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“Les prix vont fatalement augmenter” : cri d’alerte des producteurs péi

Lors du Conseil des Ministres de l’agriculture du 21 septembre 2020, les Ministres français, espagnol, et portugais de l’agriculture, soutenus par la Grèce, ont demandé à la Commission de revenir sur son projet de baisse du budget du POSEI de 3,9% pour la prochaine période de programmation budgétaire (2021-2027). Le Commissaire européen à l’agriculture n’y a pas donné droit, malgré plusieurs gestes d’ouverture qui avaient été faits par différents Commissaires ces deux dernières années.

Cette position singulière et inattendue pousse aujourd’hui La Production Locale Réunie, avec le soutien de la Chambre d’agriculture, à communiquer son incompréhension et à alerter sur les conséquences catastrophiques qu’une baisse du POSEI aurait pour la pérennité du modèle agricole et agro-industriel des DOM.

I. UNE BAISSE DU BUDGET DU POSEI QUI SE TRADUIRAIT PAR 25 MILLIONS D’EUROS EN MOINS POUR L’AGRICULTURE REUNIONNAISE SUR LA PERIODE 2021-2027

La proposition de la Commission représente une réduction de l’aide aux régions ultrapériphériques de 3,9 % sur la prochaine période budgétaire, soit 11 millions d’euros de moins pour l’agriculture des DOM tous les ans, c’est-à-dire 77 millions d’euros de moins sur la période 2021-2027.

Pour chaque filière ultramarine, cela représente :

  • –  35 M€ de moins pour la filière banane ;
  • –  21 M€ de moins pour la filière canne-sucre ;
  • –  8,5 M€ de moins pour la production animale ;
  • –  4 M€ de moins pour la diversification végétale ;
  • –  7 M€ de moins sur le régime spécifique d’approvisionnement (RSA). Les éleveurs seraient pénalisés deux fois car la Commission lie la baisse de l’enveloppe du POSEI à une baisse similaire du plafond du RSA, ce qui va renchérir le coût de l’aliment pour bétail.Les filières agricoles de La Réunion verraient leurs aides baisser de 25 millions d’euros sur la période 2021-2027.

    Ce montant est considérable, alors que l’enveloppe actuelle du POSEI est intégralement consommée depuis plus de 10 ans. Devant l’insuffisance des crédits européens pour faire face aux besoins de l’agriculture des DOM, la France a été obligée de compléter cette enveloppe POSEI par des aides nationales, appelées « aides du CIOM », qui représentent un budget de 40M€ tous les ans.

    La Production Locale Réunie, soutenue par la Chambre d’agriculture, interpelle fortement l’État depuis plus de deux ans pour que ces fonds nationaux soient revalorisés car ils sont notoirement insuffisants.

    Dans ce contexte, il est aussi inconcevable qu’incompréhensible d’envisager une baisse du budget du POSEI, ce d’autant que ce fond européen n’a jamais été revalorisé depuis 13 ans, alors que l’inflation a été de près de 20 % sur la période 2007-2020.

    Rappelons que la baisse envisagée représenterait 77 millions d’€ par an pour tous les DOM, somme qui est fondamentale pour nos agriculteurs mais qui paraît dérisoire ramenée aux 336 milliards de budget de la PAC sur la période 2021-2027 (soit 0,023%).

  • II. UNE BAISSE DU BUDGET DU POSEI QUI REMETTRAIT FRONTALEMENT EN CAUSE LE MODELE DE DEVELOPPEMENT AGRICOLE DE LA REUNION

    Toute baisse du budget du POSEI remettrait en cause la stratégie de développement de l’agriculture réunionnaise portée par les filières de production locale. Elle mettrait en péril la pérennité du modèle agricole réunionnais dont les éléments fondamentaux et les impacts pour notre ile sont exposés dans le Livre Blanc de la PLR1, remis au Président de la République en octobre 2019 lors de sa visite à La Réunion.

