Robert-Virapoullé : l’amour lé doux !

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Parc du Colosse, vendredi dernier, pose de la première pierre pour le réaménagement du site qui, d’ici à un an, devra complètement « faire peau neuve » comme l’annonce le dossier de presse. 17,4 millions d’euros dont 11 millions mis au pot par la Région, investis dans ce vaste projet pour faire de ce site de Saint-André un « fleuron touristique » de La Réunion avec bassin de baignade où Jean-Paul Virapoullé, Didier Robert et même la nouvelle sous-préfette de Saint-Benoit, Véronique Beuve, ont promis d’y revenir l’année prochaine avec leur maillot de bain pour y faire trempette. Faudra pas non plus oublier la bouée ! Nous vous en avions déjà longuement parlé sur notre site depuis vendredi dernier. Mais ce que nous ne vous avions pas expliqué, c’est le pourquoi de ce nouveau coup de foudre, de ce rapprochement politique électoralement stratégique entre le maire de Saint-André et le président de Région qui, pour les non initiés à la chose politique, pourrait être déstabilisant. Mais rassurez-vous, il n’y a rien d’extraordinaire, rien de bien surprenant. Ce n’est que de la politique. Et en politique, rien n’est jamais figé. Il arrive souvent que l’on s’invective, que l’on se crêpe le chignon, que l’on se déteste même parfois en cassant la vaisselle, mais l’on finit toujours par se rabibocher autour d’une table (ou d’une grosse subvention), un peu comme le font les amants au lit, après un bon reso. On y revient dans un instant sur cette histoire d’amour politique qui renaît de plus belle entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé, lesquels ont exprimé leurs sentiments au grand jour en présence de nombreux témoins, vendredi dernier, au parc du Colosse où il ne manquait plus que Rocaya, la pétillante animatrice de « l’amour lé doux » sur Réunion La 1ère.

PNF et élus ripoux : des têtes vont tomber ?

 On y reviendra. Priorité au PNF car ce n’est pas tous les jours que La Réunion accueille la « super procureure » de France, celle qui, dit-on, fait trembler les élus ripoux depuis qu’elle a été installée à la tête de ce parquet financier par l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira. Eliane Houlette, c’est son nom, est procureure du Parquet national financier de Paris (PNF). Elle est restée deux jours dans l’île, à l’invitation de Denis Chausserie-Laprée, procureur général de la Cour d’appel de Saint-Denis. Et à en croire ce dernier, la chasse aux élus ripoux à La Réunion va (enfin) être ouverte. On imagine donc que des têtes vont tomber d’autant que, tant le PNF, que les parquets de Saint-Denis et de Saint-Pierre enquêtent depuis quelques temps déjà sur certains dossiers. Lors de la conférence de presse tenue, vendredi dernier, à la Cour d’appel de Saint-Denis, en présence de Mme Houlette, Denis Chausserie-Laprée a annoncé « qu’à l’automne, un certain nombre de procédures vont déboucher sur des poursuites dans des affaires de non-respect d’utilisation des fonds publics et liées aux emplois publics dans des collectivités ».

