Saison cyclonique : entre 7 et 10 tempêtes et cyclones attendus

dans Actualités/Infos Réunion

Selon le scénario le plus probable, l’activité de la prochaine saison cyclonique s’annonce plutôt inférieure à la normale, ou proche de la normale, sur l’ensemble du bassin cyclonique du Sud-Ouest de l’océan Indien. Concrètement, on estime avec une probabilité de 70% que la saison connaisse entre 7 et 10 systèmes (tempêtes et cyclones), dont la moitié (entre 3 et 5) pourrait atteindre le stade de cyclone tropical.  Il apparaît également vraisemblable que cette activité cyclonique se concentre plutôt dans la moitié Ouest du bassin, où se trouvent l’essentiel des terres habitées.

Nous estimons que, pour la saison cyclonique 2017-2018, il y a une probabilité de 50% de connaître une activité inférieure à la normale, une probabilité de 40% pour que l’activité
cyclonique soit proche de la normale et une probabilité de seulement 10% de connaître une saison finalement plus active que la normale. En terme de nombre total de systèmes (tempêtes et cyclones), on estime, avec une probabilité de 70 %, que celui-ci devrait être compris entre 7 et 10, dont la moitié (ratio climatologique) pourrait atteindre le stade de cyclone tropical (soit entre 3 et 5). On rappelle que la valeur climatologique du nombre de systèmes par saison est à 10 sur le Sud-Ouest de l’océan Indien. Dans un contexte météorologique attendu globalement sec et peu favorable à l’activité cyclonique sur la moitié Est du bassin mais plus propice à l’activité perturbée sur la moitié Ouest (celle qui contient les terres habitées), on peut s’attendre à une activité cyclonique qui devrait être préférentiellement localisée sur la moitié Ouest du bassin au détriment de la moitié Est.

Les trajectoires devraient être majoritairement de type parabolique (déplacement initial vers l’ouest puis recourbement graduel vers le sud puis le sud-est). Une tendance plus méridienne (trajectoire orientée vers le sud) est possible pour les systèmes se développant sur l’extrême Ouest de l’océan Indien ou le canal du Mozambique.

Nous insistons sur le fait que ces prévisions ne présagent rien de l’impact éventuel d’un cyclone sur un territoire particulier de la zone. Parce qu’il suffit d’un seul système pour
connaître un impact pouvant être catastrophique, même une saison peu active peut être source de dégâts majeurs. Il convient donc de mettre en œuvre dès à présent et comme chaque année, les précautions d’usage de début de saison cyclonique.

Contexte de grande échelle attendu sur le bassin pour l’été 2017-2018.

A l’échelle du globe, un épisode La Niña pourrait se développer dans la Pacifique équatorial d’ici la fin d’année 2017 – début d’année 2018 (60 à 70 % de probabilité de développement environ). Le consensus des prévisions actuelles table pour un événement plutôt faible et de courte durée, qui devrait avoir un impact plus ou moins limité sur le climat à l’échelle du globe. Si La Niña se traduit habituellement sur notre zone par des alizés plus forts que la normale durant l’été austral et des vents d’Ouest équatoriaux plus forts sur la partie centrale et Est de l’océan Indien, le phénomène attendu cette année, de par son ampleur limitée, ne devrait pas être le moteur principal des conditions de grande échelle attendues au cours de l’été prochain sur l’océan Indien Sud.

L’été dernier a été marqué par un épisode très positif du dipôle subtropical de l’océan Indien (SIOD en acronyme anglais pour Subtropical Indian Ocean Dipole), caractérisé par des eaux plus chaudes que la normale sur l’océan Indien subtropical Ouest et des eaux plus fraîches sur la partie subtropicale Est (cf. image du haut de la figure ci-dessous). Depuis, la configuration des températures de la mer a sensiblement évolué avec notamment un décalage vers le nord- est des eaux anormalement chaudes initialement présentes sur l’extrême Ouest de l’océan Indien subtropical (région du Sud du canal du Mozambique) vers la zone des Mascareignes.

