7e circonscription : la cacophonie des soutiens en vue du second tour

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Le premier tour de la législative partielle dans la 7e circonscription s’est déroulé dimanche dernier. Au terme de ce premier round, les résultats enregistrés ont été les suivants : sur les 110 968 inscrits, 25 689 électeurs ont fait le déplacement jusqu’aux urnes, soit seulement 23,15%. Autrement dit, 85 279 personnes n’ont pas accompli leur devoir civique. En clair, ils ont carrément boudé les urnes. D’où un taux d’abstention record de 76,85%. Enorme et inquiétant ! Au terme du dépouillement, ont été relevés 1 221 bulletins nuls et 854 bulletins blancs. Là encore, il serait intéressant d’interpréter ces votes qu’on pourrait d’ailleurs résumer en quelques mots : le ras-le-bol de la politique et des élus.

Sur les 13 candidats en lice, il en reste deux pour le second tour : Jean-Luc Poudroux, divers-droite, qui a totalisé 6 402 voix (27,11%) et Pierrick Robert, LPA, qui a rassemblé 4 030 suffrages (17,07%). Aurélien Centon (sans étiquette) a failli se qualifier au détriment de Pierrick Robert. Le président de l’association “Ti Cœur” a terminé 3e avec 3 582 voix (15,17%), se payant même le luxe de terminer en tête à Saint-Paul (cantons 4 et 5) et à Trois-Bassins.

Arrivé à la 4e position, Emmanuel Séraphin, PLR, totalise 2 241 voix (9,49%) devant Jean-François Nativel, sans étiquette, (1 677 voix soit 7,1%), Perceval Gaillard, France Insoumise (1 137 voix soit 4,81%), Gilles Leperlier, PCR, (886 voix soit 3,75%), Ulrich Quinot, sans étiquette, (845 voix soit 3,58%), Jean-Pierre Marchau, EELV, (744 voix soit 3,15%), Mathieu Hoarau, sans étiquette, (725 voix soit 3,07%), Michèle Lartin-Graja, Rassemblement national, (617 voix soit 2,41%), Jonathan Rivière, divers droite, (570 voix soit 2,41%) et Fabien Dijoux, sans étiquette (158 voix soit 0,67%).

Il est de coutume qu’au terme du premier tour, les deux finalistes se lancent alors dans les négociations avec les suivants pour obtenir leur soutien. Alors, voyons voir qui soutient qui dans cette 7e circonscription ? La dynamique est incontestablement du côté de Jean-Luc Poudroux, candidat soutenu par Didier Robert (Objectif Réunion) et “LR”. Dès lundi, nombreux sont ceux qui sont sortis du bois pour apporter leur soutien au vainqueur du premier tour : les députées Nathalie Bassire, Nadia Ramassamy, suivies, dans la foulée, du sénateur Jean-Louis Lagourgue. Tous trois sont conseillers de la majorité régionale. Il y a eu aussi le soutien apporté par les conseillers départementaux Giovanni Poire et Jean-Jacques Morel, toujours proches de Didier Robert. David Lorion, député “LR”, a posté sur sa page Facebook un message de soutien au vainqueur du premier tour. Idem pour Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre et président local de “LR”. Jean-Paul Virapoullé a posté une vidéo sur son Facebook. Aline Murin-Hoarau, conseillère régionale, proche de Didier Robert, avait soutenu “ek lo ker” Aurélien Centon. Au deuxième tour, elle roulera pour Poudroux. “Ek lo ker” aussi ?

En revanche, Aurélien Centon, lui, est resté logique avec lui-même jusqu’au bout. Dès dimanche dernier, après le dépouillement, il avait déclaré qu’il ne donnerait aucune consigne de vote. Il l’a confirmé hier dans un communiqué en précisant que ses électeurs étaient “libres”. Parmi tous les autres candidats du premier tour, seul Jean-François Nativel a décidé de choisir entre les deux finalistes en demandant à son électorat de voter en faveur de Jean-Luc Poudroux. Un soutien qui, visiblement, ne passe pas bien dans son camp. Il n’y a qu’à regarder les commentaires postés par ses propres amis sur sa page Facebook. En coulisses, on le sait, la conseillère régionale Fabienne Couapel-Sauret se vante d’avoir pu convaincre Jean-François Nativel de rencontrer Didier Robert pour négocier. La rencontre a bien eu lieu. Jean-François Nativel a déclaré sur les ondes de Free Dom, mercredi, que Jean-Luc Poudroux lui a promis, s’il est élu, de demander à l’Assemblée nationale, la mise en place d’une commission parlementaire pour traiter de la “crise requin”. Sauf que, interrogé mercredi soir, sur Réunion La 1ère, Jean-Luc Poudroux a déclaré qu’il n’a fait de promesse à personne et pas même à Jean-François Nativel. Comprenne qui pourra !

Patrick Lebreton contre le positionnement du PS en faveur de Pierrick Robert

Toujours parmi les candidats du premier tour, la suppléante d’Ulrich Quinot a appelé à voter pour Poudroux tandis que Julie Bègue, la suppléante de Jonathan Rivière a convié son petit électorat à soutenir Pierrick Robert. Tous les autres candidats se sont gardés de se prononcer, préférant observer publiquement une certaine neutralité dans cette compétition électorale. Rappelons encore que Jean-Luc Poudroux a le soutien des maires des communes de droite de la 7e circonscription, à savoir Jean-Claude Lacouture à l’Etang-Salé, Daniel Pausé à Trois-Bassins, Joseph Sinimalé à Saint-Paul et Patrick Malet à Saint-Louis. Ce qui n’a pas empêché Jean-Luc Poudroux de terminer 3e à Saint-Paul, à Trois-Bassins et 2e à Saint-Louis.

Du côté de Pierrick Robert, les soutiens ne se bousculent pas trop au portillon. Hormis Julie Bègue, la suppléante de Jonathan Rivière, Claude Hoarau, l’ancien maire communiste, soutien du premier tour, a de nouveau appelé à voter en faveur du frère de Thierry Robert, ainsi que le PS, qui a fait connaître sa position, hier jeudi. Ce qui a fait bondir Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph et président du “Progrès” qui, au passage, n’a pas manqué de “dégommer” Gilbert Annette et les “Macronistes” sur sa page Facebook. En tout cas, le maire de Saint-Joseph, ancien socialiste, ne partage pas du tout le positionnement de la fédération socialiste, estimant que le PS est “Macron compatible”. Certes, Patrick Lebreton ne donne pas de consigne de vote mais par déduction, on peut supposer qu’indirectement sa préférence va à Jean-Luc Poudroux, activement soutenu par Didier Robert qui, lui-même, est peut-être tout sauf anti-Macron et anti-gouvernement. Bref, à ne plus rien comprendre ! Si, on comprend au moins une chose : les règlements de comptes personnels et autres querelles d’ego, sans compter les positionnements opportunistes et électoralement stratégiques ont encore la vie belle. Et la vie politique locale ressemble vraiment à un “manger cochon”. Ce qui explique pourquoi les électeurs sont de plus en plus nombreux à bouder les urnes tant ils ne se retrouvent plus dans ce “galimatias” où tout le monde veut être Calife à la place du Calife.

 


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