Saint-Benoit : Jean-Claude Fruteau, le retour

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En fait, il n’était jamais parti, mais depuis ces dernières années, sans doute pris par ses fonctions nationales de député, le maire de Saint-Benoit (PS), en poste depuis 1983 dans la cité des eaux vives, avait pas mal délégué et ne se manifestait plus vraiment sur le devant de la scène communale. Très en retrait de la vie publique municipale, ou « très discret », Jean-Claude Fruteau n’était donc plus visible, ni audible aux yeux de ses administrés.

Mais de plus en plus attaqué ces derniers temps sur sa gestion par un de ses anciens adjoints, l’avocat Patrice Selly, aujourd’hui passé dans l’opposition, et n’étant plus parlementaire, Jean-Claude Fruteau, après une longue absence, a déclaré, hier soir, lors d’une conférence de presse, qu’il était bien le seul maître à bord du bateau bénédictin, accompagné de son équipe d’élus et d’administratifs. Et il a mis les points sur les « i » concernant les critiques de son adversaire, en insistant également sur le fait qu’il n’avait jamais perdu son objectif principal, à savoir s’occuper de sa commune, « ma mission première ».

Jean-Claude Fruteau a aussi rappelé « pour ceux qui l’auraient oublié » qu’il était le maire de Saint-Benoit, « le seul » pour l’instant et qu’il comptait bien y rester « au moins jusqu’en 2020 », jusqu’à la fin de son mandat. « Pour le reste, on verra après. A chaque jour, suffit sa peine. Chaque chose en son temps, même s’il y en a qui confondent vitesse et précipitation et qui semblent être pressés d’occuper une certaine place ». En tout cas, face à la presse, hier soir, dans le salon d’honneur de la mairie de Saint-Benoit, en présence de son équipe municipale et de ses cadres administratifs, Jean-Claude Fruteau a commencé par ces mots, qui justifient bien un retour : « très content de vous retrouver, ça fait longtemps ». Ça fait un bail, en effet. Mais le maire de Saint-Benoit a redit tout le « plaisir » qu’il a et qu’il a toujours eu depuis son élection en 1983, à « gérer » cette commune de l’Est, même s’il est vrai que « les choses changent, qu’elles se compliquent en raison notamment des réductions budgétaires, telle que celles des dotations de l’Etat ».

La conférence de presse d’hier soir s’est voulue rassurante pour les administrés. Et le maire a tenu à répondre point par point à toutes les polémiques que « prennent plaisir certains à propager en toute malhonnêteté » aussi bien dans les journaux que sur les réseaux sociaux.