    Cette baisse serait donc contradictoire avec la feuille de route que le Président de la République française a fixé à nos filières locales de production lors de son déplacement à La Réunion en octobre 2019 :

    « L’agriculture réunionnaise est un modèle de réussite pour les Outre-mer. C’est une réalité, et les producteurs que nous avons rencontrés ce matin en sont un parfait exemple. C’est une réussite et une fierté pour la France et les Réunionnais. Ce que nous avons décidé de faire, c’est de nous appuyer sur cette réussite, et en lien avec les agriculteurs et le Département, de bâtir une stratégie permettant d’une part […] de passer de 70% de l’alimentation réunionnaise en production locale à 100%, et d’autre part de développer l’export de produits à haute valeur ajoutée. »

    Emmanuel Macron, Président de la République. Ile de La Réunion, le 25 octobre 2019

    Soulignons en outre que le contexte actuel du Covid-19 souligne encore davantage et avec force la nécessité, plus vitale et plus complexe dans nos régions isolées, de produire localement, de renforcer notre souveraineté alimentaire et de maintenir les milliers d’emplois qui dépendent de ce secteur dans les DOM (cf. indicateurs du Livre blanc).

    Alors que l’Union européenne augmente son budget à travers un vaste plan de relance pour soutenir l’économie et renforcer la souveraineté européenne, il serait incompréhensible qu’elle envisage simultanément de baisser le budget du POSEI.

    Le POSEI s’inscrit en effet dans le cadre de l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui prévoit une adaptation de la Politique agricole commune (PAC) à la situation spécifique des RUP, régions les plus vulnérables de l’Union. Cet article vise notamment à compenser les effets des handicaps structurels que connaissent les RUP par rapport à l’Europe continentale, et à soutenir leur modèle de développement agricole et agroalimentaire.

    Cet objectif ne peut pas être atteint si on demande à nos Régions de faire face à plus de handicaps que leurs équivalents métropolitains, avec un budget en recul.

    Accepter cette baisse reviendrait, purement et simplement, à mettre un coup d’arrêt brutal aux projets de développement engagés par les filières et appelés de leurs vœux par les pouvoirs publics pour renforcer notre souveraineté alimentaire.

    1 Le Livre Blanc présente les grandes valeurs de l’agriculture, la pêche, l’agroalimentaire et l’industrie réunionnaises. Il est consultable sur www.production-locale.re

    III. UNE BAISSE DU BUDGET POSEI QUI SERAIT CONTRAIRE AUX ENGAGEMENTS PRIS PAR LES DIFFERENTES INSTITUTIONS COMMUNAUTAIRES

    Le Parlement européen a déjà fait connaitre, via une déclaration politique du 30 juin 2020, son souhait de rétablir le budget du POSEI pour la période 2021-2027. Il a déjà officiellement voté en ce sens pour la période transitoire de la PAC, et la Commission agriculture du Parlement a pris un amendement prévoyant le maintien de ce budget jusqu’en 2027.

    La France, l’Espagne et le Portugal, de leur côté, ont officiellement exprimé leur souhait de maintenir le budget du POSEI à son niveau actuel, d’une part dans une lettre commune adressée au Commissaire à l’agriculture le 9 octobre 2018, et d’autre part dans une déclaration politique commune endossée également par les Présidents des neuf Régions Ultrapériphériques d’Europe (Açores, Canaries, Guadeloupe, Guyane, Madère, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Martin) en novembre 2019. Cette position a été réaffirmée lors du Conseil des ministres de l’agriculture du 21 septembre 2020. Il convient que ces trois pays fassent désormais le nécessaire pour que leur revendication soit soutenue par une majorité d’États-membres.

    S’agissant de la Commission, le précédent Commissaire à l’agriculture, Monsieur Phil Hogan, avait déclaré le 26 juin 2018 à une délégation de 180 représentants de l’agriculture des RUP réunie à Bruxelles, que « la Commission va soutenir toute proposition des États-membres ou du Parlement européen ayant pour objectif de ne pas avoir de coupe dans le programme POSEI après 2020 ».

