Kim, surfeur de 29 ans, décède d’une attaque de requin à Saint-Leu (PHOTOS/VIDEO)

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Cet après-midi vers 17h, un jeune homme pratiquant le surf est décédé des suites d’une attaque de requin à Saint-Leu. Il s’agit de Kim Mahbouli, 29 ans.

À 16h20, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de La Réunion (CROSS) a été alerté d’une possible attaque de requin à Saint-Leu par le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS). Celui-ci a été avisé par un témoin qu’un surfeur aurait disparu de la surface de l’eau et que seule sa planche était visible depuis le rivage.

Des moyens importants de secours ont alors immédiatement été engagés : la section nautique du SDIS, un équipage du service médical d’urgence et de réanimation, la section aérienne de la gendarmerie (SAG), 15 gendarmes et 3 policiers municipaux.

Sortie de l’eau par la brigade nautique du SDIS , la victime présentait de profondes blessures. Malgré l’intervention des secours, elle n’a pu être réanimée.

Olivier Tainturier, sous-préfet de Saint-Paul, s’est rendu sur place avec des agents du centre de ressources et d’appui pour la réduction du risque requin (CRA). Une équipe de la cellule d’urgence médico-psychologique a été dépêchée pour le soutien des personnes présentes au moment du drame.

La procédure post-attaque activée par le préfet

Ce dispositif, qui prévoit la réalisation d’opérations de pêche ciblées aux alentours immédiats du lieu de l’attaque pour une durée de 72 heures, sera mis en œuvre par le CRA, dès que les conditions de mer le permettront.

La Réunion étant exposée au risque requin, un arrêté préfectoral est en vigueur afin d’interdire les activités les plus exposées, dans la bande des 300 mètres du littoral, sauf dans le lagon et, en dehors du lagon, dans les zones surveillées définies par arrêté municipal et lorsque celles-ci sont opérationnelles. Le respect de cette mesure est essentiel pour préserver la sécurité des usagers de la mer et limiter les risques d’accident.


Réaction du Préfet de la Réunion, Amaury de Saint-Quentin

Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion, fait part de son émotion face à ce drame. Il rappelle la nécessité de respecter la réglementation en vigueur et en appelle à la responsabilité de tous.

Réaction du Maire de Saint Leu

La ville de Saint-Leu est en deuil. Le Maire Bruno Domen et les membres du Conseil Municipal adressent leurs sincère condoléances à la famille du jeune homme »

Réaction du Député Jean-Luc Poudroux

Je viens d’apprendre le décès d’un surfeur suite à une attaque de requin qui s’est produite cet après-midi à Saint-Leu. Je tiens à m’associer à la famille de la victime, à ses proches ainsi qu’à la communauté des surfeurs qui a repêché son corps et je leur présente mes sincères condoléances.
Quand bien même Monsieur le Préfet de La Réunion a appelé à la prudence, cette triste nouvelle rappelle l’urgence relative au risque requin sur notre île. Je réitère mes demandes pour que des dispositifs rapides et efficaces soient mis en place afin que de tels événements dramatiques, trop nombreux depuis ces dernières années, ne se reproduisent plus.

Réaction de Jean-François Nativel (Association OPR, Océan Prévention Réunion)

“D’après les premières informations, Ils étaient que 3 dans l’eau du fait de la houle solide, 2 étaient équipés d’un dispositif magnétique, lui n’en avait pas, mais il était juste à côté de l’un d’entre eux… Ça n’aura pas suffi à dissuader le prédateur. Paix à son âme, et pour N’oublions pas ceux qui portent des responsabilités dans notre tragédie, qui a conduit à transformer nos enfants en chair à requin, et nos plages en cimetière.”

Cette nouvelle attaque de requin porte à 11 le nombre de morts depuis 2011. Elle démontre que les politiques publiques successives, les millions d’euros dépensés et les soi-disant « plans d’urgence » ont tous étés un échec depuis 2011.
L’interdiction d’accès à l’océan en vigueur a déjà été reconduite 9 fois depuis le 26 juillet 2013, et plus personne n’y croit ou ne la respecte. L’État a eu le temps, l’État a échoué.
Il était impossible de toute façon d’imaginer la faire perdurer ainsi une mesure aussi injuste, dans une île tropicale isolée, avec un océan particulièrement attractif et propice pour les activités nautiques.
Le caractère provisoire de cette interdiction nécessitait dès le début une réponse forte et proportionnée à la gravité de la situation, mais les autorités ont préféré continuer à « jouer au requin », avec des expérimentations sur cobayes humains.
Nous explosons tous les records mondiaux, avec un risque mille fois plus forts que partout ailleurs, rapporté au nombre de personnes exposées au danger. Et pourtant, le sous-préfet, fraîchement débarqué clame que “le risque zéro n’existe pas”, il prouve même qu’il est en dessous du niveau zéro de connaissance et de réalisme.
En effet, pour l’instant en 2019 il y a eu 25 attaques de requins dans le monde, et seulement 2 mortelles :
elles sont toutes les 2 à la Réunion ! Comment dans ces conditions oser évoquer la fatalité “d’une normalité” statistique ???
Nous étions déjà, malgré l’interdiction, champion du monde en 2017, avec 2 morts sur les 5 recensés pour la planète entière cette année-là. Nous allons l’être en 2019 également.
En aucun cas on pourrait réduire notre tragédie à une simple « fatalité incompressible ». La crise requin n’est pas une question d’argent, mais bien de courage politique. On peut mettre 100 millions demain, que cela ne résoudra rien.

Les autorités sont dépassées, comme l’expriment leurs communiqués réguliers « d’appel à la prudence », qui vise juste à masquer leurs propres carences. Il faut être de mauvaise foi sidérante pour appeler « à la prudence » quand des vies sont en jeu, s’agissant d’une soi-disant interdiction formelle, pourtant bafouée tous les jours à la vue de tous. Comment blâmer les passionnés quand on sait qu’il n’y a jamais eu de plage « sécurisées protégées ou aménagées » pour les activités nautiques ni à Saint-Pierre, ni à l’Étang-Salé, ni à
Saint-Leu, ni à trois bassins depuis 2011, et à peine quelques tentatives aussi couteuses que dérisoires à Saint-Paul ?
En attendant, tant que nous serons les habitants d’une île, la mer fera partie de notre milieu, aller à l’encontre de cette évidence témoigne d’un grand mépris.
Le risque exceptionnel qui frappe notre territoire ne peut perdurer indéfiniment. L’enjeu de la préservation des activités économiques essentielles liées au tourisme, mais aussi et surtout la sauvegarde des vies humaines nécessite enfin l’approche inédite proposée depuis longtemps par les acteurs de terrain.
En attendant, les autorités amènent à banaliser ce genre de drame, au même titre qu’on accident mortel de voiture. Il y a en moyenne 750 000 morts par an par accident de voiture, contre seulement 6 par attaque de requins. Aussi horrible soit-elle, la mort par accident de voiture ne jettera jamais l’effroi sur une destination touristique avec une intensité comparable à celle d’une attaque de requin.
La Réunion continuera de voir sa réputation et son image détruite avec un focus international qui n’ira qu’en grandissant, tout comme les dissensions qui fragilisent notre modèle d’unité.
Plus que jamais aujourd’hui, nous demandons à ceux qui décident pour nous depuis Paris cesse de nous prendre pour des moins que rien, pour de la chair à requins.


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