Glyphosate : collectif « Oasis Réunion » interpelle le ministre de l’Agriculture

dans Courriers des lecteurs

Monsieur le Ministre,

Nous allons organiser une conférence de presse importante dans la deuxième quinzaine de septembre, pour annoncer la première réalisation concrète du « Glyphotest Réunion » avec les élus de la Mairie de Saint-Denis, et pour présenter la Phase 2 des objectifs d’ « Oasis Réunion » dont vous pouvez lire le Manifeste, porté par plus de 25 000 signataires, sur https://oasis-reunion.bio/
Nous y aborderons de façon tout à fait spécifique et concrète la question du développement de la Bio sur l’île de la Réunion qui, avec seulement 2,2% de la SAU en bio certifiée, se trouve très en retard par rapport à la métropole qui dépasse les 7,5%.

Nous portons à votre connaissance la lettre que M. Gérard Michaut alors président de l’Agence Bio nous avait adressée le 28/11/2018, en soutien à l’objectif cohérent du « zéro phyto 100% bio et local » que nous poursuivons.
Nous souhaiterions avoir connaissance – dès que possible – des mesures prises par votre Ministère, dont plus spécialement par le Grand Conseil d’Orientation de l’Agriculture biologique, pour résorber ce retard important.
Visez-vous le 15% de bio locale pour 2022 ? Ainsi que les 20% de bio en restauration collective également pour 2022 ? Ce qui suppose une très forte progression des cultures bio dans toutes les filières sur l’île, dont celle de l’élevage à partir d’espèces animales locales.
En particulier, avez-vous prévu des propositions concrètes de transformation, diversification, valorisation de la filière « canne » actuellement gravement déficitaire, autre que l’occupation des terres par la « canne- énergie » ? Est-il raisonnable d’utiliser des terres agricoles pour d’autres productions que vivrières, et ce d’autant plus que
ces terres seraient très précieuses, voire indispensables, pour pouvoir respecter l’objectif de ces 20% de bio en restauration collective ?
Pour mémoire, les derniers Ministres des outre-mer ont clairement précisé que le gouvernement visait le « zéro phyto » pour La Réunion, ce qui introduit implicitement la pratique de l’Agriculture biologique en tant que vraie alternative aux pesticides, aussi efficace que cohérente.
En effet, en France, aujourd’hui, 42 000 agriculteurs cultivent 2,2 millions d’hectares, dans toutes les filières, sans aucun produit pesticide ni fertilisant chimique de synthèse. De plus, comme vous le savez, ce mode agricultural est très vertueux sur les plans de la protection de la santé et de l’environnement, comme de la bonne activité
économique participative et de l’accroissement d’emplois non délocalisables et humainement enrichissants. Il est à noter que ces vertus se traduisent rapidement par une réduction importante voire une suppression des frais considérables liés à la dépollution.
Nous comptons sur les réponses précises que vous voudrez bien nous faire parvenir, afin de ne pas risquer de communiquer de fausses informations à la Presse et à tout le Mouvement associatif réunionnais, auxquels notre communiqué s’adressera.
Ceci est d’autant plus important que La Réunion est le 2ème département français le plus consommateur de pesticides qui détruisent une des plus belles biodiversités de la planète; ce qui justifie, entre autres, la prise en compte le plus rapidement possible, par les pouvoirs publics comme par les organisations professionnelles de l’agro-alimentaire, des objectifs agro-bio-socio-écologiques d’« Oasis Réunion ».
Les consom’acteurs éco-responsables (écologiquement et économiquement) quenous nous efforçons de devenir, sommes très vigilants pour ne pas risquer une nouvelle fois, comme ce fut le cas avec le Grenelle de l’Environnement, de passer
presque complètement à côté des objectifs annoncés (les 20% annoncés ne sont devenus que 3% dans la période visée 2008-2018 !). De même, comme ce fut le cas avec le Plan Écophyto qui visait, entre 2008 et 2018, la réduction de 50% de l’utilisation des pesticides avec un résultat catastrophique puisque non seulement il n’y a pas eu réduction mais une augmentation de + 12,4 %.

Pour finir : pourriez-vous nous confirmer qu’après l’interdiction des pesticides dans le secteur public au 01/01/2017 puis dans le secteur privé au 01/01/2019, il y aura bien, conformément aux engagements pris par le président de la République, l’interdiction dans le secteur agricole au 01/01/2021.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à notre très attentive considération.
Bernard Astruc & Simon Vienne
Coordination du Collectif « Oasis Réunion »

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