18 mois de prison pour celui qui avait menacé de couper la tête de la mère de sa fille

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Vendredi dernier, Stéphane B a été jugé pour des violences conjugales, au tribunal de Saint-Pierre. Le procès devait avoir lieu en janvier prochain, mais de nouvelles violences sont survenues.

L’homme est séparé de sa compagne depuis quelques mois, ce qu’il ne semble pas accepter. Violent depuis plusieurs années, il devait être jugé en janvier pour des violences survenues en octobre. Son ancienne compagne était invitée ce soir-là chez des amis, il avait jugé bon de s’y rendre sans y être invité. Son motif : il souhaite voir leur fille de 4 ans. Prise de panique devant cet homme violent qui ne souhaite pas partir, la mère décide de porter plainte avec l’appui de plusieurs témoins.

« Il a tout cassé dans la maison »

Elle raconte alors aux enquêteurs l’enfer qu’elle vit depuis 2016. Elle explique que les violences ont commencé lors de sa grossesse. Elle note un changement drastique de comportement avec l’apparition de violence, notamment de gifles et de coups-de-poing. « La seconde fois, à six mois de grossesse, il a tout cassé dans la maison » se rappelle-t-elle. Elle aurait même reçu une table sur le ventre.

Une fois l’enfant née, les violences continuent. Les disputes sont incessantes, au point que le propriétaire de leur appartement leur demande de déménager. Stéphane, après être parti, revient, et continue de faire vivre un enfer à sa compagne, sous les yeux de leur fille. Elle explique qu’elle ne voulait pas porter plainte par peur des représailles. Les événements du 24 octobre l’ont fait changer d’avis.

« Je vais vous couper la tête »

Une fois la plainte déposée, il a été placé sous contrôle judiciaire et devait porter un bracelet antirapprochement. Bien loin de l’arrêter, il continue de s’approcher du domicile et menace même de mort, son ex et son nouveau compagnon, . « Je vais vous couper la tête, vous ne passerez pas les fêtes » affirme-t-il le 19 décembre à Piton Saint-Leu. Ces paroles s’accompagnent de coups.

Au tribunal, vendredi dernier, il est maladroit et ne reconnaît que peu de violences. Excepté les gifles, il ne confirme pas les faits et se cherche des excuses. Il évoque l’alcool et la colère. S’il va régulièrement devant le domicile de son ex-compagne, c’est parce qu’il travaille pas loin. Son moyen de pression pour la récupérer et revenir au domicile conjugal est toujours le même : leur fille.

Malgré les mises en garde et les interdictions, il n’a cessé de tenter d’entrer en contact avec elle, rappelle la procureure Caroline Calbo. Les cinq mentions inscrites dans son casier judiciaire ne plaident pas en sa faveur, tout comme son comportement à l’audience.

L’avocate de la victime, Me Lucie Kerachi explique pourquoi la victime n’est pas présente à l’audience. Elle évoque son ras-le-bol et sa volonté de ne plus voir son agresseur.

« Visiblement, rien n’a changé » depuis le dépôt de la plainte et la mise en place du bracelet électronique, relève la procureure. Le harcèlement a continué, notamment via SMS. Elle requiert alors deux ans de prison, un avec maintien en détention, et l’autre sous sursis probatoire, assortir d’une interdiction de contact avec les deux victimes, de détenir une arme et obligation de suivre un stage contre les violences.

Au final, le tribunal le condamne à 18 mois prison dont un an avec sursis. Il devra également verser 1 500 € de préjudice physique et moral à son ancienne compagne.

1 Commentaire

  1. Donc on a un individu qui n’entend pas, qui n’écoute pas, sur lequel rien ni personne n’a aucune prise. Le bracelet électronique, il n’en a strictement rien à faire.
    La procureure consciente du danger qu’il représente pour son ex-compagne, sa fille et donc « la Société » demande sa mise à l’écart avec 1 an de prison ferme immédiat, 1 an de mise à l’épreuve avec le suris, une interdiction de contact, une interdiction de détention d’arme et une thérapie.
    Le tribunal, lui le condamne à 6 mois prison ferme et 1 an avec sursis. et doit verser 1 500 €.
    C’est hallucinant cette Justice inique, complètement déconnectée de la réalité et de ses responsabilités envers ses justiciables, c’est à dire vous et moi et ici plus particulièrement cette jeune femme et son enfant.
    Où est la promesse républicaine de Sécurité auquelle elle a droit, elle et sa fille en échange de libertés individuelles abandonnées à l’État de par le Contrat social qui nous lie tous à lui.
    Dans 6 mois cette jeune femme fera quoi ? Cette décision de Justice est inacceptable dans un pays développé. Elle ne fait que temporiser, décaler le problème dans le temps. Où est l’assistance aux personnes les plus fragiles ? Où est la décision qui permettrait à cette femme de reprendre le chemin de sa vie, de donner un avenir plus serein à sa fille ? Où est la déchéance de parentalité promise par tous les gouvernements après un drame de violence intrafamiliale ?
    Au final, cette Justice n’a qu’une seule raison d’être, celle de préserver, de perpétuer un système de patriarcat qui gère tous les compartiments de notre « vivre-ensemble ».
    Au diable les « marches blanches », les messages de nos politiques dégoulinant de compassionnel nauséeux. Où sont les Lois qui permettraient de neutraliser les bourreaux et protèger leurs victimes ?

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