Un « pognon de dingue »… à la pharmacie du GHER de Saint-Benoit

dans Edito de Yves Montrouge/Politique

Commençons par une pensée pour nos lycéens qui planchent sur la philo à partir de ce matin dans le cadre des épreuves du Baccalauréat 2018. Pas évident en plein mondial de foot ! Quoi qu’on dise, le Bac reste un examen important. Sans ce précieux sésame, pas d’études supérieures. Et impossible alors de viser l’université et les grandes écoles. Donc, vous savez ce qui vous reste à faire durant ces quelques jours jeunes gens : va falloir cravacher pour obtenir ce passeport qui vous ouvrira les portes de l’avenir. Bon courage !

Avant de parler « pognon », deux petites infos qui concernent la presse locale : d’abord, la mise en demeure de l’association Rivière Saint-Louis qui gère RSL Radio, cette radio sur laquelle intervient deux fois par mois (les 1er et 3ème samedis) le député Thierry Robert (7ème circonscription) depuis septembre 2017. Il se paye en effet un passage sur les ondes de cette radio pour rester en contact avec la population. Il s’adonnait aussi à cet exercice, au départ, sur Kréol Fm, la radio de Thierry Araye, mais ce dernier, sans doute suite à des pressions financières, a dû arrêter net la collaboration avec l’ancien maire de Saint-Leu. Thierry Robert avait poursuivi alors son aventure radiophonique sur RSL Radio. Or, il y a quelques jours, le CSA est intervenu et a mis en demeure la petite radio du Sud qui ‘arrose » quand même une bonne partie de l’île. Le CSA qui ne voit pas du tout d’un bon œil cette « émission publicitaire à caractère politique » demande à l’association Rivière Saint-Louis de se conformer au plus vite à la loi du 30 septembre 1986 ainsi qu’à l’article 2-4 de la convention du 15 juin 2015. Autrement dit, Thierry Robert pourrait intervenir comme bon lui semble à l’antenne mais à condition de ne parler que du beau temps et des petits oiseaux. Pas de politique ! Rappelons que Thierry Robert finançait ses émissions radio avec ses propres deniers. Ce qui est assez bizarre dans l’histoire, c’est que quand c’est la mairie de Saint-Leu qui payait, il n’y avait pas de problème, mais quand c’est lui, le député, qui paye, ça pose manifestement un problème. De même, le CSA lui demande de modérer ses propos alors que la presse, une certaine presse du moins, consacre hebdomadairement des pages pour insulter et dénigrer physiquement et moralement – sans preuve aucune – des Réunionnaises et des Réunionnais, dans le cadre des règlements de compte flagrants. Ce qui est assez bizarre aussi, c’est qu’il y a des politiques qui, ouvertement, se payent sur des médias de la place (pas des petites radios libres du genre RSL), via la pub, donc avec l’argent des contribuables, des colonnes entières ou des minutes à n’en plus finir d’antenne pour faire leur propagande politique déguisée en parlant du développement de La Réunion. En clair, ce que le CSA demande à Thierry Robert, c’est de mettre face à lui, sur RSL Radio, un journaliste (ou un pseudo journaliste) pour faire semblant de jouer au contradicteur. Ce que font d’ailleurs certains politiques bien que lesdits « contradicteurs » ne les titillent quand même pas trop, sinon c’est une partie du budget PUB qui saute. Vive la liberté d’expression ! Vive la liberté de la presse !

Deuxième info concernant la presse : étant donné que mes petits camarades du JIR adorent parler de moi dans leurs pages « Kanyardages », (c’est plus de l’amour, c’est de la rage !), je renvoie à mon tour l’ascenseur lorsque l’occasion se présente. C’est le cas : le directeur du JIR Jacques Tillier et son journaliste Eric Lainé viennent d’être mis en examen pour diffamation publique envers la personne de Mme Mangrolia-Dindar Nassimah et ils comparaîtront prochainement en Correctionnelle. Dans ce dossier dit de « la case de Tatie Nassimah » et, plus précisément pour l’article intitulé « Nassimah Dindar au pied du mur » paru le 28 septembre 2017, notons que Mme Dindar est défendue par Me Jean-Michel Baloup, avocat inscrit au barreau de Paris. Et que le directeur de publication du JIR et son rédacteur sont défendus quant à eux, non pas par l’avocat habituel du JIR, à savoir Me Alain Rapady, mais par Me Philippe Creissen, l’ancien conseil de la mairie de Saint-Leu, du temps de Thierry Robert, qui bosse aujourd’hui pour la Région présidée par Didier Robert. Mais attention aux déductions hâtives messieurs, dames les internautes ! Je vous arrête tout de suite avant tout « ladilafé » potentiel. Evidemment que c’est le JIR qui paiera la facture !

