PNF par-ci, PNF par-là…

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Encore un syndrome de la « goyave de France » sans doute ? Localement, on nous a toujours présenté le fameux PNF (Parquet national financier de Paris), comme étant la crème des crème en matière de justice, comme les fins limiers de l’appareil judiciaire, le nec plus ultra de ce qui se fait en matière d’enquête financière en France et en Outre-mer. Et dans la façon dont les choses sont présentées par certains à La Réunion, nous avons vraiment l’impression que quand le PNF débarque, c’est comme si la messe était déjà dite pour la personne qui fait l’objet de l’enquête menée par ledit PNF à qui rien n’échapperait. C’est ce que j’ai cru moi aussi pendant très longtemps… jusqu’au jour où je me suis rendu compte du travail du grand PNF sur l’enquête de la NRL (Nouvelle Route du Littoral).

On allait voir ce qu’on allait voir. Les fins limiers avaient débarqué avec grand fracas. Ils avaient perquisitionné chez les époux Robert à la Montagne lors du premier mandat de Didier Robert d’où ils en sont repartis avec des caisses entières de documents. Ils avaient mis la maison des Robert sens dessus-dessous. De vrais « Fakir » ces gens là, tellement le « bordel » laissé après leur passage était pour ainsi dire désolant et …inadmissible. Mme Robert avait pleuré, beaucoup pleuré lorsque les gendarmes, ceux de la section de recherches de La Réunion et ceux du PNF, étaient repartis avec leurs grands sabots, après avoir tout écrasé dans la case. Il lui aura fallu à la pauvre dame, plusieurs heures de ménage (et plusieurs paquets de kleenex aussi), pour remettre de l’ordre dans sa maison. L’on se rappelle encore des auditions ronflantes des élus et autres cadres de la Région et des entreprises bénéficiaires des marchés de la NRL à la caserne Vérines à Saint-Denis dans le cadre de l’enquête menée par le PNF. On entendait que ça : PNF par-ci, PNF par-là. Nombreux sont les Réunionnais qui croyaient à ce moment là que pour certains élus de la Région, leur « pois était au feu » comme on dit en créole. Parce que le contexte créé autour de cette affaire et l’importance donnée à la capacité d’expertise financière du PNF avaient suscité une curiosité démesurée.

Or, l’enquête menée par la crème des crèmes de la justice a commencé en 2014 sur la NRL. Nous sommes en 2018 et, depuis, plus rien du tout. Quatre ans ont passé. Plus de nouvelles. Force est de constater que tout a fait plouf ! Pschiiiittttt ! Comme si tout le dossier était tombé du haut d’un des pylônes du viaduc de la NRL à moitié achevée (pour l’instant) dans la mer, avant d’être aussitôt accaparé par un de ces féroces requins qui rôdent sur notre littoral marin. A vrai dire, on ne sait même pas si l’enquête est terminée, si les fins limiers l’ont mise de côté, s’ils ont trouvé ou pas ce qu’ils recherchaient. Ou bien alors, ont-ils tout simplement eu l’ordre (venu d’en haut) de « faire le mort » sur cette affaire ! Les contribuables que nous sommes auraient tellement aimé avoir ne serait-ce qu’un commencement de réponse sur cette enquête du PNF concernant la NRL ? Impossible. Secret-défense ! S’il n’y a rien dans le dossier, la justice ne devrait pas avoir honte de le dire. Au contraire. En revanche, le mystère qui est cultivé aujourd’hui autour de cette enquête de la NRL qui patine et le silence qui y est entretenu, laissent à penser (à tort ou à raison) que le PNF a sans doute trouvé plus fort que lui. C’est un élu de l’Est qui disait tout récemment lors d’une conférence de presse, qu’en France, « le pays est dirigé en numéro deux par le Président de la République et, en numéro 1, par les multinationales ». C’est peut-être à ce niveau qu’il faut chercher la panne (ou le silence assourdissant) concernant l’enquête sur la NRL. Tout PNF qu’il est, on peut imaginer que ça doit être difficile de s’attaquer à des multinationales dont les patrons font et défont les chefs d’Etat en France et dans d’autres pays (d’Afrique notamment). A force de trop s’approcher du soleil, on finit par se brûler les ailes.

Et comme le dit encore le proverbe, « faute de grives, on se contente de merles ».

