Carrière « les Orangers » : avis favorable de la municipalité de Saint-Benoit

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L’enquête publique lancée par les services de l’Etat pour l’exploitation de cette carrière sur le territoire bénédictin s’est achevée le 31 août dernier. Elle aura duré un mois. La carrière « Les Orangers » à Sainte-Anne que la société Teralta Granulat Béton Réunion a demandé à exploiter a été déclarée « recevable » par le préfet. La procédure veut que la municipalité doit également donner un avis. C’est ce qui a été demandé aux élus de Saint-Benoît lors de la séance du conseil de ce mardi soir présidé par le maire Jean-Claude Fruteau. Mais avant tout, ce dernier a d’abord fait observer une minute de silence en hommage à Younouss Issa, décédé le 11 juillet dernier. Younouss Issa a été 1er adjoint de Jean-Claude Fruteau durant trois mandats, ainsi que conseiller général et conseiller régional. Jean-Claude Fruteau a également procédé au remplacement de Maurice Chan-Fat, 4e adjoint, qui a décidé de démissionner de son poste d’adjoint et de son mandat de conseiller municipal de la majorité. Sa démission a été acceptée par le préfet le 30 août dernier. C’est Jules Véri, l’élu de l’Abondance, qui fait son entrée au sein du conseil.

Mais revenons à la carrière « Les Orangers » qui sera exploitée sur un terrain agricole de 46 hectares. Monique Marimoutou-Tacoun, élue de l’opposition, (voir notre photo ci-dessus) a été la première à monter au créneau sur ce dossier, hier soir, en interpellant le maire sur plusieurs points : les nuisances sonores (combien de décibels ?), le trafic de camions qui va être généré par l’exploitation de cette carrière de 7 heures à 20 heures et durant une période de 15 ans ainsi que sur sa remise en état par rapport aux phénomènes climatiques, par exemple Fakir, qui n’était même pas un cyclone et qui, malgré tout, en un temps record a provoqué des dégâts importants. Autre problématique soulevée par l’élue : la compatibilité de l’exploitation de la carrière avec le SCOT (Schéma de cohérence territoriale) dont les travaux ont été suspendus en 2016.

Présents au conseil municipal, des représentants de Teralta ont répondu. « Concernant les nuisances sonores, des études ont été faites en 2008, 2012 et 2017 et les décibels seront inférieurs à 65 ; Concernant la remise en état, tout sera fait pour permettre la mécanisation agricole et pour éviter le ravinement ». Jean-Luc Julie, de l’opposition, est lui aussi intervenu pour dénoncer « la dévitalisation » de tout un secteur. Il a également pointé du doigt les problèmes de sécurité routière et d’embouteillages que vont générer « les 350 rotations de camion par jour ».

Réponse de Teralta : « tout va être mis en œuvre pour redonner des surfaces agricoles avec une meilleure rentabilité. Quant à la sécurité routière, les camions seront équipés d’un dispositif de géolocalisation et leurs chauffeurs seront sanctionnés s’ils ne respectent pas la réglementation en la matière. Concernant les rotations, ce sont 170, ce qui équivaut à 350 passages/jour. Mais la Région a dit que la RN2 peut accepter ce trafic supplémentaire de l’ordre de 4% ». Réflexion de Jean-Luc Julie : « on voit que vous n’habitez pas à Saint-Benoit ».

Patrice Selly (voir notre photo ci-dessus), lui aussi élu de l’opposition et responsable du groupe (de deux personnes) de « Ensemble pour une ville nouvelle » s’est montré le plus virulent sur ce projet de carrière. Il a posé plusieurs questions : « quel est l’intérêt de cette carrière pour Saint-Benoît ? Quels sont les bénéfices que la commune va en retirer ? Quelle contrepartie financière ? Quel sera le montant de la redevance ? Y’a-t-il compatibilité avec le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune qui date de 2011 et qui est toujours en cours de révision ? Cette carrière est-elle compatible avec l’arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux relatif au schéma départemental des carrières à La Réunion ? Quelles sont les préconisations émises par l’Autorité environnementale ? ». Il a rappelé qu’en mai dernier, la municipalité de Bras-Panon a émis un avis défavorable sur un projet de carrière pourtant déclaré recevable par le préfet.

Les représentants de Teralta ont répondu que « l’arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux ne concernait pas la carrière « Les Orangers », que « les matériaux extraits serviront à alimenter les centrales à béton de la société installées à Saint-André et à Sainte-Marie, qu’ils serviront aux travaux d’aménagement de la zone Nord et Est, alors que pour l’instant, ces matériaux viennent de la région Ouest » et, enfin, que « cette carrière créera 70 emplois localement ». Concernant le coût des mesures préconisées pour l’exploitation, il sera de l’ordre de 2,5 millions d’euros, intégralement à la charge de Teralta. La commune n’aura pas à débourser un seul euro. Le dossier a été mis au vote. Patrice Selly et sa collègue Mme Mariaye-Médard ont voté contre. Jean-Luc Julie, Monique Marimoutou-Tacoun et Eric Caritchy se sont abstenus. La majorité a voté pour.

Maison Morange cédée : « patrimoine bradé » ?

Il s’agit d’un bien immobilier d’une surface de 5 516 m2 abritant un terrain attenant avec espace vert, aire de sport et de circulation, abri extérieur et un bâtiment comprenant divers locaux. Ce bien est situé au numéro 40, chemin Safer – Morange – à Sainte-Anne. Il est le plus souvent appelé « Maison Morange » et l’Association d’Aide et Protection de l’Enfance et de la Jeunesse (AAPEJ) souhaiterait l’acquérir pour exploiter un Centre Educatif Fermé (CEF). Aux termes de longues négociations, la commune et l’AAPEJ sont parvenus à un accord. Le service des domaines a évalué le bien à 1,5 M€. La municipalité a décidé de le vendre pour 1,3 M€. Patrice Selly a d’ores et déjà fait savoir qu’il déposera un recours devant le Tribunal Administratif car il conteste cette vente. « Allez-y », lui a répondu Jean-Claude Fruteau.

Patrice Selly, avocat de profession, accuse la municipalité de « brader un patrimoine communal, un patrimoine historique et culturel ». Selon lui, « la cession de cette parcelle n’est ni justifiée, ni motivée et, en plus, vous dites que vous souhaitez faire des économies via cette vente alors que vous vendez à 200 000 euros moins cher que le prix fixé par les domaines. Pourquoi ce cadeau fait au futur acquéreur ? », s’est-il interrogé. Quasiment même son de cloche du côté de Jean-Luc Julie. Les élus du groupe « Ensemble pour une ville nouvelle » et Jean-Luc Julie ont par conséquent voté contre. Monique Marimoutou-Tacoun et Eric Caritchy ont voté avec les élus de la majorité.

 


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