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Allocation logement accession : Thierry Robert et Michel Dennemont ont voté pour la suppression

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La députée Nathalie Bassire « LR » et le sénateur Jean-Louis Lagourgue « Les Constructifs », se sont quant à eux abstenus. Tous les autres parlementaires de La Réunion ont voté contre la suppression de l’aide personnalisée au logement et la suppression de l’APL accession.

Moralité de l’histoire (vraie), c’est que certains députés et sénateurs font semblant de pleurer avec le peuple lorsqu’ils se trouvent dans l’île, mais, une fois de retour à Paris, ils n’hésitent pas à « poignarder » dans le dos ce même peuple en votant avec le gouvernement. C’est ce qui s’est passé concernant le vote des articles relatifs à la suppression de l’APL et de l’APL Accession figurant dans le projet de loi des finances (PLF 2018) examiné puis voté par le Parlement en novembre 2017.

Lorsque le PLF est passé en première lecture à l’Assemblée nationale, Thierry Robert « MoDem » a voté pour la suppression de l’APL, Nathalie Bassire s’est abstenue. Puis le texte est allé devant le Sénat où Michel Dennemont (notre photo ci-contre) «La République En Marche ! » a également voté pour la suppression tandis que Jean-Louis Lagourgue « Les Constructifs » s’est abstenu.

En revanche, les autres parlementaires (les sénatrices Nassimah Dindar et Vivianne Malet ainsi que les députés Huguette Bello, Jean-Hugues Ratenon, David Lorion, Ericka Bareigts et Nadia Ramassamy) ont voté contre la suppression de l’allocation logement accession.

Rappelons que l’APL accession est une aide qui permet à de nombreuses familles à revenus modestes de devenir propriétaires. Ce dispositif, qui a été supprimé depuis le 1er janvier dernier par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, leur permettait de se faire rembourser une partie de leur prêt immobilier contracté auprès des banques justement pour acquérir une case.

Faut-il également rappeler qu’à La Réunion, la suppression d’un tel dispositif n’est pas conséquences pour le secteur du BTP. Cela représente en effet un coup dur pour environ 300 petites entreprises qui risquent de disparaître, sans compter que plus d’un millier d’emplois sont menacés. Tous les parlementaires ainsi que de nombreux élus (maires, conseillers départementaux et régionaux) se sont mobilisés pour défendre l’APL accession. Idem pour la FRBTP dont le président Bernard Siriex lors d’un déplacement à Paris avait remis une motion aux conseillers de Matignon et de l’Elysée. Idem aussi pour les présidents des chambres consulaires (Chambre des Métiers et chambre de commerce). A l’initiative du député « LR » David Lorion, plusieurs députés ont cosigné un texte pour demander le rétablissement de ce dispositif. Le BTP avait également organisé une manifestation à Saint-Denis pour protester contre cette suppression avant de remettre une motion au préfet Amaury de Saint-Quentin.

Dans les deux principales collectivités locales (Région et Département), les élus ont fait voter une motion. Fin de l’année dernière, la députée Huguette Bello avait également interpellé le gouvernement sur ce dossier avant de déposer une motion auprès du ministre de la Cohésion et des Territoires. Lors de son déplacement dans l’île les 26 et 27 février dernier, Jean-Louis Borloo avait déclaré : « c’est juste idiot », pour parler de la suppression de ce dispositif.

Comble de l’histoire : même le député Thierry Robert et le sénateur Michel Dennemont sont, localement, montés au créneau pour se faire l’avocat de l’APL accession. Le vendredi 23 février dernier, le député « MoDem » de la 7ème circonscription avait rencontré les membres du cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics pour leur faire part des « conséquences dramatiques » de la disparition de ce dispositif.

Quant au sénateur Dennemont, il en a directement parlé au Premier ministre. Sauf que Thierry Robert et Michel Dennemont ont bel et bien voté pour la suppression de l’APL accession, tandis que Nathalie Bassire et Jean-Louis Lagourgue, qui sont des parlementaires proches du président de Région, se sont abstenus.

Pourquoi avoir voté pour une telle suppression ou s’être abstenus ? Pourquoi ne pas avoir voté carrément contre ? Qu’y avait-il à négocier ?

Les mauvaises langues prétendent que « c’est parce que deux des parlementaires ont des casseroles et voulaient donc bien se faire voir en votant avec le gouvernement, tandis que les deux autres voulaient envoyer un signal au mouvement présidentiel que certains élus locaux voulaient rejoindre après avoir publiquement déchiré leur carte LR ». Faudrait-il y voir par ailleurs une « trahison » des Réunionnais de la part de ces députés et sénateurs à travers ce vote en faveur de la suppression de l’APL accession, en faveur du gouvernement Macron-Philippe ? A noter que le vote du PLF 2018 était intervenu en fin de l’année dernière…

Y.M.


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