  • Concernant la situation financière : « Toutes les collectivités locales, tous les établissements publics, sans exception, fonctionnent de la même façon. Ils ont recours à trois sources de fonctionnement : fonds propres, subventions ou emprunts. Nous avons emprunté en 2016 trois millions d’euros avec la Caisse de dépôts et l’AFD. Il n’y a rien d’anormal. Actuellement nous sommes en négociation pour un volume d’emprunt de 4 millions d’euros. Depuis que je suis maire, Saint-Benoit, à l’instar des autres communes, a fait des emprunts. C’est plutôt une bonne chose qu’une mauvaise. Il ne s’agit pas là, comme certains veulent le faire croire, de la démarche d’un désespéré. En Fonctionnement, Saint-Benoit doit faire face depuis environ 4 ans à la baisse des dotations de l’Etat. C’est cela qui explique quelques difficultés que nous rencontrons et notamment le déficit du budget de Fonctionnement. Mais qu’on se rassure, tout est mis en œuvre pour une gestion rigoureuse ».
  • Les impôts: « Nous avons eu une légère augmentation des taxes locales et nous l’assumons. Depuis 1983, ça doit être la quatrième fois que nous augmentons les impôts. Ce n’est pas une décision facile à prendre mais quand il faut la prendre, nous l’assumons et nous l’expliquons à la population. Cette légère hausse des impôts va rapporter 600 000 euros de recettes à la commune. Par ailleurs, nous avons baissé le budget de tous les services de la commune, nous n’avons pas augmenté le nombre de contrats aidés. Je rappelle que la ville de Saint-Benoit prend en charge une partie de la mutuelle des employés communaux, que nous sommes la seule à avoir accordé la prime Cospar et une prime ancienneté après 57 ans de service. Aurait-il fallu enlever des avantages aux employés dont le pouvoir d’achat est déjà très faible ? Aurait-il fallu procéder à un vaste plan de licenciement économique ? Est-ce qu’il aurait fallu supprimer les emplois aidés ? »
  • Contrats aidés : répondant aux critiques de Patrice Selly, mais en ayant pris soins de ne pas le nommer, pas même une seule fois durant la conférence de presse, Jean-Claude Fruteau a expliqué : « la ville a transféré les contrats aidés opérant dans les écoles communales sur le budget de la caisse des écoles dans le cadre d’une convention signée en 2016. A la fin de l’échéance, compte-tenu la période de carence de 6 mois, nous avons versé les allocations aux titulaires de ces contrats aidés… Je suis évidemment pour une gestion concertée des emplois aidés avec Pôle Emploi ».
  • Investissements: « de 2008 à 2014, nous avons été la seule commune à avoir investi plus de 100 millions d’euros. Aujourd’hui nous en sommes à environ 60 millions d’euros. Nous avons réalisé 3 écoles. Nous livrerons bientôt la piscine de la Gare, le parking Alexis de Villeneuve. Nous procéderons à la réhabilitation et à l’extension du théâtre des Bambous, qui a pris un peu de temps, je le reconnais. Nous procéderons également à la réhabilitation-extension de la caserne de gendarmerie de Beaulieu, qui appartient à la commune. Les travaux commenceront début 2018. La commune a engagé d’autres travaux sur réseau d’eau potable afin de contribuer à une meilleure qualité de l’eau. Il y aussi l’aménagement du front de mer. Sur ce dossier précisément, l’Etat nous a versé 5% d’une subvention qui s’élève à 864 000 euros. Pour le reste de la somme, nous n’avons reçu aucun paiement. Les 820 000 restants sont toujours dans les caisses de l’Etat. Même un juriste peu avisé connaît les règles de versement d’une subvention », ironise Jean-Claude Fruteau. Rappelons que Patrice Selly est avocat. « Nous ne pouvons donc pas aller au bal avec cet argent ».
  • Vidéo-protection : « Il n’y a pas de quoi attraper la gratelle. Les choses suivent leur cours. La consultation a été lancée pour l’installation de la vidéo-protection. C’est engagé ».
  • Restauration scolaire : « non, contrairement à ce qu’avance un élu de l’opposition, le Conseil d’Etat n’a jamais annulé la délégation de service public. Il y a une procédure actuellement sur ce dossier, mais cela se passe au niveau de la Cour d’appel de Bordeaux… Vous savez, il ne faut pas raconter n’importe quoi. Le Droit est une matière qui ne supporte aucun à peu près… Je fais ce que je peux et mon objectif premier est de fournir les repas aux enfants de Saint-Benoit. Il y a des procédures en cours, je ne vais donc pas m’étendre sur ce sujet pour l’instant, mais je répondrai en temps voulu ».
  • Fermeture du magasin « Adam et Eve » : « je ne suis pour rien dans la fermeture d’un commerce privé. Il s’agit d’un contentieux privé entre un locataire et son propriétaire. D’ailleurs, à la place de l’ancienne enseigne, il y en a une autre. Mais je ne pourrai pas vous en dire plus car la commune n’a pas pour mission de s’immiscer dans des affaires privées ».
  • Municipales de 2020 : « je dirai à la population, quelques mois avant l’échéance, ce que je ferai. Pour l’instant, place au travail avec mes équipes pour le bien-être des administrés Saint-Benoit »
  • Sénatoriales du 24 septembre prochain : « je n’ai pas encore choisi le candidat de gauche que je vais soutenir. Je laisse libre choix aux élus de mon conseil municipal qui sont de… grands électeurs » (sourire dans la salle)

Pour conclure, Jean-Claude Fruteau a balayé d’un revers de mains toutes les polémiques en rappelant que « la commune n’est pas dans l’impasse ». Avant de préciser avec insistance : « Je suis toujours là avec mon équipe, avec toutes les bonnes volontés qui veulent travailler pour Saint-Benoit. La commune n’est pas et n’a jamais été abandonnée. La situation n’est pas aussi catastrophique que certains, sans doute par méconnaissance du fonctionnement d’une municipalité, veulent bien le faire croire par des prétendues révélations qui ne sont qu’un coup d’épée dans l’eau ».

Y.M.

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9 Commentaires

  1. Même si le travail a été (bien) fait pendant tout ce temps, trois ans de bouderie c’est très long… Qui qu’il en soit on jugera sur les résultats qui seront bons je l’espère et je n’en doute pas d’ailleurs.

  2. Bof. Perso en tant que benetictin je n attend rien de bien.

    Quand je vois l etat de ma commune j ai mal. De plus les responsables de certaine cyber base et autre locaux qui ne sont pas qualifié dans le domaine concerné…
    Encore du vent de promis.

  3.  » Municipales de 2020 :  » je dirai à la population, quelques mois avant l’échéance, ce que je ferai.  » Fort possible que Saint Benoît dit non sans regret !

  4. bof.foutage de gueule.il ne fait rien pour nous.il dit qu’il n’est pas responsable de la fermeture d’adam et eve soite, mais tout les autres magasins qui ferme a qui la faute??? a nous bénédictins peut-être? l’état des routes de st benoit a qui la faute? ? au voiture surement. la qualité de l’eau dans notre ville,surtout a l’abondance la ou j’habite mais pas que la a qui la faute??? surement a cause dieu qui ne nous donne pas de l’eau potable.MDR faut arrêté mr fruteau et en 2020 laisser la place aux autres qui ne seront peut-être pas a la hauteur mais aux moins eux ils auront essayé. a bon entendeur slt et vive st benoit mais sans la direction actuelle.