A l’automne ? Ici, il y a l’été et l’hiver. L’hiver austral s’achève et l’été arrive à grands pas. Sans doute, le procureur général a-t-il voulu dire « automne métropolitain ». Si c’est le cas, certaines affaires devraient donc sortir avant le 21 décembre prochain, date de la fin de l’automne. Ou bien alors, a-t-il voulu plutôt parler de l’automne de l’année prochaine (2019) puisque, lors de cette même conférence de presse, vendredi, il a expliqué que l’objectif de la mise en place de l’organisation d’une nouvelle méthodologie de travail décidée sous la houlette de la procureure du PNF était justement de « pouvoir conduire les investigations dans un délai d’un an ». Autrement dit, en suivant le raisonnement logique du procureur général, l’opinion publique réunionnaise va enfin obtenir des réponses concernant l’un des tous premiers dossiers sur lequel s’est penché le PNF qui, rappelons-le, a été créé en janvier 2014. Et le premier dossier local qui a été pris en mains par les enquêteurs du Parquet national financier, c’est celui de la NRL (Nouvelle Route du Littoral) pour lequel, suite à une plainte déposée à Paris, une enquête a été ouverte en 2015. Trois ans déjà. Une enquête préliminaire conduite par le PNF pour « favoritisme, corruption et trafic d’influence sur les marchés de la NRL ». En octobre 2015, sous l’autorité du PNF, les gendarmes de La Réunion ont procédé à pas moins de 11 perquisitions à la Région, au domicile du président de Région à la Montagne (Saint-Denis), dans les locaux de l’entreprise SBTPC, chez plusieurs conseillers régionaux (Dominique Fournel, Jean-Louis Lagourgue…) ainsi que chez des collaborateurs du président de Région.

En mai 2016, de nouvelles perquisitions ont eu lieu chez des proches de l’exécutif régional, comme au domicile de son épouse dans les hauts de Saint-Paul, comme l’avait relaté la presse. Le directeur de cabinet de la Région avait également été entendu. Le 27 septembre 2016, les gendarmes sont restés quasiment une journée à la pyramide inversée avant de repartir avec quelques cartons remplis de dossiers.

En juin 2017, les enquêteurs du PNF sont venus dans l’île. A la caserne de gendarmerie de Vérines à Saint-Denis, ils ont auditionné élus et administratifs de la Région ainsi que des chefs d’entreprises sur l’attribution des marchés de la NRL au groupement Vinci/Bouygues et GTOI/SBTPC pour un montant s’élevant à environ 1,6 milliard d’euros. Depuis ces auditions, plus rien. Plus aucune nouvelle du PNF, jusqu’à l’arrivée, vendredi dernier, de sa patronne dans le département. Les choses devraient s’accélérer à présent, non pas spécialement sur le dossier de la NRL, mais sur tous les dossiers qui font l’objet d’une enquête menée par ou sous l’autorité des fins limiers du PNF.

A noter qu’en avril dernier, toujours sous l’autorité du PNF, les gendarmes de La Réunion avaient aussi perquisitionné la villa de Nassimah Dindar, ex-présidente du Département (2004-2018) et actuelle sénatrice, élue en septembre 2017. Les enquêteurs cherchent entre autres à savoir qui a financé réellement les travaux de ladite villa située dans le bas de la Rivière, à Saint-Denis. Une villa qui aurait coûté 130 000 euros. Mais pour l’instant sur ces deux dossiers (NRL, villa de Nassimah Dindar), l’enquête n’a pas été bouclée. D’autres dossiers auraient faire également l’objet d’une enquête menée sous l’autorité du PNF. Il s’agit du « Superbe » projet hôtelier franco-chinois à Saint-Philippe et celui de l’Eco-cité de Cambaie à Saint-Paul.

Mais Eliane Houlette et Denis Chausserie-Laprée n’ont rien dévoilé vendredi soir. Ils ont, en revanche, laissé entendre que les signalements de la Chambre régionale des comptes étaient au nombre de 11, ce qui est énorme par rapport, semble-t-il, à la moyenne métropolitaine. Mais bon, à en croire Mme Houlette et Mr Chausserie-Laprée, la justice dira, d’ici à un an au plus tard, s’il y a eu ou non magouille, corruption et autre carabistouille du genre dans certaines affaires locales dont la plus ancienne d’entre elles en terme de délai d’enquête (menée par le PNF) est bien celle dite de « la NRL » (3 ans). Une NRL qui, faut-il le rappeler, est considérée comme « la priorité de l’Etat », comme ne cesse de le marteler le Président de la République à chacune de ses interventions concernant La Réunion. Une telle déclaration émanant du chef de l’Etat pourrait-elle avoir une quelconque influence sur une enquête judiciaire en cours ? Je voulais poser la question à Mme Houlette, mais nos temps de parole étaient très limités. Laissons donc la justice faire son travail ! Ce qu’il faudra encore retenir de la conférence de presse de la patronne du PNF et du procureur général de La Réunion, c’est que la justice a bien l’intention de traquer les délinquants en col blanc qui séviraient dans nos collectivités; La justice ne désespère pas d’en finir avec ces élus ou administratifs qui auraient tendance à confondre parfois l’argent des contribuables avec leur argent personnel.

