Fabiola, mère de famille de St-Louis, a tout quitté pour aller travailler à Lourdes, en métropole

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La vie est parfois faite de belles rencontres, comme celle de ce 4 juillet dernier, dans le restaurant de l’hôtel « Sainte-Rose » à Lourdes, petite (mais mondialement connue) ville du département des Pyrénées en France.

Lourdes, commune d’environ 15 000 habitants est en effet connue dans le monde entier pour ses sanctuaires. C’est un site de pèlerinage catholique fréquenté par des millions de personnes qui viennent chaque année pour visiter la grotte de Massabielle et prier la Vierge Marie. Laquelle, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, est apparue à 18 reprises à Bernadette Soubirous (Marie-Bernarde Soubirous de son vrai nom), une jeune fille du village âgée de 14 ans.

La grotte de Massabièle à Lourdes. (Crédit Photos : Yves Mont-Rouge)

Tous les hôtels de la ville connaissent une affluence régulière. C’est dans l’un des bâtiments de la chaîne « Vinualès », dans le restaurant de l’hôtel « Sainte-Rose » que nous avons rencontré Fabiola Caro. Un large et chaleureux sourire, une démarche dynamique, elle avance vers nous : « Ça la Réunion ça, non ? ». Effectivement, après 5 heures de TGV depuis Paris, de telles rencontres font toujours chaud au cœur. La Réunion oté ! Nous lé là même !

L’hôtel Ste-Rose à Lourdes.

Fabiola Caro est originaire de Saint-Louis. Son histoire pourrait donner des idées à de nombreux jeunes Réunionnais qui sont à la recherche d’un emploi ou à la construction d’un projet de vie.

Après discussion avec son mari et ses enfants, cette maman n’a pas hésité à tout quitter pour « saute la mer » et aller travailler en métropole afin de subvenir aux besoins de sa famille puisqu’elle ne trouvait pas de travail dans l’île. Elle a commencé par une petite remise à niveau avec Pôle Emploi. Elle répond ensuite à une offre  dans le domaine de la restauration… à Lourdes. Fabiola a postulé en envoyant son CV. Cette opération de recrutement local était conjointement menée par le Cnarm et Pôle Emploi.

De droite à gauche : les quatre employés réunionnais bAnnaelle Pan, Fabiola Caro, Rory Sautron, Jordan Merlo en compagnie de leurs collègues de l’hexagone dont une (chemisier blanc) qui est Ukrainienne. (Crédit photo : YM)

Fabiola est allée jusqu’au bout de la démarche. Chez elle, personne n’y croyait vraiment jusqu’au jour de son départ en direction de l’hexagone. Pas évident surtout quand on est maman et qu’on a encore des enfants relativement jeunes. Mais Fabiola souhaite faire quelque chose de ses dix doigts et souhaitait sortir de son « train-train » quotidien. Elle n’est pas du genre à se tourner les pouces.

« Le Cnarm s’est chargé de notre déplacement et de notre installation. Il s’est occupé également de notre hébergement. Il y avait deux personnes de cet organisme pour nous accueillir sur place. Nous étions un groupe de Réunionnais qui avait donc été retenu pour travailler dans les hôtels… Le Cnarm est un organisme très sérieux », soutient Fabiola. Elle a signé un CDD de 7 mois. Libre ensuite  à chacun, à chacune d’accepter ou pas le renouvellement de son contrat.

Fabiola et son collègue de la Réunion, Alex (le cuisinier), originaire de Pierrefonds à Saint-Pierre.

Fabiola se dit  très contente de cette expérience professionnelle ; Elle affirme avoir beaucoup appris, mais ses enfants et son mari lui manquent énormément. Et on la comprend ! Elle devrait retourner dans son île natale d’ici au mois d’octobre prochain, hâte de retrouver sa petite famille mais avec, malgré tout, un petit pincement au cœur, celui de quitter ses collègues de l’hôtel « Sainte-Rose » parmi lesquels pas moins de 4 Réunionnais, à savoir Rory Sautron, Jordan Merlo (tous deux travaillant au bar de l’hôtel depuis quelques années) ainsi que Annaelle Pan (au restaurant) et Alex (à la cuisine). Ils sont tous originaires du Sud de l’île : Saint-Louis, Saint-Pierre et Saint-Joseph.

Fabiola espère que son expérience permettra d’encourager des jeunes Réunionnais encore hésitants à franchir le pas de la mobilité. « Il faut se motiver et croire en ses rêves. Le mien était de travailler en métropole pour voir. C’est une belle expérience professionnelle, une expérience de vie. Je l’ai fait et je ne le regrette pas. J’ai acquis une expérience dans la restauration ». Ça tombe bien puisque c’est un domaine qui recrute actuellement à la Réunion.

« J’ai aussi la chance d’avoir été bien entourée notamment par le Cnarm et d’avoir évolué dans un milieu professionnel très accueillant tel que le groupe Vinualès, propriétaire de plusieurs hôtels à Lourdes ainsi que la direction de l’établissement très à l’écoute de son personnel. Et, bien évidemment, je suis très contente d’avoir atterri dans une ville comme Lourdes qui ne se désemplit jamais tout au long de l’année grâce à ses sanctuaires. Par ailleurs, j’ai eu la chance de croiser de nombreux visiteurs réunionnais ». Nous souhaitons bonne continuation à Fabiola lorsqu’elle sera de retour à la Réunion.

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

4 Commentaires

  1. Etant donné que l’on nous dit qu’il y a 4 à 5 mille postes seront à pourvoir sur l’île d’ici la fin de l’année : commis de cuisine, serveurs, cuisines, les profils recherchés sont nombreux et cela constitue un véritable casse tête pour les gérants. J’ose penser qu’elle trouvera du boulot et sera dignement payée .

    • pour etre traité comme un moins que rien ici, alors qu’en métropole elle a l’air d’être trés bien.. bravo madame..; alors que des jeunes diplomés sont allés pleurer avec Huguette pour ne pas quitter l’île j’affirme haut et fort que sans la sur rémunération personne y pleurera plus et y partira …

      • sceptique vous savez j’ai quitté l’ile il y a 48 ans et la sur rémunération était en ce temps là encore plus intéressante que maintenant et cela ne m’a pas empêcher de partir , et le prix du billet d’avion exorbitant , et je reviens tous les ans dire bonjour à la famille .

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