Quand les employés de l’AURAR déboulent au JIR, par Yves Mont-Rouge

dans Actualités/Infos Réunion/Politique

Las de se voir « indirectement insultés » toutes les semaines par le directeur général du JIR dans son édito du samedi matin et de voir leur directrice générale Marie-Rose Won-Fah-Hin « être rabaissée plus bas que terre », une quarantaine d’employés de l’AURAR ont « débarqué » hier matin devant les locaux du JIR dans l’immeuble Cadjee situé au Chaudron, et ont demandé à rencontrer Jacques Tillier.

 

L’AURAR est un établissement de santé privé, présent sur toute l’île, et dont le cœur de métier est le traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale par la dialyse. Comme le rappellent une quarantaine de ses employés présents devant le JIR, hier, « il ne se passe plus un samedi sans que le directeur général Jacques Tillier ne tombe à bras raccourcis sur notre établissement et, plus particulièrement, sur notre directrice générale, et tout cela sur la base d’éléments complètements infondés, et non vérifiés ».

D’où l’agacement de ces salariés qui, ne voyant toujours pas paraître leur droit de réponse en dépit de multiples relances, y compris par huissier, ont préféré aller sur place et demander des explications à Jacques Tillier. Ce dernier, après hésitation et un certain « affolement » a accepté de recevoir dans son bureau, en présence de son directeur général adjoint, de son directeur de la rédaction et de « deux vigiles planqués pas très loin », une délégation de sept salariés de l’AURAR pendant que les autres attendaient en bas de l’immeuble Cadjee, à l’extérieur.

La délégation était composée de : mme Sorlier (déléguée CGTR), Marie-Jo Lebeau-Meziani (déléguée CFTC), Stéphane Godron (secrétaire du comité d’entreprise), Gladys Aracot (trésorière du CE), Clélie Adame (cadre en charge des soins), Caprice Rodrigues (membre du CE, ancien de la CFDT) et de Henrico Ichane (représentant du CODIR et de l’Association des patients).

«La rencontre a très mal démarré », raconte un des membres de la délégation. Qui ajoute : « Monsieur Tillier a refusé de nous recevoir seul. On pensait que, comme on suppose qu’il écrit ses éditos seul, qu’il allait donc nous recevoir comme un grand, mais il voulait absolument être assisté. Un peu comme s’il avait peur. Il était tout rouge et il tremblait visiblement ».

 

« Arrêtez de nous salir ! »

 

La déléguée syndicale de la CFTC prend le relais de son collègue : « on a vu alors débarqué dans son bureau le directeur général adjoint et le directeur de la rédaction. Il y avait aussi des vigiles pas loin. Nous avons d’emblée dit au directeur général du JIR d’arrêter de nous salir, d’arrêter de jeter le discrédit sur les employés de l’AURAR, sur notre établissement et sur notre directrice générale Mme Won-Fah-Hin. Monsieur Tillier a commencé par violemment taper du poing sur la table en criant qu’il n’était pas impressionné par nous. Henrico Ichane lui a aussitôt répondu qu’il n’était pas non plus impressionné par lui ».