Aussi, le PNF a discrètement débarqué, la semaine dernière, dans la « case de Nassimah » (Dindar). Elle (la case) été perquisitionnée par les gendarmes de la section de recherches de gendarmerie de Saint-Denis opérant pour le compte du PNF. Tiens, revoilà le PNF ! Celui là-même qui avait commencé une enquête sur la NRL en 2014 et qui, visiblement, ne l’a pas terminée ou ne peut plus l’achever. Donc haro sur « la case de Nassimah ». C’est plus à portée de main du PNF. Selon nos informations, outre la NRL (pour l’instant en stand-by), le PNF enquêterait aussi, à La Réunion, sur d’autres dossiers que sont : l’éco-cité de l’Ouest (Saint-Paul avec Joseph Sinimalé dans le collimateur), la guerre des multiplexes (Saint-Pierre, Civis, avec Michel Fontaine dans le viseur). Et aussi sur la « case de Nassimah Dindar ». L’éradication des « dinosaures » ?

Les gendarmes se sont donc gentiment présentés, mercredi dernier, au petit matin, dans le Bas de la Rivière de Saint-Denis pour aller chercher des documents dans le cadre d’une enquête portant (à en croire ce qui est écrit sur le papier qu’ils avaient en leur possession) sur un présumé « trafic d’influence ». Histoire de voir si la sénatrice Dindar n’a pas bénéficié des « largesses » de certaines entreprises-amies en échange d’un retour d’ascenseur de la part du Département qu’elle a présidé pendant 14 ans jusqu’à l’année dernière. Il est à noter qu’en décembre 2017, Mme Dindar avait elle même pris l’initiative de transmettre au procureur de la République de Saint-Denis un dossier comprenant toute une série de documents relatifs à la construction de sa case. Les quatre gendarmes bien propres sur eux et sans grands sabots ont sonné à la porte. « Mme Dindar leur a ouvert la maison et leur a donné le feu vert pour prendre tout ce qu’ils voulaient. Tout s’est très bien passé. Ils ont pris leur temps. Ils étaient très corrects. Et lorsque la sénatrice leur a demandé si ce dossier méritait selon eux une enquête de la part du PNF, un des gendarmes visiblement gêné, a répondu : on ne fait qu’exécuter les ordres qu’on reçoit madame la sénatrice ». C’est ce que rapporte un des membres de l’entourage de Mme Dindar qui était présent lors de la perquisition de mercredi dernier.

Lequel précise encore : « dans l’affaire de l’ARAST, Nassimah Dindar a été traînée dans la boue, traitée plus bas que terre, par ses détracteurs durant douze ans. Douze longues années et, au final, la Cour de Cassation lui a donné raison. Dans l’affaire du Foyer Terre Rouge, elle a été traitée comme une malpropre, jetée en pâture pendant 9 ans, 9 longues années. Elle a eu gain de cause en cour d’Appel. Elle attend maintenant la décision de la Cour de Cassation. Et là, c’est reparti, pour la troisième saga judiciaire, cette fois ci avec le PNF, pour sa case. Il faut croire qu’elle gêne et qu’il faut absolument trouver quelque chose pour essayer de la sortir de la scène politique avant les échéances de 2020 et de 2021. Mais Nassimah Dindar, qui n’a rien à se reprocher, considère que la justice doit faire son travail ». Et qu’elle doit aussi aller jusqu’au bout, et non pas abandonner certaines enquêtes en cours de route (sans jeu de mot), sans explication aucune, au risque de perdre sa crédibilité. L’entourage de Mme Dindar est même prêt à prendre le pari que « la sénatrice sera entendue beaucoup plus rapidement que d’autres élus locaux par le PNF parce qu’elle n’est pas, elle, protégée par des patrons du CAC 40… ». A suivre !

En parlant des patrons du CAC 40, ça me fait penser aux enquêtes qui ont débuté depuis quelques années, depuis 2012 précisément concernant le groupe Bourbon de Jacques de Chateauvieux. Ou encore à une autre enquête relative celle au groupe Bolloré, mais la justice n’a toujours rien trouvé. Et pourtant, elle cherche, elle cherche… C’est bizarre, quand ça concerne les multinationales, on a vraiment cette impression que la justice n’avance pas !

Paillottes illégales : on demande « Mr Fakir » à la barre !

Heureusement qu’il y a d’autres dossiers, beaucoup plus faciles à gérer. Celui de la « démolition des paillottes » de l’Ermitage en est un. L’histoire ne dit pas si le jour du procès, outre les deux « casseurs à la masse », la justice appellera aussi à la barre Mr ou Mme « la Houle » et M. « Fakir ». Eux aussi ont détruit des paillottes illégales. Seront-ils pour autant punis ? On serait également curieux de savoir si, le jour du procès, le tribunal appellera à la barre les « pauvres » patrons des paillottes détruites pour leur demander toutes les pièces administratives nécessaires dont l’autorisation du permis de construire afin de pouvoir être dédommagés. Normal, leurs biens ont été détruits. Et pour les paillottes qui ont été emportées par la houle et par Fakir, qui va payer ?

