Visite à Saint-André : Virapoullé en met plein la vue au préfet

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Plusieurs grands projets ont été présentés, hier en mairie, par le maire Jean-Paul Virapoullé et quelques responsables des services municipaux à Amaury de Saint-Quentin, qui a passé son après-midi à Saint-André.En matière de présentation et d’éloquence, le maire sait y faire !

Visite pluvieuse, visite généreuse ? L’avenir le dira. Vous l’aurez compris, pour sa première visite dans la commune gérée par Jean-Paul Virapoullé, le préfet de la Réunion a eu droit à de belles averses. Aux environs de 12 heures, le maire a donc reçu Amaury de Saint-Quentin dans la salle du conseil municipal où il lui a été présenté un certain nombre de dossiers qui, s’ils se concrétisent, feront d’ici à quelques années le « Saint-André plus humain » et le « Saint-André plus dynamique » tant voulus par la majorité municipale.

Ce sont en effet autour de ces deux principales thématiques que le premier magistrat de la commune et le DGS Tiliben Panon, sans oublier quelques cadres municipaux, ont esquissé la ville de demain. Toute cette présentation s’est déroulée en présence des adjoints et conseillers de la commune ainsi que de la sous-préfette de l’Est, Christine Geoffroy. Jean-Paul Virapoullé et Amaury de Saint-Quentin se connaissent depuis longtemps, bien avant que ce dernier ne soit nommé dans notre département où il a pris ces fonctions après les législatives de juin dernier. Amaury de Saint-Quentin était un collaborateur du Premier ministre Edouard Balladur (1993-1995) dont Jean-Paul Virapoullé était politiquement très proche, et il l’avait même soutenu au premier tour de la présidentielle de 1995 contre Jacques Chirac.

Mais revenons au présent et à la visite préfectorale d’hier. « Une visite essentielle pour nous car elle se situe à mi-mandat », a souligné d’emblée le maire de Saint-André de nouveau aux manettes depuis 2014, après avoir perdu la mairie en 2008 au profit du communiste Eric Fruteau.

« Avec les collectivités locales, avec les EPCI et la Cirest, nous faisons du bon travail. Nous voulons renforcer notre partenariat avec les services de l’Etat », a souhaité le maire de Saint-André, avant d’annoncer les dossiers stratégiques de la commune qui nécessitent soit un accompagnement financier, soit un accompagnement administratif de l’Etat. Dans les deux cas, si l’Etat n’apporte pas son soutien, ces projets ne pourront jamais voir le jour. D’où l’importance de cette visite du représentant de l’Etat pour la municipalité.

Premier projet présenté : la Maison sociale prévue au centre-ville, sorte de guichet unique, qui réunit en un même lieu plusieurs services (maison départementale, centre de gestion, Caf, service insertion, CCAS, bureau des élus) et permet en un minimum de temps de régler un maximum de problèmes. Coût total de l’opération : 7,7 millions d’euros. « Il nous reste à trouver 2,8 millions d’euros », a indiqué Mr Kichenapanaïdou, cadre à la mairie.

Deuxième projet : le centre de vacances de la Saline (Trou d’Eau) qui a existé depuis le début des années 80 jusqu’aux années 2000. « Mais le centre a été abandonné depuis ces dernières années par l’équipe majoritaire qui était au pouvoir en mairie de 2008 à 2014 », a précisé Jean-Paul Virapoullé, qui projette de reconstruire ce centre. Lequel serait ouvert aux enfants, au public sénior, aux agents de la collectivité et servirait également d’outil au « tourisme social ». Avec les services de l’Etat (la DEAL notamment), la mairie a déjà bien avancé sur ce projet de Trou d’Eau où devraient sortir de terre 23 bungalows, un mini golf de 9 trous, un restaurant-évènementiel, une piscine chauffée et des dortoirs (2×20) pour enfants. Montant du projet : 2,1 millions d’euros dont 1 million d’euros provenant de la CAF.

