Vincent Defaud

Téléphérique de Grand Bassin : signez la pétition contre ce projet destructeur de l’environnement !

Un collectif citoyen d’habitants et d’amoureux de Grand Bassin a lancé une mobilisation et a mis en ligne une pétition contre le projet de téléphérique desservant ce site exceptionnel de notre île. Le conseil municipal du Tampon a en effet voté, en décembre 2020, en faveur du projet de téléphérique de Grand Bassin d’un coût de 4 millions d’euros sans consultation de la population vivant dans cet endroit extraordinaire avec toutes ses structures touristiques traditionnelles et authentiques.

Génération Ecologie La Réunion se joint aux pétitionnaires et soutient la mobilisation citoyenne visant à protéger cet écrin naturel en danger. En 2017, les militants écologistes s’étaient engagés dans la bataille pour la préservation de la ressource en eau de Grand Bassin . Naturellement Génération Ecologie appelle à signer la pétition contre ce projet de téléphérique en reprenant les arguments du collectif citoyen.

La municipalité justifie ce projet au nom de l’intérêt économique et touristique. Mais celui-ci n’est pas attendu par la population qui craint la disparition de leurs structures touristiques familiales faisant la renommée du site et garantissant une qualité de vie remarquable car Grand Bassin jouit d’une spécificité intégrale, son accès préservé à pied !

Ce joyau naturel est un vestige, protégé dans une certaine mesure, des actions humaines polluantes et dégradantes pour le site et ses alentours bénéficiant en plus de la vigilance générale de ses habitants.

Ce projet de téléphérique va transporter des centaines de personnes par jour, dans un lieu bénéficiant justement d’un calme et d’une ambiance spécifique corrélée à son accès à pied. Avec un téléphérique, aller à Grand Bassin se fera sans effort, sans le plaisir de la randonnée. Ce lieu tombera dans la catégorie du tourisme de masse, des sites bondés, ayant perdu toute âme, avec tous les risques de pollutions, sonore en particulier.

Les institutions concernées par ce projet (ONF, Parc National, associations reconnues de protection de la Nature/de l’avifaune, Commission des sites) ont-elles été consultées ? Quant est-il du principe de précaution et de la prévention des risques à l’heure des catastrophes écologiques surtout sur les parois classées en zone rouge.

La municipalité du Tampon est dans l’erreur et doit annuler sa décision au nom du bon sens. Les élus représentent la population et sont redevables de leurs actions et décisions pour l’intérêt public. Ils doivent donc réexaminer le Plan Local d’Urbanisme et le plan d’aménagement et de développement durable pour Grand Bassin. Les élus doivent aussi revoir leur décision car cet aménagement défigurera la montagne, risquera de faire disparaitre les structures touristiques et patrimoniales existantes et compromettra l’équilibre de l’écosystème, notamment celui du Pétrel Noir de Bourbon, une espèce très rare et en voie d’extinction.

Face à ce projet de téléphérique destructeur de l’environnement, signez et faîtes la pétition !

VINCENT DEFAUD, membre du Conseil Exécutif de Génération Ecologie, chargé des Outre-mer, référent départemental de Génération Ecologie La Réunion

Examen du projet de loi Climat : L’heure est à la mobilisation des parlementaires réunionnais

Citoyens, ONG environnementales, scientifiques, élus et instances consultatives dénoncent le manque d’ambition criant du projet de loi « Climat et résilience » au regard des objectifs climatiques de la France, et le fait qu’il ne respecte nullement les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat où siégeait d’ailleurs un Réunionnais. 

Le verdict rendu ce mardi 23 février 2021 par le Haut Conseil pour le Climat, instance indépendante, sur l’évaluation de l’efficacité du projet de loi, est implacable. En l’état le projet de loi ne permet absolument pas de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% en 2030, là où l’effort attendu devrait être bien supérieur selon le rapport du GIEC. 

