Virapoullé, un « dinosaure » fréquentable…

dans Edito de Yves Montrouge

Serait-ce parce que j’ai pris un an de plus hier ? Je ne sais pas, mais plus rien ne me surprend en politique ; Plus rien car tout est tellement récurrent. On s’y habitue.

Le rabibochage « Jean-Paul Virapoullé-Didier Robert » ? Rien de nouveau sous le soleil. De la politique, rien que de la politique ! Qui aurait pu penser qu’après le clash public « Virapoullé-Robert » aux régionales de 2010, ces deux là allaient de nouveau de se retrouver bras-dessus-bras dessous aux régionales de 2015 ? Personne n’aurait parié un seul kopeck sur un tel ralliement. Et pourtant ?

Pas plus tard qu’en décembre dernier, lorsque Didier Robert, en pétard, après la défaite de son candidat Lacouture au Département, avait claqué la porte à « LR » et fustigé peu de temps après tous les « dinosaures » dans une vidéo diffusée sur Facebook, il avait déclaré qu’il ne ferait plus jamais « marche arrière ». Après avoir retiré ses délégations à JPV, l’on pensait tous que le divorce était définitivement consommé. Mais les fêtes de fin d’année sont arrivées et les échanges de bons vœux ont ramené les uns et les autres à de meilleurs sentiments, à la raison. D’après mes informations, c’est Jean-Paul Virapoullé qui, du haut de ses 74 ans et de ses quasiment 50 ans de vie politique, a fait le premier pas. Didier Robert y a été sensible. Il est sans doute un peu impulsif, peut-être un brin colérique, « gros ker » en cas de défaite comme diraient certains, mais le président de Région, qui reste un battant, n’en est pas moins humain. Il aura besoin de Virapoullé, ce « dinosaure » fréquentable, tout comme Virapoullé aura besoin de lui. Au cas contraire, le maire de Saint-André n’aurait pas fait le premier pas.

Jean-Paul Virapoullé a donc été convié à la présentation des vœux du président de Région à la presse mercredi dernier au Domaine du Moca. Didier Robert l’a même publiquement salué. Ainsi se sont-il rabibochés à table un peu comme le font les amants au lit. Pourquoi ? C’est simple comme bonjour. « Jean-Paul Virapoullé a fait le choix de rester dans la majorité », dira Didier Robert.

Effectivement, c’est le maire de Saint-André qui est reparti vers le président de Région optant pour la majorité et faisant ainsi son mea culpa, reconnaissant qu’il a un peu « merdé » au Département et montrant à Didier Robert qu’il veut poursuivre le mandat pour lequel il a été élu avec l’équipe en 2015 sur la base d’un projet qu’il a co-écrit avec le président de la pyramide. Avec ou sans délégation, il veut continuer à bosser au niveau régional sur la réforme constitutionnelle qu’entend engager le Président de la République tout en travaillant sur les grands dossiers européens et en épaulant, avec sa casquette de président du conseil de surveillance, Lionel Callenge (proche de Didier Robert) au CHU, un établissement qui traverse une crise sans précédent. Sur la question institutionnelle, Didier Robert et lui partagent la même vision à savoir « la possibilité d’ouvrir pour La Réunion un droit à la différenciation bien plus ambitieux en définitive que le simple droit à l’expérimentation », comme l’a dit le président de Région, qui ne souhaite pas que l’on ouvre un débat institutionnel sur la seule question de l’organisation administrative. « Cela n’aurait aucun sens. Je ne crois pas à l’efficacité d’une assemblée unique ».

Sur un plan plus politique, Jean-Paul Virapoullé se veut loyal envers sa famille de droite : il a respecté l’accord passé entre les principaux leaders de la droite locale (lui-même, Didier Robert, Michel Fontaine, Nassimah Dindar, Joseph Sinimalé…) avant les sénatoriales de septembre dernier, à savoir la présidence du Département à un élu de la majorité municipale saint-pauloise. Loyal aussi envers Nassimah Dindar, qui a toujours gardé contact avec lui durant sa traversée du désert après sa défaite aux municipales de 2008 à Saint-André face au communiste Eric Fruteau quant d’autres élus l’avaient tout simplement enterré vivant. Et loyal enfin envers Didier Robert en restant dans la majorité régionale conformément à l’accord passé lors des échéances de 2015. A part ça, comme il l’a dit sur Réunion.1, il ne veut pas « rentrer dans la tambouille de la jeune génération ».

