Pourquoi le procureur demande le placement en redressement judiciaire de Bourbon Bois

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« Une histoire complexe », explique d’emblée Clara Derfla, secrétaire générale de UR 974 qui, avec la CFDT notamment, reste très vigilante sur la suite de cette affaire. Laquelle a été examinée, hier, par le tribunal de commerce de Saint-Denis. Alors que les comptes de la société Bourbon Bois et de ses quatre filiales (BB Primo, les Maisons de Bourbon Bois, BBI et SPIB) sont dans le vert (plus de 3 millions d’euros), le procureur de la République Eric Tuffery a demandé son placement en redressement judiciaire. Pourquoi ?

Rappelons que l’entreprise Bourbon Bois a été rachetée il y a une trentaine d’années par Yvon Le Villain à Maurice Tomi, le fondateur de la société, aujourd’hui disparu. Dès le départ, l’entreprise a été « très rentable » à en croire les représentants syndicaux. Et cela, grâce notamment aux crédits de la LBU (Ligne budgétaire unique) de l’Etat permettant de financer le logement social. Les chantiers se multipliaient sur l’île faisant ainsi travailler de nombreux artisans, environ une soixantaine. Depuis, ce nombre a quelque peu diminué, selon les syndicats, pour passer à une quarantaine aujourd’hui.

L’entreprise Bourbon compte quant à elle une soixantaine de salariés. La décision du tribunal de commerce quant à la demande en placement judiciaire de l’entreprise a été mise en délibéré. Verdict : le 24 octobre prochain. Mais d’ores et déjà, le comité d’entreprise a déjà pris la décision, au cas où la demande du procureur serait rejetée, de se payer les services d’un conseil juridique afin de demander la nomination d’un administrateur provisoire. Le but étant de « protéger les salariés ainsi que l’activité » qui, selon Clara Derfla « est encore viable au moins jusqu’en 2020 », en dépit de la suppression de l’APL

Selon les syndicats de Bourbon Bois, suite à la suppression du dispositif APL (Aide à l’accession à la propriété), la Région a voté une enveloppe transitoire de 15 millions d’euros dont environ 5 millions d’euros pour Bourbon Bois afin de poursuivre les chantiers. Et, surtout, ne pas pénaliser les Réunionnais dont les dossiers étaient en cours. Toujours selon syndicats qui affirment avoir en leur possession certains échanges de mail, « l’objectif de la direction est d’augmenter la trésorerie puis de fermer la société. Le directeur écrivait noir sur blanc en avril dernier, dans un mail, qu’il prend la décision ferme et irrévocable de fermer l’entreprise fin 2018 ». Selon les syndicats, « Le sous-préfet, la direction du travail, tous au sont courant de cette situation… » Aussi, les syndicats se disent ne pas être surpris du tout par la demande du procureur de la République « qui a des éléments sur les dysfonctionnements de la société. Au cas contraire, il n’aurait pas demandé le placement de Bourbon Bois en redressement judiciaire », signale Clara Derfla qui était présente, hier, à Saint-Denis, même si elle n’a pu assister à l’audience étant donné que celle-ci s’est déroulée à huit clos. « Il faut penser à la quarantaine d’artisans et tous leurs employés qui travaillent avec Bourbon Bois; Il faut penser aussi à la soixantaine de salariés de l’entreprise, sans compter bien entendu les nombreuses familles qui attendent la réhabilitation de leur logement. On ne peut pas abandonner comme ça toutes ces personnes. C’est dans ce sens qu’il faut voir la demande faite, hier, par Eric Tuffery, le procureur de la République », précise encore la secrétaire générale de l’UR 974. A suivre !

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1 Commentaire sur "Pourquoi le procureur demande le placement en redressement judiciaire de Bourbon Bois"

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zarlor
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zarlor

bravo UR 974 .BRAVO MR LE PROCUREUR