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Décès de Bruny PAYET à 98 ans : de nombreux Réunionnais lui rendent hommage

Originaire de la Rivière Saint-Louis où il est né le 1er juin 1922, Bruny Rivière était ingénieur électricien avant de devenir secrétaire général de la mairie de Saint-André sous les ordres de Raymond Vergès.
Il s’était engagé dans les Français Libres à 21 ans, à la tête de toutes les luttes syndicales du temps où il était secrétaire général de la CGTR jusqu’en 1987. Bruny Payet fut également conseiller général communiste et directeur du journal Témoignages.

Il a notamment participé au sauvetage de l’usine sucrière de Quartier Français au côté de Paul Vergès en 1955. En tant que porte-parole du Comité local de coordination pour l’autodétermination, il tenta de s’opposer à la création de la base militaire de Pierrefonds, sans succès. Il était chevalier de la Légion d’Honneur.

Les réactions

Le Président du Conseil départemental

©Photo Frédéric Rustan/Sinusoïde

C’est avec tristesse que j’apprends le décès de Bruny Payet, ancien conseiller général, ancien conseiller régional et grande figure du militantisme à La Réunion.

 Bruny Payet était un fervent défenseur du dialogue social. Il était aussi un humaniste, épris d’un grand sens de la justice et de la solidarité. Tout son engagement a été guidé par ces deux valeurs qui lui étaient chevillées au corps, et qui font de lui une personnalité respectable et admirable.

 Notre île perd un homme dont la simplicité égale la générosité et la combativité, un homme d’action qui avait le courage de ses convictions.

 A sa famille et à ses proches, j’adresse, en mon nom personnel et au nom de l’ensemble des Conseillers départementaux, nos condoléances les plus sincères.

Jacques BHUGON, Secrétaire Confédéral

LA CGTR ORPHELINE : BRUNY PAYET S’EN EST ALLÉ
En ce dimanche 13 septembre, Bruny Payet, l’ancien secrétaire général de la CGTR s’en est allé à l’âge de 98 ans, plongeant l’ensemble de la CGTR et les travailleurs qui l’on connu dans la consternation.
Membre fondateur du Parti communiste réunionnais en 1959, Bruny Payet avait dirigé la CGTR de 1971 à 1985.
Bruny, fils de petit planteur de la Rivière Saint-Louis, s’était engagé durant le deuxième guerre mondiale au sortir du lycée. Au sein du PCF d’abord, puis en Algérie où il avait été envoyé après sa démobilisation en tant qu’ingénieur. Renvoyé de l’Algérie pour militantisme, il avait rejoint, avec sa femme, la Réunion où sa vie n’a été que militantisme, au sein de la fédération de la Réunion du parti communiste français d’abord, au côté du Dr Raymond
Vergès, puis, à partir du PCR dont il est un co-fondateur avec Paul Vergès, Daniel Lallemand, Max Rivière et bien d’autres dont Maurice Labenne, ancien secrétaire confédéral de la CGTR
Depuis, Bruny n’a cessé de militer. Aux côtés de Dr Vergès dont il fut un des principaux collaborateurs à Saint-André, sous son majorat, puis à Témoignages dont il fut le directeur de publication. À ce titre il connut toutes les saisies du journal et des procès qui s’en suivaient.
Sur le plan politique, Bruny fut le candidat tous azimuts malgré la fraude, la violence et la répression qui sévissaient impunément : aux législatives dans la 27me conscription, puis à Saint-Denis dans la 1ère, aux municipales à Saint-Benoit face à David Moreau, aux cantonales à Petite Ile, à Saint-Paul (où il fut élu avec Evenor Lucas et Jean Baptiste Ponama), etc Rien ne le rebutait dès lors que les camarades le désignaient ou le réclamaient.
Etre candidat, ce n’était pas simple à cette époque de fraudes électorales, de violence et de répression, rien ne rebutait Bruny. Elu (minoritaire), comme ce fut le cas au conseil général, n’était pas plus simple. Bruny assumait.
De la même manière qu’au plan politique, il fut sans retenue aucune sur tous les terrains syndicaux : action et grève des Dockers : Bruny était là aux premières heures aux côtés des dockers ; action et grève avec les travailleurs du bâtiments sur la route du littoral, Bruny était là. Il était partout où les travailleurs agissaient.
Sur le chantier de Takamaka, sur les grandes exploitations agricoles de l’Est, dans le sud, dans la zone industrielle, partout, aux côtés des travailleurs, dans leurs luttes.
Tel était Bruny Payet. Un grand dirigeant de la CGTR et dirigeant syndical. Un grand réunionnais.
Avec lui, la CGTR perd un de ses grands fondateurs, le mouvement communiste et progressiste un grand Militant.

