Sénatoriales/VIDEO : les grands enfants gâtés de la droite locale (by Yves Mont Rouge)

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Plus que jamais, les sénatoriales restent une grosse partie de poker menteur où les uns font monter les enchères pour obtenir au final ce qu’ils désirent. Entre mensonges et bluff, chantage et menaces, ils finissent après s’être détestés provisoirement, par se retrouver, par se rabibaucher autour d’une table (de conférence de presse en l’occurrence), un peu comme le font les amants au lit. Avec en toile de fond de cette épisodique guéguerre de personnes, de cette querelle de clochers, de cette lutte d’influence, de cette bataille de leadership politique, toujours le même intérêt : l’obtention du « gros-gâteau-la-crème » du pouvoir et de l’argent.

Attention, il ne faut jamais se fier aux apparences en politique. Vous verrez dans les journaux de demain, dans les JT ce soir, sur les sites internet dès cet après-midi et sur les réseaux sociaux de belles photos de famille, de la grande famille retrouvée de la droite unie, de la fameuse plateforme avec Nassimah Dindar, Jean-Louis Lagourgue, Michel Fontaine et Didier Robert bras dessus-bras dessous. Vous les verrez afficher leur plus beau sourire en tranches papayes. Vous les entendrez aussi soutenir d’une voix quasi solennelle de grands messages d’union. Mais les images sont souvent trompeuses en politique. La réalité est toute autre dans les coulisses. Il faut gratter sous le vernis et regarder derrière les dents blanches pour savoir que tout n’est pas aussi écarlate qu’on le croit.

Que s’est-il passé à droite durant ces derniers jours ?

Comment en est-on arriver finalement à une liste d’union ? Comment Nassimah Dindar a-t-elle pu s’imposer comme tête de liste ? Pourquoi Didier Robert a accepté que Jean-Louis Lagourgue soit en seconde position sur la liste unie ? Pourquoi Michel Fontaine et Nassimah Dindar ont tout compte fait opté pour la stratégie de la plateforme au détriment d’une liste d’ouverture avec le centre de Thierry Robert et d’André Thien Ah-Koon ? Retour sur trois semaines d’un conflit inutile, qui n’était autre qu’un gros caprice d’enfants gâtés qui ne parvenaient pas, ou qui ne faisaient pas l’effort de communiquer entre eux en toute transparence car toujours persuadés – sans doute à raison d’ailleurs – que les uns et les autres, bien qu’alliés de la plateforme, voulaient malgré tout se planter mutuellement des couteaux dans le dos. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, ça fonctionne souvent comme ça en politique où il existe une sorte de paranoïa permanente, où la méfiance règne et où les clans se font (et se défont) très vite au gré des campagnes électorales à mener et des postes ou des mandats à pourvoir. Et il faut savoir qu’au sein d’une même majorité, les élus se déplacent toujours avec un œil devant, un œil derrière. Celui de devant pour contourner les peaux de banane qui pourrait être placées sur le chemin par les copains et celui de derrière pour veiller à tout éventuel coup de poignard pouvant être donné par les amis. Voilà pour le décor.

« Gros ker la levé »

Les sénatoriales à droite (et à gauche aussi) s’inscrivent dans ce cadre là. A droite précisément, deux stratégies se sont opposées. Celle défendue par Nassimah Dindar et Michel Fontaine. Et celle menée par Didier Robert. N’ayant pas de nouvelles de Didier Robert, la présidente de l’UDI et le président de « LR » (Les Républicains) se sont vus à plusieurs reprises, ont même déjeuné ensemble à Paris pour discuter des élections du 24 septembre prochain. Ils ont eu écho que Didier Robert avait déjà enclenché la machine électorale pour Jean-Louis Lagourgue en envoyant ses « hommes » (certains diront les membres de son cabinet) sur le terrain afin de mener campagne en faveur du maire de Sainte-Marie encarté à son mouvement politique « Objectif Réunion ». Une attitude qui, visiblement, a irrité Nassimah Dindar et Michel Fontaine, d’autant que ce dernier, en tant que patron des « LR » à la Réunion a été désigné par le parti national pour constituer la liste de droite. D’autant également qu’il aurait été convenu depuis des lustres que la tête de liste revienne à Nassimah Dindar.

