Covid-19 : Run Cov, le test péi avec des résultats en moins de 30 minutes

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Ce test a été mis au point au Pôle de protection des plantes par l’équipe de diagnostic du Cirad en partenariat avec l’Université de La Réunion, le CHU et le MNHN.

“Aussi fiable qu’un test PCR classique mais beaucoup plus rapide, RunCov est un nouveau test de dépistage de la Covid-19, désormais officiellement utilisable en France*. Ce test utilise une méthode d’amplification moléculaire dite RT-Lamp. Une méthode qui intéresse le Cirad depuis quelques années en santé végétale et animale, car pouvant se déployer sur le terrain à moindre coût.

RunCov est bien plus rapide qu’un test PCR classique, plus fiable qu’un test antigénique, et ne nécessite qu’un simple appareil portatif électrique pour fonctionner. Ce test est par ailleurs capable de détecter les trois principaux variants du Sars-Cov-2 (anglais, sud-africain et brésilien). Il a été mis au point par les experts du Cirad en diagnostic moléculaire en santé végétale, basés au Pôle de protection des plantes à La Réunion (voir encadré).

Isabelle Robène du Cirad, spécialiste en mise au point de méthodes de diagnostic de maladies des plantes, à l’origine du test RunCov, explique : « La méthode de référence (RT-qPCR) nécessite un passage obligé en laboratoire avec du matériel sophistiqué pour purifier et extraire les acides nucléiques. Avec cette nouvelle méthode, dite RT-Lamp – loop mediated isothermal amplification, on peut l’utiliser sur le terrain, dans un aéroport par exemple, à l’aide d’une petite machine portable ».

De plus, « la RT-Lamp utilise des réactifs différents de ceux de la RT-qPCR ce qui permet de s’affranchir des problèmes récurrents de rupture de stocks de réactifs » . Cette technique, basée sur l’amplification de deux morceaux du génome du virus se réalise directement sur l’échantillon clinique (prélèvement nasopharyngé), sans étape d’extraction du matériel génétique, ce qui permet d’obtenir en résultat en 5 à 25 minutes. « La sensibilité est de 90 % environ, même avec de faibles charges virales, ce qui réduit la probabilité de faux négatifs ».

L’approche One Health à l’œuvre

Cette nouvelle méthode de diagnostic a été éprouvée sur différents échantillons humains et animaux, afin de s’assurer de la spécificité de détection du Sars-Cov-2. « Ce travail a pu voir le jour grâce aux collaborations initiées à La Réunion, dans le cadre d’une task-force regroupant l’université de La Réunion, le Cyroi (Cyclotron Réunion océan Indien), le CHU et le Cirad dans une approche One Health » , précise Eric Jeuffrault, directeur régional du Cirad à La Réunion-Mayotte.

Depuis plus de 10 ans, les équipes du Cirad travaillent à la mise en pratique de l’approche One Health, en collaborant entre santé humaine, animale, végétale, en particulier dans l’océan Indien. « L’approche One Health permet des collaborations inédites à l’origine de solutions innovantes, comme le démontre RunCov. ».

Le Cirad, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), étudie actuellement les conditions de protection et valorisation de son test. L’objectif est de rendre RunCov opérationnel à plus grande échelle le plus rapidement possible ; plusieurs secteurs se montrent déjà intéressés, dont le secteur aérien.

Le Pôle de protection des plantes, une infrastructure de recherche unique dans l’océan Indien

Le Pôle de protection des plantes (3P) accueille à La Réunion des équipes scientifiques (Cirad, Université de La Réunion, MNHN,…) spécialisées en pathologie et génétique moléculaire, entomologie, écologie… Celles-ci œuvrent à la protection des cultures et de la biodiversité réunionnaise, en proposant notamment des méthodes de diagnostic des maladies des plantes, de gestion écologique des ravageurs des cultures ou d’espèces invasives des milieux naturels, mais aussi en conservant des ressources biologiques dont certaines en voie de disparition. Infrastructure unique dans l’océan Indien, le 3P développe des fortes collaborations avec les autres îles (Maurice, Seychelles, Mayotte, Comores, Madagascar). Actuellement en chantier pour extension, cette plateforme de recherche deviendra en 2022 l’un des plus grandes infrastructures scientifiques du Cirad.


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