Mobilité des fonctionnaires : des ministères hors-la-loi

Un dernier mot avant de parler « pognon » et de la pharmacie du GHER. J’ai vu passer cette semaine pas moins de deux communiqués du CREFOM sur la question des CIMM (centres des intérêts moraux et matériels) à propos de la mobilité des fonctionnaires. Le premier communiqué était signé du président national du CREFOM et le deuxième, de son secrétaire régional Richel Sacri. Mais les deux abondaient dans le même sens. Pour faire simple, il faut savoir qu’une loi a été promulguée le 28 février 2017 suivie d’une circulaire interministérielle datée du 1er mars 2017 afin de faciliter la mobilité des fonctionnaires ultramarins en tenant compte justement des CIMM. Outre le CREFOM, plusieurs parlementaires locaux sont récemment intervenus sur ce dossier. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi n’est toujours pas respectée par certains ministères tels que ceux de la Justice ou encore de l’Intérieur. En d’autres termes, et en ce qui concerne La Réunion, il y a de nombreux Réunionnais, notamment des agents pénitentiaires ou des fonctionnaires de police, qui attendent depuis des lustres dans le froid métropolitain leur mobilité sous le soleil de leur île natale. Sauf que, à chaque fois, à chaque vague de mutation, en raison du non-respect de la loi par leur propre ministère de tutelle, ils regardent passer sous leur nez leurs petits camarades de métropole trop contents d’être nommés sous les tropiques. Si rien n’est fait d’ici là, si les ministères concernés continuent à être hors-la loi en toute impunité, si nos politiques ne se bougent pas plus le popotin pour aller au-delà d’un petit communiqué de presse, ces Réunionnaises et Réunionnais, pères et mères de famille, qui sont en fonction dans les banlieues parisiennes depuis 8-12 et même 15 ans pour certains d’entre eux ne pourront jamais officier dans les futurs commissariats de police de Saint-André et autres communes de leur île. En somme, dans ce cas précis, le gouvernement vote des lois mais ne les applique pas. L’exemple vient toujours d’en haut !

9 millions de flacons de bicarbonate… et le « seigneur des anus »

J’en viens maintenant au « pognon de dingue » qui a fait le buzz la semaine dernière suite au tweet du président de la République. Rappelez-vous de la sortie cash d’Emmanuel Macron : « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas ». Ratenon a failli certes s’étrangler en buvant son café devant BFM TV. Mais sur le fond, le chef de l’Etat n’a pas entièrement tort. Il faudra bien qu’un jour, un président « couillu » accepte ou décide de s’attaquer au système social en France. De la même façon qu’il lui faudra aussi s’attaquer aux multiples et généreuses aides de l’Etat aux patrons destinées soit disant à créer des emplois alors que dans le même temps, à La Réunion, la courbe du chômage ne cesse d’augmenter. Plus l’Etat injecte un « pognon de dingue » dans les circuits des entreprises, plus celles ci se cassent la gueule (il n’y a qu’à voir le nombre de redressement ou de liquidation judiciaire) et plus le taux de chômage grimpe de façon exponentielle. Donc, Monsieur le Président, ce « pognon de dingue » comme vous le dites, il n’y a pas que les pauvres qu’il va falloir pister. Faudra aussi regarder un peu du côté du « premier monde ». Va falloir aussi regarder ce « pognon de dingue » que certains établissements publics ou certaines collectivités engloutissent dans des cocktails et des dépenses inutiles.

 

Un exemple parmi tant d’autres, sûrement : une commande de médicaments pour plus de 4 millions d’euros à la pharmacie du GHER (Groupe Hospitalier Est Réunion) à Saint-Benoît. Qui a bien pu signer une telle commande complètement farfelue ? Son nom et sa signature figurent sur la facture. Mais je ne suis pas du genre à jeter les gens en pâture. A chacun son job !

La commande a été faxée à un laboratoire en métropole. Le fax a bien été reçu par le laboratoire. D’où le message « émis avec succès » visible sur la facture. Tout le personnel de la pharmacie (préparateurs, pharmaciens, magasiniers et agent administratif) a vu ce fax. Sans oublier nos petits camarades syndicalistes. Le logiciel mis en place fait que cette commande ne peut disparaître de l’historique.