Autrement dit, bataillez-vous entre vous, réglez vos comptes si vous en avez, mais laissez-moi tranquille sur Saint-André où il souhaite installer Jean-Marie à la mairie, après avoir fait de lui un 1er vice-président du Département. Sans doute Jean-Paul Virapoullé doit-il se dire aussi qu’il a passé l’âge d’aller guerroyer contre les petits jeunes, qu’il se place aujourd’hui au-dessus de la mêlée, qu’il n’a pas envie aux prochaines municipales d’avoir dans ses pattes ou dans celles de son fils les Serge Camatchy, Eric Fruteau, Léopoldine Settama (et pourquoi pas un Bédier aussi) qui auraient pu être financièrement armés pour aller « tuer » le dinosaure, de la même façon que Jean-Gaël Anda (En Marche) sera envoyé à Saint-Pierre, à grand renfort on imagine de moyens régionaux, pour détrôner Michel Fontaine. Tandis que lui (le président de Région) mettrait plutôt le cap vers l’Ouest, plus précisément vers la mairie de Saint-Paul où nombreux collaborateurs dont Alain Bénard pour ne citer que lui « défrichent » déjà le terrain.

Partant du principe que Didier Robert dispose de tous les moyens de nuire, Virapoullé a joué la carte de l’apaisement et de la tranquilité, quitte à mettre un galet sur son cœur, pour protéger son fils des attaques éventuelles qui auraient pu provenir de la pyramide. Didier Robert est jeune. Il a de l’énergie à revendre. Et de l’argent à distribuer. Jean-Paul Virapoullé en a besoin pour Saint-André. Il a besoin de ces fonds de la Région ou européens qui transitent par la pyramide pour porter ses grands projets. Tout comme Didier Robert a besoin de Virapoullé, de son expertise sur les grands dossiers et de son expérience, de ses connaissances, de sa sagesse aussi pour « cimenter » la majorité régionale que le président veut élargir avec Jean-Gaël Anda. Lequel Anda n’a jamais caché que Virapoullé était son « maître à penser » auprès de qui il allait trouver sa place, en quittant Thierry Robert et le LPA. Didier Robert ne pouvait donc pas se couper de tous les « dinosaures » et surtout pas du « père spirituel » de ceux avec qui il compte consolider et ouvrir sa majorité.

Un rassemblement façon Vergès et Dindar ?

