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Quel devenir pour nos gramounes en perte d’autonomie ?

dans Courriers des lecteurs

La situation est grave et il apparait que les pouvoirs publics sont désemparés mais peu prolixes sur la question. En effet, le vieillissement s’accélère sur notre île ce qui serait plutôt une bonne nouvelle si celui-ci s’accompagnait d’une bonne santé.

En positif,  il y a les nombreux « clubs 3è âge » qui permettent à bon nombre d’entre nos Anciens de préserver un minimum de lien social grâce à des activités occupationnelles et une activité physique intéressante liée aux repas dansant. Mais que se passe t’il quand ils rencontrent un jour des difficultés à voir et à marcher ?

Ils ne peuvent alors plus se rendre dans les clubs car la conduite automobile leur est déconseillée et restent donc constamment chez eux à côté de leur poste de radio ou de télévision. Les visites-même de leurs proches- se raréfient avec le temps, et il ne leur reste plus que le passage- éclair de l’auxiliaire de vie et de l’infirmière en journée… Les soirées sont longues et les nuits interminables souvent accompagnées de peur et de pensées dépressives.

Ca y’est le mot est lâché : « dépression » L’enquête « gramounes care » sur 800 patients réunionnais démontre que près de la moitié de nos gramounes sont dépressifs car en grande solitude. Quoi de surprenant quand on est comme en prison à tourner en rond entre ses quatre murs ?

Faute de visites et d’amis, on déprime. L’absence totale d’activité physique affaiblit parallèlement la santé : finies les marches, la natation, le yoga…pourtant si utiles quand on est en bonne santé. Bonjour l’arthrose (faute d’exercice), le surpoids (compensation logique) avec les problèmes cardiaques, le diabète et le cholestérol qui vont avec… Déprime et absence totale d’activité physique accélèrent alors considérablement le vieillissement et l’entrée inexorable dans la dépendance.

A l’heure où l’ « Agence Régionale de Santé » préconise faute de moyens financiers le maintien à domicile des personnes âgées, il est plus que temps de s’interroger sur les solutions à mettre en œuvre pour retarder et accompagner la perte d’autonomie et là tout le monde est concerné…

Les enfants qui visitent de moins en moins souvent et longtemps leurs « vieux » alors que c’est leur devoir moral de s’occuper à leur tour de ceux qui leur ont donné la vie et l’éducation. Comment est ce possible qu’à la Réunion, les finances publiques-donc notre argent- doivent se substituer à hauteur de 9 patients sur 10 (alors qu’il n’y en a que 2 sur 10 en métropole) aux enfants pour la prise en charge des Anciens en maison de retraite ? D’ailleurs l’A.R.S tire la sonnette d’alarme : on ne construira plus de maisons de retraite sauf privées pour les plus riches…Les enfants seront alors bien obligés de garder leurs « vieux » chez eux ou d’ouvrir leur porte-monnaie.

Certains clubs 3e âge pourraient organiser un système de co-voiturage au bénéfice de leurs Anciens en voie de dépendance pour leur permettre d’accéder comme avant à leurs activités hebdomadaires ou mensuelles le plus longtemps possible.

Les communes pourraient offrir ponctuellement leurs CASES et maisons de quartier à nos Anciens-sans oublier les handicapés- et pourquoi pas un minibus pour leur permette de profiter des activités encadrées par les associations. Or aujourd’hui, certaines communes réunionnaises refusent encore de le faire à moins qu’elles ne proposent leurs salles en location …à ceux qui peuvent payer !

L’Etat, lui, pourrait offrir une petite allocation –par exemple 400€- pour encourager les familles modestes à garder leurs « vieux » avec eux ou financer des auxiliaires de vie ou des étudiants des secteur sanitaire et social qui resteraient chez nos gramounes isolés en soirée et la nuit pour leur bien-être et leur sécurité, permettant à ceux-ci d’être hébergés près de leur école.

Face à ce triste constat, notre association « gramounes isolés »(tel 0262 582 581, site :patricelouaisel.wix.com/sosgramounesisoles) essaye à son tout petit niveau d’oeuvrer sur le terrain pour retarder l’entrée en EHPAD ou en maison de retraite : accueil (noel, fête des mères dans les familles), visites hebdomadaires, sorties mensuelles, conversation téléphonique, co-habitation solidaire. Elle a constamment besoin de bénévoles pour accompagner nos Anciens mais aussi de l’aide bien modeste –et pas seulement financière-des particuliers, associations, et surtout des communes et des pouvoirs publics (prêt de CASES ou de salles une fois/mois, de minibus..)

Plus largement, elle aimerait que les institutions se préoccupent davantage du phénomène de la perte d’autonomie…Et pourquoi pas commencer par un colloque universitaire sur la question pour lancer des solutions et des partenariats ?

Patrice Louaisel

Psychologue

Président de « SOS Gramounes isolés »

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1 Commentaire sur "Quel devenir pour nos gramounes en perte d’autonomie ?"

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NICOLE
Invité
NICOLE

la Région et le Département peuvent faire des efforts au niveau finance. Il faut contacter la sénatrice MME DINDAR qui a toujours apporter son aide aux personnes âgées. Bravo et bonne continuation et lache pas le morceau comme dit créole. Nicole

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