Endométriose : la douleur comme compagne

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C’est une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui provoque des douleurs intenses et est cause d’infertilité. En France, une femme sur 10 est touchée par la maladie, l’ endométriose touche entre 1,5 et 2,5 millions de femmes qui sont en âge de procréer. C’est une maladie qui peut se manifester à l’adolescence et avec laquelle il faut apprendre à vivre. Pour celle qui en est atteinte, il faut faire face à l’incompréhension, le scepticisme des autres, qui réclament de la pudeur. Parler ouvertement de règles, de douleurs pendant les rapports sexuels demande un grand courage, mais la parole se libère peu à peu.

L’endométriose peut amener à la dépression, en effet, la souffrance est intense, au point de ne plus pouvoir vivre sa vie de femme. L’appareil génital est touché, puis c’est au tour de l’appareil digestif et de l’appareil urinaire. Et c’est toute la vie de femme qui est impactée et remise ne question : il faut faire face aux difficultés dans le travail, dans la vie privée. Le parcours d’une malade est difficile, jalonné de souffrance et d’incompréhension.

Lindy Durant, présidente de l’association Mon Endométriose, Ma Souffrance

Lindy Durant a souffert pendant de nombreuses années de douleurs handicapantes, au point de mettre sa vie sociale de côté : « on a l’impression d’être folle, personne ne semble comprendre que l’on puisse avoir de douleurs aussi importantes au moment de ses règles, on m’a dit : toutes les femmes ont des menstruations, ça n’est pas pour autant qu’elles en font tout un plat. Dans ces moments-là, on se remet en cause, on se dit que peut-être qu’on en fait trop, qu’il faudrait souffrir en silence, je l’ai vécu et ne pas être prise au sérieux, c’est quelque chose qui n’est pas facile à vivre. Et ce qui est habituel est devenu une charge pour nous, les tâches ménagères, par exemple, et dans sa vie de femme, on se heurte à des incompréhensions, dire à son petit ami qu’on ne peut pas avoir de rapports parce qu’on a trop mal, ça aussi c’est difficile».

Le parcours de Lindy est celui que les malades de l’endométriose ont vécu, c’est un parcours jalonné d’incompréhension. Tous les mois au moment de ses règles, elle se rendait chez le médecin, et chaque mois, elle entendait la même réponse : « on m’accusait presque de surjouer ma douleur, certains m’ont conseillé de souffrir en silence, et j’ai fini par culpabiliser».

Les médecins arrivent à poser un diagnostic, 7 ans se sont écoulés entre-temps et il aura fallu qu’elle souffre d’une occlusion intestinale : «lorsque le diagnostic est tombé, j’ai été soulagée, je pouvais enfin mettre un mot sur cette douleur. On a stigmatisé les règles douloureuses pendant longtemps, et ça n’est pas facile de subir le jugement des autres, et c’est pour cela que l’association a été créée, pour que les malades puissent se rencontrer, partager leurs douleurs. Les groupes de parole sont libérateurs, partager sa souffrance, parler de son quotidien, ça fait du bien de le faire avec des personnes qui ressentent la même chose ».

Mon Endométriose, Ma Souffrance sera samedi 2 juillet au CHOR de Saint Paul pour une action de sensibilisation, vous pouvez les contacter au 0693 90 17 20

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