Le Haut Conseil pointe un « manque d’ambition sur la portée, le périmètre ou le calendrier » des mesures, confirmant ainsi nos inquiétudes.  Il souligne que les délais de mise en œuvre des mesures prévues sont « manifestement incompatibles avec le rythme attendu de l’action contre le changement climatique et le rattrapage du retard pris par la France dans l’atteinte de ses budgets carbone ». Il regrette un manque de transparence et de clarté de l’étude d’impact présentée par le Gouvernement, et dévoile une manipulation méthodologique avec des « doubles comptes » consistant à additionner les effets de mesures préexistantes et celles prévues par le projet de loi.

Génération Écologie La Réunion salue le travail du Haut Conseil pour le Climat, qui par cet avis confirme l’utilité de cette instance et son indépendance.  Il existe un consensus désormais clair et indiscutable de tous les experts sur l’insuffisance d’un texte qui devrait pourtant être décisif. La France, clairement en retard sur l’objectif de réduction de 40% des émissions nationales de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, devra déjà être dans une dynamique de rehaussement de ses objectifs au regard du nouvel objectif climatique européen qui fixe une réduction des émissions à 55% en 2030. Ces préconisations sont valables pour La Réunion, terre de résilience déjà fortement impacté par le réchauffement climatique.

Pour Hubert JULIEN-LAFERRIERE, député du Rhône et porte-parole national de Génération Écologie, seul un sursaut de la représentation nationale pourra tenter de remédier à ces carences. Les parlementaires réunionnais devront donc se mobiliser car les citoyens et la génération climat de notre île l’attendent. Il est encore temps de donner enfin à ce projet de loi l’ambition nécessaire à l’atteinte de nos objectifs climatiques, dans le respect du travail mené par la Convention Citoyenne pour le Climat. 

Vincent DEFAUD, membre du Conseil Exécutif de Génération Ecologie, chargé de l’écologie de la mer et des Outre-mer, Référent Départemental de Génération Ecologie La Réunion

Projet de loi Climat : le compte n’y est pas !

Le projet de loi «

portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets » présenté ce mercredi 10 février 2021 en conseil des ministres tourne le dos aux ambitions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Le lyrisme de l’exposé des motifs du texte qui affirme vouloir une « transformation sans précédent dans l’histoire de notre pays » constitue en l’état une publicité mensongère dont personne n’est dupe. 

Le constat est sans appel : de « jokers » en « jokers », les mesures les plus structurantes face à l’urgence climatique sont écartées, en particulier celles qui s’inscrivent en rupture avec le consumérisme. Comme le relève l’avis du Conseil économique, social et environnemental, les dispositions du projet de loi sont « insuffisantes », et « souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine ».

La Convention Citoyenne pour le Climat – dont un certain nombre de membres étaient issus des Outre-mer – était un exercice inédit de démocratie délibérative qui portait beaucoup d’espoirs : celui de passer enfin à l’action et d’accomplir un grand pas en avant pour le climat. Mais aussi celui de s’appuyer enfin sur la délibération citoyenne pour passer outre les résistances, qui bloquent tout changement écologique sérieux depuis des années. Il faut croire, à la lecture du texte, que le poids des lobbys et le conformisme de la technocratie tiennent leur revanche

Alors que le gouvernement a été condamné la semaine dernière pour « carence fautive » dans l’Affaire du siècle, que l’année 2020 a encore battu les records de température, ce texte ne permettra absolument pas à la France de réduire de 40% ses émissions d’ici 2030 par rapport à 1990, ni d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Comme le rappelle le nouveau porte-parole national de Génération Ecologie, le député du Rhône Hubert Julien-Laferrière, le Parlement a le devoir de rétablir l’esprit et la lettre des propositions de la Convention Citoyenne et la société civile à se mobiliser. Si une politique cohérente à la hauteur de l’urgence écologique relèvera assurément des grands choix démocratiques de 2022, il n’est pas trop tard pour améliorer le texte et gagner des avancées.

VINCENT DEFAUD, membre du Conseil Exécutif de Génération Ecologie, chargé des Outre-mer, Référent Départemental de Génération Ecologie La Réunion

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