Mais fort heureusement pour le GHER de Saint-Benoît (qui dépend du CHU déficitaire de La Réunion) que le laboratoire de l’hexagone a été vigilant, qu’il a aussitôt appelé la pharmacie du GHER pour tirer la sonnette d’alarme sur l’astronomique somme de 4 millions d’euros, sans quoi l’hôpital de la route de la Plaine à Saint-Benoît se serait retrouvé avec 9 millions de dosettes de bicarbonate. Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est que la personne, et non des moindres, qui a passé cette commande bizaroïde ne s’est rendue compte de rien, sans doute parce qu’elle ne vérifie pas systématiquement les retours de fax. Une attitude grave qui frise une certaine incompétence déjà notoirement connue, pas seulement du sous-sol où se trouve la pharmacie, mais de tout l’hôpital. D’autant que, à en croire les syndicats, ce ne serait pas la première bourde commise par ladite personne.

C’est le cas de l’HELIXATE (médicament onéreux qu’elle a commandé pour rien), pensant le donner à la place d’un autre qui coute un peu plus cher. Ne savait-elle pas, alors qu’elle est pharmacienne, que ce type de médicament ne se substitue pas ? Ce médicament commandé en 2015 (ne concernant aucun patient, ni établissement de santé à la Réunion), a « périmé » il y a peu, pour une valeur totale d’environ 18 000€. Il suffirait que la direction de Saint-Benoît jette un œil sur la traçabilité des « périmés » pour se rendre compte de tout le « pognon de dingue » (comme le dirait si bien Emmanuel Macron), jeté par la fenêtre. Il arrive aussi à cette personne de commander des médicaments très onéreux à des laboratoires métropolitains sans même passer, comme l’exige pourtant le protocole en vigueur, par la Commission des anti-infectieux (CAI) au GHER. En retour de sa « générosité » celle qui passe les commandes « illogiques » se voit récompenser par les laboratoires à coups de billets d’avion en première classe pour des congrès parfois « bidons » dont celui anglophone au Mexique qui ne la concernait même pas. Selon les syndicats,

tout le monde (préparateurs, pharmaciens, cadre de la pharmacie, médecins), serait au courant des us et coutumes de la personne en question, y compris la direction bénédictine et celle dionysienne, mais il s’avère « qu’elle a le bras tellement long » que la hiérarchie préfère baisser les yeux sur ses pratiques car il arrive assez régulièrement qu’au petit matin, avant le lever du soleil, ou parfois après le boulot, après le coucher du soleil, la dame sait se montrer « convaincante » dans son bureau du sous-sol. A ce propos, des polycopiés circulent dans les couloirs de l’hôpital de Saint-Benoît pour narrer certaines histoires de braguette mal fermée. Les auteurs de ces missives ne manquent manifestement pas d’imagination. Les polycopiés en question sont intitulés : « le seigneur des anus ».

Mais revenons à nos moutons ! Même le magistrat de la Cour des compte, qui s’était présenté à la pharmacie du GHER début juin n’a rien trouvé à redire après s’être entretenu longuement avec cette personne dans son bureau. Et pourtant, un simple regard sur l’historique des commandes (d’un point de vue des quantités commandées), sur les périmés, sur les commandes volumineuses chez les grossistes locaux (des médicaments stockés pour plus de 3ans ) aurait suffit à démontrer des dépenses inutiles en la matière. « Suite à ces commandes, on va par exemple périmer 7000 comprimés de Baclofène à la fin de ce mois. On est censé commander des médicaments et faire du stock pour 4 à 5 mois maximum, mais la dame en question n’en a que faire, ce qui rend aussi les conditions de travail à la pharmacie, dangereuses pour les magasiniers en matière de sécurité tellement la pharmacie déborde de caisses en cartons remplis de médicaments dont une grosse quantité finira, comme c’est souvent le cas, à la poubelle s’ils ne peuvent être revendus », explique-t-on du côté des syndicats du GHER de Saint-Benoît. Il y a donc urgence à intervenir, surtout dans un hôpital qui, lui même, appartient à un CHU où le mercure financier ne cesse de monter, au point que la direction et l’ARS essayent depuis quelques semaines de ratiboiser sur les primes des agents afin de redonner des couleurs à un CHU qui fait pâle figure car de plus en plus fiévreux. Faudrait d’urgence arrêter l’hémorragie de ce « pognon de dingue » qui va à la poubelle au niveau de la pharmacie du GHER. Là aussi, il y a des économies à faire messieurs les directeurs !

Y.M.

([email protected])

 

Poster un Commentaire

19 Commentaires sur "Un « pognon de dingue »… à la pharmacie du GHER de Saint-Benoit"

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
Jacquette
Invité
Jacquette

Thierry Robert gêne car il dit la vérité! Le boss de 2021 c’est lui, TAmpon on est avec lui et on fera tout pour border ce pantin de BASSIRE ! Viens en 2020 tu verras le résultat dans les urnes

Roberto
Invité
Roberto

Qui paye a ou ? Pauvre type…..