La déléguée syndicale de la CGTR explique à son tour : « s’en est suivie une rapide discussion sur les personnes handicapées entre le directeur général du JIR et Henrico Ichane. Monsieur Tillier s’est alors brusquement précipité vers son interlocuteur et l’a saisi par la chemise. Mme Lebeau-Meziani ainsi que d’autres collègues sont immédiatement intervenus avant que les deux hommes n’en viennent aux mains. La discussion a pu se dérouler ensuite normalement ». A tour de rôle, les membres de la délégation ont pris la parole pour expliquer au directeur général du JIR « qu’avec des ladilafé qu’il étale dans son journal tous les samedis matin sur l’AURAR, il jetait le discrédit sur notre outil de travail et le mettait par conséquent en péril. On lui a donc demandé de vérifier ses sources avant de raconter des ragots sur notre établissement qui fait vivre 269 personnes à la Réunion ». Et Mme Sorlier de poursuivre : « monsieur Tillier nous a dit que le fonctionnement de l’AURAR le dérangeait et qu’il voulait la tête de Mme Won-Fah-Hin. Il nous a même dit qu’il pouvait venir la remplacer pendant 2 ans en faisant du bénévolat ». De façon unanime, les sept membres de la délégation ont souhaité « faire comprendre » au directeur général du JIR « que si l’AURAR était vraiment tel qu’il le décrit tous les samedis matins dans ses écrits, la Haute Autorité de Santé aurait depuis longtemps fait fermer l’établissement. Or, les différents audits régulièrement demandés par le comité d’entreprise témoignent d’une bonne politique sociale au sein de l’AURAR et ont toujours conclu à une bonne gestion financière malgré une baisse tarifaire de la T2A (tarification à l’activité ). A aucun moment, ni les experts désignés par le CE, ni les experts comptables de l’AURAR, ni le commissaire aux comptes, ni les élus CFDT n’ont fait valoir a minima un droit d’alerte économique. N’en déplaise à Monsieur le directeur général, il n’y a rien à se mettre sous la dent du côté de l’AURAR ».

 

« Qui en veut à Mme Won-Fah-Hin ? »

 

Les membres de la délégation souhaitent par ailleurs que le directeur général du JIR « arrête de nous dénigrer et de dénigrer notre outil de travail. En notre qualité de représentants du personnel, en notre qualité d’être humains, d’hommes, de femmes, d’époux, d’épouses, de pères et de mères, nous voulons nous opposer à toute forme d’atteinte à la dignité humaine au regard des caricatures et des propos insultants utilisés par l’éditorialiste du JIR ». Les membres de la délégation qui ne comprennent pas cet « acharnement » sur Mme Won-Fah-Hin et sur l’AURAR, s’interrogent à haute voix : « le directeur général du JIR serait-il téléguidé par quelqu’un ou une collectivité pour des raisons qu’on ne maîtrise pas ? En voudrait-t-il à Mme Won-Fah-Hin parce que cette dernière, élue conseillère régionale du LPA, est une proche de Thierry Robert qui, lui-même est un adversaire politique du président de la Région dont on sait que le JIR, d’une certaine manière, en dépend financièrement ? Pourquoi Monsieur Tillier demande-t-il dans ses écrits à ce que l’AURAR soit placé sous tutelle ? Qui l’AURAR, établissement certifié et reconnu par la Haute Autorité de Santé, dérangerait-il à ce point ? A qui cette campagne de dénigrement peut-elle bien profiter ? En voudrait-on à l’AURAR parce qu’en matière de dialyse, et grâce à son professionnalisme, il a toujours su s’imposer localement au détriment de ses principaux concurrents ? En voudrait-on à l’AURAR parce qu’il s’est positionné récemment sur le marché très courtisé du Pôle sanitaire Ouest et que, par tous les moyens, on souhaiterait de façon mafieuse l’éliminer de la compétition ? ».

Les membres de la délégation expliquent « qu’il n’y a rien de nouveau dans ce dossier, que Tillier ne fait que reprendre les mêmes éléments pour lesquels le JIR a déjà été condamné en mars 2008 par la Cour de Cassation avec injonction de publier cette condamnation dans le journal dans un délai de cinq jours suivant le jugement sous peine de se voir appliquer une amende de 1000 euros par jour. Le JIR n’a jamais rien publié à ce sujet. Nous avons compté. Au jour d’aujourd’hui, le Journal devrait à l’AURAR près de 2,7 millions d’euros ».

Mis en cause nommément à plusieurs reprises dans les éditos du samedi, Yanice Merlo, responsable juridique de l’AURAR a demandé lui aussi a être reçu par le directeur général du JIR, en même temps que les sept membres de la délégation, hier matin. Ce dernier a refusé, expliquant qu’il allait s’entretenir avec lui «entre hommes et pas devant témoins». La rencontre est prévue ce matin à 9h30. Enfin, les salariés de l’AURAR rappellent que la directrice générale de l’établissement a porté plainte pour diffamation contre le directeur général du JIR, qu’une autre plainte a été déposée « pour non publication de droit de réponse » et qu’une plainte en diffamation sera également déposée contre Mr Tillier par Yanice Merlo. A suivre !