Huguette BELLO Maire de Saint-Paul

C’est un Monument du monde politique et syndical qui s’en va. Bruny PAYET a marqué fortement l’Histoire de La Réunion tant sa contribution est importante. Bruny PAYET est un grand combattant de la liberté et de la démocratie. Résistant, il a combattu le nazisme et le fascisme en s’engageant dans les Forces Françaises Libres. Lieutenant de vaisseau, à la fin de la guerre, sa soif de connaissances le mène à l’Ecole Supérieure d’Electricité de Paris dont il fut le premier ingénieur Réunionnais. En plus d’être un homme politique soucieux de l’intérêt général, conseiller général, conseiller régional, et un gestionnaire reconnu en tant que secrétaire général de mairie, Bruny PAYET s’est dévoué corps et âme à la cause des travailleurs à qui il a apporté grandeur et fierté. Homme d’action d’une grande rigueur, il a porté et concrétisé, par ses nombreux combats, l’espoir d’un monde meilleur pour les travailleurs. Il a porté haut les valeurs progressistes et mené tous les combats ; avec les travailleurs pour sauver l’usine de Quartier Français, pour l’égalité du SMIC qui en 1970 n’était qu’à 68% du SMIC métropolitain et ce combat de 50 années a abouti enfin en 1996 ; pour le 20 décembre chômé et férié ; contre la déportation de 631 enfants et aussi de travailleurs dans le cadre du Bumidom ; contre l’ordonnance scélérate exilant des fonctionnaires réunionnais. Contre l’apartheid et pour la fermeture du Consulat d’Afrique du Sud ; pour « l’Océan Indien zone de paix » et contre la création d’une base militaire à Pierrefonds, dans le sud de l’île, et d’une base de radionavigation du système mondial américain Oméga à Saint-Paul ; Ce ne sont là que quelques exemples des nombreuses luttes menées par Bruny PAYET. Il a dévoué sa vie pour la cause des travailleurs et la défense de leurs droits avec un acharnement qui lui a valu oppression et répression mais jamais il n’a courbé la tête. Même lorsque le 6 juin 1968, le préfet Vaudeville ordonna l’assaut du siège de la CGT à la Cour Basil à Saint-Denis pendant la grève illimitée déclenchée le 27 mai pour l’égalité du SMIC. Contact presse // Tatiana CUVELIER 0692 18 67 88 Les hautes qualités humaines de Bruny PAYET expliquent le respect et l’admiration que La Réunion lui porte. Homme à principes, homme simple et désintéressé, il incarne l’exemplarité, la ténacité et le courage de l’Homme réunionnais. Il est une référence de probité pour tous ceux qui aspirent à des responsabilités ou les ont en charge. J’en appelle à Nelson Mandela afin qu’il dise avec nous, à l’intention de Bruny PAYET : « Pour être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes… c’est vivre de manière à respecter et renforcer la liberté des autres. » Bruny, tu as été, tout au long de ta vie, un homme libre, un Réunionnais libre. Merci à toi, Bruny, d’avoir respecté, fait respecter et renforcer la liberté de tes sœurs et frères. Que la jeunesse réunionnaise suive ton exemple ! J’adresse toute mon affection et mes condoléances attristées à ta famille, à tes proches.