Cassage le cuit
Invité
Cassage le cuit

Thierry dans son émission radio à dit que Les transporteurs sont couyonnés, et il a raison. All we need is work, life is beautiful, but not money only….

Pharaon
Invité
Pharaon

Moi mi vot thierry pour les régionales, lu sa libere la renyon , tou sa mangé coctail , gaspillage sera fini êk lu . Deu – troi va marche droite, le cul serré

Poireau
Invité
Poireau

« Lu sa libere la Renyon » comme li la libere Saint Leu…. dans out reve

Fasy
Invité
Fasy

Et voilà des dépenses inutiles qui amènent au déficit du chu et du gher. On voit bien là le laxisme de ceux qui contrôle l’incompétence de certaines personnes et comme on dit le pistonnage. Et tant qu’au JIR même si les Reunionnais le boycotte son ami Didier Robert sera là pour le subventionner

Gloque
Invité
Gloque

Boycotterai………

fabiren deba
Invité
fabiren deba

quand on voit ce qui se passe dans ce foutoir on se demande si la hiérarchie est compétente ou alors vsont tous des pistonnés

Marie
Invité
Marie
Le système social.. vous parle de l’AME, des allocations familiales pour les 6 enfants de Marie-Chantal dans son tailleurs Chanel , parce que là il y aurait à faire… après 3 enfants stop alloc familiales !!! des primes des fonctionnaires ? Des élus et leur villa à 2 300 euros ? Parce que vous savez un personne seule qui perçoit un rsa de 470 euros.. et éventuellement 250 euros d’APL ? Elle fait comment pour se loger lorsqu’on connait les abus des bailleurs sociaux et le manque de logement à la Run ? Elle va sous les ponts ? Ben… Lire la suite »
Karma
Invité
Karma

On ne vous dit pas tout sur le GHER. Si vous saviez mon bon monsieur… On fait l’éloge de la médiocrité dans cet établissement et on placardise ceux qui osent s’affirmer malgré ce management despotique. Creusez un peu plus au niveau de vos sources et vous verrez bien !!!

DAN RUN
Invité
DAN RUN
1 tit bras ce jacques tillier , B E C A U S E :  » J’explique tout simplement à mes lecteurs,  » dixit ce journaleux , et se la pète , DAN RUN lit la prose hebdomadaire ( la fièvre du samedi  » MATIN  » ) HIHIHIHI hihi et ne fait pas parti du pronom possessif du  » mes  » ??? Au fait cela me rappelle en relisant avec délectation un passage de  » Jacques Tillier mène au sein d’ 1 journal un parcours de loup solitaire. Il traque les affaires, en découvre. Il les rapporte, ébranlant souvent le… Lire la suite »
Gloque
Invité
Gloque

Que vous parlez de moi en bien ou en mal, l’essentiel est que vous parlez de moi… Merci pour cette pub gratuite……

DAN RUN
Invité
DAN RUN

Pôvre boug !
Je suis responsable de ce que je dis, pas de ce que tu comprends….

Kekette
Invité
Kekette

Maître baloup y vient pour Tillier, je jouis d’avance. Tillier sa gagne le coup , i tarde ou le JIR i ferm avec le peu proces diffamation, injures et insultes à domoune . Mi aim à toi monsieur Montrouge out l’edito Lé gadiamb

Malade
Invité
Malade
Mr mt rouge, merci de tout ca, les grave seulement!! Tout ca l’argent, magouille, manger cochon, l’hopital la, ma t connait pas tout ca la moin !! Mamama ma, fallait acheve dit le nom oubien les initiale, c la meme t rouvre braguette au sous sol la? Faut denoncer p fait arrete ca, Karma donne 2,3 piste, en gardant le silence ou les complice aussi. Un jour ma vu en direct ,un medecin baise coup point un bougue saoule l’avait pu trop sa tete, juste parceke le bougue t veut partir, na le droit ca?, avec complicite’ infirmiere creole, t… Lire la suite »
Sansdent
Invité
Sansdent

Comme dab, un plaisir de vous lire Mr mt rouge, continuer a ns mettre au courant, svp, Merci

Jean
Invité
Jean

Thierry Robert à ou même avec vergoz Annette Barèges et Orphée la di nou vote macro zordi li traité à nou kom sa c zot meml lé responsable

Lili
Invité
Lili

On peut faire un édito sans être diffamant et insultant. Sans jeter les gens en pâture.
Merci.

Lili
Invité
Lili

On peut faire un édito sans être diffamant et insultant. Sans jeter les gens en pâture au vindict populaire. Merci de me redonner goût à un bon mot. Bravo m montrouge de ne pas vous laissez entraîner avec l autre dans le caniveau . La classe.