Puisque je vous parle de Fakir, il y a cette histoire qui fait tant causer du côté de la pyramide, qui me vient à l’esprit. La tempête Fakir avait été annoncée par les services Météo le lundi 23 dans l’après-midi. La Région avait programmé depuis bien plus longtemps une commission permanente à Cilaos le mardi 24. Cette commission n’a finalement pas eu lieu à cause de Fakir qui est passée le mardi 24. Mais certains du côté de la Région ne comprennent pas pourquoi la commission permanente n’a-t-elle pas été annulée en raison des alertes météo ? Pourquoi, malgré tout, le président de la collectivité est monté depuis lundi soir à Cilaos où il est d’ailleurs resté bloqué durant deux jours dans un gîte ? Pourquoi un des vice-présidents (on ne dira pas lequel) a décliné au dernier moment les services de son chauffeur en précisant qu’il montait (qu’il allait faire la route) « avec une copine » ? Pourquoi certaines employées du service « Protocole » et au moins un employé du service « Sécurité » ont pris leurs quartiers là-haut, dans un hôtel, malgré les menaces de l’arrivée imminente d’une tempête ?

Mais bon, n’en déplaise aux mauvaises langues et surtout aux « gros esprits », le déplacement n’aura pas été perdu. Ces employés de la pyramide ont dû quand même bosser dur, de jour comme de nuit, car le mercredi matin le président de Région a pu se rendre au chevet des chefs d’entreprise sinistrés. Il fallait donc bien préparer cette visite de terrain de « l’après Fakir » !

Y.M.

([email protected])

 

 

 

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12 Commentaires sur "PNF par-ci, PNF par-là…"

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Lilian
Invité
Lilian

Sous l’aile droite de fontaine elle etait protegèe,car la gauche communiste est sous l’autre aile.sauf qu’aujourdhui il y à un nouveau cherif prèsident c’est macron, sarko n’est plus pour proteger les fesses de fontaine, donc il ne peut plus proteger personne, car lui même il a les feux au culs par le pnf.

Remy
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Remy

Heureusement mr mont-rouge n’est pas proc. Sans preuves sans temoins sans jugement et sans didier a la barre il aurait mis ce dernier à domenjo.

Clindoeil
Invité
Clindoeil

J’adore !!!!
De bon matin, une bonne lecture savourante à souhait…
Exact ! j’me posait la question aussi, quel hasard que certains étaient déjà en poste à Cilaos !
Et le « tournaz palto » pour la saga Cimendef et cie.

Le gras souillé
Invité
Le gras souillé

Business femme à la pyramide inversée! Ho ho ho hi hi we love, love, love Cilaos

Chatte
Invité
Chatte

All we need is fuck Yves , all we need is money. Le top des édito , le boss c’est Montrouge : vérité rien que la vérité , un journaliste hors pair et non achetable

Poupette
Invité
Poupette

Lé coma service protocole , i travaye la nuite Cilaos, mdr

Sandouye
Invité
Sandouye

Jusqu’a Zistoir Cilaos vous êtes au courant! Trop gadiamb !!!!!

Oiseau rare
Invité
Oiseau rare

Vous dites un président est monté avec sa copine? Priez pour nous Saint-Expedit

ynel
Invité
ynel

une petite inversion Yves:
« faute de grives, on se contente de merles ».

zamalà la tete
Invité
zamalà la tete

Mr Mont Rouge 2 pauvres Gendarmes pour Mme Dindar mérite un édito mais 9 policiers de la sureté départementale qui perquisitionnent à la CIVIS, SEMADER et SPLA pour Michel FONTAINE vous ne mettez rien? C’est bien dommage que vous manquiez d’impartialité.

invité
Invité
invité

faut que la France laisse tomber cette île de m….. ou personne est jamais content…et magouille sur magouille….des milliards d’euros gaspillé pour un caillou qui sert à rien….cela deviendra Madagascar numéro 2……la perfusion a assez duré….merde à zot

Realiste
Invité
Realiste

Je dois avouer ,Mr Montrouge, que depuis quelques temps vous êtes devenu ma bible. J’admire votre courage, votre intégrité. Personne a pu vous corrompre, personne n’a pu vous acheter. Et cela relève soit du miracle soit de l’esprit d’un grand homme. C’est peut-être les deux pour vous. Il n’y pratiquement plus de journalisme, plus de journaliste ici.
Merci d’être là.