Joé Bédier, maire de St-André 

Bruny Payet a marqué et marquera la Réunion. Il a consacré une grande partie de sa vie à défendre les intérêts des plus faibles à travers son engagement politique et syndical. Il fut le fondateur et Secrétaire général de la CGTR jusqu’en 1987. Il a aussi occupé le poste de secrétaire général de mairie à Saint-André.

Je salue la force, la détermination et le courage, n’ayons pas peur des mots, de cet homme Réunionnais qui a lutté contre les injustices de l’époque, et ce, dans un contexte difficile où la justice n’avait pas le même sens du progrès pour notre ile.

A sa famille et à ses proches, je présente mes condoléances les plus attristées.

 

Olivier HOARAU Maire de Le port et le Conseil Municipal

C’est avec une très grande tristesse que j’apprends le décès de notre camarade Bruny PAYET. Résistant au sein des Forces Françaises Libres, Secrétaire Général de la CGTR pendant des décennies, et membre influent du Comité Central du PCR, Bruny a marqué la vie syndicale et politique de La Réunion. Je salue son engagement, son abnégation et sa détermination à mener les combats les plus durs pour la cause du peuple réunionnais. Maitrisant parfaitement la dialectique, il a su faire progresser le dialogue avec le patronat et les services de
l’État, à une époque où celui-ci était à ses balbutiements à La Réunion.
Bien qu’ayant été un artisan essentiel de notre progrès social, Bruny PAYET aura toujours su rester loin du tumulte médiatique. Je garde le souvenir d’un homme à l’esprit d’excellence, plein d’humour et d’élégance. Ceux qui l’ont côtoyé disent de lui combien la loyauté et l’amitié étaient des valeurs indissociables de sa personnalité.
Les Réunionnais perdent un frère d’arme, l’un des plus emblématiques de leur émancipation, de leur capacité aujourd’hui à traiter d’égal à égal avec quiconque et de leur fierté d’être acteurs de leur destin.
À sa famille et à ses proches, je présente mes plus sincères condoléances.
La Ville de Le Port où a vécu Bruny Payet saura très prochainement lui rendre hommage. D’ores et déjà je fais mettre tous nos drapeaux en berne en signe d’adieu à Bruny.
Salut camarade.

Wilfrid Bertile

Bruny Payet nous a quittés après une longue vie consacrée à la lutte pour les travailleurs, pour son parti le PCR et pour La Réunion. Il aurait pu mener une vie plus confortable en relation avec ses diplômes. Il a préféré être fidèle à la cause et se sacrifier pour elle. C’était un homme accessible, d’un commerce agréable mais aussi un militant intransigeant sur les valeurs. Nous avons mené des combats communs et siégé ensemble au Conseil général. Il a demandé à me voir il y a quelques mois. Député en 1981, je l’avais proposé pour une nomination dans l’ordre de la Légion d’Honneur, décoration qui était jusqu’alors réservée aux notables de droite, afin d’honorer son engagement dans la Résistance et son combat social et politique. Il n’a jamais voulu se faire remettre la décoration et s’inquiétait à la fin de sa vie de savoir s’il était recensé comme membre de cet ordre, ce qu’il ne voulait pas. Il a dénoncé au Conseil général, à la fin des années 1960 et au cours des années 1970, la transplantation des « enfants de la Creuse » en France métropolitaine. Par un curieux hasard du destin, il meurt le jour même où un Journal local fait état d’un ouvrage relatif à cette affaire à laquelle son nom est à jamais associée.

Adieu Bruny, adieu camarade.

 

Emmanuel Séraphin, Président du TCO

J’apprends avec une grande émotion le décès de Bruny Payet.
Sa disparition affecte tous les Réunionnais. C’est un monument de l’histoire de notre île qui nous quitte.
Ingénieur, politiquement engagé au sein du Parti Communiste Réunionnais depuis sa création, après avoir été secrétaire général de mairie à Saint-André à l’époque du docteur Raymond Vergès, il a aussi été pendant de nombreuses années, Directeur du journal Témoignages, Secrétaire Général de la CGTR et plusieurs fois élus. Bruny Payet a ainsi marqué l’histoire des luttes politiques et syndicales de La Réunion.
Sa vie est un exemple d’engagement. Il a mis son intelligence au service de la cause et du collectif, sans jamais prétendre aux honneurs et encore moins aux privilèges.
Il a souvent payé ses luttes au prix fort, et par des sacrifices dans sa vie personnelle.
Il a porté très haut les valeurs du militantisme et de l’engagement
Je salue avec respect sa mémoire et j’adresse à sa compagne, à ses fils et à tous ses proches mes très sincères condoléances.