La population ne peut évidemment que se féliciter de cette détermination de la justice à remettre un peu d’ordre dans les finances publiques locales. Il serait temps en effet de mettre fin à certaines pratiques dans nos collectivités : emplois fictifs, chauffeurs payés à plus de 5000 euros avec logement de fonction, subventions versées aux associations ou aux entreprises « amies », cabinet pléthorique de collaborateurs dont certains cumulent emploi avec indemnités d’élus quand ils ne gèrent pas tout simplement une entreprise enregistrée sous le nom de leur épouse… Croisons les doigts pour que la justice (PNF et parquets locaux) puisse aller jusqu’au bout de son « opération mains propres » ou de son action de salubrité publique pour une meilleure utilisation de l’argent de nos impôts! Croisons les doigts et ne nous désespérons pas car, nous (une grande partie de l’opinion publique) avons quand même le sentiment, qu’il est plus facile pour la justice de « coffrer » un voleur de poules, un planteur de zamal ou même un chef d’entreprise qui aurait abusé de son propre argent, qu’un élu magouilleur !

« Ce n’est plus d’l’amour, c’est de la rage ! »

Revenons donc à l’idylle « colossienne » entre les deux édiles que sont Jean-Paul Virapoullé, le « dinosaure » et Didier Robert le « jeune pousse » de la politique locale. Attention, « jeune pousse » n’a rien de péjoratif. Tout est relatif. « Jeune pousse » par rapport à un « monstre sacré » de la politique qu’est Jean-Paul Virapoullé. Mais ne perdons pas de vue non plus que Didier Robert en a fait une bouffée, par deux fois, d’un autre « monstre sacré » de la politique, à savoir feu Paul Vergès qu’il avait battu aux législatives de 2007 dans la 3ème circonscription, puis aux régionales de 2010.

Il n’y a pas à dire. Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé ont visiblement enterré la hache de guerre. Comme en avril dernier à la mairie de Saint-André, lors de la signature de la convention entre la Cirest et Sophia Antipolis, en présence de Cyrille Melchior, Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé se sont de nouveau regardés avec les yeux de Chimène, vendredi dernier, à Colosse lors de la pose d’une pierre valant 17,4 millions d’euros.

Le maire de Saint-André a longuement salué son « ami » Didier Robert le qualifiant de « locomotive » en matière de développement de La Réunion. A son tour le président de Région a couvert d’éloges son interlocuteur en déclarant : « tu fais partie mon cher Jean-Paul de ces responsables politiques à La Réunion qui font tout pour aller de l’avant en poussant à chaque fois des portes nouvelles ». Didier Robert a même promis à Virapoullé d’amener, dans un an, ses amis du Tampon se baigner avec leur maillot de bain au parc du Colosse à Saint-André. « Plus besoin d’aller à Saint-Pierre pour se baigner », a-t-il. Saint-Pierre, commune de Michel Fontaine. « Il y a une vraie implication de la Région à Saint-André », a encore insisté Didier Robert dont la collectivité soutient de nombreux gros dossiers de développement et d’aménagement dans cette commune de l’Est.