Dans chaque camp de cette même majorité, « gros ker la levé », comme dit créole. Dans l’entourage de la présidente du conseil départemental et du maire de Saint-Pierre, on explique que « Didier Robert ne peut pas vouloir tout régenter » et que « ce n’est pas parce qu’il détient le chéquier qu’il doit se croire investi de tous les pouvoirs ». Alors que le président de Région, également président d’Objectif Réunion reste sur sa lancée en activant, via ses collaborateurs, la campagne pour Lagourgue, Nassimah Dindar et Michel Fontaine, quant à eux, accélèrent leur stratégie d’ouverture au centre en essayant de constituer une liste UDI-LR et en rassemblant pour ce faire autour d’une même table, lors d’une réunion dans l’Ouest, Joseph Sinimalé et le LPA Thierry Robert. La présidente de l’UDI 974 qui n’est pas née de la dernière pluie en politique est une « élue transversale » formée, ce fut un temps, à l’école de Paul Vergès, sans compter qu’elle est toujours une grande admiratrice de Jean-Paul Virapoullé tout en ayant une grande affection pour son ancien professeur Jean-Claude Fruteau (au lycée de Saint-Benoit). Elle est bien avec quasiment tout le monde, de la droite à la gauche en passant par le centre et même par l’extrême gauche. Nassimah Dindar estime qu’il ne faudrait pas s’enfermer dans une majorité droite-droite et que c’est LE moment d’ouvrir au centre (y compris au centre gauche), avec des élus comme Thierry Robert, André Thien-Ah-Koon (un coup Macron, un coup anti-Macron), des élus qui ne savent plus où ils habitent sur l’échiquier politique locale car quelque peu « déboussolés » par la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle. Laquelle victoire a généré, au-delà des extrêmes (droite et gauche) relativement puissantes car en constante progression et d’une opposition gouvernementale de droite (LR et modérés) toujours très réactive, un gros « ventre mou » sur lequel il faudrait mettre la main. A 57 ans, Nassimah Dindar n’a pas du tout l’intention d’être le « béni oui-oui » de Didier Robert et de quiconque d’ailleurs. Elle a des velléités : sénatoriales bien sûr, mais pourquoi pas plus tard ministre d’un gouvernement (pas forcément celui d’Edouard Philippe) ou voire même présidente de Région, après 2021 ?

« Didier Robert, l’homme qui pèse 3 milliards d’euros »

D’où son idée de constituer une liste avec en deuxième position Michel Dennemont et des élus « LR », avec aussi le soutien de Saint-Paul où Joseph Sinimalé réclame la présidence du conseil départemental pour Cyrille Melchior, du Tampon et d’autres communes de l’île.

Mais alors, quid de la plateforme de la droite et de la majorité au conseil régional ? Comment faire équipe avec le maire des Avirons (LPA) en sachant pertinemment que c’est un opposant de Didier Robert à la Région ? Comment s’allier avec Thierry Robert, président du LPA et ancien « Macroniste patenté » en sachant que c’est l’adversaire numéro un du patron de la pyramide inversée ? Comment Michel Fontaine, le big boss de « LR » aurait-il pu cautionner une liste où « Les Républicains » n’arriverait qu’en troisième position ? Tout cela serait perçu comme une véritable déclaration de guerre. Si Nassimah Dindar devait persister dans ce schéma, elle aurait fatalement porté la responsabilité de la désunion de la droite et d’une possible explosion de la majorité régionale. A-t-elle les moyens de prendre de tels risques à l’heure où la droite détient quasiment tous les principaux pouvoirs à la Réunion (Région, Département, Université, CHU, CDG, Chambre de commerce, Chambre des métiers, Chambre d’Agriculture etc…) ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Les méninges ont travaillé et les alliés de la plateforme ont intégré le fait que Didier Robert n’est pas non plus un néophyte en politique et qu’il détient le précieux sésame qu’est le pouvoir financier, c’est-à-dire le chéquier. Ses alliés ne le cachent pas à droite : « Didier Robert est financièrement parlant l’homme le plus puissant actuellement à la Réunion ». A lui tout seul (avec les fonds européens), il pèse plus de 3 milliards d’euros. Pour parler de façon triviale, il a le pouvoir d’aider ou « d’enterrer » une commune. Or, par les temps qui courent, où les dotations de l’Etat se réduisent comme peau de chagrin, nombreuses sont les communes ou autres associations para-communales (et même des entreprises !!!) qui comptent énormément sur la perfusion régionale pour survivre. En un mot, pour ne pas « crever ». Alors, qui peut prétendre avoir réellement les reins solides pour « titiller » le président de Région ? Que celui qui n’a pas peur lève le doigt ?