André Thien-Ah-Koon, maire du Tampon 

Je suis très ému par la disparition de mon ancien collègue Bruny PAYET, Conseiller Cénéral du Port, Ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure d’Electricité de Paris. Bruny PAYET a fait le choix de défendre ses compatriotes Réunionnais plutôt que d’embrasser une grande carrière. Nos débats ont été passionnés et vifs, mais toujours empreints d’un grand respect mutuel. Je respecte profondément la mémoire d’un homme, d’une grande simplicité, qui est toujours resté fidèle à ses idéaux et s’est consacré à la cause qu’il avait choisi de servir. Je présente à sa famille, ainsi qu’à ses proches, mes très sincères et respectueuses condoléances.

Manuel Marchal, Rédacteur en chef de Témoignages

Je voudrais bien savoir qui est le directeur politique de ce canard!” Voilà la manière habituelle avec laquelle Bruny Payet s’adressait à la rédaction de Témoignages , au sujet d’un article qui l’avait interpellé lors de sa lecture quotidienne de notre journal, dont il attendait impatiemment la sortie.
Bruny Payet nous a quittés ce dimanche, c’est une très grande perte pour Témoignages, qui déplore le décès d’un de ses plus fidèles lecteurs, et également un de ses anciens directeurs.
Engagé dans la France libre, il servit ensuite dans la marine. Il obtint ensuite un diplôme d’ingénieur à Supelec. Il travailla ensuite en Algérie où il assurait notamment la vente militante de notre confrère Liberté, journal communiste algérien, ce qui lui coûta son travail d’ingénieur. C’est en Algérie que Bruny Payet prit clairement conscience du régime
d’apartheid imposé par le colonialisme français. Communiste convaincu, il mit depuis toute son énergie à lutter pour faire triompher le socialisme du capitalisme, ce qui passait par l’anticolonialisme et la solidarité avec les peuples opprimés.
Sur la route du retour au pays, son bateau fit escale à Diego Suarez où il fut chaleureusement accueilli par Francis Francis Sautron, syndicaliste réunionnais alors maire de la plus grande ville du Nord de Madagascar.
À La Reunion, il devint secrétaire de la mairie de Saint André, sous le majorat de Raymond Vergès.
Grand artisan de la victoire de Quartier Français sur l’aristocratie du sucre en 1955 Bruny Payet s’impliqua fortement aux côtés des planteurs.
Bruny Payet fut un des fondateurs du PCR, au moment où il n’était pas rare que des communistes soient jetés en prison pour des raisons politiques. Témoignages fut d’ailleurs saisi 47 fois.
Quand Paul Vergès fût condamné à de la prison ferme pour délit de presse et entra en clandestinité, Bruny Payet assuma la responsabilité de Témoignages. Cela signifiait qu’il devait répondre personnellement de la répression exercée à l’encontre de Témoignages. Il fut ainsi condamné à une peine débouchant sur la saisie de tous ses biens. Lors de la vente aux enchères, ses camarades du Parti ont racheté tous les biens avant de lui remettre.

Inscrit dans l’histoire des luttes des Réunionnais, cet épisode souligne le niveau de conscience des militants communistes malgré la violence de la répression.

Bruny Payet fut ensuite un des premiers élus du PCR en 1967 lors d’une cantonale à Saint Paul où le maire de l’époque refusa à cette occasion de soutenir la fraude électorale.

Membre de la direction du PCR aux côtés de Paul Vergès et Jean-Baptiste Ponama, il prit la responsabilité d’organiser les travailleurs au sein de la CGTR. Il gardait également des liens avec Madagascar, notamment avec la FISEMA cofondée par Francis Sautron. Il représentait d’ailleurs le PCR lors du congrès des 10 ans de l’AKFM.