Comment expliquer ce « rétropédalage » politique de Didier Robert ? Rappelez-vous de l’après 18 décembre 2017, suite à l’élection de Cyrille Melchior à la tête du Département contre Jean-Claude Lacouture, candidat soutenu par Didier Robert. Dès le 18 décembre, en soirée, Didier Robert s’était fâché tout rouge : « je ne peux plus siéger dans le même parti que Michel Fontaine » (Zinfos 974). Puis, arrive le 11 janvier, jour de l’inauguration de la permanence électorale de Nathalie Bassire au Tampon où Didier Robert va se lâcher en stigmatisant Jean-Paul Virapoullé et Michel Fontaine, les « auteurs de la trahison ». Sur une vidéo qui disparaîtra très vite des réseaux sociaux, le président d’Objectif Réunion dira : « il faut arrêter de nourrir les traitres ». En d’autres termes, la Région cessera de financer les projets initiés dans les communes gérées par « les traitres ». Le même président de Région déclarait encore : « il faut mettre dehors les dinosaures ». Dans la foulée, il avait retiré ses délégations à Jean-Paul Virapoullé, nommé Sylvie Moutoucomoapoullé, une élue de la majorité municipale de Saint-André vice-présidente de la Région, et consolidé Jean-Gaël Anda (En Marche) dans son rôle d’opposant à Saint-Pierre. Il disait encore de Michel Fontaine que « sa vie politique a toujours été une vie politique de trahison ».

En février dernier, animant une réunion d’Objectif Réunion Route de Salazie dans la commune de Saint-André, à la veille de la pose de la première pierre de la station de potabilisation de l’eau à Dioré où il avait envoyé Sylvie Moutoucomorapoullé pour représenter la Région, Didier Robert n’a pas manqué, devant des militants, de critiquer vertement Virapoullé et la politique de ce dernier.

Depuis, les mois ont passé, et sa vision semble avoir changé concernant le maire de Saint-André qui, lui, est resté constant dans sa posture, même au plus fort de l’humiliation publique qu’il a subie lorsqu’il a été « viré » de la vice-présidence de la Région et qu’il s’était fait retirer ses délégations (Finances et Europe). « J’ai été élu sur une liste d’union de la droite en 2015 à la Région aux côtés du président Didier Robert, j’y resterai jusqu’à la fin de mon mandat, fidèle à ma parole et à l’engagement que j’ai pris devant la population de Saint-André et celle de la Réunion ». Avec ou sans délégation. Jean-Paul Virapoullé a alors assisté aux vœux de bonne année du président de Région en janvier, assisté à toutes les sessions plénières et voté avec la majorité régionale au MOCA, démontrant ainsi que ce n’est pas parce que son fils Jean-Marie a voté avec Cyrille Melchior, élu de droite, au Département, qu’il était pour autant un « traitre ». Pas plus que Jean-Louis Lagourgue, maire de Sainte-Marie, dont le fils Rémy a, lui aussi, fait le choix de Cyrille Melchior au conseil départemental. Jean-Louis Lagourgue, conseiller régional, est toujours resté fidèle à la majorité régionale, donc à Didier Robert. Ce dernier, bien que manifestement un tantinet impulsif, a mis, depuis, de l’eau dans son vin en regardant l’avenir avec beaucoup plus de philosophie.