Plus rien ne me surprend, vous disais-je. Le discours de Didier Robert, lors de la présentation de ses vœux à la presse ? De prime abord, je l’ai trouvé réaliste, volontariste, optimiste. Je me suis même amusé à relever, à « stabilo-bosser » quelques extraits que je vous livre : « Je veux participer à porter plus que jamais la voix d’une nouvelle révolution au service d’une Réunion plus apaisée, mieux rassemblée et encore plus déterminée à réussir »… « Notre principal objectif reste plus que jamais celui de réussir à conforter croissance et développement durable au service du plus grand nombre »… « J’ai la conviction qu’après cinq années chaotiques sous l’emprise des gouvernements socialistes successifs, les nouvelles relations que nous avons désormais posées avec le Président de la République et le gouvernement doivent amener à plus de cohérence et donc au final à plus d’efficacité »… « Nous devons réviser nos logiciels »… « Les enjeux de la transition écologique sont énormes. Il faut agir, agir vite et le faire en parfaite cohérence. Au niveau local, toutes les collectivités sont évidemment concernées et doivent, de mon point de vue, agir de façon concertée, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas »… « La Région a mobilisé plus de 22 millions d’euros de fonds européens pour accompagner les communes dans la gestion du risque inondation. A ce jour, seuls cinq dossiers ont été déposés, aucun dans le Sud. La notion de responsabilité est clairement posée »… « Dans un souci de transparence et de clarté, je souhaite désormais qu’un rapport annuel soit présenté et rendu public sur l’utilisation du Fond d’investissement routier, mettant là encore chacun face à ses responsabilités. Il n’est pas concevable de continuer à percevoir une taxe pour des travaux routiers si ces travaux ne sont pas réalisés ! »… « La lenteur des procédures administratives »… « Il faut de la souplesse et du pragmatisme »… « Je le dis une fois encore avec beaucoup de solennité : nous sommes capables à la Région de mener de front l’ensemble de ces chantiers, à condition que l’on nous laisse travailler à un rythme soutenu et accéléré et que tout ne soit pas prétexte à tergiversations, à la multiplication des procédures et des recours dans l’unique but de ralentir ou d’empêcher de faire »… « Je crois utile de marquer le principe d’une vraie rupture entre conservatisme et progrès »… « Nous sommes à un moment où un vieux monde n’en finit pas de mourir et où un autre est en train de naître »… « Il est vain de mon point de vue de tenter de maintenir des conceptions et des pratiques qui ont fait leur temps, de réanimer des clivages dépassés, de réactiver des réflexes identitaires dont on clairement vu les limites. Ce que je dis ici est vrai pour Les Républicains comme pour le PS. Je ne me reconnais plus dans cette politique là. Je quitte Les Républicains heureux de participer avec d’autres à bâtir un nouveau modèle »… « Je préfère l’engagement autour d’un pacte de loyauté avec celles et ceux qui partagent l’essentiel d’une même vision qu’à une stricte fracture droite-gauche »… « Ce qui compte c’est La Réunion »… « Ce qui compte ce sont les Réunionnais »… « Je trace ma route tout simplement en appelant au rassemblement le plus large des femmes et des hommes de progrès »… « Je souhaite une recomposition politique. Je vais maintenant m’atteler à poser les fondamentaux de cette recomposition »… « Le préalable s’inscrit dans le cadre d’un acte de loyauté et d’engagement devant les Réunionnais »… « La démarche d’émancipation politique à laquelle je fais référence devra s’accompagner d’un profond renouvellement de la classe politique »… « Permettre à des jeunes, à des nouveaux de prendre toute leur place, leur permettre de s’organiser, de peser réellement sur les prochains scrutins, aux européennes, aux municipales, aux régionales, aux départementales. Il y a un travail de fond à faire que nous avons déjà engagé. Les municipales de 2020 seront incontestablement le premier test grandeur nature dans les 24 communes de l’île »… Vous l’aurez compris, Didier Robert veut tourner une page, il veut enterrer « le vieux monde ». Il prône aujourd’hui le rassemblement « le plus large possible » pas seulement cantonné à la droite (comme a pu l’être la plateforme). Il prône un renouvellement politique, une recomposition politique, la rupture avec l’ancien modèle, le rejet de la droite et de la gauche en faveur de l’union de toutes les bonnes volontés qui veulent apporter leur pierre à la construction de l’édifice Réunion. La « démarche d’émancipation » découle sûrement d’une intention louable. C’est exactement ce que Paul Vergès avait initié en 1998 avec le Rassemblement puis en 2004 avec l’Alliance ou encore ce qu’avait fait Nassimah Dindar en 2008 avec une majorité d’ouverture que certains avaient qualifié « d’arc-en-ciel », de « plurielle », d’autres de « zembrokal » ou de « tapis mendiant ». Paul Vergès avait appelé au rassemblement parce que son parti, le PCR, ne pesait plus grand-chose sur l’échiquier politique local. Et Nassimah Dindar, parce que sa famille, la droite, l’avait lâchée en rase campagne deux jours avant l’élection à la présidence du conseil général. Ibrahim Dindar et Gino Ponimballom alors « blackboulés » par la droite avaient eux aussi au nom de l’ouverture politique rallié la majorité dionysienne de Gilbert Annette, en étant qualifiés à l’époque de « traitres ».