Jusqu’au bout, Bruny Payet est resté fidèle à son idéal, celui d’une société libérée du joug du capitalisme, où régnera la justice sociale et la partage équitable des richesses produites.

Depuis 2004, le nom de Bruny Payet apparaît tous les jours dans l’ours de Témoignages. Ses conseils nous manqueront, nous devrons désormais faire sans, à nous d’être à la hauteur de l’immense héritage que Bruny Payet laisse à Témoignages.

À la famille de Bruny Payet, à ses proches et à ses amis, Témoignages fait part de ses sincères condoléances.

La CFDT Réunion 

La Cfdt Réunion salue la mémoire Bruny PAYET, un homme engagé dans la défense des salariés et l’avenir de son Pays. Son parcours militant tant syndical, politique qu’associatif devrait être un exemple pour les jeunes réunionnais_es. La Cfdt Réunion présente ses sincères condoléances à sa famille et aux militants de la CGTR.

 

L’association “Le Port Sa Mem Mem”

Un Zarboutan de La Réunion et de la Ville du Port, Bruny Payet nous a quittés ce jour. Nous tenons à rendre hommage à un ardent combattant des droits syndicaux, politiques et économiques à La Réunion. L’association Le Port Sa Mem Mem adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et lancent un appel pour que sa mémoire, son œuvre et ses combats ne soient
jamais oubliés.
Nous publions la biographie de Bruny Payet réalisée en 2016 par « Le Maitron ». Né le 1er juin 1922 à la Rivière Saint- Louis (la Réunion) ; ingénieur électricien, administrateur de presse, secrétaire général de mairie ; Secrétaire général de la
CGTR (1974-1985) ; Membre du comité central du Parti Communiste Réunionnais (PCR) ; conseiller général de La Réunion, Conseiller régional ; Résistant, membre des FNFL.

Le 15 juillet 1941 Bruny Payet, après des études secondaires au lycée Leconte-de-Lisle à Saint-Denis de la Réunion, obtint le Brevet de capacité colonial (équivalent du baccalauréat) dans la série “mathématiques”, avec la mention Bien.

Par arrêté du gouverneur Pierre Aubert, représentant de l’autorité du Maréchal Pétain à la Réunion, il fut nommé agent auxiliaire aux services économiques, détaché à la gestion des stocks de denrées diverses disponibles dans la colonie.

Peu après l’arrivée à Saint-Denis du contre-torpilleur Le Léopard, le 28 novembre 1942, il s’engagea dans les Forces Françaises Libres (FFL) et rejoignit Brigade Navale de Casabianca et entra à l’École Navale de Casablanca. Il participa ensuite dans l’Atlantique Nord à la surveillance des nombreux convois alliés qui convergeaient vers l’Europe avec la 23e flotille MTB. Il fut nommé Enseigne de vaisseau 2ème classe, le 1er mars 1945, puis Enseigne de vaisseau 1ère classe, le 1er septembre 1946, et enfin Lieutenant de vaisseau.

La guerre terminée, il entra à l’École Supérieure d’Électricité de Paris, et obtint en 1944, un diplôme d’ingénieur électricien, premier réunionnais à obtenir cette qualification. « Trop diplômé, selon l’administration française, pour exercer à la Réunion », il travailla en Algérie.

En 1953, de retour sur son île, il fut embauché par le docteur Raymond Vergès*, en qualité de secrétaire général de la mairie de Saint-André (La Réunion), et le resta jusqu’en 1957. Le député-maire, qui était aussi directeur de Témoignages, lui confia la co-direction du journal en avril 1955, un organe de presse asphyxié financièrement en raison de multiples procès, responsabilité qu’il gardera jusqu’en 1974. En 1955, avec Paul Vergès*, il participa au sauvetage de l’usine sucrière de Quartier Français de René Payet.

Destitué de son poste à la mort du docteur Raymond Vergès en 1957, il tenta de se faire embaucher dans l’Education nationale, sans succès, car l’administration lui barra la route malgré ses diplômes.

