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“Covid-19: le revirement de Macron”

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Dans le Journal Du Dimanche de ce week-end, Emmanuel Macron appelle « au lancement d’une initiative internationale pour mieux lutter contre les variants du Covid-19 ». Plus précisément, il note « “Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prendrons le risque que le virus nous échappe. »

C’est la première fois que le Président Macron fuit la télévision pour délivrer une analyse inédite :  la mondialisation de l’épidémie et son développement futur, la solidarité internationale et la défense commune. Cuba est le premier pays à l’avoir compris et offert son aide en envoyant des brigades de médecins partout. Il a proposé son protocole de santé à base d’interféron. Au final, Cuba compte 274 décès et 40 000 cas pour 11 millions d’habitants. Ce petit pays qui prône la solidarité internationale est sous blocus du grand voisin, les Etats Unis, qui compte bientôt 500 000 morts ! Quelle ironie !

Dans ce contexte, l’inflexion de la position française ne sera valable que si, toute affaire cessante, la priorité vise la construction d’une communauté de destin de l’Humanité. L’épisode de l’accaparement des vaccins par les pays riches devrait être la dernière manifestation d’un système de pensée obsolète.

En effet, la déclaration du Président Français est un aveu que la stratégie en vigueur n’est pas la bonne. Il est chef des armées d’un pays riche qui, selon son expression, est en « guerre contre un ennemi invisible ». Sur le champ de bataille qui est sous son commandement direct, il fait le constat de 10 mois de combat : 83 000 morts et 3 500 000 personnes contaminées.

Faut-il rappeler que son premier discours date du 12 mars 2020 alors que le Président Chinois avait lancé la mobilisation générale, le 20 janvier 2020. Le Vietnam qui a 1000 km de frontière avec la Chine a pris ses dispositions, dès le 19 janvier. Bilan : 35 morts, 2300 cas et une croissance économique positive de 2,3%; le Chef de ce pays a sauvé son économie et son peuple qui compte 100 millions d’habitants (une fois et demi plus peuplé que la France). Ils ont pu fêter le jour de l’an lunaire.

Que faisions-nous, les uns et les autres, de Janvier à Mars 2020?

À Wu Han, l’épicentre de l’épidémie et la province de Hubei, 56 millions de personnes ont été mises en quarantaine stricte. Le 24 janvier, le monde entier assistait à la construction spectaculaire, en 10 jours, du premier hôpital devant accueillir 10 000 patients car les hôpitaux traditionnels étaient saturés. Un bataillon de 4000 ouvriers travaillaient nuit et jour. Le 3 février, il était équipé et opérationnel. Des dizaines de salles de conférences et gymnases ont été réquisitionnées. Le 10 mars, le Président Chinois était en inspection à Wuhan. La guerre était presque gagnée, sur le front chinois.

L’Histoire retiendra que c’est 2 jours après cette victoire, le 12 mars, que le Président Macron annonce aux Français que nous sommes en « guerre contre un ennemi invisible ». Nous étions à 3 jours du premier tour des Municipales du 15 mars 2020. Son Chef du gouvernement, Edouard Philippe convoitait la Mairie du Havre. La priorité stratégique et tactique n’était pas la lutte contre l’épidémie. On en reparlera longtemps de cette exception française où, en pleine pandémie, la préoccupation majeure était de devenir maire.

Durant 2 mois, la Chine résistait seule face à une situation inédite, un virus inconnu. Elle a essuyé les plâtres pendant que les autres misaient sur l’effondrement du Parti Communiste. Pourtant le communiqué final du G20 virtuel du 26 mars était clair : “…Le virus ne connaît pas de frontières. La lutte contre cette pandémie exige une réponse internationale transparente, robuste, coordonnée, à grande échelle et s’appuyant sur des données scientifiques, dans un esprit de solidarité. Nous nous engageons avec force à présenter un front uni face à cette menace commune”.

Onze mois après l’adoption de cette déclaration, Macron dit :”Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prendrons le risque que le virus nous échappe. »

C’est parfait! Action !

Ary YEE-CHONG-TCHI-KAN.


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1 Commentaire



  1. “Il est chef des armées d’un pays riche”
    Avez vous vraiment réfléchi avant d’écrire votre article ?
    Un pays qui a plus de 2800 milliards de dettes, soit 125% de son PIB, n’est pas ce qu’on appelle un “pays riche”, non ?
    En faillite, oui, et pour le reste de vos affirmations, je n’ai pas les chiffres, donc je me tais.

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