Selon les éléments de prévision disponibles qui sont assez concordants, il apparaît que la
configuration actuelle devrait rester plus ou moins en l’état tout au long de l’été prochain. En terme d’oscillation subtropicale, même si le SIOD restera positif dans une telle configuration (mais sensiblement moins positif que l’année dernière), le décalage des anomalies de températures de la mer par rapport à l’été dernier devrait aussi s’accompagner de conditions atmosphériques sensiblement différentes cette année (pour mémoire, l’été 2016-2017 avait été caractérisé par des conditions durablement sèches sur une grande partie de l’océan Indien tropical avec un impact inhibant sur l’activité cyclonique). On peut donc s’attendre aux conditions atmosphériques de grande échelle suivantes sur le bassin :
– Des conditions anormalement sèches sur la moitié Est du bassin (à l’Est de 70°E) en liaison avec des températures de la mer plus fraîches et des alizés anormalement forts remontant même régulièrement assez Nord au sein du domaine tropical. Il est probable que la Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT2) y soit moins active et reste positionnée plus au nord que la normale.
– Des conditions plus humides que la normale sur la moitié Ouest du bassin (à l’Ouest de
70°E) au sein de pressions environnementales basses, d’un flux de mousson bien établi
(notamment sur la moitié nord du canal) et pouvant même descendre de façon durable assez sud jusqu’au niveau des Mascareignes. La ZCIT devrait donc être plus active sur cette moitié Ouest du bassin et également potentiellement localisée plus Sud que la normale. Les terres habitées de la zone allant des côtes Est africaines (notamment Nord-Mozambique, Tanzanie) jusqu’aux îles des Mascareignes en passant par Madagascar et l’archipel des Comores, peuvent ainsi s’attendre à une saison chaude plus pluvieuse qu’à l’accoutumée, accompagnée d’un risque accru de fortes pluies.

L’activité cyclonique devrait également refléter cette dichotomie Est-Ouest avec des
développements privilégiés sur la moitié Ouest, c’est à dire à relative proximité des terres
habitées. La présence de conditions plutôt inhibantes sur la moitié Est devrait contribuer au démarrage plus tardif de la saison car c’est habituellement dans ce secteur que prennent naissance les premiers systèmes de la saison. Le démarrage de la saison pourrait être tributaire de l’établissement du flux de mousson sur la partie Ouest du bassin (traditionnellement courant décembre).

Eléments méthodologiques

La présente prévision est basée sur une approche statistico-dynamique qui a permis, dans un premier temps et sur une période d’apprentissage de plusieurs saisons cycloniques, d’identifier les modes de variabilité de certains paramètres de grande échelle (températures de surface de la mer, composante zonale du vent à environ 1500 m d’altitude et composante zonale du vent en haute altitude) les mieux corrélés aux paramètres descriptifs de l’activité d’une saison cyclonique (nombre de phénomènes, nombre de jours de tempêtes et cyclones, …, anomalie de longitude de genèse, anomalies zonale et méridienne de déplacement).

Dans un second temps, nous avons utilisé les prévisions ensemblistes des modèles de climat français et européen en nous appuyant sur les paramètres prévus de grande échelle cités précédemment, afin de déterminer les paramètres prévus de l’activité cyclonique de la prochaine saison, par utilisation des relations statistiques établies lors de la période d’apprentissage. L’évaluation de la qualité de ce modèle pour chacun des paramètres de grande échelle mis en entrée sur les saisons précédentes, montre que ses performances sont les meilleures en utilisant la température de surface de la mer (paramètre le mieux prévu par les modèles de climat), la composante zonale du vent à 1500 m et – mais dans une moindre mesure – la composante zonale du vent en très haute altitude.

Cette prévision a aussi été comparée à l’approche dynamique qui consiste « à compter » directement le nombre et la répartition géographique des phénomènes cycloniques simulés par le modèle de climat du Centre européen. Les résultats de l’approche directe sont globalement concordants avec l’approche statistico-dynamique.

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1 Commentaire

  1. On peut toujours tergiverser, tirer des conclusions, analyser, la Nature seule décide, donc cette longue explication dont je ne mets pas en doute son auteur, n’est pas des plus utiles….Qui vivra verra non? ou pas..

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