En 1961, à la tribune du congrès du PCF, il déclara : « L’avenir est la liberté des peuples. L’avenir est avec le camp du socialisme triomphant avec à sa tête la glorieuse Union Soviétique. L’avenir est avec les peuples coloniaux qui luttent pour leur indépendance. L’avenir n’appartient-il pas à l’héroïque peuple qui arrache son indépendance ! L’avenir est à tous les peuples qui luttent pour leur libération sociale et politique ».

En 1968, il était Conseiller général du canton du Port (La Réunion). Le 16 décembre 1968, il dénonça la déportation d’enfants de 631 enfants dans le cadre du Bumidom, à l’occasion de la délibération sur un rapport concernant la création de postes d’éducateurs en milieu ouvert à la réunion : il dénonça avec force “(…) la politique qui concerne les jeunes enfants de deux ou trois ans que l’on envoie dans la Creuse dans une maison dirigée par M. Barthes, ancien directeur de la population de la Réunion, et ces enfants sont stockés dans cette maison. Ensuite ils sont répartis sans doute dit-il, en France”.

Bruny Payet fut de nouveau conseiller général PCR du canton du Port de 1973 à 1985. Le canton ayant été divisé en deux, il fut conseiller général du canton du Port 2 de 1985 à 1992, l’autre canton étant gagné par Paul Vergès* (PCR). Secrétaire général de la CGTR, Confédération générale des travailleurs réunionnais jusqu’en 1987, lors du 4e congrès de la CGTR le 23 juillet 1978, il s’écria devant les congressistes : « Vive la Réunion libre, autonome, démocratique et populaire ! » En 1976 il devint le directeur et gérant de l’organe de la CGTR, le Travailleur réunionnais.

Le 28 février 1982, dans une résolution de la commission exécutive de la CGTR, il demanda la fermeture du Consulat d’Afrique du Sud à la Réunion, qu’il obtint un peu plus tard.

Les 16 – 17 –18 août 1971, à Morne-Rouge (Martinique), il participa en tant que représentant de la CGTR à la Convention pour l’autonomie regroupant des représentants de partis politiques et syndicats de l’Outre-mer français. Il signa un texte réaffirmant le droit des peuples à l’autodétermination et réclamant une assemblée unique « chargée d’élaborer un statut nouveau de nos pays à négocier avec le gouvernement français ».

Le 19 juin 1973, comme porte-parole du Comité local de coordination pour l’autodétermination, il s’éleva contre le projet de création d’une base militaire à Pierrefonds, dans le sud de l’île, et d’une base de radionavigation du système mondial américain Oméga à Saint-Paul. Le 10 décembre 1976, à L’Humanité, il déclara à « Les luttes ont atteint un tel niveau que notre peuple est engagé dans un processus d’accession à la responsabilité, à l’autonomie démocratique et populaire. Processus défini à Morne Rouge comme la voie au suffrage universel. Nous pensons que les masses populaires font confiance aux organisations réclamant l’autonomie et qu’elles sont conscientes qu’il s’agit de la meilleure forme de développement. À la Réunion et dans l’environnement géographique de l’île, ainsi qu’en France, peuvent être réunies aujourd’hui les conditions démocratiques nécessaires pour nous conduire à la victoire par ce processus » En septembre 1982 il était membre de l’Association des élus républicains de la Réunion présidée par Lucet Langenier *.

Il fut élu Conseiller régional le 20 février 1983 sur la liste “Développement, Solidarité, Justice et Liberté” conduite par Paul Vergès à l’élection au Conseil régional de la Réunion.

Jean-Hugues Ratenon, député 

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris le décès de Bruny PAYET. C’est un zarboutan de l’histoire de notre pays qui disparait.

Engagé politique dans les années sombres de la Réunion où il participé à la création du PCR, il a subi pression et répression . Dirigeant de la CGTR ; homme de cœur, de justice, toujours dévoué à la cause de l’autre, sa disparation laissera un grand vide. Ma dernière rencontre avec lui remonte à 2015. Un moment d’échange sur nos convergences mais aussi sur nos divergences. Une rencontre enrichissante qui reste une
référence.