Quel crédit devrions-nous accorder à cette « démarche d’émancipation » qu’appelle de ses vœux Didier Robert ? Ne prône-t-il pas justement le « rassemblement » au-delà des partis politiques traditionnels, façon Macron, parce qu’il est localement en rupture de ban avec Les Républicains de Michel Fontaine ? Tout laisse penser aujourd’hui que Didier Robert, qui a également rompu les liens avec « LR » de Laurent Wauquiez, met actuellement tout en œuvre pour créer un autre mouvement politique pro-Macron du genre « AGIR » monté au niveau national par « les Constructifs » avec comme chef de file le Premier ministre Edouard Philippe, un mouvement capable de ratisser large. Pour se faire, Didier Robert affûte ses armes et déroule petit à petit sa stratégie. En confiant à Rémy Massain et à Jean-Jacques Morel la mission de restructurer et de consolider au plus vite « Objectif Réunion » qui devra nommer des référents dans chaque micro région de l’île et multiplier le nombre d’adhésions. En missionnant par ailleurs Cyrille Hamilcaro pour tenter une OPA sur l’UDI actuellement présidée par la sénatrice Nassimah Dindar. En mettant la main sur quasiment tous les autres mouvements du centre gauche ou du centre droit via la conseillère régionale Juliana M’Doihoma avec « Bleu Blanc Zèbre » de Jean-Louis Borloo, via également Olivier Rivière, le maire de Saint-Philippe et conseiller régional, avec le Parti Radical, via encore Jean-Gaël Anda avec « La République en Marche » à la Région avant de s’attaquer à « En Marche » Réunion, le mouvement dirigé par Hanri Chane Tef qu’il compte bien « canibaliser » avec le temps.

En sympathisant également avec certains élus socialistes devenus « Macronistes » comme Gérald Maillot qu’il pousserait, dit-on, à la mairie de Saint-Denis ; Une municipalité que le président de Région avait aussi promis à Alain Armand avant l’élection pour la présidence du Département en décembre dernier. Mais le binôme de Nadia Ramassamy a choisi le camp de Nassimah Dindar en votant Cyrille Melchior. Du coup, la justice, cette institution dite indépendante, pourrait ressortir de ses tiroirs une vielle affaire (Sodiac/SCCV Les Glorieuses/Sobefi) datant de trois ans et dans laquelle serait impliqué Alain Armand (pour prise illégale d’intérêt), qui avait déjà été entendu par le procureur de la République depuis bien longtemps déjà, sans que rien ne bouge… Et comme par hasard, l’affaire devrait être relancée. Alain Armand serait dans le viseur du Proc’ et de la justice, tout comme la fille de Joseph Sinimalé, Thierry Vaïtilingom du Centre de Gestion (CDG) seraient dans le collimateur du Proc’ du Sud. Sans oublier Jean-Louis Lagourgue dont le fils Rémi a voté lui aussi en faveur de Cyrille Melchior avec sa binôme Marie-Lyne Soubadou.

A la longue, l’opinion publique (du moins la partie qui s’intéresse à la chose politique) finirait par croire que tous ceux qui ont voté Melchior au Département pourraient être frappés par le mauvais sort judiciaire. Mais ce n’est évidemment qu’un hasard de calendrier. Comme le rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de Jean-Louis Lagourgue, qui n’était pas sorti avant les sénatoriales, ni avant l’élection de la présidence du Département en décembre dernier mais qui arrive maintenant et qui donne du grain à moudre à Christian Annette, l’opposant socialiste, frère du « Macroniste » Gilbert. Christian Annette, le colonel retraité de la Légion, ancien de l’école militaire du Tampon qui, malgré ses 60 piges, incarne d’une certaine manière le renouvellement de la classe politique étant donné qu’il n’a jamais été élu maire d’une commune. Les gens de mauvaise foi pensent que ses « affaires » politiques qui sortent actuellement et qui ciblent bizarrement tous ceux qui de près ou de loin n’ont pas choisi le « bon camp » au Département, seraient le fait de quelques franc-maçons influents à tous les niveaux, y compris au niveau de la justice… indépendante pour faire peur, menacer, faire du chantage sur ces élus qui ne marchent pas dans les rangs. Moi, je ne suis pas de mauvaise foi. Je crois donc en la justice de mon pays, la vraie, pas à celle qui pourrait se laisser influencer par je ne sais quel réseau.