Sans doute s’est-il dit, par calculs politiques dans la perspective des régionales de 2021, qu’il ne pouvait tout de même pas se fâcher avec tous les « dinosaures » de La Réunion ! Raison pour laquelle, mettant un galet sur son cœur, il a renoué des relations politiques beaucoup plus sereines et paisibles avec Jean-Louis Lagourgue en prenant tout récemment l’engagement de soutenir Rémy, le fils, aux municipales de 2020 à Sainte-Marie. Des relations plus sereines également avec Joseph Sinimalé à Saint-Paul même si Sandra, la fille de ce dernier, « roule » ouvertement pour Thierry Robert. Des relations plus apaisées enfin avec Jean-Paul Virapoullé, en comprenant au passage que, arrivés à un certain âge, les enfants, « fils et filles de », ne sont plus au garde-à-vous de leur papa. Ils sont libres de leur mouvement, de leur choix et ils n’obéissent plus le petit doigt sur la couture du pantalon. En clair, en votant Cyrille Melchior au Département, Rémy Lagourgue et Jean-Marie Virapoullé, ont voté à droite, en ne trahissant aucunement la plateforme éponyme. Et, ce faisant, leur papa n’a jamais trahi non plus ladite plateforme au niveau de la Région. Tout cela pour dire que, face à ces « dinosaures » de la politique locale (Lagourgue, Sinimalé, Virapoullé) Didier Robert est revenu à de meilleurs sentiments. Cela ne l’empêche pas pour autant d’entretenir directement ou indirectement de bonnes relations avec Gérald Maillot, président de la Cinor et futur candidat aux municipales à Sainte-Marie, avec également Eric Fruteau, l’ancien maire communiste de Saint-André (2008-2014), professionnellement basé aujourd’hui en métropole et qui fait tout pour obtenir sa mutation en 2019 à La Réunion afin de pouvoir se repositionner en 2020 à Saint-André.

« Une liste conduite par Michel Fontaine aux régionales de 2021 ? »

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que, politiquement, Virapoullé a autant besoin de Didier Robert que Didier Robert de Virapoullé. Virapoullé, 75 ans, a besoin des subventions de la Région pour développer sa commune et « installer » son fils à la tête de la mairie. Didier Robert a besoin de « l’aura » et de l’expérience virapoulléennes à Saint-André pour les régionales de 2021. Il sait aussi que Virapoullé ne porte pas spécialement Michel Fontaine dans son cœur. Le maire de Saint-André n’a pas oublié le coup de Trafalgar que le maire de Saint-Pierre lui a fait aux régionales de 2010, puis aux sénatoriales de septembre 2011, lorsque Fontaine-Robert étaient cul et chemise.

Didier Robert sait encore que, face à lui, en 2021, il va retrouver le duo Bello-Bareigts à gauche mais également une liste que pourrait conduire – pourquoi pas ? – Michel Fontaine avec le soutien d’une partie de la droite et du centre anti-Didier Robert. Aussi, pour ne pas être complètement « cannibalisé » dans trois ans par tous les « dinosaures », il préfère publiquement en « nourrir » certains d’entre eux en finançant leurs projets de développement au nom de « la cohérence des politiques publiques » et dans « l’intérêt général » parce que, comme il l’a souligné, vendredi dernier à Colosse, il veut que La Réunion devienne « un territoire de sérénité, de tolérance, d’acceptation de l’autre ».

Très beau discours. Sincèrement. Jean-Paul Virapoullé, presqu’ému, et se mettant debout, a d’ailleurs demandé à l’assistance d’applaudir vivement le président de Région. Jean-Marie Virapoullé, 1er vice-président du Département, a insisté : « Jean-Paul est l’ami de tout le monde, de Didier, de Cyrille… La Région et le Département doivent travailler ensemble pour développer La Réunion. C’est cette union qui fait notre force ».

« Tolérance », a dit Didier Robert. Ayant un petit doute, je n’ai pu m’empêcher de consulter les dictionnaires pour connaître la définition exacte de ce mot. J’en ai trouvé deux. La première, c’est : « attitude de quelqu’un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres » (Larousse). La deuxième : « fait de respecter la liberté, les opinions, l’attitude… d’autrui ». (l’Internaute).

Pour la petite histoire, Free Dom et moi, votre serviteur, avons comparu devant le tribunal de grande instance (TGI) de Saint-Denis jeudi dernier où nous sommes restés quasiment toute une matinée. Via son avocat Me Creissen, le président de Région demande à la justice d’interdire, pendant 3 mois ( !), à Free Dom et à moi même d’écrire sur son action politique. L’affaire a été mise en délibérée. Jugement le 20 septembre prochain. C’est la troisième fois que Free Dom et moi, nous, nous retrouvons devant le tribunal en un an, attaqués en justice par le président de Région. Et ce n’est pas fini, car Free Dom et moi sommes de nouveau convoqués par un juge d’instruction début octobre suite à une quatrième plainte de la Région. Nous vous en reparlerons après le jugement. Vivement que La Réunion devienne « un territoire de sérénité et, surtout, de tolérance » !