« Pose de la 1ère pierre du futur commissariat de police »

Troisième projet qui s’inscrit toujours dans la thématique de « Saint-André plus humain » : la construction d’une unité de traitement et de stockage d’eau potable. Rappelons que l’eau qui est distribuée aux Saint-Andréens provient à hauteur de 60% des hautes surfaces (captage du Bras-des-Lianes) et de 40% des forages. La commune souffre à la fois d’un problème de quantité et de qualité (turbidité) de l’eau. Son objectif, comme l’a souligné Mr Barret, responsable de service, est de « pouvoir distribuer une eau qui soit 100% potable quel que soit le temps ». Ce qui n’est pas tout à fait le cas actuellement, surtout lorsqu’il pleut. D’où la nécessité de concrétiser le plus rapidement possible ce projet d’unité de traitement et de stockage, soit en août 2019. Coût de l’opération : 9 millions d’euros.

Après « Saint-André plus humain », « Saint-André plus dynamique » : M. Panon a présenté le Pôle industriel de Bois-Rouge, dossier porté par la municipalité en étroite collaboration avec la Région, la Cirest, Port Réunion et l’Etat. Un gros projet de plusieurs centaines de millions d’euros qui, à long terme, s’il voit le jour, devrait employer pas moins de 5000 personnes. Lesquelles seraient réparties dans les différentes infrastructures qui « pousseront » sur ce complexe. Un complexe qui comprendrait alors, outre le port bicéphale complémentaire au port de la Rivière-des-Galets, un centre de stockage d’hydrocarbures, un hangar photovoltaïque, un Datar Center et un centre de recherches et de formations. Le maire tient beaucoup à « ce grand projet européen » qui permettrait de « faire de la Réunion, et du secteur de Bois Rouge, un hub maritime de l’océan Indien ». Le président de la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que la commissaire européenne se sont déjà rendus sur le site qui devrait accueillir ce futur complexe portuaire. Dans ce pôle industriel de Bois-Rouge, devrait également être construit un centre de gestion multi-filières des déchets (CGMD). Sans compter l’énergie thermique des mers. Jean-Paul Virapoullé veut faire de ce site une véritable zone de développement pour les énergies renouvelables. Sans oublier son projet d’eau océanique qu’il souhaite exporter vers l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.

Deuxième projet de « Saint-André plus dynamique » : la deuxième tranche d’aménagement du Parc du Colosse, présenté par Mr Parvédy, ingénieur en mairie. Objectif : revaloriser le site actuel (16 millions d’euros) « car les équipements sont vieillissants » et procéder ensuite à l’extension du site d’ici à 2020 en proposant grâce aux bassins existants une offre de baignade « pour répondre à la crise requins » et une offre d’hébergement via la construction d’un complexe hôtelier.

Enfin troisième projet dans cette thématique : le numérique présenté par Mr Camatchy. Objectif : faire de Saint-André « la ville du numérique » et du site de l’Afpar (chemin Lagourgue), où existe depuis cette année la grande école Epitech, un « véritable campus numérique ». Sur ce dossier, la municipalité travaille en partenariat avec « Sophia Antipolis », qui est une référence en la matière. Au terme de la présentation des projets, et après avoir reçu un cadeau de la commune, Amaury de Saint-Quentin s’est félicité de « cette invitation » à Saint-André où il est venu « au contact du territoire », comme il l’avait déjà fait dans d’autres localités, afin de « mieux percevoir les enjeux » de la ville et de se rendre compte « de la capacité qu’a la Réunion à s’inscrire dans l’innovation ». Il a promis de travailler « en parfaite collaboration commune-Etat » sur tous ces projets mais en ne perdant pas non plus de vue les « fortes contraintes budgétaires » qui pèsent sur les collectivités.

Après le déjeuner qui a eu lieu au restaurant « Le Champ-Borne » vers 13h30, la visite a repris une heure plus tard et elle s’est achevée aux environs de 17 heures par la pose de la première pierre du futur commissariat de police à l’emplacement de l’ancienne gendarmerie de Saint-André, rue de la Communauté ; Juste à l’endroit où avait eu lieu l’accident de la circulation dans lequel deux lycéens de Jean Perrin ont perdu la vie le 25 septembre dernier. Rappelons que les policiers attendent depuis maintenant plusieurs années ce commissariat ainsi que les effectifs qui sont censés aller avec.. Tout laisse à penser qu’ils vont devoir attendre encore plusieurs années avant de travailler dans un commissariat flambant neuf.

Y.M.

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