Rien ne va plus à Sainte-Marie

Mais revenons à Sainte-Marie. Ce qui arrive à Jean-Louis Lagourgue aujourd’hui était tellement prévisible et lisible que Christian Annette l’avait claironné depuis des lustres en ne cessant d’étaler sur la place publique les dérives financières de la majorité municipale sainte-marienne et de son maire. Ni plus, ni moins qu’une gestion « gros doigt » qui frise la correctionnelle tant les dérapages relevés par la CRC sont énormes et quasi inimaginables. Une commune qui termine l’année, celle de 2016 en l’occurrence, avec 381 euros dans la caisse. Oui, vous avez bien lu : 381 euros. Du jamais vu ! Même un couple de smicards termine le mois avec plus que ça. Christian Annette le savait, l’avait dit et redit, mais personne, y compris du côté de l’Etat (préfecture, service du contrôle de la légalité) ne l’avait pris au sérieux. Pas plus que sa vibrante sortie sur le projet de la zone d’activités de la plaine de Gillot où, dénonce-t-il, « Lagourgue a tout fait pour protéger les terres de sa famille », alors que l’exploitation de ces terrains pourrait, selon lui, permettre la création de 4000 emplois au bénéfice des Réunionnais. Las de frapper aux portes fermées de la préfecture, Christian Annette a écrit directement au Président de la République. Il devrait être reçu prochainement par le SGAR (secrétaire général des affaires économiques) de la préfecture. Tout vient à temps à tous ceux qui… savent où crier !

A Sainte-Marie Christian Annette va donc être appelé à jouer un rôle important à l’avenir car rien ne va plus dans cette commune. Et ça va partir encore plus en vrille dans les mois qui viennent. Richard Nirlo est sans doute un bon bougre, un fidèle parmi les fidèles de Lagourgue-père, mais Lagourgue-père n’est plus à la mairie, il a préféré gardé son poste de conseiller régional et est allé se mettre au vert au Sénat, à Paris, en emmenant dans sa valise sa secrétaire de la Région pour s’occuper de ses dossiers. Nirlo risque de se fatiguer très vite. Il n’aura pas les épaules assez larges pour faire face à la violente guerre de succession qui se prépare au sein même de sa propre équipe. D’aucuns pensent qu’il ne sera rien d’autres qu’un maire « pot-de-fleurs » ou un « pushing-ball » sur lequel tous les autres (Rémi Lagourgue, Marie-Lyne Soubadou, Didier Gopal, Sylvie Billaud, Yves Ferrière) ne manqueront pas de cogner. Le seul sur qui il pourra peut-être compter c’est André M’Voulama, présenté comme son bras droit, ce chef d’entreprise grand bénéficiaire de marchés de la Région et de la commune de Sainte-Marie. Ben oui, tout a un prix !

Rémi Lagourgue, aujourd’hui 3ème adjoint, ne chôme pas. Il a lancé depuis samedi soir au « King Dragon » la campagne des municipales de 2020 (ou 2021, le gouvernement n’a pas encore décidé). Il était entouré de Soubadou, Foucque, Gopal (Didier)et même de Mario Lechat, le vrai-faux conseiller municipal de l’opposition, mais le vrai pharmacien-business man et patron de radios qui guette – comme le chat veille la graisse – la pharmacie devant s’établir dans le futur grand Leclerc de Sainte-Marie. Parce que l’engagement n’est pas qu’une question de conviction ou d’idéologie…

CHU : Calenge et Maury sur la sellette

Difficile d’éditorialiser un lundi matin, en passant outre l’inquiétude du personnel du centre hospitalier universitaire de La Réunion. Comme à Sainte-Marie, rien ne va plus également au CHU où tous les clignotants sont au rouge. Grève des personnels soignants et non soignants, lettres et appels au secours à la ministre de la santé, déficit abyssal… L’hôpital dirigé par Lionel Callenge est malade, en manque d’oxygène dans les tuyaux. Jean-Paul Virapoullé, président du conseil de surveillance du CHU et le directeur de l’établissement ont beau se taper sur le ventre en criant leur satisfaction depuis la semaine dernière, mais rien y fait. Le personnel est toujours dans la panade et ne sait pas à quelle sauce il va être mangé. En dépit de tout ce qui a pu être dit, le Copermo (Comité de performance et de modernisation) a certes émis un accord de principe sur l’aide à l’investissement demandée par l’ARS pour la réalisation du bâtiment central de Saint-Pierre, mais la situation reste préoccupante. Le CHU obtiendra-t-il 50 millions d’euros comme demandé par l’ARS ou devra-t-il se contenter de beaucoup moins ? Rappelons que cette subvention dont on ne connaît pas encore le montant devrait servir au financement du bâtiment de Saint-Pierre dont le coût total s’élève à 110 millions d’euros ? Quant à la fermeture de certains services et de la suppression de postes, il y a plus que jamais cette épée de Damoclès qui se balance sur la tête de nombreux agents du CHU dont les services sont saturés. Le personnel, à l’instar de celui des urgences adultes à Saint-Pierre, est physiquement et moralement épuisé, au bord du « burn-out »… La qualité des soins interpelle les syndicats, y compris de médecins (400 sur environ 900, ce qui n’est quand même pas rien). Nombreux sont ceux qui demandent la « transparence sur l’utilisation des fonds publics » et qui remettent en cause « la gestion et le management de l’actuelle direction ». Ils ne comprennent pas pourquoi « on va virer certains personnels soignants » alors que « les directeurs adjoints avec avantages, primes de logement + logement et voitures de fonction, sans oublier les frais de restauration et de carburant, sont légion au CHU ». D’après mes informateurs parisiens, la ministre de la Santé a déjà un gros dossier sur son bureau. Et les jours de François Maury, directeur de l’ARS, et de Lionel Calenge, directeur du CHU, seraient comptés. A suivre !