  5. Bonjour,Monsieur le maire.
    Tout d’abord je voulais dire à la population de st Benoît. Si st Benoît à perdues ces couleurs extérieurs c’est pas la faute du maire,se que j’ai vu le maire a donné pas mal d’associations le feu vert pour mettre de la couleurs dans chaque coins des cartiers de st Benoît . Qu’est qui c’est passé mauvaises gestions des associations manque d’idée ,les associations fermes les cartiers dégrades les jeunes plonges dans l’alcool ,les cartiers perdent de la couleurs Après ils où elles disent c’est là faute du maire. Ils faut arrêter je suis bien placé pour le dire j’étais président de l’association le ludoparc nous avons fait un travail formidable sur le site le ludoparc et c’est pas fini il y a encore des couleurs qui va venir pour l’avenir. Arrête dit st Benoît les morts de ma part c’est la faute des enciers qui était à la tête des associations ils où elles on trichés,volés. Ne viens pas dire que monsieur le maire n’a rien fait dans sa ville.

  6. Laissez nous rire ! Les vacances de fruteau se sont bien passées car il revient en forme et à l’attaque, mais le fond et la forme restent pareils, des gesticulations dans le vent.
    St Benoît est une ville morte, et ça ne date pas d’hier. Le bilan est déjà fait. Et le suivant aura beau avoir de la volonté, le mal est déjà fait et il faudra bcp de tps pour redonner un nouveau souffle à cette commune et sa population.
    Oui nou lė couillon mé créole na son degré et y fé lontem ke missier fruto la fin refroidi, la suite de sa retraite sur la côte d’Azur fera du bien à tt le monde

  7. errare humanum est, perseverare diabolicum…
    Faute avouée à moitié pardonnée mais continuer de faire croire que tout va bien alors que ça n’est pas le cas, i fé peur!
    Monsieur le Maire, vous l’agrégé en Lettres, êtes loin de ce que vous étiez…
    La parole donnée est déjà fondamentale: vous aviez promis de rencontrer la population, d’être présent pour elle, de rencontrer régulièrement les agents, un 13ème mois, un palais des sports.
    Il y a des abus: embauches des enfants, des nièces, des frères et soeurs des élus et cela au nez des familles nécessiteuses qui courent après un petit contrat. Il y a du harcèlement moral, des agressions physiques et verbales, de l’insécurité, une détérioration des conditions de travail, des besoins en travaux dans toute la ville, tout tombe en ruine.
    Errare humanum est, perseverare diabolicum

  8. Texte intégral Conseil d’État, 7ème – 2ème chambres réunies, 24/05/2017, 407213

    Vu la procédure suivante :
    Les dispositions du 1° de l’article 30 du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics définissent de manière exhaustive les conditions dans lesquelles une personne publique peut, en cas d’urgence, conclure un nouveau marché public, notamment à titre provisoire, sans respecter au préalable les règles de publicité prescrites.,,,2) Convention conclue du fait de la résiliation, à compter du 1er décembre 2016, du contrat relatif à la gestion du service de restauration municipale conclu le 8 janvier 2014, prononcée par le tribunal administratif dans un jugement du 31 mars 2016 qui a fait l’objet d’une ordonnance rectificative le 13 juin 2016, en raison de la méconnaissance, par la commune, de ses obligations de publicité et de mise en concurrence.,,,La commune, qui a fait appel de ce jugement, n’a pris aucune initiative en vue de lancer une nouvelle procédure de délégation du service public et a conclu le 18 novembre, sans mesure de publicité et de mise en concurrence, une convention de gestion provisoire avec une société, approuvée par une délibération du 25 novembre 2016. Dans ces conditions, la commune n’est pas fondée à soutenir qu’elle était placée dans une situation d’urgence impérieuse résultant de circonstances imprévisibles et extérieures à l’acheteur, au sens de l’article 30 du décret du 25 mars 2016. En outre, par sa durée de quatorze mois, la convention excède ce qui est strictement nécessaire pour faire face à la situation d’urgence alléguée.

    La société Régal des Iles a saisi le juge des référés du tribunal administratif de la Réunion d’une demande tendant, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, à l’annulation, sur le fondement de l’article L. 551-1 du code de justice administrative, de la procédure de passation de la convention pour la gestion provisoire du service public de restauration municipale lancée par la commune de Saint-Benoît et à la reprise intégrale de la procédure et, à titre subsidiaire, à l’annulation, sur le fondement de l’article L. 551-13 du même code, de cette convention et à ce qu’il soit ordonné à la commune soit de reprendre le service en régie, soit de reprendre intégralement le processus d’attribution de la convention portant sur l’exploitation du service de restauration municipale dans des conditions conformes aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

    Par une ordonnance n° 1601218 du 9 janvier 2017, le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande.

    Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et deux autres mémoires, enregistrés les 26 janvier, 10 février, 17 février et 5 mai 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Régal des Iles demande au Conseil d’Etat :

    1°) d’annuler cette ordonnance en tant qu’elle a rejeté ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 551-13 du code de justice administrative ;

    2°) réglant l’affaire en référé, de faire droit à ces conclusions ;

    3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Benoît la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

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