Échouage du Wakashio à l’île Maurice: les réactions se multiplient

Les réactions se multiplient par rapport au naufrage d’un navire au large de l’île Maurice.

Philippe Naillet

Le député de La Réunion, Philippe Naillet s’est particulièrement adressé au préfet de La Réunion,concernant l’évolution de la situation sur l’île soeur:

“Le 25 juillet dernier, le vraquier Le Wakashio s’est échoué à la pointe d’Esny, au Sud-Est de l’ile Maurice. Ce pétrolier battant pavillon panaméen, affrété par une compagnie japonaise depuis Singapour, est venu alimenter l’île sœur en carburants.

Cet accident est dramatique pour la biodiversité mauricienne. En effet, le navire contenait lors de son échouage plus de 3 500 tonnes de fuel lourd dans ses cuves. Plus de 1 000 tonnes ont déjà souillé le lagon et la mangrove qui nourrissent les familles mauriciennes et attirent des milliers de touristes. L’impact sur les espèces locales risque d’être dramatique. Pire, l’hiver austral et sa houle actuelle ne facilitent pas le travail des équipes engagées pour éviter une catastrophe écologique.

Le gouvernement mauricien a reconnu que le risque de fracture du navire était désormais élevé. À l’heure actuelle, les simulations effectuées par les services de Météo France Océan Indien n’envisagent pas de dispersion des hydrocarbures en dehors du lagon malheureusement déjà touché.

À ce titre, je salue votre réactivité pour activer la cellule de crise réunissant les différents services de l’État compétents et les services des Forces Armées de la Zone sud de l’Océan Indien. Cette cellule, en lien avec les autorités mauriciennes, rappelle l’intérêt de la France à agir dans l’océan Indien pour préserver notre environnement régional si riche en ressources
halieutiques et autres.

Cependant, nous pouvons nous interroger sur les risques de dérive en dehors du lagon lorsque le bateau sera brisé. Dès lors, il serait également important de préparer maintenant notre île et notre population pour lutter contre une éventuelle marée noire, en appliquant le principe de précaution.

Les terribles incendies survenus au Maïdo en 2011 qui avaient détruit 3500 hectares de végétation, dont une grande partie situés dans le Parc National, nous rappellent à notre devoir collectif de préserver notre île et nous obligent à anticiper d’éventuelles atteintes graves à notre environnement.

Dans un second temps, il semblerait pertinent de renforcer la coopération maritime entre les différents États de la Commission de l’Océan Indien d’une part, et du grand bassin de l’océan Indien d’autre part. En effet, notre océan est la base de développement et d’alimentation de nombreux États frontaliers et il convient de le préserver afin d’assurer une sécurité alimentaire et sanitaire pour nos populations. Avec l’accroissement du trafic maritime dans notre zone, la vigilance et une nécessaire coopération
prennent encore plus d’importance.

Monsieur le Préfet, je sais compter sur votre diligence pour préparer La Réunion à une éventuelle catastrophe écologique, en associant les compétences locales, régionales et nationales”.

Europe écologie les verts

Europe écologie les verts estime par ailleurs que “la responsabilité des armateurs doit être engagée” par rapport à cette situation préoccupante sur l’île Maurice.

“L’île Maurice traverse actuellement une crise écologique en raison du naufrage d’un bateau et de la pollution de ses côtes aux hydrocarbures. Pour nos îles, la mer est un éco-système fragile mais nécessaire à la vie des habitants. La ressource marine doit absolument être protégée. Cette situation critique soulève de nombreuses interrogations sur lesquelles les écologistes attirent l’attention, notamment la coopération entre les Etats et la réparation des préjudices.

Une coopération renforcée de prévention et un meilleur contrôle des navires qui transitent par notre région sont essentiels. De mêmes les protocoles opérationnels doivent être détaillés et approfondis pour une mise en œuvre immédiate et pour raccourcir les délais, contrairement à ce qu’il nous a semblé voir cette fois encore. Il y a 4 ans en 2016, lors d’un échouage similaire la réaction concrète avait paru tardive. En ce sens, la commission de l’océan Indien est l’instance qui nous paraît la mieux appropriée et qui doit occuper toute sa place. Une île, seule, est en difficulté dans une telle  situation et doit être épaulée. Saisissons l’opportunité de la nouvelle nomination du secrétaire de la COI, Commission de l’Océan Indien, qui est compétente en matière de sécurité maritime, pour remettre à plat les termes de coopération et d’entraide dans la région. Notre pays a un rôle essentiel dans ce dispositif. Il faudra à l’avenir sans doute plus de moyens d’action et rendre plus visible l’action de cette commission.

Les risques qui pèsent sur la biodiversité marine sont en constante augmentation en raison de l’explosion du trafic maritime mondial.La responsabilité des armateurs doit être engagée plus lourdement. Là aussi la coopération régionale représente un atout majeur.

Dans ce contexte particulier, la proposition des écologistes prend toute son importance ; de telles catastrophes sont des ECOCIDES : des atteintes à l’environnement par ceux qui l’exploitent parfois à outrance. Ces blessures graves doivent être reconnues en tant que crime !

La dépendance de nos îles vis-à-vis de l’extérieur ne doit pas se transformer en un double handicap :Le diktat économique de puissants armateurs étrangers et le risque sur la biodiversité. L’économie bleue qui est notre première richesse réclame davantage de protection et de réparation.

L’enjeu est crucial: Il en va du développement endogène de nos îles et de la survie des populations, qui passent en grande partie par la mer et le respect de ses ressources.”

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