Une offre d’emploi « discriminatoire »

Encore un mot pour vous dire que Nadia Ramassamy respire. Le Conseil constitutionnel a rejeté vendredi dernier la requête de Monique Orphé, la candidate vaincue d’En Marche, aux législatives de juin 2017 dans la 6ème circonscription. Nadia Ramassamy, la députée inscrite au groupe « LR » à l’Assemblée nationale, s’est aussitôt fendue d’un communiqué de presse pour rappeler qu’elle n’avait pas attendu cette décision pour se mettre au travail dans l’intérêt de la Réunion. Elle en veut pour preuve son élection à l’unanimité, le 6 décembre dernier, à la présidence de l’intergroupe parlementaire de l’Outre-mer (IGPOM) qui lui permettra « d’aller de l’avant », écrit-elle, pour « préparer l’avenir de nos îles ». Tout un programme ! Et à part ça, vous avez fait quoi de concret depuis votre élection Madame la députée ?

Pour finir, jetons un petit coup d’œil sur l’agenda très chargé du député Jean-Hugues Ratenon (France Insoumise). Il sera présent ce matin à l’ouverture des bureaux de l’Insee à Sainte-Clotilde. Il veut des explications sur l’offre d’emploi parue il y a quelques jours concernant le recrutement d’un volontaire de service civique destiné à la mise en place de la démarche qualité sur le recensement de la population. Rémunération affichée dans l’offre : 770 euros si le candidat est de la Réunion et 1590 euros s’il vient d’ailleurs (de métropole par exemple); La différence représentant une indemnité de logement de 820 euros. Une offre d’emploi légale, semble-t-il, mais que le député Ratenon juge quant à lui « discriminatoire ». J’aurai tendance à lui donner raison. Imaginez la publication d’une telle offre d’emploi dans une administration en métropole !

Y.M.

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5 Commentaires sur "Virapoullé, un « dinosaure » fréquentable…"

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Jean cullelavie
Invité
Jean cullelavie

Bravo à vous Mr montrouge pour votre édito du lundi et tenez bon face à ceux qui veulent vous salir

KOMIK
Invité
KOMIK

A peine masqué l’amour d’YMR pour JPV, un édito taillé sur mesure pour redorer le blason d’un dinosaure en totale perdition.

Dionysien
Invité
Dionysien
Pas toujours d’accord avec ce qui est écrit, par exemple tenter de « réhabiliter » Monsieur Virapoullé qui n’a pas que des défauts semble-t-il. Mais force est de constater qu’il y a une certaine objectivité. Ce qui me fait dire que mon « pays » est dans la « colle Jacques » et que la justice humaine ferait bien de sanctionner les nombreux abus et les fautes graves de nos élus de droite comme de gauche. C’est bien triste tout cela. On a beau se dire que la nouvelle génération – intégre ? – va apporter du sang frais. Mais non. La mauvaise graine persiste. Ce… Lire la suite »
SUBITE
Invité
SUBITE

Le grand boucan……en extinction………

Candide.
Invité
Candide.

Cherchez du côté de Sainte-Marie si une certaine conseillère départementale à conservé ses délégations. Je ne suis pas sûr que Didier Robert ait tout pardonné.