« En créole, on appelle ça un « gros foutan » ! »

Quelques petites nouvelles pour finir. Huguette Bello et Ericka Bareigts, les deux députées, ont été relaxées vendredi par le tribunal de Saint-Denis, qui avait été saisi par la Région pour « faits de violation de domicile par chargé de mission de service public ». En réalité, les deux parlementaires avaient poussé la porte d’entrée du Conservatoire régional de musique, le 3 mars dernier, à Saint-Paul pour crier leur mécontentement. Ce bâtiment avait été initialement prévu pour abriter une Médiathèque, Cimendef. La Région avait entre autres demandé leur inéligibilité. Rien que ça ! Verdict du tribunal : relaxe pour Ericka Bareigts et Huguette Bello. Le président du tribunal a même précisé : « ce type d’affaire ne se résout pas dans les prétoires mais dans les urnes ». En créole on appelle ça un « gros foutan». Ça sonne comme une claque derrière les oreilles. Et, cela veut dire que la justice a d’autre chose à faire que de régler les petits caprices de nos élus.

Un mot sur la législative partielle dans la 7e circonscription. La campagne bat son plein. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, Jean-Luc Poudroux, soutenu par Objectif Réunion, a demandé par mail le soutien de « Les Républicains » qu’il a, tout compte fait, obtenu mardi dernier. Mais, bizarrement, il ne s’en est pas vanté. Pas même sur sa page Facebook. On retiendra malgré tout que Poudroux sera soutenu par Didier Robert et Michel Fontaine. Par les maires de droite de l’Ouest aussi (à l’exception de Patrick Malet, Saint-Louis) qui ont fait une brève apparition à ses côtés au tout début du lancement de la campagne électorale. Il est dit aussi que Joseph Sinimalé le soutient, le jour, et soutient Pierrick Robert, le frère de Thierry Robert, la nuit, ménageant ainsi la chèvre et le chou afin de ne pas se mettre à dos le président de Région (et les subventions régionales) et de ne pas froisser l’ancien député de la 7e circonscription, qui est toujours conseiller communautaire, et qui pourrait bien lui créer la vie difficile au TCO.

Je termine avec le « plan pauvreté » d’Emmanuel Macron. J’ai beaucoup lu sur le sujet depuis jeudi mais j’ai surtout retenu le résumé fait un éminent sociologue au plan national : « le président de la République demande beaucoup à ceux qui ont peu ». Il ne se passe pas un jour sans qu’un auditeur ou une auditrice n’appelle radio Free Dom pour se plaindre de la réduction de son pouvoir d’achat : petite retraite à la baisse, diminution de l’APL pour étudiants, disparition de l’allocation logement, suppression des contrats aidés. D’où ma question : qu’est-ce qu’Emmanuel Macron connaît de la misère ?

On le croyait chef d’Etat. Mais depuis hier, il s’est transformé en magicien : « je traverse la rue, je vous trouve un emploi », a-t-il dit à un jeune chômeur rencontré dans les jardins de l’Elysée à l’occasion des journées du patrimoine. Si en traversant la rue il peut trouver un emploi, combien pourrait-il en trouver en traversant une mer (la Méditerranée) et un océan (Indien) en venant à La Réunion ? Vivement sa venue car à lui seul il pourrait résoudre le problème de notre chômage endémique dans l’île, en se passant des services de Pôle Emploi. Elle est pas belle la vie avec Macron !

Y.M.