    Lors de son allocution donnée à l’issue de cette rencontre, le Commissaire a été encore plus précis, faisant valoir qu’il ferait « tous les efforts possibles pour permettre que les paiements que les agriculteurs d’Outre-mer reçoivent, continuent comme aujourd’hui après 2020. Ce sera le même budget qu’auparavant. Avec le solide soutien du Président Juncker, j’espère que nous serons capables de finaliser les négociations budgétaires avec tous les États-membres et le Parlement européen, et je suis très confiant quant à la réalisation de cet objectif ».

    Le 14 novembre 2019, recevant une délégation d’élus réunionnais, le Commissaire actuel à l’agriculture, Monsieur Wojciechowski, a à son tour « pris l’engagement de soutenir le maintien du budget (POSEI) pour la prochaine période de programmation 2021-2027 ».

    IV.LA PRODUCTION LOCALE REUNIE DEMANDE LE MAINTIEN DU BUDGET DU POSEI

    -Nous appelons donc d’une part la Commission à assouplir sa position sur le budget du POSEI, et d’autre part la France à réunir une majorité au Conseil sur la proposition franco-hispano- portugaise, dans un sens conforme avec celle déjà exprimée par le Parlement européen.

    -Nous appelons également, et avec la même force, la France à revaloriser l’enveloppe dite du « CIOM », dont le niveau est notoirement insuffisant, à un niveau qui permette d’atteindre les objectifs de développement de la production locale fixés par le Président Macron lors de son déplacement sur notre île en octobre 2019.

    V. LES ACTIONS ENGAGEES PAR LA PLR

    En association avec les autres régions ultra périphériques, différents courriers ont été adressés à Mme Ursula VON DER LEYEN Présidente de la Commission européenne, à M. Janusz WOJCIECHOWSKI Commissaire à l’Agriculture, à Mme Julia KLÖCKNER Ministre fédérale allemande de l’Agriculture et Présidente du Conseil des Ministres de l’Agriculture.

    En association avec toutes les filières de production des DOM, un courrier a été adressé au Ministre de l’Agriculture M. julien DENORMANDIE.

    Au niveau local, les filières réunionnaises ont mobilisé les parlementaires et représentants des collectivités locales, parmi lesquels trois sénateurs et quatre députés réunionnais se sont associé à 19 autres parlementaires pour adresser un courrier de soutien au Président de la République.

    Vous trouverez ci-joint l’ensemble des courriers cités ci-dessus.

    • • • •

    VI.LES PROCHAINES ETAPES

    1-2 octobre : Conseil européen (réunion des chefs d’État et de gouvernement) ;
    15-16 octobre : Nouveau Conseil européen (réunion des chefs d’État et de gouvernement) ; 17-18 octobre : Conseil des ministres européens de l’agriculture.

    29 octobre : début de l’examen de la seconde partie du Projet de lois de finances pour 2021 (partie « dépenses ») par le Parlement français.

    Joel SORRES, Olivier ROBERT, Frederic VIENNE, Sylvie LEMAIRE, Daniel MOREAU et Claude BIHRY
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legnoc
Invité
legnoc

Les gens ne vivent qu’au travers des aides de l’Etat !!! et qui paie ???? c’est les contribuables !!!!

Zef
Invité
Zef

Europe createur de feignasse !!!

Freedom Fighter
Invité
Freedom Fighter

Vive le Frexit

Dany
Invité
Dany

Je ne suis pas inquiet. Creoles de toute facon i aime critique, lé jamais bon donc moin va taxe a zor encore plus zot nora de quoi crié et appel la radio pou plaindre a zot et au final zot i achete meme

Jean
Invité
Jean

Bravo et moin aussi en tant que agricilteur je ferait la meme chose que vous

jfhaujourd’hui
Invité
jfhaujourd’hui

Du chantage ! un point c’est tout ! a force d’être assisté et toujours demander l état se dit ne pad être une vache à lait , n’est pas agriculteur qui veut ! et les coopératives genre LM savent comment vous exploiter et en final le contribuable paye la note !! BRAVO ET CONTINUEZ DANS CE SENS

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