Déclaration de politique générale : réactions des élus réunionnais

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Jean Hugues Ratenon: “Une autosatisfaction insolente, méprisante”

Pour Jean Hugues Ratenon, la déclaration du Premier ministre  à l’Assemblée nationale lors de la déclaration de politique générale du gouvernement  est  «une autosatisfaction insolente, méprisante ».  En effet, Édouard Philippe a déclaré que « Tout va bien en France et ce, grâce à nous et on va continuer ».

« Je ne m’étais pas trompé en restant à La Réunion cette semaine pour aller à la rencontre de celles et ceux qui souffrent de la politique menée depuis deux ans par Macron et son gouvernement ; au lieu d’aller écouter le discours stérile du Premier ministre qui nous a servi  du réchauffé, rappelant des lois déjà votées et qui font descendre les Français dans les rues de toute la France et ce depuis 6 mois, et des lois futures qui m’inquiètent au plus point. Comme par hasard le discours s’est teinté de vert ; alors que dans le même temps ils refusent de taxer le kérosène ou d’interdire le glyphosate. »

« L’outre-mer  justement a été une fois de plus le grand oublié de ce prétendu « acte2 ». Rien de concret, d’immédiat à nos graves problèmes qui appellent des mesures exceptionnelles et urgentes.  Le Premier ministre a certes parlé de « réflexe outre-mer » depuis son arrivée à Matignon, mais c’est surtout pour nous faire les poches ! (APL accession- contrats aidés- crises sanitaires- la santé sacrifiée- logement en panne…) »

Selon Jean Hugues Ratenon, « Un discours rempli de phrases creuses, hypocrites et qui sonnent faux ».  En effet, « Il n’y a qu’une seule solution, dit-il, un peuple rassemblé pour mettre en échec cette politique de riches et se préparer par conséquent à la lutte sans relâche dans tous les secteurs.  Je répondrai présent, comme je l’ai toujours fait.  J’aurais l’occasion demain jeudi 13 juin de détailler ma position lors de ma conférence de presse. »

Huguette Bello: Acte II , vraiment ?

Le Premier ministre avait annoncé l’acte II du quinquennat. Ce n’est en fait que la scène II du même acte. La grande majorité des annonces sont des redites de projets annoncés bien avant la crise de gilets jaunes. L’écologie elle-même, qui occupe la première place du discours et dont l’accélération est proclamée, ne fait l’objet que de quelques mesures minimales et subalternes. Malgré les immenses besoins, malgré les inquiétantes menaces, malgré la jeunesse.

En lieu et place d’un catalogue détaillé de mesures, nous aurions préféré de véritables décisions sur les véritables préoccupations des citoyens, celles qu’ils ne cessent de répéter depuis des mois. Pouvoir d’achat, emploi, santé, énergie : les lignes n’ont quasiment pas bougé.

Pour les Outre-mer, c’est toujours le leitmotiv du « réflexe  Outre-mer» qui est utilisé même si bien des réformes l’ont déjà largement contredit : qu’on se souvienne seulement de la suppression de l’allocation logement-accession, de l’abattement fiscal des classes moyennes, de la diminution drastique des emplois aidés.

Le Premier ministre a voulu réconforter son gouvernement et a réussi à rassurer sa majorité parlementaire. Pour les citoyens, c’est assurément une autre affaire.

Jean-Luc Poudroux : « Beaucoup de discours, beaucoup d’attentes des Français et si peu de résultats concrets »

La déclaration de politique générale du Premier ministre est à l’image du mandat que détient le Président Macron depuis maintenant deux ans : beaucoup de discours, beaucoup d’attentes des Français et si peu de résultats concrets. A croire que le mouvement des Gilets Jaunes n’était qu’une simple parenthèse de revendications populaires pourtant toutes légitimes et en provenance de tous les territoires de la nation. Ce message démocratique n’a pas été entendu et la méthode Coué qui consiste à s’autocongratuler de la légère baisse du taux de chômage, de l’investissement qui repartirait à la hausse et de l’augmentation du pouvoir d’achat des Français, je doute que cela convainc les Français.

Le Gouvernement observe encore une fois une politique d’annonces en lieu et place d’une politique d’actions. La vérité est qu’il n’y a toujours pas d’Acte 2 à la politique du Gouvernement Philippe-Macron surtout pour des territoires isolés comme celui de La Réunion. Les Réunionnais réclament toutes les mesures d’adaptations locales nécessaires à l’amélioration de leur quotidien avec davantage de justice sociale et de pouvoir d’achat.

Ces objectifs sont loin d’être atteints à La Réunion où le chômage n’a toujours pas baissé, le pouvoir d’achat une problématique récurrente et un territoire fiscalement si peu attractif. Pour reprendre l’expression du Président Macron, je dirais que malgré un Gouvernement de sachants, les Réunionnais restent des subissants. Nous avons un Gouvernement technocratique très sophistiqué mais en totale déconnection des réalités et des spécificités réunionnaises.

Je suis aujourd’hui inquiet. Inquiet que la politique du Gouvernement n’ait pas suffisamment d’impact positif pour notre île. Des signaux forts ont été pourtant observés, avec notamment le résultat des dernières élections européennes sur notre territoire où le Rassemblement National et La France Insoumise ont été aux premières places des suffrages exprimés par les Réunionnais. Et le Gouvernement n’entend toujours rien.

Après le Livre Bleu, les promesses de livres blancs en tous genres, c’est un carton rouge que je donne au Gouvernement Philippe-Macron. Je souhaite que tous les élus et les acteurs locaux exigent des actes concrets pour une meilleure justice sociale, une meilleure justice économique et une meilleure justice écologique.

Ericka Bareigts: “Il aurait fallu un véritable virage de ce gouvernement”

La France connaît une période trouble, entre mouvement de grogne des gilets jaunes, grogne du personnel hospitalier, perte de pouvoir d’achat des retraités et vote en faveur de l’extrême droite lors des Européennes. À La Réunion, alors que la croissance était de 3% ces dernières années, les choix du gouvernement et de ceux qui localement le soutiennent font baisser notre croissance à 1,8%.

Dans ce contexte, il aurait fallu un véritable virage de ce gouvernement, économique, social et environnemental. Virage en faveur du pouvoir d’achat des familles les plus modestes, en faveur de notre système de santé qui passe par une hausse des effectifs dans les hôpitaux, en faveur du logement à La Réunion qui vit, selon les professionnels, “sa pire crise depuis les 20 dernières années”.

Au lieu du virage, nous avons le maintien d’une ligne droite. L’exercice n’a consisté qu’à repeindre la façade de pâles couleurs. La réponse écologique est loin du compte. Les “annonces” sociales sont des reprises de mesures pour la plupart existantes, comme le paiement des pensions alimentaires.

Pour les territoires, dont les Outre-mer, l’État annonce la différenciation. En vérité, dans le projet de texte aujourd’hui en notre possession, le seul territoire exclu de France sera La Réunion, blocage soutenu par la collectivité régionale.

Enfin, le Ministre a évoqué l’application de la loi égalité réelle avec les plans de convergence, plus de 2 ans après. Il était temps, surtout après une année où le gouvernement a économisé 177 millions d’euros sur le dos des Outre-mer.

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Tout va bien ! Même s’il y a des déguisés qui se baladent chaque samedi dans les villes de France … bon pour garder sa ligne ! A la Réunion on se la coule douce avec des aides et rougail de saucisses gros pois ! Tout va bien Mme la Marquise !