([email protected])

 

 

 

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13 Commentaires sur "Robert-Virapoullé : l’amour lé doux !"

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Filiao Philippe
Invité
Filiao Philippe

Où est l’edito du 10/09/18?

KUNTA Kinté
Invité
KUNTA Kinté

A lire cet édito , que des ploucs , ces élus du 19e siècle !
Ils se trahissent , s’enfoncent jusqu’à la garde après . Qui comprenne que pourra …

noé
Invité
noé

L’amour en politique faut-il y croire ??? « Je t’aime , moi non plus! »

eric
Invité
eric

Aucune image de ce projet de plusieurs millions… C’est la première fois que l’on voit ça. Sommes-nous en France ? Et puis, cette ville si moche, ne mérite pas qu’on s’intéresse au Colosse. Il y a tant à faire ailleurs, dans la ville, en priorité.

Jeanne-Paula
Invité
Jeanne-Paula

Pas de travail. La délinquance qui n’arrête pas de grandir. Un rénovation du centre ville y ressemb pa rien. Allez ! Met le paquet su Colosse !!! Oté Vira. 40 ans ou dirige Saint-André. A cause la ville la i ressemble pa rien. Pourtant ou sa va en France, partout dans le monde et ou fait pas rien de sérieux pour out ville. Fait un bon zafair Oté ! Arrête la politique la pacotille là siouplait. Apres 40 ans out bilan lé nul. Ou gain change ça encore si ou arrêt fait la m….

Labibine
Invité
Labibine

D ‘ici la , Il coupera deux ou trois rubans pour bouche les yeux du Saint Andréen

Daniella
Invité
Daniella

A l’époque 17 millions avaient été donnés pour rénover la Maison Valiamée…. Je me souviens… Les rénovations à Saint-André, on connaît hein…

La danse du ventre
Invité
Les RÉUNIONNAIS aiment beaucoup le cirque . Chaque année il y en a un qui s’installe dans l’île . Le monde politique n’est pas en reste en proposant un spectacle permanent . On s’insulte , on s’ invective , on se traite de noms de poissons ( macro ou morue ) mais on finit par s’embrasser . Au cirque , il y a 2 clowns : le clown blanc , fier , intelligent , autoritaire , qui n’hesite pas à punir . Il y a aussi un clown au visage multicolore , au costume bariolé , facétieux , plein de… Lire la suite »
Chrétienne
Invité
Chrétienne

Rien pour la Salle Jeanne-D’arc ?? Et les alentours de l’église qui ressemble à une ville fantôme ? Rien pour l’église de Champ Borne en ruines ? Et les 300 000 euros récoltés pour refaire l’église de chemin du centre ? C’est passé où ? Et l’église de Ravine creuse qui ressemble à un dépôt de munitions ? L’église de Dioré qui ressemble un ti case miséreux que même l’évêque n’a jamais mis le pied dedans. A Bras-Panon Gonthier a mis la main à la poche. A Saint-André on fait quoi ? Ou est passé l’argent ?

Yannick
Invité
Yannick

Je ne suis pas d’accord avec cette photo monsieur MontRouge. Didier Robert n’a même pas eu le temps de faire son sourire Obama. Il sourit toujours sur ses photos. Là on ne voit même pas une seule dent dehors !!!!!!!!! Heureusement que Corinne a quitté Sainte-Marie pour revenir à la Région. Elle va vous botter les fesses avec cette photo de lui !!!!!

moi
Invité
moi

Edito du lundi quel plaisir. Merci,ne vous laissez pas intimider

THOR
Invité
THOR

Band’ rigolos….le peuple y souffre mais eux y fanfaronnent ! y font n’importa quoi avec l’argent de ceux qui travaillent dur et qui paient zimpos, va falloir foutre tout cela dehors un jour ! quand la Réunion va se réveiller ce sera com volcan qui pète…..

macac
Invité
macac

lé normale zote la mange massa lé cabri ensemble