A l’inverse, Didier Robert sait aussi que sans Michel Fontaine (Saint-Pierre), sans Nassimah Dindar, sans Jean-Paul Virapoullé (Saint-André), sans Joseph Sinimalé (Saint-Paul) et sans certains autres maires (petits, moyens et grands), il n’aurait jamais décroché le « trône » régional car ne disposant pas de bases électorales ? En dépit donc des velléités des uns et des autres, la droite a compris qu’elle était condamnée à s’entendre. Pour son bien et celui de toutes celles et tous ceux qui composent la plateforme et pour pouvoir mener à bien les grands projets aussi bien départementaux que régionaux. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ! »… Voilà pourquoi, après avoir « pété » un coup de travers et fait chacun de son côté un petit « caca nerveux » tout est finalement rentré dans l’ordre, après une première discussion intervenue sous la pluie, sur un terre-plein devant la préfecture, jeudi dernier suite au dîner républicain, entre Nassimah Dindar, Michel Fontaine et Didier Robert ainsi qu’après la longue réunion d’avant-hier soir à l’hôtel Saint-Michel (comme Fontaine !) à Saint-Gilles, entre les mêmes interlocuteurs rejoints cette fois ci par Jean-Louis Lagourgue, Jean-Paul Virapoullé et Joseph Sinimalé. Une réunion semblable à une sorte de thérapie collective lors de laquelle « recadrages » divers et mises au point post-législatives auront permis aux élus présents de se « dégommer » en famille avant de s’assurer que personne ne fera de petit dans le dos de l’autre, avant de se soulager aussi la conscience et de se re-faire confiance… le temps des sénatoriales. Embrassons-nous Folleville ! A l’image de la conférence de presse qui s’est tenue à 14h30, à l’hôtel Bellepierre à Saint-Denis, on peut donc dire que la droite est de nouveau unie… Jusqu’à la prochaine élection ? Tout ça pour ça !

Y.M.

5 Commentaires

  1. La Droite ultra n’a pas encore gagné , toujours les mêmes veulent le gâteau avec du sucre

    C’est à vomir

    Au fait où est passé Jean Jacques MOREL ?
    Si vous le voyez qu’il se manifeste …

  2. toujours les memes tetes a se representer ,ils ne font rien de rien a chaque election ,que des belles paroles ,je vais faire ci ,faire ca pour les reunionnais surtout Mme dindar ,ces politiciens jamais condamnes toujours en cassation ou reporter leur affaire au moins 20 fois devant le tribunal mais si c’etait un ptit kreol pauvre ,tout de suite LA PRISON ,que des menteurs ces politiciens ils pensent a leurs poches VOTER de nos jours ca ne sert plus a RIEN ILS NE FONT RIEN ces gros politiciens a la REUNION quand zot i mange caviar ,nou kreol mange crevette la riviere toujours pou voler

  3. Et Si le parquet financier y débarque avant comment y fé? Tillier la fine annoncé la fin de LAGOURGUE Samedi dernier dans son édito. Y rebatte les cartes avec une nouvelle liste au dernier moment ho ho ho

  4. Aujourd’hui,cette élection sénatoriales ressemblent à une mascarade . A l’heure où tout le monde prône le renouvellement politique,que voyons nous ! Encore et encore et encore ces derniers dinosaures de la politique réunionnaise. Comment voulez-vous que la population croyent encore aux politiciens. Cela deviens de plus en plus difficile.
    Aujourd’hui on on constate que encore une fois il n’y aura aucun élu de Droite dans l’EST éligible dans cette sénatoriale, et on la on nous prône l’unité ? Que pense Virapoulé au fond de lui-même, lui trahi par Didier Robert lors des dernières sénatoriales ? Tiens t’il pas là aujourd’hui une revanche ? Que va t’il dire vraiment à sa base ? Tel est la question. Surtout avec le projet du port dans l’ESt qui n’avance pas.
    Je pense qu’aujourd’hui rien n’est figée, il vas avoir des surprises à la fin.
    Les vrais petit arrangement commence déjà et cela n’est pas fini. Voilà la réalité . Seul l’avenir des urnes nous donnerons leurs verdicts bientôt.
    Didier Aroubani.

    • @ Didier Aroubani. , aux délégués de droit et supplémentaires de bouger leur popotin s’ils ne veulent pas subir comme d’ habitude .

      Dire que les isoloirs n’ont pas de caméra !!!

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