Y.M.

([email protected])

 

Poster un Commentaire

11 Commentaires sur "Quand les employés de l’AURAR déboulent au JIR, par Yves Mont-Rouge"

avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
KUNTA KINTé
Invité
KUNTA KINTé

C’est du jacques Tillier tout craché avec un stylo mais pour le reste il a toujours eu besoin de protection .

L’ombre de jacques Mesrine ne devait pas être très loin

HIHIHIHIhihihi !!!

amoinmemsa
Invité
amoinmemsa

je comprend pas la, pourquoi ces les syndicats de la CGTR et CFTC quitte leur lieu de travaille pour défendre leur directrice il touche des dessous de table ou ils aime bien leur directrice
par rapport a moi je déteste les patrons qui a buse sur les profit des salariés pour leur remplir les poches
Tillier avait raison de ce faire assisté connaissant des syndicats patronal

Democratie
Invité
Democratie

Bien dit

Payet
Invité
Payet

Inquiète pas Tillier et cadjee zot camarade Didier i vient à zot secours zot i pourra continuer à déroulent à zot sur pierre ou Jacques en ce qui concerne les problèmes des reunnionais zot va continuer à faire zot des sous

Noé97418
Invité
Noé97418

p’têt que le jir va nous ressortir l’edito de Tillier qui moucatait victoria, la reine maire, mort de trouille quand il est allé à la rencontre de k-niard avec des émeutes au soudron. ca lui réveillera la plume.

virédesonposte
Invité
virédesonposte

merci yves pour ce cr trés précis! c comme si tu étais! moi, je pense que si tillier voulait se faire assister ct pour avoir des témoins en cas de dérapage!!!!!

Democratie
Invité
Democratie

C exactement sa comme si il était

DD
Invité
DD
Mais expliquez moi un peu, qui était à la place de Tillier et qui a perdu sa place? et qui doit être déçu de ne pas être sponsorisé par la région? n’est ce pas Mr Yves Montrouge!!! manipulateur!!!! Pour les salariés de l’Aurar c’est quand même bizarre que vous défendiez votre patronne? sauf si les gens sur la photo alors qu’ils sont 269 ont quelques choses à gagner? il n’y a pas ces noms (de la délégation) dans l’article de Tillier… Le délégué syndicale qui passe de Agent a expert juridique c’est quand même bizarre, soit il recrute très haut… Lire la suite »
Ale
Invité
Ale

Un bon diabète bien gras lui ferait le plus grand bien à ce jaques …

AURAR est sûrement la cible de un ou deux mal o ki qui veulent moudre son maïs….

Le diabète est porteur à la réunion c’est une réalité .

Être sur un créneau porteur à la run sans payer de taxe politico-fiducaire c’est très dangetreux.
Mais tout ce meurt, patience.

contribuable
Invité
contribuable

Qu’en est il de la problématique de la quantité de sucre dans les yaourts; dans les boissons sucrée… par rapport à la métropole?
au lieu de dire: « le diabète est porteur à la réunion » de telle paroles me donnent envie de vomir.
Pourquoi ne pas l’égaliser le zamal pendant qu’on y est?
Tous des pompes à fric voila ce que vous êtes.

Nico
Invité
Nico
J’ai rien à voir avec toute cette histoire, je croyais EN Tillier dure comme fer, jusqu’au jour où il a raconté des balivernes sur quelqu’un que je côtoie tous les jours et depuis ça et encore mieux, je ne le crois plus du tout. Je ne sais pas d’où il a sorti ses sornettes mais, ce que je peux l’affirmer c’est que Tillier que je ne connais pas se fout bien de la tête des personnes qu’il en veut. Il mériterait que tout le monde qu’il traîne dans la boue fait comme cette équipe. Bravo à vous, chapeau bien bas,… Lire la suite »