La fin du droit du sol à Mayotte, ambiance toujours tendue dans l’île (VIDEOS/PODCAST/REACTIONS)

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« Le Président de la République m’a chargé de dire aux Mahorais que nous allons prendre une décision radicale qui est l’inscription de la fin du droit du sol dans une révision constitutionnelle que choisira le Président de la République. Il ne sera plus possible de devenir Français si on n’est pas soit même enfant de parents Français. Nous couperons ainsi littéralement l’attractivité qu’il peut avoir dans l’archipel mahorais. »

Les propos sont du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors de sa  visite ce dimanche  à Mayotte : « Depuis maintenant plus de trois ans, je suis régulièrement à Mayotte. Il y a la situation que nous connaissons qui est difficile pour les Mahorais, avec les barrages. On peut comprendre les revendications mais ces barrages handicapent Mayotte », a-t-il indiqué à son arrivée à l’aéroport. Le ministre d l’Intérieur que cette  » mesure forte, nette, radicale sera circonscrite à l’archipel de Mayotte, il ne s’agit pas de le faire à d’autres territoires de la République ». « Ce sera l’objet de la révision constitutionnelle que précisera le Président de la République », a-t-il précisé.

Quelles conséquence pour les comoriens déjà installés à Mayotte et parents d’enfants devenus français, car nés sur le territoire ? Charles Luylier a tendu le micro à un père de famille :

Gérald Darmanin a également déclaré  « la fin des visas territorialisés » et a souligné qu’il y aura beaucoup moins de titres de séjour à l’avenir.

Il a par ailleurs indiqué que « la possibilité d’obtenir la nationalité française en venant à Mayotte de manière régulière ou irrégulière ne sera plus possible » Le ministre de l’Intérieur a également annoncé que d’autres mesures seront prises sur place lors de son déplacement à Mayotte, car le sujet de l’immigration n’est pas le seul en jeu dans cette région.

  Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin est arrivé à Mayotte ce

En dépit des efforts de Gérald Darmanin et de Marie Guévenoux, récemment nommée ministre déléguée à l’Outre-mer , le calme n’est pas revenu à Mayotte. Charles Luylier est actuellement à Mamoudzou pour Europe 1.  Il explique la situation et le maintien des barrages :

 

Et tous ceux qui travaillent à Mayotte sont impactés par les blocages routiers persistants qui entravent la circulation depuis plusieurs semaines, à l’instar d’Andréa, enseignante :

Réunion avec les services de l’Etat afin de durcir les mesures existantes :

Les deux membres du gouvernement ont présidé une réunion avec les services de l’État à Mayotte  à leur arrivée sur Mayotte. Restriction immédiate des titres de séjour, lutte contre la délinquance, les filières de passeurs, l’immigration illégale ont entre autres été à l’ordre du jour de cette réunion.

Peut être une image de 8 personnes, personnes qui étudient et texte

Retour sur une arrivée ministérielle tendue en vidéos

Ce déplacement du ministre de l’Intérieur à Mayotte se déroule dans un climat très tendu . La population tente de se rendre à la préfecture de Mayotte où une délégation ministérielle s’est rendue, mais se heurte à un important dispositif de sécurité mis en place par les forces de l’ordre, qui bloque l’accès.
Les vidéos suivantes en disent long  :

REACTIONS

PLR : « une régression historique et un tremplin pour l’extrême-droite »

Dans un communiqué, le mouvement politique « Pour La Réunion », présidé par Huguette Bello, estime que « la suppression du droit du sol à Mayotte constitue une régression historique et un tremplin pour l’extrême-droite ». Voici le communiqué de presse de PLR : « Ce dimanche 11 février, Gérald Darmanin en visite à Mayotte a annoncé une future réforme constitutionnelle afin de supprimer le droit du sol sur le territoire. Cela constitue un recul sans précédent en matière de protection des droits humains et marque un tournant dangereux dans l’histoire
politique française en remettant en cause le principe constitutionnel d’une République “une et indivisible”.
En s’attaquant au “droit du sol”, Emmanuel Macron s’en prend à un principe qui fonde en France le droit de la nationalité depuis 1889. Certes, la crise en cours à Mayotte appelle nécessairement des réponses fortes, des mesures ambitieuses et des moyens conséquents à débloquer de la part de l’État. Pour autant, les mesures annoncées à travers la construction d’un “rideau de fer” en mer et la suppression du droit du sol n’apporteront aucune solution pérenne à la population mahoraise.
L’histoire française et l’histoire réunionnaise sont le résultat de processus massifs d’immigration. Le nombre de grands sportifs, artistes, personnalités publiques issues de l’immigration n’est plus à démontrer. En remettant en cause le principe du droit du sol, Emmanuel Macron entend construire une nouvelle nation au sein de laquelle il n’aurait pas été possible à un sportif comme Zinedine Zidane d’évoluer en équipe de France.
Le ras-le-bol qui s’exprime actuellement de la part de la population mahoraise est légitime car sa population subit des situations d’insécurité et d’injustice fortes. La population constate que l’ensemble des promesses formulées lors de la départementalisation du territoire en 2011 sont loin d’être accomplies. Parmi ces promesses figuraient notamment la nécessité d’accroître les aides aux développements pour les pays voisins. La stabilisation de la situation à Mayotte et le
développement de l’île doivent être pensés avec ceux de la zone. En effet, l’union des Comores fait partie des pays les plus pauvres au monde et voit naturellement une partie importante de sa population émigrer vers les territoires français. C’est l’ensemble de ces raisons qui ont amené à une dégradation progressive de la situation à Mayotte.
Sans une réflexion et une approche globale, les problèmes structurels demeureront dans cette zone et les populations en seront les premières victimes. Après avoir mené une campagne en se présentant comme le “rempart” face à l’extrême-droite, le Président de la République trace aujourd’hui un sillon extrêmement dangereux pour faciliter l’accession au pouvoir du Rassemblement National.
Pour l’historien Patrick Weil : « Faire un droit différencié – dans une partie du territoire donnée – en matière de nationalité, c’est tout à fait exceptionnel en République, régime fondé sur l’égalité des citoyens et l’unité du territoire. Mayotte a un statut de département, c’est une rupture très importante que de lui appliquer un statut différent ».
L’unanimité exprimée à droite et à l’extrême-droite en réaction à cette mesure est une raison supplémentaire qui démontre à quel point les idées du Rassemblement National, après avoir phagocyté le débat public sont désormais directement mises en œuvre.
Pour le PLR, il s’agit là d’un tournant qui doit nous alerter et conduire à un sursaut démocratique pour s’opposer à l’extrême-droite et œuvrer en faveur d’un développement harmonieux des territoires d’Outre-mer et de sa population ».

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