C’est avec grand respect que je m’incline.

Dans cette période de big bang politique, d’abandon et de peuple abandonné, j’invite toutes celles et tous ceux qui souhaitent que la Réunion avance à s’inspirer de son histoire ; comme de l’histoire de Paul Vergès et de tant d’autre zarboutans Réunionnais.

A sa famille, à ses proches, à ses très nombreux amis, à la CGTR, je présente mes très sincères condoléances.

Philippe Naillet, député 

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Bruny PAYET. Toute sa vie, il n’a eu de cesse de combattre avec force les injustices dans notre pays et cela au prix de conséquences personnelles.

Journaliste, syndicaliste, militant, élu, toujours il est resté fidèle à son idéal celui d’une société libre et juste.

Je m’incline devant sa mémoire et présente mes sincères condoléances à sa famille et aux proches.

Le Comité Central Parti Communiste Réunionnais

Le Parti Communiste Réunionnais tient tout d’abord à présenter à l’épouse de Bruny
PAYET, à ses enfants, à ses frères et sœurs ainsi qu’à toute sa famille et ses proches
ses plus sincères condoléances.
C’est toute La Réunion qui doit rendre hommage à Bruny PAYET et le remercier pour
tout ce qu’il a fait pour son pays et son peuple. Bruny a été de tous les combats des
Réunionnais et des Réunionnaises. Il était avec les planteurs, les ouvriers, les
chômeurs, les fonctionnaires, les intellectuels, les jeunes, les femmes…
A leur tête, il a lutté inlassablement pour l’émancipation de son pays et de son peuple
afin de les sortir de la misère et de l’exploitation coloniale et pour la reconnaissance de
leur identité. Il a présidé le comité pour la reconnaissance du 20 décembre et de sa
célébration.
Bruny avait de fortes convictions humanistes. Dans son bureau, chez lui, trônait une
photo de Karl Marx qui l’inspirait dans ses réflexions en faveur de l’avènement d’un
monde nouveau où l’exploitation de la planète et de l’homme par l’homme n’existerait
plus.
C’est cet idéal communiste qui l’animait. Il s’efforçait, « quoi qu’il puisse lui arriver »
disait-il, de faire partager cet idéal en militant au PCR qu’il a cofondé avec Paul Vergès
et en contribuant au journal Témoignages, qu’il a longtemps dirigé.
Bruny PAYET était un internationaliste convaincu. Il était solidaire des luttes anti-
impérialistes notamment des peuples d’Algérie, du Viêt-Nam, d’Afrique du Sud…
Secrétaire Général de la CGTR, il était membre de la Fédération Mondiale des Syndicats
(FSM). Il avait noué des relations de luttes avec les travailleurs malgaches, de la
Fiséma, de Maurice et des Seychelles.
Bruny PAYET disparait aujourd’hui, il laisse derrière lui des acquis fondamentaux pour
les Réunionnais et La Réunion comme le SMIG, les allocations familiales, la caisse
complémentaire de retraite, la bourse aux boursiers, la cantine gratuite, l’emploi des
jeunes et pour l’application à La Réunion du code du travail et des droits sociaux.
Le PCR s’honore d’avoir eu à sa direction, un militant exemplaire tel que Bruny PAYET
qui a consacré sa vie entière à lutter pour le bien-être de ses concitoyens et qui a porté
l’espoir d’une humanité fraternelle et heureuse.
Merci camarade Bruny.

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chelmiDionysien et st louisienNoah Recent comment authors
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Noah
Invité
Noah

Une figure de notre patrimoine qui s’en est allée … Qu’il repose en paix !

Dionysien et st louisien
Invité
Dionysien et st louisien

Sincères condoléances.

Un homme de gauche de convictions comme en n’en fait plus.

chelmi
Invité
chelmi

je suis sa petite-fille, j’aurais aimé le connaître mais malheureusement la vie ne m’en a pas laissé le temps

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