chikirou, là n’est pas le problème. Cela relève de la sphère privée et « ça c’est zaffaire domoune, donc i regarde pas nous ». Mais que Sophia Chikirou, celle-là même qui aurait surfacturé ses prestations dans le cadre de la campagne présidentielle de l’homme avec lequel elle vit, là ça devient problématique au regard de la justice qui peut être en droit de se demander si l’argent « détourné » n’aurait pas aussi servi à Jean-Luc Mélenchon. Vous l’aurez compris, même si l’enquête n’est pas encore terminée, tout le « battage » fait autour de cette affaire déstabilise incontestablement le big boss des Insoumis dont « le canard lé noir ».

Certes, il doit y avoir un peu de vrai dans ce qu’il avance (« justice politique »), idem pour ce que dénoncent ses soutiens (Ratenon, Omarjee…), néanmoins quand un citoyen (Mélenchon en est un) est pris dans « la colle jacques judiciaire », il doit rester zen et serein. De surcroit, quand on s’appelle Mélenchon et qu’on représente 11 millions de Français, on doit montrer l’exemple, et ne pas se comporter comme un bandit zamalé. Libre à lui, le célibataire, d’avoir des sentiments pour qui il veut, y compris pour dame Chikirou (comme l’avait déjà révélé dreux.info le 14 avril 2017 en reprenant un photo du magazine Closer montrant le couple attablé à Saint-Martin de Ré), pour autant il n’a pas à sauter en l’air comme un cabri quand les flics, bien qu’un tantinet gros doigt, font leur job. Ça me rappelle une petite phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon il y a quelques mois sur BFM-TV. « Vous ne vous rendez pas compte, on ne trouve pas de Sophia Chikirou sous le pas d’un cheval », disait-il alors, en ventant les mérites de la patronne de Médiascop, diplômée de Sciences Po Grenoble, ex socialiste comme lui, exclue du Parti de la Rose, partie fricoter un temps avec la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel (ancien ministre de François Fillon), avant de rejoindre le Parti de Gauche de Mélenchon et d’atterrir comme conseillère de ce dernier, à la grande surprise des membres du Parti. « Sous le pas d’un cheval », sans doute pas, mais force est de constater que les enquêteurs l’ont trouvé dans l’appart’ du grand insoumis. Pour rester dans la métaphore animalière, j’ai un proverbe qui me vient à l’esprit : « plus le singe monte haut, plus il montre son c… ». Tout cela pour dire que, quelle que soit l’issue de l’enquête en cours dans le cadre de cette affaire, une chose est sûre : le mythe de l’insoumis, du rebelle, du révolté « lé pas la ek l’argent », défenseur des pauvres, s’est un peu fissuré, pour ne pas dire cassé.

Je le dis et je le répète : quand on a rien à se reprocher face à la justice, on reste zen. Vous avez été nombreux à m’appeler ou à m’envoyer des messages, suite à l’édito de lundi dernier, vous annonçant notre mise en examen (à Sarah Patel et à moi-même). Des messages pour me dire dire de « faire attention » dans le cadre des procès en appel, en m’expliquant que « le fils d’un magistrat très, très haut placé de la Cour d’Appel de Saint-Denis est un grand copain d’une dame très, très haut placée dans une grande collectivité locale », que « ce fils en question, lorsqu’il était encore étudiant en Droit, en 2014, 2015, avait systématiquement bénéficié des stages rémunérés (1800 €/mois) durant les vacances universitaires au sein des services de cette grande collectivité locale ». Soit, et c’est tant mieux pour lui. Mais je reste convaincu que la justice est là pour dire le Droit, et pas pour tomber dans les petits arrangements et autres copinages, fusse-t-il dans une ancienne colonie. Donc, au risque de me répéter, et ayant plus que jamais la conscience tranquille, « je fais confiance en la justice de mon pays ». Voilà qui est dit !

Pour finir, un petit mot sur « En Marche » afin de vous parler de « L’Apéro Saint-Denis En Marche ! » qui s’est tenu, samedi dernier, au restaurant O’resto.
Ouverts à tous les dionysien.ne.s, les « Apéros d’En Marche ! » ont lieu chaque troisième samedi du mois et, ce, tous les deux mois, comme nous l’explique dans un mail Farid Mangrolia, un jeune et actif responsable de « Saint-Denis En Marche ».

Samedi dernier, l’invitée spéciale du jour était Madame Michèle Peyron, députée de la 9ème circonscription de Seine-et-Marne en mission à La Réunion sur la PMI (Protection Maternelle et Infantile). « Elle a tenu à venir rencontrer les marcheurs pour notre plus grand plaisir », souligne Farid Mangrolia. Le prochain apéro aura lieu le samedi 15 décembre 2018. A noter que les « APÉRO SDEM » sont des rencontres de 10 à 20 personnes qui se tiennent dans tous les quartiers de Saint-Denis « pour permettre à tous les dionysien.ne.s adhérents de La République En Marche ou non de se rencontrer et d’échanger sur les problématiques que nous rencontrons en général mais aussi celles propres aux différents quartiers de Saint-Denis. Ces rencontres le matin pour les petits-déjeuners les premiers samedis du mois et, le soir, pour les apéros les troisièmes samedis permettent, en plus de passer un moment convivial autour d’un cocktail offert par le Comité Saint-Denis En Marche,!, d’expliquer les mesures du gouvernement », indique Farid Mangrolia, Allez-y, vous ne risquez pas de rentrer chez vous l’estomac vide car il y a plus de chocolatines sur la table que de militants autour de la même table !

Y.M.

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noé
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noé

Et comme l’Homme descend du Singe et le singe descend de l’arbre, tout est compris !